Le Labyrinthe du silence
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272 critiques spectateurs

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ferdinand
ferdinand

17 abonnés 453 critiques Suivre son activité

3,5
Publiée le 23 juin 2015
Film parfaitement académique, mais aussi parfaitement réussi et plutôt émouvant!
Eselce

1 621 abonnés 4 240 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 3 octobre 2016
Très intéressant sujet et bien abordé. Nous assistons à l'Allemagne face à son passé de la dernière grande guerre et principalement face à ce qu'il s'est passé au sein du camp d'Auschwitz. Le déni, les réactions et la vie d'anciens nazis sont présentés. Certains ne veulent rien savoir, d'autres veulent oublier, beaucoup ne savent pas. Une leçon d'histoire.
Benito G

760 abonnés 3 167 critiques Suivre son activité

3,5
Publiée le 11 septembre 2015
Le labyrinthe du silence ou comment le peuple allemand préférait, après la Seconde Guerre Mondiale, oublier plutôt que punir ; oublier pour panser ses plaies plutôt que punir pour définitivement oublier. Un sujet méritoire et vraiment captivant qui nous permet de nous rappeler que le devoir de mémoire n'est pas à sens unique... Un regard interne sur l'Allemagne post-nazi et son histoire qui refait surface puisqu'elle n'a jamais été vraiment ensevelie. Un film passionnant sur le travail de justice, la fine frontière entre le militaire et le civil et l'histoire de ces allemands qui s'en sont pris à d'autres allemands, leurs semblables, leurs frères. Ces personnages judicaires nous redonnent courage quand on se rend compte qu'ils représentent le meilleur de l'espèce humaine. Des êtres qui finiront par trouver son chemin au travers d'une double problématique -qui finalement se rejoint-, celle du labyrinthe (administratif tout d'abord, et judiciaire : il y avait autant de coupables à Auschwitz que de soldats allemands) et celle du fameux silence qui rendait muets ces gens en proie à douter de leur propre père, de leur propres amis, de leurs propres voisins quant à leur passé supposé. Ce film rappelle qu'il ne suffit que d'une chose pour découvrir la vérité : ouvrir les yeux bien grands et affronter ses démons. Condition sine qua non pour enterrer le passé, même le plus abominable des passés. Une très bonne surprise qui en fera certainement réfléchir plus d'un.
Gentilbordelais

402 abonnés 3 540 critiques Suivre son activité

2,5
Publiée le 25 décembre 2016
le sujet est empreint d'une évidente gravité et l'on comprend à la fois ceux qui veulent justice et vérité et ceux qui préfèrent le silence... l'enquête, devant l'ampleur, s'avère malheureusement lente à l'image et classique dans la forme. à défaut de retranscrire une forte émotion, on saluera la persévérance de ce procureur courageux.
vidalger

378 abonnés 1 311 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 4 mai 2015
Ce film est un quasi chef d'œuvre tant sur la forme épurée et classique que sur le fond. Le sujet traité, l'Allemagne après la seconde guerre mondiale, plutôt rarement évoqué au cinéma, est passionnant pour comprendre comment une nation, après l'énorme épisode traumatique de la guerre et...de la défaite, a pu oublier puis se remémorer et se reconstruire sur les cendres de l'Holocauste. Il a existé quelques personnages courageux en Allemagne et ce procureur Bauer méritait d'être sorti de l'oubli. Interprétation impeccable, reconstitution honnête, mise en scène remarquable, très belle photo.
stallonefan62

373 abonnés 2 904 critiques Suivre son activité

3,5
Publiée le 4 octobre 2016
Film poignant sur un sujet très sombre et horrible de notre histoire !! L'histoire est captivante, grâce à une excellente prestations des acteurs notamment Alexander Felhing !! Dommage que par moment le rythme s’essouffle, laissant place à des longueurs !!
Laurent C.
Laurent C.

294 abonnés 1 133 critiques Suivre son activité

4,5
Publiée le 10 mai 2015
L'histoire se situe plus de 15 ans après ce qu'aujourd'hui, on nommerait l'évidence des camps, l'évidence de la terreur. Le prologue ouvre le film sur un échange de regard, un simple échange de regard, d'un échappé d'Auswitch avec un ancien bourreau, prêt à lui offrir du feu. Et c'est ce regard, et tous les autres qui vont suivre, qui constituent la matière même du film. La force de la mise en scène réside dans les détails : des mains qui se croisent, des yeux qui se ferment, des gorges qui palpitent, des bouches qui se taisent. Le réalisateur échappe à tout misérabilisme. On est très loin du soporifique "The Reader", car, d'abord le film est allemand, tourné en langue germanique, ce même pays qui tarde encore à se remettre de l'horreur de l'Histoire. Le réalisateur pose des questions d'ordre philosophique et politique. Philosophique dans cette question essentielle qui revient en boucle durant tout le film à savoir si les bourreaux à Auswitch ont agi en bons citoyens qui obéissent aux ordres ou en véritables psychopathes, convaincus du mal qu'ils généraient. Politique parce qu'une nation qui certes a voté majoritairement pour un parti autoritaire demeure pourtant un pays de femmes et d'hommes en quête de bonté et de mieux-être économique et social. Chaque individu est le témoin à sa façon de cet héritage nazi, jusque le héros lui-même, un jeune procureur zélé, décidé de faire éclore la vérité et la justice, qui va découvrir que son propre père avait adhéré au parti nazi pour des questions de pouvoir et de carrière. On découvre avec épouvante les barrières que le jeune juriste rencontre à la fois pour trouver des rescapés prêts à témoigner de l'horreur et de la honte, les coupables de ces crimes, et les administrations qui continuent de répandre le silence. On découvre que 15 ans après, l'Allemagne ne fait que commencer à guérir ses plaies. Le spectateur est happé dans ce labyrinthe pétri de silencieux, mais aussi de musiques, de dossiers énormes, de mensonges et de couleurs. La grandeur de ce film émerge dans le fait que le scénario ne tombe jamais dans la facilité, ni la démagogie. La complexité de la narration, la pudeur des images et des dialogues, la prudence du propos, font de ce long-métrage un chef d'œuvre indispensable, ne serait-ce que pour le souvenir.
Hastur64
Hastur64

266 abonnés 2 289 critiques Suivre son activité

3,5
Publiée le 4 mars 2016
Les films sur la Seconde Guerre Mondiale et sur le régime nazi et ses atrocités sont légion, peu (aucun à ma connaissance) traitent de l'après-guerre (les années 50/60). Ce long-métrage est donc assez original dans son sujet. Après, le traitement du récit est assez commun et ressemble assez à ce que fait Hollywood dans ces drames juridiques où un homme ou un groupe d'hommes tentent de faire éclater la vérité : découverte du problème, obstacles rencontrés, débat intime, triomphe à la fin. De ce point de vue le film est assez mainstream et consensuel, pour ne pas dire terne. Le vrai plus du film est donc dans son intrigue : le combat d'un procureur (en réalité de plusieurs) pour faire traduire en justice tous ceux qui de faibles grades ou seulement militaires du rang ont échappé à tout jugement sur les crimes qu'ils ont commis en tant que gardes dans le camp de concentration et d'extermination d'Auschwitz-Birkenau. Là, le film devient vraiment intéressant, pas tant sur cette longue course pour traduire tout ce petit monde devant la justice - bien que ce soit intéressant malgré tout - mais dans l'état d'esprit des Allemands de la jeune RFA sur le sujet du IIIème Reich et sur les criminels de guerre. Il absolument atterrant de voir que la génération des moins de 25 ans de cette époque ignore presque tout de cette époque jusqu'à l'existence même du camp d'Auschwitz ! D'autre part on y voit l'attitude des élites allemandes qui, considérant que les procès de Nuremberg ont traité la chose, ne veulent pas que l'on s'intéresse aux passés de ses concitoyens. Comme dit un personnage dans le film les soldats sont rentrés à la maison, ont raccroché l'uniforme et ont repris leurs vies comme si rien ne s'était passé. Ce procès était donc une nécessité pour que l'Allemagne regarde en face ses fantômes et que la génération d'après-guerre réalise l'ampleur des crimes du régime nazi. Un film riche en enseignement sur cette période même s'il fait le récit de cette quête de justice de façon un peu conventionnelle et plan-plan. Un film très intéressant à défaut d'être totalement passionnant. À voir néanmoins absolument.
Chris58640
Chris58640

259 abonnés 830 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 4 mai 2015
Difficile de résumer « Le Labyrinthe du Silence » car c’est un film de plus de deux heure très dense, qui pose un nombre innombrable de questions historiques, juridiques, sociologiques, psychologiques aussi. Comment juger ce qui relève de l’innommable ? Comment graduer les responsabilités dans une œuvre de mort aussi élaborée que l’était le Solution Finale ? Comment vivre avec la culpabilité, la sienne, celle de son père ? Comment reconstruire un pays si toute une génération se met à envisager que son père était un criminel ? Le film de Ricciarelli pose toutes ses questions. Il remet dans le contexte de 1958 une Allemagne sourde et aveugle aux crimes nazies. L’Histoire à la mémoire courte, on a oublié aujourd’hui que dans les 15 ans qui suivirent la libération des camps, beaucoup de gens en Allemagne (mais pas seulement en Allemagne) ne savaient rien, ne voulaient rien savoir, où alors tout simplement n’y croyaient pas ! Le film montre très bien cette ignorance teinté de déni, qui touchaient la Police, la Justice, l’Education. Radmann rencontre mille mauvaises volontés pour l’aider dans son enquête, parfois au travers de scènes fortes (la liste de nazis dont on se sert pour caler une table), souvent assez courtes et percutantes. La plus réussie et la plus glaçante ne dure que quelques secondes, elle montre un professeur (ancien gardien à Auschwitz) séparer ses élèves en deux files « Toi… à droite, toi… à gauche !), nul besoin d’en dire davantage, la malaise est palpable. Jamais ennuyeux, jamais pathos, le film de Ricciarelli n’est pas exempts de petits défauts mais il a une énorme qualité, historiquement il est extrêmement fort. Il met en scène un homme jeune, incarné avec conviction par Alexander Fehling, idéaliste, confronté au passé de son pays, de celui de son père, de celui de ses amis, et qui vacille sous le poids des crimes sur lesquels il travaille, jusqu’à être tout près de jeter l’éponge. Le cheminement psychologique du personnage, mais aussi celui des autres personnages, est complexe, fouillé, loin du manichéisme que l’on pourrait craindre sur un sujet pareil. Et le contexte est parfaitement rendu aussi, les pressions qu’il subit, directes ou indirectes, les tentatives de le faire taire (une de ces tentative, le plus élaborée et sournoise, est tout prêt de fonctionner !), les collègues qui le dénigrent, ceux qui le soutiennent pour des raisons mal établies et surement douloureuse à exprimer. Le scénario du « Le Labyrinthe du Silence » est parfaitement tenu, la réalisation est sobre, limite austère par moment. Mais elle a le mérite de ne pas céder à la facilité : la visite du camp (ou plutôt de ce qu’il en reste à l’époque) se fait à sous un soleil éclatant et dans une nature verdoyante, alors qu’il aurait pu appuyer le trait bien inutilement avec une lumière et une photographie bien lourdes. Les acteurs sont tout à fait impliqués. Avec l’histoire romantique de Johann et Marlène, le film se teinte par moment d’une légèreté bienvenue, même si cette histoire est aussi l’occasion de poser question : le père de Marlène entonnant avec ses frères d’armes « Un russe = une balle » et le malaise que çà implique dans leur couple. « Le Labyrinthe du Silence » a quelques petits défauts, certaines scènes sont un peu téléphonées (la scène de la veste à raccommoder, oh là là, on flirte avec l’eau de rose !), certains aspects sont purement et simplement escamotés (la Rideau de Fer qu’il faut bien franchir pour se rendre en Pologne, non ?), la fin va apparaitre aussi bien abrupte et un peu frustrante à beaucoup. Et puis, on aimerait en savoir plus aussi sur la famille de Johann et comment lui et sa mère vont digérer ce qu’il apprend (et pourquoi l’apprends il de cette façon ? Quel rôle à jouer sa mère dans cette ignorance ?). Et puis, le « faux suspens » sur l’arrestation de Mengele (qui n’en est pas un pour qui connait un tout petit peu l’Histoire) résonne un peu bizarrement. En fait, même si le film fait plus de deux heures, il semble trop court pour faire le tour de toutes les questions que l’on se pose. Il est pourtant, je l’ai dit, d’une densité tout à fait remarquable mais j'aurait encore tellement à apprendre et surtout à comprendre.
John Henry
John Henry

127 abonnés 731 critiques Suivre son activité

3,5
Publiée le 6 mai 2015
Le labyrinthe des silences s'attelait à une tâche compliquée : démontrer que l'Allemagne ignorait tout des horreurs des camps et d'Auschwitz à travers le travail procédurier d'un procureur. Mais le film est rythmé, si la première partie se résume à l'obstination d'un homme et aux révélations qui peuvent se résumer par le regard de la dactylographe, on pouvait alors craindre une baisse de rythme ou d'enjeu mais pas du tout, la seconde partie est la plus terrible finalement, ils se rendent compte que c'était la guerre et qu'à ce titre l'Allemagne ne pourra s'en sortir et regarder cette vérité dans les yeux sans se salir les mains, sans affronter le regard des voisins - amis, de la famille qui ont, de près ou de loin, été témoins ou acteurs des drames des camps de concentration. Equilibré, tenu, passionnant, bien joué. Et utile. Encore et toujours.
Malheureusement.
Claude DL
Claude DL

122 abonnés 1 914 critiques Suivre son activité

3,5
Publiée le 4 avril 2020
Un film ô combien nécessaire sur le combat de quelques juristes allemands, dans les années 60, pour confondre et amener au tribunal des anciens compatriotes SS ayant servi à Auschwitz, ce qui fut en outre la révélation au peuple allemand de ce qu'était au juste ce camp dont très peu avaient entendu parler. Ceci étant, quand on apprend que 17 furent condamnés, s'ajoutant aux 150 nazis du procès de Nuremberg, pour une population de 600.000 SS (entendu dans le film), on se dit que l'immense majorité de ces gens ont tout de même fini leur vie tranquillement. L'Allemagne a sans doute honte de cette période, mais elle s'est toujours plus préoccupée de son avenir que de son passé. Mais on imagine qu'il en est ainsi dans tous les pays qui ont mené une guerre...faire comme si.
L_huitre
L_huitre

101 abonnés 373 critiques Suivre son activité

4,5
Publiée le 26 juin 2015
Superbe !... Un film magistral et nécessaire. Incontournable car c'est un film allemand. Quand l'Allemagne se penche sur son passé et que le peuple allemand prend la pleine conscience de ses responsabilités. Cela donne "le Labyrinthe du silence", un film qui traduit jusqu'au vertige le dilemme des années 60 entre l'envie d'oubli et le devoir de justice pour toutes les victimes de la barbarie nazie. C'est l'histoire d'un jeune procureur qui, suite à un pur hasard, va ressortir des tiroirs les exactions nazies pour attaquer en justice leurs auteurs. L'histoire très rectiligne monte lentement en puissance, au fur et à mesure que les protagonistes découvrent des faits, maintenant bien connus, mais qui à l'époque, étaient des révélations incroyables. Une prise de conscience qui s'opère malgré les raidissements nationalistes et les divers obstacles que leur pose une société solidaire avec tous les siens. Passionnant !... Ce retour dans les pires heures du passé se révèle traumatisant, car il n'épargne personne, y compris les proches du procureur. Toute la société était-elle coupable ?... "Le labyrinthe du silence" apporte sa réponse, avec un message d'une grande intensité. C'est très réussi... Tout le film est très prenant, mais s'il fallait retenir deux scènes fortes, je citerai les yeux atterrés de la secrétaire du procureur découvrant le mal absolu et aussi et surtout, les deux allemands priant en yiddish devant Auschwitz à la mémoire de deux petites victimes... On ne sort pas indemne de ce film. Mais Dieu qu'il est nécessaire !
matt240490
matt240490

98 abonnés 1 070 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 19 mai 2015
Il Faut Sauver le Soldat Ryan raconte l'offensive américaine lors du Débarquement, Le Pianiste témoigne des horreurs perpétrées par les Nazis (sans parler de Nuit et Brouillard), La Chute se place dans un contexte interne puisqu'il aborde les dernières heures du Führer. Moins de vingt ans après la Capitulation, véritable honte nationale en Allemagne, Le Labyrinthe du Silence s'offre le luxe d'exposer les grands axes du procès Auschwitz, toute autre approche, où un procureur allemand poursuivi ses propres compatriotes pour leurs crimes dans le camp de la Mort. Bouleversant, mais plein de bonne volonté, le film est passionnant : non seulement, il aborde un sombre sujet, mais la retranscrit avec beaucoup de suggestion, le tout sous ses qualités rédactionnelles. Un bel hommage.
ninilechat
ninilechat

84 abonnés 564 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 6 mai 2015
Enfin un film que j'ai envie de commenter avec enthousiasme, tant il est nécessaire (même s'il n'est pas complètement dépourvu de défauts). A vrai dire, j'étais un peu dégoûtée du cinéma ces derniers temps. Aucun film appétent en vue. Depuis qu'Eastwood se met à faire des nanars.... -je ne m'en suis pas remise!

RFA, (Frankfort en l'occurrence), 1963. L'Allemagne est à fond dans le processus qui va la conduire à devenir rapidement le pays le plus puissant d'Europe. Elle ne veut surtout pas qu'on lui rappelle les souvenirs désagréables d'un passé trop proche. Les nazis? Il sont partout. A Nuremberg, on a jugé quelques pontes, et les autres sont rentrés bien tranquillement chez eux. Nazis par conviction, par indifférence, par cécité volontaire. Ils sont nécessaires pour faire tourner la boutique, tout simplement! On ne va pas se priver des ingénieurs, des médecins, des juristes dont la RFA a tant besoin pour se reconstruire, sous prétexte qu'ils ont eu des sympathies brunes. Cet état d'esprit là, Le labyrinthe du silence nous le fait toucher du doigt d'une façon particulièrement didactique.

Le procureur général de Frankfort, Fritz Bauer (Gert Voss dans le film) , quant à lui, ne s'accommode pas de cet état d'esprit: il est juif. Socialiste, il avait été arrêté par le Gestapo et démis de la fonction publique; il était donc parti au Danemark puis en Suède, et n'était revenu en Allemagne qu'en 1949, avec le but de retrouver les grands criminels comme Eichmann, et de faire passer en jugement un certain nombre de personnes qui, après avoir collaboré au système concentrationnaire, avait renquillé une petite vie civile pépère le plus tranquillement du monde. Mais c'est loin d'être évident: les actes commis pendant la guerre sont prescrits, sauf les meurtres. Pour qu'un procès ait lieu, il faut qu'un témoin vienne apporter les preuves que X.... a commis un meurtre (acte prémédité) sur la personne d'Y. C'est assez ahurissant de penser qu'avoir fait fonctionner des chambres à gaz, acte collectif n'était pas en soi sanctionnable....

Ca, c'est l'histoire; en continuant avec les personnages historiques, il y a Thomas Gnielka (André Szymanski dans le film), journaliste et écrivain, ado envoyé avec sa classe de lycée travailler à Auschwitz, de ces enfants-soldats qu'il avait fallu recruter quand les hommes valides commençaient à manquer, ce qu'il a raconté dans un livre: Als Kindersoldat in Auschwitz. Die Geschichte einer Klasse. Il n'a pas pardonné ce qu'on lui a fait faire et dénonce les responsables qu'il retrouve, comme un des professeurs de collège à Frankfort.

J'en arrive donc aux défauts du film: avec Bauer et Gnielka, il y avait de quoi faire un film. mais pas grand public, pas assez glamour.... Giulio Ricciarelli (si si, c'est un allemand), dont c'est le premier film, est donc passé à la fiction pure avec le personnage de Johann Radmann (le fort séduisant Alexander Fehling), à qui on a même prêté une ravissante petite amie (Friederike Becht). Johann est un procureur débutant, tout juste sorti de la fac, à qui Bauer confie la tâche de retrouver un certain nombre de responsables d'Auschwitz réinsérés dans la vie civile, comme le professeur ci dessus; au début, il pense qu'Auschwitz était un camp de travail comme un autre (ce qui nous apparait quand même extravagant pour un juriste...); il découvre la réalité avec horreur; il entame donc ce travail de titan avec son collègue Otto (Johann von Bülow): remuer des tonnes d'archives pour retrouver des survivants (qui sont souvent murés dans le mutisme) et des documents permettant de relier de façon irréfutable X.. à la disparition d'Y; Johann fait une fixation sur Mengele depuis qu'un survivant lui a raconté les horreurs accomplis par le docteur sadique sur des tout petits, mais Mengele n'est pas la priorité de Bauer; Johann se heurte à l'hostilité de ces collègues plus âgés du ministère de la Justice, et carrément à un refus de collaborer de la part de la police; Johann a des états d'âme, ce qui nous intéresse moyennement, mais cela fait partie du côté nécessairement commercial du film.

Bref, tout ceci permit la tenue du second procès d'Auschwitz. (Un premier procès avait eu lieu dès 1947 à Cracovie ce qui rend plus étrange encore l'ignorance de Johann et des gens de sa génération!). Peu furent jugés; les sanctions furent dérisoires; mais au moins, le monde savait. Personne ne pouvait plus dire qu'il ne savait pas.

Ce film est à voir absolument, et par tous. Je vous assure, moi qui ne suis pas un perdreau de l'année et qui m'intéresse de près à la chose politique, j'y ai vraiment pris conscience de l'état de déni qui pouvait régner en RDA après guerre. Je ne le connaissais pas, ce procès, je n'en avais pas vraiment entendu parler. Impensable de le rater! Je vous le dis, s'il y a un film NECESSAIRE, c'est bien celui là!
kevinsolstice
kevinsolstice

83 abonnés 1 931 critiques Suivre son activité

4,5
Publiée le 24 août 2016
Tout dans ce film -quasi documentaire- est un chef d'oeuvre: le jeu des acteurs, le scénario, la réalisation... Le sujet est traité avec rigueur et évite de tomber dans le pathos, ce qui lui donne toute sa force.
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