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Un visiteur
4,0
Publiée le 1 octobre 2015
Bon, il est assez classique sur la forme ce film, académique même. Et c'est ce qui fait son principal défaut : il manque un dynamisme qui aurait pu être apporté par la mise en scène qui aurait évité les quelques longueurs que subit ce Labyrinthe du silence. Mais derrière ça le film est maitrisé : il dépeint une Allemagne qui peu de temps après la guerre, fuit son passé, par honte et par peur, une Allemagne où la jeunesse cherche à savoir si ce pays est vraiment tombé aussi bas, une Allemagne où la prise de conscience va se faire petit à petit. Le propos est assez simple, mais suffisamment nuancé (et pas trop manichéen, car le personnage se dit quand-même qu'il aurait peut-être été nazi lui aussi à cette époque pour rentre dans le rang), avec une pointé d'émotion efficace et des acteurs convaincants, une atmosphère assez sombre et pessimiste... C'est un film académique qui a le mérite d'être bien fait et même s'il n'y a pas de vraie audace, il saura satisfaire le public par sa sincérité et son histoire, rappelons-le, véridique.
Incursion au sein du système juridique allemand confronté à la chasse aux nazis 20 ans après la fin de la 2ème guerre mondiale. Cette histoire nous permet de découvrir les rouages de la traque des anciens nazis coupables de crimes et les résistances auxquelles est confrontée la justice pour les faire comparaître devant un tribunal. Même si cette problématique dans laquelle se trouve l'Allemagne de l'époque n'est pas présenté sous toutes ses coutures, ce film est néanmoins une bonne réflexion sur les contradictions du système et sa complexité. C'est également, à mon sens, une excellente allégorie de notre monde actuel dans lequel les intérêts des uns et des autres paralysent la résolution des problèmes de nos civilisations...
Difficile de dire ce qui est le plus fascinant: l'enquête et l'intrigue en elle-même ou le voyage dans le temps et la réflexion sur la Mémoire, avec un grand M, le pardon et la Vérité historique. Avec en plus de très bons acteurs à découvrir!
Une période fascinante de l'Allemagne face à son passé encore récent et d'anciens chefs nazis en balade un peu partout et libres de leurs mouvements. Une réflexions et une acceptation du passé en cherchant la vérité et surtout les témoignages de milliers de personnes persécutées. Une période de l'histoire passionnante et peu abordée dans les films. La réalisation est correcte sans attendre des sommets, tout comme les acteurs, mais le brio et l'intérêt du contenu vaut vraiment détour. A voir.
Un premier long métrage assez scolaire où Giulio Ricciarelli s’efface derrière son sujet : l’Allemagne affrontant les traumatismes du nazisme. L’enquête est assez prenante car elle questionne les notions de culpabilité et de sens moral.
Film académique, où la mise en scène lisse contraste avec le propos difficile ; j'ai suivi le film grâce aux acteurs charismatiques mais c'est très long et pas toujours très captivant.
(...) Pour le fond, puisque c’est avant tout de ça dont il s’agit, le film reconstitue parfaitement les faits de l’époque (une part fictionnelle importante est présente dans le déroulement des actes, des affaires). De cet ordre émarge avant tout l’aspect pédagogique du film qui prend le pas sur la dramaturgie qu’on voit trop souvent poussée à son extrême sur un tel sujet. C’est donc un parti pris intéressant et, s’il n’est pas nouveau, s’avère salutaire. « Le labyrinthe du silence » vise juste et tente d’établir son devoir de mémoire sans pour autant tomber dans une émotivité exagérée. Là où Giulio Ricciarelli s’avère un peu plus maladroit c’est quand ce dernier tente de s’aventurer sur les pans de la romance. Elle a bien sûr sa place dans le récit mais dans la manière de dresser son récit vers des pans dramatiques, le réalisateur montre des faiblesses en contrepoint des accents historiques du film, qui eux, s’avèrent émouvants et passionnants. C’est donc une missive intéressante et presque nécessaire que Giulio Ricciarelli offre au spectateur, par ses mouvements divers (investigation, pugnacité d’une nation meurtrie ou ignorante de son passé, administration et pouvoirs politiques aveugles), comme par son intégrité morale. Le film tutoie alors de grands moments sur ces points. Représentant de la volonté d’une partie de la nation à combattre ses vieux démons enfouis, l’acteur Alexander Fehling, quasi inconnu à l’internationale jusque-là, personnifie habilement et avec le charisme nécessaire le jeune procureur qui a changé un pan de l’Histoire. (...) « Le labyrinthe du silence » sous plusieurs aspects (historiques comme pédagogiques) semble servir de plaidoirie nécessaire à une Allemagne qui veut affronter et assumer son passé. Le film émerge même au-delà de ces frontières géographiques et tutoie l’universel, l’actuel. Hélas, des défauts mineurs, ne peuvent inscrire le film dans les chefs d’œuvres du genre, par l’aspect peut-être trop figé et littéral d’un scénario qui hésite entre fidélité historique et fiction empirique. Difficile de rester sur des accents mitigés pour un premier long, on retient alors l’engagement, la réflexion individuelle et personnelle auxquelles s’associent chacun au moment du générique.
Très intéressant film Historique qui retrace le combat d’un jeune Procureur Allemand , Johann Radmann , pour confronter son Pays aux Criminels qu’elle porte en son sein et qu’elle protège plus ou moins consciemment ! Il est fascinant de constater à quel point l’Allemagne à cette Epoque n’a pas conscience de ce que ses Frontières ont abrité , ce qui n’est pas du négationnisme mais une cécité générale qui arrange tout le monde alors !
Film aussi passionnant qu’inattendu. Il s’attaque à un sujet rarement mis en lumière : celui de l’Allemagne qui commence à juger ses propres anciens fonctionnaires nazis — une démarche presque inédite à l’époque, où un pays regarde son passé en face et décide de se juger lui-même. Et pourtant, sur le papier, suivre des procureurs plongés dans des montagnes de dossiers pourrait sembler… soporifique. Mais pas du tout. Le film réussit à rendre la “paperasse” étonnamment captivante, presque haletante, grâce à une narration bien rythmée. La reconstitution des années 50 est particulièrement soignée, et la mise en scène, tout en retenue, est sublimée par une lumière très travaillée qui donne au film une vraie identité visuelle. Bref, un film sérieux mais jamais ennuyeux, qui prouve qu’avec du talent, même des archives et des dossiers peuvent devenir du grand cinéma.
Très beau film qui raconte une histoire de la plus haute importance. C’est toujours intéressant de se replonger dans l’histoire avec un grand H pour ne pas oublier sachant que ces événements de la seconde guerre mondiale sont souvent l’objet de l’obsession des négationnistes. Il ne faut pas passer ces événements sous silence, jamais, il faut que cela se sache.
C’est exactement le raisonnement de ce jeune procureur de la toute aussi jeune RFA en 1958. Il ne connaissait pas Auschwitz au début de l’histoire de ce film, une honte pour lui comme le dit le personnage du journaliste. Mais pas simplement une honte pour ce magistrat mais une honte pour chaque allemand, chaque citoyen du monde et c’est une honte qui n’est pas acceptable.
Ainsi, les protagonistes sont à la recherche de nazis à débusquer et il est assez effrayant de constater à quel point cette tâche s’avère difficile et à quel point ils seront entravés. Ainsi, on apprend que le Dr Mengele ne sera jamais inquiété pour toutes les atrocités qu’il a commises.
Mais ce film n’est pas que cela, il ne s’agit pas simplement d’histoire, c’est également une ambiance qui est parfois légère, parfois glaçante. On ressent le besoin d’oubli de ce peuple qui a tout de même vécu des choses terribles. Le besoin de se dire que la vie reste belle malgré tout. Mais plus on avance dans la découverte des horreurs, plus il est difficile d’oublier. En effet, chaque protagoniste se retrouve alors confronté à son passé, au passé des ses proches de ses parents et découvre qu’il était bien difficile à l’époque de ne pas être nazi.
Enfin, c’est un film sur la résilience. Résilience des victimes qui viennent témoigner afin de pouvoir passer à autre chose mais que le monde n’oublie pas. Résilience du jeune procureur qui devenu parano parvient à sa retrouver et savoir qui il est et où se trouve le bien. Et enfin résilience de l’amour qi demeure toujours possible même dans une RFA qui sort du nazisme. Malheureusement, il n’en a pas été de même en ex RDA où les autorités n’ont pas eu le même zèle à poursuivre les anciens nazis.
C’est quoi ce titre qui ne dit pas de quoi on va parler ? C’est quoi ce film allemand à coté duquel j’étais complètement passé, merci aux amis du Ciné-tchat de nous l’avoir «imposé » dans un timing personnel perturbé et perturbant. C’est quoi ce film qui parle d’Auschwitz que ma femme ne s’était pas précipitée à voir ? Quoi, quoi, quoi…Voilà un caillou dans la chaussure plutôt qu’un pavé dans la mare. Mais il s’agit d’un caillou acéré. Parler d’Auschwitz aujourd’hui n’est pas une révélation, comme cela l’était au début des années 60. L’ancien camp d’extermination se situe en Pologne dans le camp communiste, de l’autre coté du rideau de fer, c’est très loin et inaccessible; à Francfort à cette époque, on est bien bien loin de l’Allemagne réunifiée des années 90. Ne serait-ce que pour l’intérêt de ce rappel sociologique, on peut adhérer sans retenue à ce roman historique, servi par un scénario alerte et inspiré d’une histoire vraie, qui lui donne toute sa crédibilité. Metteur en scène italien inconnu du grand public, acteur de série TV résidant en Allemagne, Giulio Ricciarelli nous propose un thriller germanique mené tambour battant. Certes, l’histoire est probablement embellie et les rebondissements distillés dans le déroulement de l’instruction de ce procès hors norme et politiquement incorrect (à l’époque, poursuivre des nazis devant un tribunal allemand…) ont pour objectif de retenir l’attention du spectateur. Et c’est tant mieux!! Le fond de la démarche reste intact : briser le mur des silences et ne pas se perdre dans le labyrinthe des non-dits. Le plus perturbant dans cette histoire n’est pas l’impudence et le manque de remords des condamnés finalement rattrapés pas la justice allemande – et non plus celle internationale des vainqueurs de 1945 – nuance de taille-, mais plutôt la question qui assaille le jeune procureur : puisque même mon père, dont la devise a inspiré ma croisade, en était un (SS), comment moi je me serais situé dans la même position, pris dans l’engrenage d’un totalitarisme redoutablement efficace parce que répondant aux aspirations d’un peuple humilié et revanchard. Question redoutable, universelle, et à la réponse incertaine. Voilà un film qui pourrait servir utilement dans nos écoles. Cours d’histoire, de philosophie ou de morale? A noter, une belle galerie de « gueules » émouvantes, bien choisies, qui n’ont pas de texte à dire ou si peu, et servent seulement à apporter le témoignage visuel qu’elles ont été a Auschwitz, d’un coté ou de l’autre… Il s’agit des personnes qui défilent dans le bureau du juge Radman, elles sont à mi-chemin entre certains personnages Felliniens et les témoins de la guerre d’Algérie que Tavernier faisait parler pour la première fois trente ans plus tard dans La guerre sans nom… Remarquable. Cinéma juin 2015
C'est un excellent film. Car exact sur les faits et surprenant dans ce que l'on apprend : en 1958, comment faire un procès aux nazis ? Le film est subtil sur un sujet qui est violent pas lui-même. En France, ce procès n'a jamais eu lieu. Tout est bon dans ce film : scénarios surtout, jeu des acteurs, caméra, même la bande son ...Il est rare d'entendre des applaudissements à la fin d'un film à Paris. A voir et à revoir. Je ne mets pas 5 étoiles car je réserve 5 étoiles à la fiction.
Relatant l’investigation d’un jeune procureur visant à rétablir la vérité sur le camp de concentration d’Auschwitz « Le labyrinthe du silence » est un long-métrage qui met en avant comment l’Allemagne a eu besoin de panser ses plaies par le biais de la vérité pour pouvoir avancer comme Etat démocratique. Tout en retenu et pourtant très puissant émotionnellement, l’ensemble fait preuve d’une sobriété appréciable et bénéficie d’une excellente distribution.