Après la chute Saddam Hussein en 2003 et la fin de la tenaille Irakienne sur le virtuel Kurdistan s’étalant sur 4 pays, celui-ci s’encourage à organiser un Etat discipliné et sécurisé, même si l’hégémonie Turque, soutenue par les chefs montagnards autochtones, prédomine sur la majorité du territoire. La romance pénètre le journalisme avec l’arrivée dans un village rural, moyenâgeux, isolé, en bordure de la frontière irako-turque, du nouveau « shérif », avec son pouvoir légal, et de la nouvelle institutrice, représentant le lettrisme et l’ouverture au monde. Ancien résistant contre le régime irakien, il préfère ce sort à l’étouffement traditionaliste de sa famille, tandis qu’elle fuit le sexisme marital et le tribalisme carcéral de la sienne. Convertir corruption et obscurantisme ancestraux en une amorce d’évolution vers un monde de droit les amènent à soutenir la résistance, et contrer le puissant seigneur local. Diffamations, découragements face à un univers subordonné aux règles claniques, intimidations, puis violences et guerre ouverte mènent ce western franco-germano-kurde en un mélange d’aventures humaines clairement engagées et à une prise de conscience politico-sociale. La finesse maitrisée de la culture par Hiner Saleem, le poids des dangers, enjeux et conséquences indigènes, se marient étonnamment avec la jubilation d’un traditionnel bon spectacle modèle far-West. L’analogie se confirme par ses drames et bouleversements constituant la construction embryonnaire, maladroite et brutale d’un pays qui n’existe pas encore, d’un village qui cherche son identité et même des psychologies des protagonistes.
Il etait une fois dans l Est....ou le western magnifiquement ré visité au kurdistan. Tous les ingrédients sont là : le bon, les brutes et les truands, les paysages,....avec un supplément d âme apporté par la presence feminine et l humour discret
Film engagé, pro kurde, sans concession, mais sans rien à jeter ! Ce film au titre trompeur nous entraine dans une ambiance western dans une contrée éloignée de nos standards occidentaux, comme le faisait en Afghanistan le troublant Syngué sabour, avec Golshifteh Farahani, déjà elle! Dans ce village coupé du monde (plus de pont) peuvent se dérouler trafics en tout genre, lutte d’influence, avec la puissance turque en arrière-plan, face à des rebelles kurdes…femmes ! Les hommes, portant leur kalach avec fierté, sont bafoués dans leur honneur si on leur retire ! Les familles traditionnelles sont déchirées sur le sort à réserver à leur fille de 28 ans toujours pas mariée! Il faut le regarder comme une fable caustique sur le long chemin qui mène à la modernité, via la scolarisation. Bien sûr, les ficelles sont visibles, le scénario convenu et les caractères manichéens, mais la découverte vaut vraiment le détour. Et la photographie est superbe, reflétant l’amour du metteur en scène pour son pays d’origine. L’intro tragico-comique extrêmement forte, autour d’une pendaison improvisée, donne d’entrée de jeu, la tonalité de ce film décalé mais fondé sur la réalité d’un pays en construction. Avril 2017 - TV vo
Je me suis profondément ennuyé et j'avoue avoir décroché de cette histoire de temps en temps... Pas intéressé, et pas du tout senti concerné par lce récit. En outre, les acteurs sont loins de m'avoir captivé et j'ai dû lutter contre la somnolence. Je ne suis pas le seul à ne pas avoir accroché du reste : 170 000 spectateurs en salles... Ca en dit long sur l'intérêt suscité, et ressenti ! Où est le film superbe à l'humour féroce promis sur l'affiche ? willycopresto
J'avoue avoir beaucoup aimé ce film, les deux héros étant tellement sympathiques. Les images et les paysages sont superbes et le film nous permet de mieux connaître cette région, ses habitants et leurs mœurs.
Entre les paysages magnifiques du Kurdistan et la présence irradiante de Golshifteh Farahani, "My sweet pepper land" est un film à part, au récit un peu attendu, comme dans les westerns de la grande époque d'Hollywood, mais avec une esthétique plus proche de Sergio Leone que de John Ford. Le héros est d'ailleurs proche des personnages incarnés par Clint Eastwood : pas rasé, sûr de lui et sans peur aucune face à l'adversité...
Govend, c'est cette magnifique femme libre et indépendante venue faire l'école aux jeunes têtes brunes de ce no man's land cerné par trop de frontières pour rester longtemps paisible. Au carrefour de l'Irak, de l'Iran et de la Turquie… Lieu de passage de tous les trafics, de tous les combattants et maquisardes (dans ce domaine-là non plus les femmes ne sont pas en reste). Dans ce village perdu où l'on s'empresse de marier et d'engrosser au plus vite tout ce qui est en âge de l'être, Govend intrigue, dérange. Son indépendance bouscule l'ordre moral établi, « naturel », des choses. On préférerait un enseignant plus classique : un mec, quoi ! Si le célibat est accepté pour les hommes, il est suspect, contre-nature et inadmissible pour une femme. On commence par vouloir la caser, on continue par jaser, puis on finit par l'ostraciser. Et puisque droite et fière elle reste, libre envers et contre tous, les pressions commencent et les menaces fusent. Il lui faut une sacrée trempe, du courage, une énorme passion d'enseigner pour tenir bon. Si les hommes menaçants, peu habitués à ce qu'une femelle leur résiste, lui donnent envie de fuir, les mômes, malins et malicieux, lui donnent envie de s'accrocher : « Combien font un et un ? — Un et un ça fait 10, maîtresse. — Un plus un ? Tu es sûr que ça fait dix ? — Oui, maîtresse ! En tout cas dans ma famille un père et une mère, ça fait dix gosses ! » L'histoire ne commence pas avec Govend. L'histoire commence avec Baran, beau ténébreux, ancien combattant pour l'indépendance Kurde, qui claque la porte de l'armée devant l'absurdité de ce qu'elle est en train de devenir en temps de presque paix (je résiste avec peine à vous raconter la première scène, d'un burlesque cinglant). Revenu dans la vie civile, d'autres dangers le guettent qui lui semblent rapidement pires que n'importe quel autre : les prétendantes que veut lui imposer sa mère. Entre un mariage forcé et un poste périlleux dans la police, devinez ce que choisit notre homme ? Cela vous semblera sans doute étrange qu'un garçon intelligent en vienne à la même conclusion que le gorille de Brassens et pourtant ! Quand vous verrez la sélection maternelle, vous comprendrez aisément ! Voilà notre homme reparti vers de nouvelles aventures, nommé shérif d'un bled paumé dans les montagnes, un bled où sévit un terrible caïd local, Aziz Aga. Un bled où essaie de résister une belle institutrice… Et là, je ne vous fais pas un dessin : même un gorille aurait fait le bon choix !
N'ayez pas peur que ce soi mièvre, le film vous embarque au-delà des simples standards du genre, s'en joue, en déjoue les pièges. Il vous embarque bien au-delà pour vous raconter les hésitations d'un pays mutilé, qui doit retrouver ses marques, se reconstruire. Un petit régal d'énergie communicative et d’intelligence rieuse !
Excellent ! Un film humaniste qui nous plonge au cœur d'une société tribale et patriarcale qui ignore la liberté, se méfie de l'éducation et méprise la personne humaine. Les deux personnages principaux incarnent parfaitement la lutte (éternelle) pour la justice, l'insoumission et la volonté de vivre libre dans un monde où l'individu est soumis aux pires traditions (mépris des femmes, mariages arrangés, soumission aux seigneurs de la guerre...). Une mention spéciale pour Golshifteh Farahani dont la grâce irradie tout au long de ce western kurde. A recommander chaudement !
Au delà de la peinture sociale d'une culture et d'un pays, on est surpris par la beauté de la région. L'histoire est prenante et les acteurs principaux très attachants. La fin est toutefois un peu bâclée.
Un petit bijou que cet "eastern" kurde ou souffle la grâce d'un Bagdad café. Pendant seulement une heure et demi on est sous le charme des 2 personages principaux et des paysages sublimes. Le fait qu'il dure à peine plus d'une heure et demi démontre qu'un bon film n'a pas besoin d'être long et chiant!
Très bon début de film, quelques beaux paysages, une musique accrochante mais trop de scènes superficielles et le film est (déjà) fini. Un goût de trop peu.
Sans hésiter, super film...western au Kurdistan irakien...des bons, des méchants, des brutes...Spaghetti!...et les acteurs, alors, là...et la fille joue d'un instrument de musique extra...si ça passe, go!
My sweet pepper land nous entraîne dans les Balkans, après la chute de Saddam Hussein, dans les pas de Baram, un ancien résistant devenu policier. Rapidement affecté dans un petit village reculé à la croisée de l'Iran, de l'Irak et de la Turquie, il devra tenter de se faire une place entre le seigneur local et les envies d'indépendance kurde. Il y fera la connaissance de Govend, une institutrice aussi malvenue que lui, interprétée par le belle Golshifteh Farahani. Avec un humour piquant qui fait mouche, le réalisateur Hiner Saleem que je découvre et dont c'est le dernier film en date, réussit à donner à son oeuvre une touche de western bienvenue mais pas seulement. On navigue entre les genres, passant d'une ambiance superbe au milieu de ces paysages impressionnants, sublimés par la musique du hang qui nous envoûte, à des séquences plus dures, plus brutes lorsque la poudre parle. My sweet pepper land emprunte à différents genres, les mélange et, en ressort un petit bijou de sobriété et d'intelligence où luttent le modernisme et les traditions, la bêtise et l'ouverture d'esprit, où la femme n'a d'égal que l'homme. Avec des scènes puissantes qu'il serait criminel de dévoiler, voici une belle surprise.
De bons acteurs pour une histoire cousue de fils blanc. C'est tout à fait ce qui plait aux spectateurs occidentaux, les gentils nous ressemblent il écoutent même nos chansons et les vilains sont de l'autre bord. Et puis le scénario pêche un peu par sa faiblesse, Ainsi ce héros qui est toujours au bon endroit là où il faut quand il faut... Et après l'attaque des jeunes filles kurdes, je n'ai pas tout à fait compris pourquoi le survivant voulait se venger sur l'instit' et son copain. Il me semble que dans un cas pareil il se serait lancé sur les traces des véritables assassins. Autrement ça reste plaisant.