Derniers Avis : Le Labyrinthe du silence - Page 12
Le Labyrinthe du silence
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Alexandre Cacheux
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4,0
Publiée le 18 mai 2015
Tiens un film allemand. Pas si souvent. Intéressant et réussi en plus. Sur fond de chasse aux nazis, une histoire vraie palpitante et rédemptrice. Réalisation très classique mais la puissance du propos finit par emporter le tout.
un peu de l'histoire tant racontée, sue et ressue et pourtant jamais assez... la preuve en est ce que les descendants indirects des victimes de hier font subir aujourd'hui à d'autres, comme si leur mémoire avait effacée la souffrance humaine... l'homme ne se s'appuie pas sur ses erreurs pour essayer de le stopper.....
Un film coup de point, juste, intelligent qui décrit l'histoire d'un jeune avocat épris de justice qui va découvrir la face cachée de l'histoire de son pays et la sienne : son pays est devenu amnésique des crimes nazis commis pendant la seconde guerre mondiale. Le film à plusieurs forces. Il s'interroge et ne juge pas le peuple allemand. Il n'est pas dans le pathos en gardant une certaine distance. Cette distance est nécessaire pour que le spectateur puisse se questionner: Pourquoi cette amnésie s'est-elle produite à cette échelle. Quelles en ont les conséquences ? Pourquoi est-ce important d'un peuple discute de son passé ? Comment vit-on avec ce poids. Un film plus pédagogique que partisan comme a pu être perçu Selma.
En France, j’ai l’impression qu’on a toujours la crème de la crème de la production cinématographique allemande et je ne compte plus mes bonnes expériences; pour ne citer que le haut du panier de ces 16 dernières années : « La Vague (Die Welle, 2009) », « La Vie des Autres (Das Leben der Anderen, 2007) », « L'Expérience (Das Experiment, 2003) », « Good Bye Lenin ! » (2003), « Cours, Lola, Cours » (Lola rennt, 1999). Ce film rejoint, en terme de qualité, les œuvres pré-citées et pourtant c’est une première œuvre de Giulio Ricciarelli avec un sujet pas facile à traiter. On pourra reprocher au réalisateur une forme très classique mais c’est bien un défaut mineur si on met cela en perspective du sujet, de l’interprétation, des décors et costumes et surtout de l’Histoire (avec un H majuscule). Certains dialogues sont même pleins d’humour dans un contexte qui n’est pas du tout drôle. Le film montre très bien l’ignorance des allemands sur leur propre histoire et le courage et la ténacité qu’il a fallu à un petit groupe de personnes, envers et contre tout, pour révéler à leurs compatriotes, d’abord, et au monde entier, ensuite, l’horreur du camp d’Auschwitz. Ce film devrait servir de matériel pédagogique dans les collèges et lycées car il contient tout un tas de sujets qui peuvent servir aux générations futures : l’Histoire, bien sûr, mais pas seulement, il peut être utilisé pour définir des notions peu répandues aujourd’hui comme l’éthique, la justice, la notion d’effort dans le travail, la sobriété ou même le phénomène récent des lanceurs d’alerte. Il peut même servir à démonter le négationnisme, lui, de plus en plus répandu.
Excellent film sur l'Holocaust. J'y suis allé avec la petite appréhension que j'ai à chaque film sur ce sujet tellement traité à l'écran qu'il devient difficile d'en trouver un qui sorte du lot. Et ce film est une très bonne surprise de ce point de vue avec ce jeune homme qui décide de se mettre au courant des horreurs qu'a commis sa nation pendant la guerre alors que tout le monde essaye au contraire de tourner la page. Mais une fois le doigt mis dans l'engrenage du dossier pour retrouver les assassins et leurs complices il ne peut plus faire marche arrière et décide d'aller jusqu'au bout malgré les obstacles et surtout les révélations et les vérités auxquelles il devra faire face. On suit ce jeune et innocent procureur qui na rien vécu de tel dans sa carrière prendre en pleine face une énorme désillusion sur son pays, sur sa population et s'enfonce petit à petit dans le rejet de tous jusqu'à sa remise en question et sa prise de conscience que peut être Tous n'étaient pas en accord avec le parti mais n'ont pas d'autres choix que d'y adhérer. L'enquête est passionnante, l'interprétation excellente. Le film est captivant de bout en bout et fait réfléchir sur nos voisins germaniques. Il amène à nous dire qu'eux aussi ont été des victimes a leurs façons et qu'ils ont eu également l'envie de "nettoyer" le pays de tous ceux qui auront participé à faire passer tous les Allemands pour des nazis. Une partie d'histoire qu'il est important de connaître. Un film à voir tout simplement.
Le jeune procureur, que seule l'idée de la justice universelle anime, il incarne la jeunesse allemande ignorant les crimes contre l'humanité perpétrés par les nazis. La jeunesse qui n'a pas fait la guerre. Qui est nazi ? Qu'ont fait tes parents pendant la guerre ? Ton père était il au parti ? Et toi qu'aurais-je tu fait pendant cette guerre ? Aurais tu eu la force de résister ? Poursuivant les responsables d'Auschwitz il est poursuivi par ce drame, enchaînant les interrogatoires. Un film de vrai cinéma, captivant et émouvant qui a aussi le mérite de brosser le tableau de cette période de l'histoire allemande que l'on a moins tendance à visiter mais qui aura marqué durablement les esprits européens .
Un jeune procureur allemand découvre les atrocités commis par les nazis à Auschwitz. On est en 1958 et l’Allemagne doit se reconstruire avant tout. La transmission de l’Histoire s’est donc faite de manière parcellaire et les jeunes générations ignorent beaucoup de la faillite morale collective de leurs ainés. Et c’est ce qui est le plus choquant dans ce film. Un Etat en reconstruction où près de 10 millions de personnes avaient pactisé avec le parti nationaliste va devoir composer avec une élite, mais pas seulement, compromise en acceptant de fermer les yeux. Tout en découvrant l’horreur des actes commis par la génération l’ayant précédé, il découvre que la plus part de ces personnes ont retrouvé une certaine notabilité voire même l’élite à laquelle ils appartenaient. Ce film pose clairement la question de la responsabilité individuelle dans un chaos collectif. Ce film fait écho au très bon « Ruban blanc » de Haneke qui montre bien comment cette génération germanique perdue s’est construite dans les 20’s. Il montre aussi bien comment on peut réécrire l’Histoire afin qu’elle devienne tolérable pour tout un peuple ; mais le plus tragique est que l’on peut même le légitimer dans un premier temps afin que les jeunes puissent s’épanouir sans un rejet de leur propre pays. Donc en 1958, on découvre un pays encore immature pour se retourner sur son propre passé et c’est tragique. Ce premier long métrage hyper documenté et donc souvent très didactique d’un réalisateur italien a le mérite, sous forme d’un film d’investigation, d’être conçu comme une véritable leçon d’histoire… mais de fait trop peu comme du cinéma. Les personnages sont souvent schématiques, apparaissent brièvement, bourreaux ou victimes, débitent leurs textes et n’existent de fait pas vraiment… juste des objets désincarnés de démonstration. Et c’est pour cette raison que l’émotion ne transparait jamais malgré une musique omniprésente dans les moments forts. Le procureur aussi est assez caricatural et mille fois vus : naïf, intègre, journaliste, détective… La réalisation est soignée mais d’un classicisme confondant et manquant cruellement d’inventivité. Voilà un film à message fort et clair trop loin du 7ème art.
Difficile de dire ce qui est le plus fascinant: l'enquête et l'intrigue en elle-même ou le voyage dans le temps et la réflexion sur la Mémoire, avec un grand M, le pardon et la Vérité historique. Avec en plus de très bons acteurs à découvrir!
Il ne faut pas avoir peur de la VO allemande, la mise en scène est suffisamment expressive et calibrée pour permettre sans difficulté d'appréhender le film. C'est parfois même un peu trop marqué du trait mais ne boudons pas l'intérêt évident du film, passionnant de bout en bout
Pour son premier long métrage, le réalisateur Giulio Ricciarelli, né à Milan mais habitant en Allemagne, s'attaque à un fait historique chargée d'un lourd passif : Le procès d'Auschwitz qui s'est déroulé de 1963 à 1965 à Francfort. Certains éléments repris dans le film sont réels comme le procureur général, Fritz Bauer (alias Gert Voss) qui en est à l'origine, par contre, l'histoire du jeune procureur, interprété par Alexander Felhing est pure fiction. C'est sans doute ce qui à Gêné Giulio Ricciarelli dans la construction de son film, pas toujours adroite et crédible. Sur le fond, ce film était indispensable, sur la forme et le contenu, il ne sera pas le grand film (comme par exemple "La vie des autres" de Florian Henckel von Donnersmarck), auquel on pouvait être en droit d'attendre sur le sujet...
Après "Good bye Lenin", "La vie des autres", le cinéma allemand nous réserve encore de très bonnes suprises, comme "Le labyrinthe du silence". Ce film qui relate une page d'histoire plutôt méconnue est passionnant. L'acteur principal est très bon. A voir absolument.