Le Labyrinthe du silence
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Frédéric P
Frédéric P

16 abonnés 188 critiques Suivre son activité

3,5
Publiée le 28 mai 2015
Le principal mérite de ce film est de nous rappeler un procès pour l'histoire réalisé par des Allemands contre des Allemands par opposition aux procès menés par les Alliés (Nuremberg 1945-46), les Polonais (premier procès d'Auschwitz à Cracovie en 1947) ou les Israéliens (procès Eichmann en 1961 à Jerusalem). Ce second procès d'Auschwitz s'est déroulé à Francfort de 1963 à 1965.

L'enquête initiée à la fin des années 50 est difficile tant le refoulement du passé est grand et parce que des anciens nazis sont présents dans l'appareil judiciaire. C'est la conséquence de la politique d'Adenauer qui décida de réintégrer dans la fonction publique les anciens d'un parti qui compta plusieurs millions de membres.
On est stupéfait de constater que la mémoire d'Auschwitz comme camp d'extermination est absente chez l'Allemand de l'Ouest de la fin des années 50. Il a fallu la reconstruire grâce à ce genre de procès pédagogique.

Le scénariste a choisi de fusionner les trois procureurs historiques en un seul personnage incarné par un acteur au look "aryen". Dans le film c'est par l'intermédiaire d'un journaliste que le procureur du film prend conscience puis prend l'initiative des poursuites. Il bénéficie ensuite de la bienveillance du Procureur Général, Fritz Bauer. Or, selon l'historien Guillaume Mouralis ce sont les autorités allemandes qui décident en octobre 1958 de créer une agence fédérale chargée d'enquêter sur les crimes nazis commis hors de la RFA. C'est cet organisme ainsi que le procureur général de la région de Hesse, Fritz Bauer (arrêté en 1933 en raison de ses origines juives et de son adhésion au SPD) qui sont à l'origine du procès de Francfort. Mais c'est sous la pression des Puissances d'occupation (Américains, Britanniques et Français) qui lui demandent des comptes sur la poursuite des criminels de guerre que les autorités allemandes créent cette commission. Là il y a un problème avec la narration du film.
On pense alors au cas du procès des Unionistes, responsables du génocide des Arméniens de 1915, mené par le gouvernement libéral turc en 1919-1920 en s'appuyant de la même manière sur le droit interne et également sous la pression des puissances de l'Entente. A cette différence que le processus fut suspendu à l'arrivée au pouvoir du nationaliste (et ex unioniste) Mustafa Kemal et les criminels érigés en héros dans le cas turc. Autre différence: l'objectif de Fritz Bauer est de faire le procès du système du camp et des hommes ordinaires qui y ont contribué plutot que des chefs.

Le personnage du journaliste est par ailleurs trop caricatural. On a du mal à croire à l'acte de rédemption qu'accomplissent le procureur et le journaliste dans le film (lire le kadish sur les lieux du camp).
Il aurait été plus intéressant quitte à inventer un personnage ambigu comme le journaliste d'en faire un ex-prisonnier devenu gardien plutôt qu'un autre allemand. Cela s'est en effet produit et fait partie du processus de déshumanisation et de la formation de cette zone grise déjà décrite par Primo Levi dès 1947.

Bon film cependant.
Fabien S.

690 abonnés 4 150 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 1 août 2018
Un très bon film allemand . Touchant, poignant. Un très beau drame. Dense, intense, calibré , un bon scénario.
Gérard Delteil
Gérard Delteil

258 abonnés 2 081 critiques Suivre son activité

3,0
Publiée le 28 mai 2015
Réalisation classique et soignée, interprétation impeccable, sujet fort, ce Labyrinthe du silence se présente comme une leçon d'histoire. Le problème est qu'il laisse croire que le premier procès d'Auschwitz ne serait que le résultat des efforts conjugués de deux magistrats honnêtes et acharnés luttant contre toute une partie de la société pour faire connaître la vérité. Jamais il ne pose la question historique la plus intéressante : pourquoi un procès a-t-il pu avoir lieu en Allemagne en 1962 ? Car la décision d'enquêter sur les crimes commis par le nazisme dans les pays étrangers avait été prise au plus haut niveau et un bureau d'enquête avait été créé. La réalité semble donc assez éloignée du Tintin justicier qu'on nous présente ici. D'une certaine façon, ce film réhabilite d'ailleurs la justice de RFA, alors que les quelques nazis jugés à cette époque n'ont écopé pour la plupart que de peines très légères. Le régime a d'ailleurs continué très longtemps à protéger d'importants dignitaires nazis. Une des hypothèses semble être que, par ce procès, la RFA voulait se donner un visage politiquement correct lui permettant de faire son retour dans le concert des nations. Au moindre prix, puisque la plupart des "nazis utiles" restaient en place, en particulier dans les services secrets où ils excellaient. C'est tout ce background que n'évoque pas Le labyrinthe du silence en dépit de ses qualités. Le film sur les rapports entre la société allemande et le nazisme à cette époque reste à faire.
Jmartine
Jmartine

203 abonnés 750 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 5 mai 2015
Du 20 novembre 1945 au 1er octobre 1946, les alliés ont jugé à Nuremberg 22 hauts responsables du troisième Reich…En novembre décembre 1947, les polonais jugent à Cracovie 40 membres de l’encadrement du camp d’Auschwitz…il faudra attendre décembre 1963 pour voir les allemands mener à Francfort / Main le procès de leur propre histoire en jugeant 22 prévenus impliqués dans le fonctionnement d’Auschwitz alors que l’on considère que 6 à 8000 personnes ont eu un rôle dans le fonctionnement du camp. Il a fallu le courage et l’obstination du procureur général Fritz Bauer, lui-même victime des nazis, et qui s’est entouré d’une équipe de trois jeunes procureurs pour briser le mur du silence, le consensus quasi général pour ne pas remuer le passé, et instruire les dossiers. Adenauer avait décidé de réintégrer les nazis dans l’administration pour permettre le redressement du pays, et la magistrature était particulièrement atteinte…Voilà pour l’histoire…Giulio Ricciarelli a fait de sa première réalisation, un film parfaitement maîtrisé dans sa progression dramatique, bouleversant, récréant jusque dans les moindres détails, l’atmosphère des années 50, l’architecture, les voitures, l’habillement, jusqu’à cette pellicule légèrement marron qui renforce cette atmosphère. On y apprend beaucoup de choses, qu’un jeune procureur né à la fin des années 30 ait pu ignorer les camps de concentration…que les bourreaux du camp aient pu redevenir de paisibles crémiers ou boulangers sans être inquiétés…et se posent des questions plus essentielles, un pays peut-il se construire sur le mensonge ? Où passe la frontière entre refus et obéissance ? La jeune génération doit-elle accepter qu’elle est issue d’une génération de criminels ? Bref un film classique mais terriblement prenant et qui s’arrête aux portes du procès…
Kilian Dayer
Kilian Dayer

130 abonnés 838 critiques Suivre son activité

3,0
Publiée le 23 novembre 2015
L’académisme pour dénoncer, l’académisme pour instruire un public résolument tourné vers l’avenir semble avoir réussi à Giulio Ricciarelli, cinéaste mettant ici en scène la découverte par l’opinion publique allemande, en 1958, des atrocités nazies, des exactions monstrueuses commises notamment à Auschwitz. A l’heure ou la nation germanique fait son deuil, à l’heure de tourner la page, alors que les dirigeants s’affairent à masquer des terribles vérités qui mettraient à mal la vie sociale du pays, un jeune procureur de Frankfort ouvre la boîte de Pandore, amorçant une croisade punitive contre des anciens SS stationnés dans le camp de la mort polonais. Découvrant que beaucoup de bourreaux vivent librement au sein de la population allemande, 20 ans après les faits, ce nouveau justicier entend confondre ce qu’il considère comme des meurtriers. Carrément ignorant aux origines, le jeune juriste plongera bientôt la tête la première dans l’horreur, jusqu’à l’ouverture d’un procès symbolique.

Tout est donc question ici d’héritage, de prise de conscience. Le cinéaste met clairement l’accent sur l’ignorance d’une certaine partie du peuple germanique et l’aveuglement volontaire des autres. Certaines vérités sont-elles trop horribles pour qu’une nation sorte la tête de l’eau? Sans doute. Mais la rédemption passe par le jugement. Quoiqu’il en soit, Giulio Ricciarelli dresse une toile narrative d’une limpidité académique qui permettra à tout un chacun de se fondre dans ce récit politique, historique et judiciaire avec une certaine aisance. Cette facilité d’accès, justement, prive selon moi le film d’un réel impact dramatique. Bâti tel le plus lancinant des films fleuve hollywoodien sur des sujets similaires, Le labyrinthe du silence manque de vivacité, d’indépendance, la preuve en est de cette histoire d’amour complètement futile qui plombe le final du récit. Pour parer à la mémoire douloureuse de l’Holocauste, tout le monde semble avoir pris ici le parti de la légèreté de ton, à quelques exceptions près.

Paradoxalement, cette limpidité narrative, cette facilité dans l’évolution du récit, ouvre facilement les yeux du public lambda sur l’une des conséquences peu soulevées de cette monstrueuse guerre, soit le regard porté sur le passé par la génération allemande qui suit. Le point fort de film de Ricciarelli, c’est sans le moindre doute lorsqu’il traite de la culpabilité. Oui, qu’importe la croisade, qu’importe l’avenir, tous les allemands semblent devoir vivre avec une certaine forme de culpabilité. C’est ce penchant là que le cinéaste a le mieux cerné dans son entreprise, notamment en ce qui concerne le sursaut de son personnage principal, prenant clairement conscience du passé lorsqu’il gratte sous la surface.

Film utile, film historique important, Le labyrinthe du silence n’en reste pas moins terre-à-terre, beaucoup trop. Ici, on évacue bien trop souvent la dramaturgie au profit de la logique, des beaux discours. Que les acteurs soient bons n’y changent finalement rien. L’effort est louable mais le sujet était sans doute bien plus complexe que ça, bien trop complexe du moins pour qu’un cinéaste, avec somme toute assez peu de moyens, l’expose en deux petites heures, chronomètre en main. 11/20
Isabelle E.C.
Isabelle E.C.

83 abonnés 340 critiques Suivre son activité

4,5
Publiée le 4 mai 2015
Ce film très classique est à voir ne serait-ce que pour ce qu’il raconte avec force, intelligence et sensibilité.
Nous suivons, de 1958 à 1963, un jeune procureur de Francfort, aidé d’un journaliste et sous la protection d’un homme juste, qui instruit le dossier de ce qui sera le procès des SS du camps d’Auschwitz par les allemands eux même.
Une page d’histoire racontée comme une enquête haletante avec toute la finesse que demande ce type de sujet pour ne pas devenir plombant. Très juste, très émouvant ce film ne plonge jamais dans le lacrymale.
L’ambiguïté du sujet est très bien montrée par des acteurs principaux ou secondaires qui sont tous excellents.
Mentions spéciales au héros qui est un jeune James Stewart germanique et à sa fiancée, une brune piquante pleine de répondant.
anonyme
Un visiteur
4,0
Publiée le 4 mai 2015
Pour un premier film, c'est d'une très grande maîtrise. La ligne narrative est bien faite. Vraiment tout est bien, et le propos passionnant. Les Allemands de la fin des années 50 ne savaient pas ce qu'était Auschwitz. On suit la découverte de certains, c'est terrible. L'extermination commise à Auschwitz, personne n'en a entendu parler à cette époque. Il s'agit de réveiller les Allemands pour le jeune procureur.
Un film à voir. Un regret : il y a une certaine douceur qui s'échappe du film, due sans doute à la musique façon Schindler list quand à certain moment on évoque le martyr des juifs, cet accentuation aurait pu être oubliée, les mots suffisaient. Par contre le côté wagnérien de la musique quand les nazis sont évoqués est plus intéressant. On regrettera que les personnages de nazis n'aient pas été eux mêmes approfondis. Car si le peuple allemand en général ignoraient les crimes des SS, les ex SS eux ne les ignoraient pas. J'aurais bien aimé savoir comment une telle personne, 15 ans plus tard, se justifie à ses propres yeux.
Il y a aussi une erreur de casting, les ex nazis sont souvent joués par des gens de 70 ans ou plus. En 1958, Reinhard Heydrich n'aurait eu que 54 ans, Eichmann avait 52 ans. Plein d'autres étaient même plus jeunes, des gens de moins de 50 ans en 1958.
Archibald T.
Archibald T.

21 abonnés 209 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 5 octobre 2015
Captivant, le film oscille entre le polard, le récit historique et la dénonciation politique d'une Allemagne qui a du mal à se débarrasser de ses vieux démons nazis.

Très beau.
anonyme
Un visiteur
3,5
Publiée le 1 juillet 2015
Sur une période méconnue de l’histoire allemande, Giulio Ricciarelli parvient à faire un film globalement réussi, par complètement exempt de défauts mais qui a le mérite de poser frontalement des questions essentielles comme la liberté individuelle, le devoir de jugement,… Et l’acteur principal est parfait, ce qui ne gâche rien…
Jean-Patrick Lerendu
Jean-Patrick Lerendu

16 abonnés 152 critiques Suivre son activité

4,5
Publiée le 27 mai 2015
Quand un pays a décidé de mettre un couvercle sur un passé bien sombre (les horreurs du nazisme), c'est un jeune procureur fraîchement arrivé en poste qui va mener un procès retentissant qui peut amener à la repentance. Des acteurs de talents vont nous faire suivre le réveil des consciences. A voir sans faute.
JR Les Iffs
JR Les Iffs

103 abonnés 1 151 critiques Suivre son activité

3,5
Publiée le 25 janvier 2016
Bon film allemand de Giulio Ricciarelli.
Le sujet est très intéressant et suit une histoire réelle de trois magistrats allemands. La réalisation est au goût du jour, et est sans reproche, la romance n'est pas trop prononcée, les acteurs sont bons. Mais il y a peu de rebondissement dans cette enquête, surtout quand on connaît la réalité historique. Indispensable néanmoins pour une génération entière d'Allemands. Ici, il s'agit moins de justice que de vérité historique.
DarkAkuma02
DarkAkuma02

61 abonnés 506 critiques Suivre son activité

4,5
Publiée le 4 mai 2015
Le Labyrinthe du Silence a été une excellente surprise. Le scénario est très bien construit, que ce soit dans la manière dont ce jeune procureur va se prendre d'intérêt pour cette quête ou dans les relations qu'il développe avec les autres personnages. De plus, le film montre de manière très intéressante le regard de la population allemande sur la Seconde Guerre Mondiale en cette période d'après-guerre (il se déroule en 1958). Je ne me suis pas ennuyé un seul instant et recommande vivement ce long-métrage.
Pauline G.
Pauline G.

46 abonnés 561 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 7 septembre 2015
Rien que pour la véracité de son propos, ce film mérite d'être vu. Il focalise sur un pan de l'histoire européenne et mondiale dont on ne peut se douter avant de l'avoir vu. Nous avons, - nous, troisième génération post seconde guerre mondiale -, tant été instruits quant aux terribles conditions carcérales réservées aux détenus sous la domination nazie qu'il est difficile d'imaginer que tel n'a pas toujours été le cas. Et pourtant, oui, un jour, il a bien fallu que quelqu'un révèle toutes ces atroces vérités au grand jour, avec tout le choc sociétal et personnel que cela peut engendrer. La force de film, à mes yeux, est de présenter cet immense pan de l'histoire avec toute l'apparente simplicité du récit de vie, c'est-à-dire, sans héroïsme excessif, sans sur dramatiser l'expérience du héros, sans vouloir nous faire pleurer à tout prix sous prétexte que le sujet est grave et sans vouloir nous faire considérer son jeune procureur comme une espèce de demi dieu exceptionnel (comme on aurait pu imaginer le cinéma américain le faire s'il s'était emparé d'une telle histoire). Au contraire, le récit reste sobre en ce sens qu'il se pose au plus près des faits et retransmet en cela un touchant humanisme. A regretter, seulement, le fait qu'il colle au classique schéma narratif du jeune homme d'origine modeste, qui, à force de travail et d'acharnement, parvient à se démarquer et grimper au sommet de l'échelle sociale spoiler: jusqu'à ce moment fatidique où tout s'effondre autour de lui, qu'il perd tout, son travail, ses amis et même sa femme, (pendant au moins cinq minutes !) se repente et retrouve sa joie d'antan à la fin (tada ! la vie est belle)
.
bendelette
bendelette

34 abonnés 282 critiques Suivre son activité

4,5
Publiée le 7 mai 2015
bouleversant,sobre et une grande leçon d'histoire.Les acteurs sont parfaits.
Matching P.
Matching P.

17 abonnés 133 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 3 mai 2015
Bien sûr, nous sommes allées avoir ce film allemand !
A partir d'un fait historique, le munichois Giulio Ricciarelli a fait un film sur l'ignorance, le refoulement collectif et sur le courage. C'est un film allemand important et et émouvant, qui navigue entre fiction et drame historique - le journaliste et le procureur général Fritz Bauer sont des personnages historiques, Johann Radmann par contre est une synthèse de plusieurs procureurs, ici un beau jeune homme, idéaliste, entier. Le film rend hommage aux personnes qui ont obligé les allemands à se regarder dans le miroir de leur histoire. Beaucoup d'anciens responsables avaient réintégré la jeune République Fédérale en toute impunité !
C'est le début du miracle économique allemand, la guerre semble loin, il y a certes encore des ruines et des mutilés de guerre, mais aussi de belles voitures et des jolies robes, les gens ont envie d'oublier, on ne veut rien savoir des ombres du passé, de culpabilité et d'expiation. "Ce pays veut un glaçage sucré", dit un rescapé résigné. Les vieux refoulent, les jeunes ne demandent pas. Un officier américain conseille de changer de cible, ce sont les russes les nouveaux ennemis, les alliés aussi ont une part de responsabilité dans cet arrangement. Des mensonges, le silence, le refus de vérité, "voulez-vous que chaque jeune se demande si son père était un meurtrier ?" et lorsqu'il y a des rumeurs, c'est de la propagande des vainqueurs...
Le but du jeune procureur est de trouver Mengele, le médecin du camp, connu pour ces atrocités, parce que "il est Auschwitz". Mais Bauer répond clairement "Non, tous ceux qui ont participé, qui n'ont pas dit non, ils sont Auschwitz".
Le film est classique dans sa construction, linéaire, avec une reconstitution très soignée. Il nous montre la longue instruction méticuleuse et difficile. Auschwitz, personne ne savait ou connaissait, il fallait trouver les victimes pour identifier les coupables. Les témoignages font partie des moments forts du film, ils sont réduits à l'essentiel, la caméra fixe les lèvres, la secrétaire et le jeune procureur sont épouvantés, le sentiment d'horreur s'installe parce que le spectateur connait la vérité. Un autre moment fort est lorsque Radmann et le journaliste juif lisent ensemble une prière juive devant le camp d'Auschwitz.
Ce film a le mérite d'éviter le cliché du méchant allemand, de se montrer nuancé dans les portraits et devant la complexité de l'histoire - Radmann arrive à se demander, "qu'aurais-fait à leur place" ? Et en même temps, il sent le poids d'une culpabilité collective.
Le film finit sur une scène de victoire, tant d'obstacles ont été vaincus. Il s'arrête au début du procès qui n'en est que l'aboutissement.
On est captivé du début à la fin, saisi par l'émotion par moment, ému par les bons acteurs comme Alexander Fehling en jeune juriste, mais surtout Gert Voss, le procureur général, un des grands acteurs de langue allemande, dont ce fut malheureusement le dernier rôle.
Nous pensons bien sûr aux films Le liseur et Hannah Arendt, dont nous avons parlé ici qui traitaient aussi de l'Allemagne, de l'après-guerre et de la culpabilité collective.
Personnellement (c'est la partie germanique de Matching Points qui parle), je n'ai que des souvenirs vagues de ce procès, j'étais encore enfant. Je fais partie de ceux qui quelques années plus tard justement bénéficiaient de l'enseignement de jeunes professeurs qui soulevaient ces grandes questions. Le sentiment d'obscurantisme face à l'histoire, nous le rencontrions encore face aux anciens, comme je l'ai mentionné ici
Un film à voir, et pas seulement pour les germanophiles et germanophones ...
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