Le Labyrinthe du silence
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273 critiques spectateurs

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crissy
crissy

1 abonné 14 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 7 mai 2015
Un film où l'intensité s'installe progressivement et la complexité se dessine peu à peu. Un jeu d'acteur subtil, de belles scènes intenses et un rythme tenu jusqu'au bout.
John Henry
John Henry

127 abonnés 732 critiques Suivre son activité

3,5
Publiée le 6 mai 2015
Le labyrinthe des silences s'attelait à une tâche compliquée : démontrer que l'Allemagne ignorait tout des horreurs des camps et d'Auschwitz à travers le travail procédurier d'un procureur. Mais le film est rythmé, si la première partie se résume à l'obstination d'un homme et aux révélations qui peuvent se résumer par le regard de la dactylographe, on pouvait alors craindre une baisse de rythme ou d'enjeu mais pas du tout, la seconde partie est la plus terrible finalement, ils se rendent compte que c'était la guerre et qu'à ce titre l'Allemagne ne pourra s'en sortir et regarder cette vérité dans les yeux sans se salir les mains, sans affronter le regard des voisins - amis, de la famille qui ont, de près ou de loin, été témoins ou acteurs des drames des camps de concentration. Equilibré, tenu, passionnant, bien joué. Et utile. Encore et toujours.
Malheureusement.
anonyme
Un visiteur
4,0
Publiée le 6 mai 2015
Ce que l’on remarque tout de suite, c’est la sobriété de la mise en scène que certains pourraient trouver un poil mécanique, mais qui est super efficace (travelling arrière sur une porte fermée pour s'éloigner d’une vérité douloureuse, des ellipses sur certains témoignages des victimes des camps plutôt classe car d’autres auraient profiter du “pathos”).

L’histoire est racontée à travers celle de Radmann qui est en fait est un personnage créé à partir de plusieurs personnes ayant réellement existé. Le réalisateur réussit grâce à lui à nous embarquer dans sa quête. Il s’agit de l’archétype du héros au sens de Joseph Campbell (“Le Héros aux mille et un visages”), passe par des stades bien définis tels que la partance, l’initiation et le retour. On suit ce héros ce qui donne un point d’ancrage et d’identification au spectateur. Beaucoup de sous-thèmes sont abordés au delà du pitch : faut-il cacher une certaine vérité quand l’équilibre est fragile ? Quelle dévotion consacrer à son travail - même si celui-ci concerne un sujet aussi grave - par rapport au sacrifice que cela représente pour sa vie et son épanouissement personnel ? La relation père/fils, la confrontation d’une certaine conception de la morale face à la réalité de la vie.

Le réalisateur évite que son récit soit totalement manichéen. On y retrouve tous les points de vue : le fils de résistant, les familles déportées, ceux qui nient, ceux qui ne pensent pas qu’ils faillent creuser, ceux qui ont été nazis par conviction ou par "survie". (lire la suite sur le blog)
anonyme
Un visiteur
5,0
Publiée le 6 mai 2015
a MUST-SEE. Film de courage, verité; tourné avec justesse du début à la fin. Extraordinaire dans sa force et émotion. Boulversé par ce chef d'oeuvre.
anonyme
Un visiteur
5,0
Publiée le 6 mai 2015
Tout dans ce film -quasi documentaire- est un chef d'oeuvre: le jeu des acteurs, le scénario, la réalisation... Le sujet est traité avec rigueur et évite de tomber dans le pathos, ce qui lui donne toute sa force.
ninilechat
ninilechat

84 abonnés 564 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 6 mai 2015
Enfin un film que j'ai envie de commenter avec enthousiasme, tant il est nécessaire (même s'il n'est pas complètement dépourvu de défauts). A vrai dire, j'étais un peu dégoûtée du cinéma ces derniers temps. Aucun film appétent en vue. Depuis qu'Eastwood se met à faire des nanars.... -je ne m'en suis pas remise!

RFA, (Frankfort en l'occurrence), 1963. L'Allemagne est à fond dans le processus qui va la conduire à devenir rapidement le pays le plus puissant d'Europe. Elle ne veut surtout pas qu'on lui rappelle les souvenirs désagréables d'un passé trop proche. Les nazis? Il sont partout. A Nuremberg, on a jugé quelques pontes, et les autres sont rentrés bien tranquillement chez eux. Nazis par conviction, par indifférence, par cécité volontaire. Ils sont nécessaires pour faire tourner la boutique, tout simplement! On ne va pas se priver des ingénieurs, des médecins, des juristes dont la RFA a tant besoin pour se reconstruire, sous prétexte qu'ils ont eu des sympathies brunes. Cet état d'esprit là, Le labyrinthe du silence nous le fait toucher du doigt d'une façon particulièrement didactique.

Le procureur général de Frankfort, Fritz Bauer (Gert Voss dans le film) , quant à lui, ne s'accommode pas de cet état d'esprit: il est juif. Socialiste, il avait été arrêté par le Gestapo et démis de la fonction publique; il était donc parti au Danemark puis en Suède, et n'était revenu en Allemagne qu'en 1949, avec le but de retrouver les grands criminels comme Eichmann, et de faire passer en jugement un certain nombre de personnes qui, après avoir collaboré au système concentrationnaire, avait renquillé une petite vie civile pépère le plus tranquillement du monde. Mais c'est loin d'être évident: les actes commis pendant la guerre sont prescrits, sauf les meurtres. Pour qu'un procès ait lieu, il faut qu'un témoin vienne apporter les preuves que X.... a commis un meurtre (acte prémédité) sur la personne d'Y. C'est assez ahurissant de penser qu'avoir fait fonctionner des chambres à gaz, acte collectif n'était pas en soi sanctionnable....

Ca, c'est l'histoire; en continuant avec les personnages historiques, il y a Thomas Gnielka (André Szymanski dans le film), journaliste et écrivain, ado envoyé avec sa classe de lycée travailler à Auschwitz, de ces enfants-soldats qu'il avait fallu recruter quand les hommes valides commençaient à manquer, ce qu'il a raconté dans un livre: Als Kindersoldat in Auschwitz. Die Geschichte einer Klasse. Il n'a pas pardonné ce qu'on lui a fait faire et dénonce les responsables qu'il retrouve, comme un des professeurs de collège à Frankfort.

J'en arrive donc aux défauts du film: avec Bauer et Gnielka, il y avait de quoi faire un film. mais pas grand public, pas assez glamour.... Giulio Ricciarelli (si si, c'est un allemand), dont c'est le premier film, est donc passé à la fiction pure avec le personnage de Johann Radmann (le fort séduisant Alexander Fehling), à qui on a même prêté une ravissante petite amie (Friederike Becht). Johann est un procureur débutant, tout juste sorti de la fac, à qui Bauer confie la tâche de retrouver un certain nombre de responsables d'Auschwitz réinsérés dans la vie civile, comme le professeur ci dessus; au début, il pense qu'Auschwitz était un camp de travail comme un autre (ce qui nous apparait quand même extravagant pour un juriste...); il découvre la réalité avec horreur; il entame donc ce travail de titan avec son collègue Otto (Johann von Bülow): remuer des tonnes d'archives pour retrouver des survivants (qui sont souvent murés dans le mutisme) et des documents permettant de relier de façon irréfutable X.. à la disparition d'Y; Johann fait une fixation sur Mengele depuis qu'un survivant lui a raconté les horreurs accomplis par le docteur sadique sur des tout petits, mais Mengele n'est pas la priorité de Bauer; Johann se heurte à l'hostilité de ces collègues plus âgés du ministère de la Justice, et carrément à un refus de collaborer de la part de la police; Johann a des états d'âme, ce qui nous intéresse moyennement, mais cela fait partie du côté nécessairement commercial du film.

Bref, tout ceci permit la tenue du second procès d'Auschwitz. (Un premier procès avait eu lieu dès 1947 à Cracovie ce qui rend plus étrange encore l'ignorance de Johann et des gens de sa génération!). Peu furent jugés; les sanctions furent dérisoires; mais au moins, le monde savait. Personne ne pouvait plus dire qu'il ne savait pas.

Ce film est à voir absolument, et par tous. Je vous assure, moi qui ne suis pas un perdreau de l'année et qui m'intéresse de près à la chose politique, j'y ai vraiment pris conscience de l'état de déni qui pouvait régner en RDA après guerre. Je ne le connaissais pas, ce procès, je n'en avais pas vraiment entendu parler. Impensable de le rater! Je vous le dis, s'il y a un film NECESSAIRE, c'est bien celui là!
Alice025

1 898 abonnés 1 513 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 5 mai 2015
Une histoire très passionnante sur la traque d'anciens SS, mais qui se passe cette fois ci en Allemagne, les allemands traquent les allemands. Cette enquête va autant nous passionner que nous horrifier. Les acteurs sont tous très bons, surtout l'acteur principal, obsédé par cette enquête au point de considérer tous les allemands comme des nazis. Et dire que le peuple allemand ne savait pas ce qu'était Auschwitz à la fin des années 1950 !
Une film historique très réussi.
Jmartine
Jmartine

203 abonnés 750 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 5 mai 2015
Du 20 novembre 1945 au 1er octobre 1946, les alliés ont jugé à Nuremberg 22 hauts responsables du troisième Reich…En novembre décembre 1947, les polonais jugent à Cracovie 40 membres de l’encadrement du camp d’Auschwitz…il faudra attendre décembre 1963 pour voir les allemands mener à Francfort / Main le procès de leur propre histoire en jugeant 22 prévenus impliqués dans le fonctionnement d’Auschwitz alors que l’on considère que 6 à 8000 personnes ont eu un rôle dans le fonctionnement du camp. Il a fallu le courage et l’obstination du procureur général Fritz Bauer, lui-même victime des nazis, et qui s’est entouré d’une équipe de trois jeunes procureurs pour briser le mur du silence, le consensus quasi général pour ne pas remuer le passé, et instruire les dossiers. Adenauer avait décidé de réintégrer les nazis dans l’administration pour permettre le redressement du pays, et la magistrature était particulièrement atteinte…Voilà pour l’histoire…Giulio Ricciarelli a fait de sa première réalisation, un film parfaitement maîtrisé dans sa progression dramatique, bouleversant, récréant jusque dans les moindres détails, l’atmosphère des années 50, l’architecture, les voitures, l’habillement, jusqu’à cette pellicule légèrement marron qui renforce cette atmosphère. On y apprend beaucoup de choses, qu’un jeune procureur né à la fin des années 30 ait pu ignorer les camps de concentration…que les bourreaux du camp aient pu redevenir de paisibles crémiers ou boulangers sans être inquiétés…et se posent des questions plus essentielles, un pays peut-il se construire sur le mensonge ? Où passe la frontière entre refus et obéissance ? La jeune génération doit-elle accepter qu’elle est issue d’une génération de criminels ? Bref un film classique mais terriblement prenant et qui s’arrête aux portes du procès…
Yves G.

1 858 abonnés 4 067 critiques Suivre son activité

2,5
Publiée le 15 juin 2020
À Francfort, à la fin des années cinquante, un jeune procureur enquête sur les crimes contre l’humanité commis à Auschwitz. Dix ans après le procès de Nuremberg, c’est la première fois que la justice allemande accepte de regarder son passé en face.
Le cinéma allemand – ou du moins celui qu’on connaît en France – n’en finit pas de revisiter l’histoire contemporaine : "La Vie des autres", "Good Bye, Lenin !", "Barbara", "Phoenix", "Fritz Bauer, un héros allemand", "Elser, un héros ordinaire", "L’Œuvre sans auteur", "La Révolution silencieuse", "Le Vent de la liberté" … La liste est longue.

"Le Labyrinthe du silence" révèle une monstruosité : en 1958, le nom d’Auschwitz ne signifiait rien à la majorité des Allemands (de l’Ouest). La priorité était à la reconstruction. Elle nécessitait de tourner la page du passé et de taire la compromission des Allemands dans les crimes nazis.

"Le Labyrinthe du silence" raconte la préparation du procès de Francfort de 1963-1965 qui a révélé à l’opinion publique allemande le génocide juif et la responsabilité des soldats allemands dans son exécution.

Pour donner plus de force à son sujet, le réalisateur a fondu les figures des trois procureurs en une seule : un jeune et brillant juriste, épris de vérité, mais dont le passé familial cache de lourds secrets.

Le film est d’un classicisme éprouvé, suivant méthodiquement les étapes de l’enquête judiciaire, avec son lot de gentils (la fraîche fiancée, la secrétaire dévouée…) et de méchants (l’opportuniste procureur en chef, le méchant Nazi reconverti dans l’industrie…). Il relève la gageure de filmer les témoignages des survivants – témoignages archi-connus dont la répétition aurait fatalement lassé – sans leur laisser la parole : la caméra s’éloigne de la salle, la musique se fait plus grave, la porte se referme… jusqu’à ce que la greffière ne la rouvre, écrasée par le chagrin des confessions qu’elle vient de retranscrire.

Cette mise en scène trop classique, le jeu des acteurs trop lisse, l’histoire trop manichéenne sont les écueils que ce sujet en or ne parvient pas à éviter.
Jean HERVE
Jean HERVE

14 abonnés 75 critiques Suivre son activité

5,0
Publiée le 5 mai 2015
Un très très grand film qui traite du sujet de l'après guerre en Allemagne, de la mémoire et culpabilité. Comment des hommes ordinaires ont pu être des monstres.
C'est remarquablement filmé, les images, les portraits sont de véritables tableaux. Les acteurs et tout particulièrement Alexander Fehling sont remarquable
Il faut absolument voir ce film
anonyme
Un visiteur
5,0
Publiée le 4 mai 2015
Fantastique film !
La performance de l acteur principal est a en couper le souffle.
Retrace une période sombre de l histoire allemande.
Un grand bravo a tous les acteurs, réalisateurs, scénaristes et autres qui ont permis a ce film de voir le film.
Je le conseille a tous et a toutes
vidalger

380 abonnés 1 314 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 4 mai 2015
Ce film est un quasi chef d'œuvre tant sur la forme épurée et classique que sur le fond. Le sujet traité, l'Allemagne après la seconde guerre mondiale, plutôt rarement évoqué au cinéma, est passionnant pour comprendre comment une nation, après l'énorme épisode traumatique de la guerre et...de la défaite, a pu oublier puis se remémorer et se reconstruire sur les cendres de l'Holocauste. Il a existé quelques personnages courageux en Allemagne et ce procureur Bauer méritait d'être sorti de l'oubli. Interprétation impeccable, reconstitution honnête, mise en scène remarquable, très belle photo.
Daniel C.
Daniel C.

172 abonnés 732 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 4 mai 2015
Je pense que ce type de film est encore et toujours nécessaire. A une époque, où les idées de l'extrême croissent toujours davantage, il convient de se souvenir. Il faut montrer encore et encore comment l'inconcevable, l'inadmissible, l'impensable, l'inhumain peuvent surgir de l'esprit de quelques uns, qui produisent une théorie, un discours, qui identifie une cible. Une fois le coupable désigné, il suffit simplement de mettre en place un système, un dispositif, des dispositions, une règlementation, pour permettre de l'empêcher de nuire."Le labyrinthe du silence" expose brillamment comment un jeune procureur s'embarque dans l'instruction du procès le plus incroyable qui soit. Au sein de l'Allemagne, on tente d'oublier, d'étouffer la mémoire d'un passé collectif trouble. Cette enquête est besogneuse, elle rencontre de nombreuses résistances tant chez les allemands, que chez les américains, plus soucieux de leur ennemi d'alors, les russes. Le nazi n'était plus d'actualité. La ténacité de quelques allemands désireux de connaitre et de faire connaitre l'histoire folle qu'ils ont traversé, que les coupables n'étaient pas tous des sadiques, que tout un chacun pouvait se trouver complice d'un système fou basé sur la menace, l'intimidation, la loi du plus fort. Ce qu'a permis l'instruction de ce procès, c'est de donner la parole aux victimes, de fabriquer la reconnaissance d'une histoire traumatique, de ne plus banaliser l'irréparable et de faire que les faits soient établis, reconnus et pénalisés pour ceux, qui avaient eu un rôle de décideurs et non seulement d'exécutants. Un film à voir pour ne pas s'absenter lorsqu'il s'agit de voter.
anonyme
Un visiteur
4,0
Publiée le 4 mai 2015
Pour un premier film, c'est d'une très grande maîtrise. La ligne narrative est bien faite. Vraiment tout est bien, et le propos passionnant. Les Allemands de la fin des années 50 ne savaient pas ce qu'était Auschwitz. On suit la découverte de certains, c'est terrible. L'extermination commise à Auschwitz, personne n'en a entendu parler à cette époque. Il s'agit de réveiller les Allemands pour le jeune procureur.
Un film à voir. Un regret : il y a une certaine douceur qui s'échappe du film, due sans doute à la musique façon Schindler list quand à certain moment on évoque le martyr des juifs, cet accentuation aurait pu être oubliée, les mots suffisaient. Par contre le côté wagnérien de la musique quand les nazis sont évoqués est plus intéressant. On regrettera que les personnages de nazis n'aient pas été eux mêmes approfondis. Car si le peuple allemand en général ignoraient les crimes des SS, les ex SS eux ne les ignoraient pas. J'aurais bien aimé savoir comment une telle personne, 15 ans plus tard, se justifie à ses propres yeux.
Il y a aussi une erreur de casting, les ex nazis sont souvent joués par des gens de 70 ans ou plus. En 1958, Reinhard Heydrich n'aurait eu que 54 ans, Eichmann avait 52 ans. Plein d'autres étaient même plus jeunes, des gens de moins de 50 ans en 1958.
reymi586

562 abonnés 2 444 critiques Suivre son activité

5,0
Publiée le 6 mai 2015
Passionné par cette période, j'ai trouvé ce film super intéressant et super intelligent. Le film pose vraiment les bonnes questions et montre un moment important de l'histoire de l'Allemagne d'aujourd'hui avec cet éveil des consciences amenés par quelques hommes. Rien à redire, c'est le film du moment à voir en salle.
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