Le Labyrinthe du silence
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Jmartine
Jmartine

202 abonnés 745 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 5 mai 2015
Du 20 novembre 1945 au 1er octobre 1946, les alliés ont jugé à Nuremberg 22 hauts responsables du troisième Reich…En novembre décembre 1947, les polonais jugent à Cracovie 40 membres de l’encadrement du camp d’Auschwitz…il faudra attendre décembre 1963 pour voir les allemands mener à Francfort / Main le procès de leur propre histoire en jugeant 22 prévenus impliqués dans le fonctionnement d’Auschwitz alors que l’on considère que 6 à 8000 personnes ont eu un rôle dans le fonctionnement du camp. Il a fallu le courage et l’obstination du procureur général Fritz Bauer, lui-même victime des nazis, et qui s’est entouré d’une équipe de trois jeunes procureurs pour briser le mur du silence, le consensus quasi général pour ne pas remuer le passé, et instruire les dossiers. Adenauer avait décidé de réintégrer les nazis dans l’administration pour permettre le redressement du pays, et la magistrature était particulièrement atteinte…Voilà pour l’histoire…Giulio Ricciarelli a fait de sa première réalisation, un film parfaitement maîtrisé dans sa progression dramatique, bouleversant, récréant jusque dans les moindres détails, l’atmosphère des années 50, l’architecture, les voitures, l’habillement, jusqu’à cette pellicule légèrement marron qui renforce cette atmosphère. On y apprend beaucoup de choses, qu’un jeune procureur né à la fin des années 30 ait pu ignorer les camps de concentration…que les bourreaux du camp aient pu redevenir de paisibles crémiers ou boulangers sans être inquiétés…et se posent des questions plus essentielles, un pays peut-il se construire sur le mensonge ? Où passe la frontière entre refus et obéissance ? La jeune génération doit-elle accepter qu’elle est issue d’une génération de criminels ? Bref un film classique mais terriblement prenant et qui s’arrête aux portes du procès…
Isabelle E.C.
Isabelle E.C.

83 abonnés 340 critiques Suivre son activité

4,5
Publiée le 4 mai 2015
Ce film très classique est à voir ne serait-ce que pour ce qu’il raconte avec force, intelligence et sensibilité.
Nous suivons, de 1958 à 1963, un jeune procureur de Francfort, aidé d’un journaliste et sous la protection d’un homme juste, qui instruit le dossier de ce qui sera le procès des SS du camps d’Auschwitz par les allemands eux même.
Une page d’histoire racontée comme une enquête haletante avec toute la finesse que demande ce type de sujet pour ne pas devenir plombant. Très juste, très émouvant ce film ne plonge jamais dans le lacrymale.
L’ambiguïté du sujet est très bien montrée par des acteurs principaux ou secondaires qui sont tous excellents.
Mentions spéciales au héros qui est un jeune James Stewart germanique et à sa fiancée, une brune piquante pleine de répondant.
anonyme
Un visiteur
4,0
Publiée le 4 mai 2015
Pour un premier film, c'est d'une très grande maîtrise. La ligne narrative est bien faite. Vraiment tout est bien, et le propos passionnant. Les Allemands de la fin des années 50 ne savaient pas ce qu'était Auschwitz. On suit la découverte de certains, c'est terrible. L'extermination commise à Auschwitz, personne n'en a entendu parler à cette époque. Il s'agit de réveiller les Allemands pour le jeune procureur.
Un film à voir. Un regret : il y a une certaine douceur qui s'échappe du film, due sans doute à la musique façon Schindler list quand à certain moment on évoque le martyr des juifs, cet accentuation aurait pu être oubliée, les mots suffisaient. Par contre le côté wagnérien de la musique quand les nazis sont évoqués est plus intéressant. On regrettera que les personnages de nazis n'aient pas été eux mêmes approfondis. Car si le peuple allemand en général ignoraient les crimes des SS, les ex SS eux ne les ignoraient pas. J'aurais bien aimé savoir comment une telle personne, 15 ans plus tard, se justifie à ses propres yeux.
Il y a aussi une erreur de casting, les ex nazis sont souvent joués par des gens de 70 ans ou plus. En 1958, Reinhard Heydrich n'aurait eu que 54 ans, Eichmann avait 52 ans. Plein d'autres étaient même plus jeunes, des gens de moins de 50 ans en 1958.
Archibald T.
Archibald T.

20 abonnés 209 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 5 octobre 2015
Captivant, le film oscille entre le polard, le récit historique et la dénonciation politique d'une Allemagne qui a du mal à se débarrasser de ses vieux démons nazis.

Très beau.
Jean-Patrick Lerendu
Jean-Patrick Lerendu

16 abonnés 152 critiques Suivre son activité

4,5
Publiée le 27 mai 2015
Quand un pays a décidé de mettre un couvercle sur un passé bien sombre (les horreurs du nazisme), c'est un jeune procureur fraîchement arrivé en poste qui va mener un procès retentissant qui peut amener à la repentance. Des acteurs de talents vont nous faire suivre le réveil des consciences. A voir sans faute.
DarkAkuma02
DarkAkuma02

61 abonnés 506 critiques Suivre son activité

4,5
Publiée le 4 mai 2015
Le Labyrinthe du Silence a été une excellente surprise. Le scénario est très bien construit, que ce soit dans la manière dont ce jeune procureur va se prendre d'intérêt pour cette quête ou dans les relations qu'il développe avec les autres personnages. De plus, le film montre de manière très intéressante le regard de la population allemande sur la Seconde Guerre Mondiale en cette période d'après-guerre (il se déroule en 1958). Je ne me suis pas ennuyé un seul instant et recommande vivement ce long-métrage.
Pauline G.
Pauline G.

45 abonnés 561 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 7 septembre 2015
Rien que pour la véracité de son propos, ce film mérite d'être vu. Il focalise sur un pan de l'histoire européenne et mondiale dont on ne peut se douter avant de l'avoir vu. Nous avons, - nous, troisième génération post seconde guerre mondiale -, tant été instruits quant aux terribles conditions carcérales réservées aux détenus sous la domination nazie qu'il est difficile d'imaginer que tel n'a pas toujours été le cas. Et pourtant, oui, un jour, il a bien fallu que quelqu'un révèle toutes ces atroces vérités au grand jour, avec tout le choc sociétal et personnel que cela peut engendrer. La force de film, à mes yeux, est de présenter cet immense pan de l'histoire avec toute l'apparente simplicité du récit de vie, c'est-à-dire, sans héroïsme excessif, sans sur dramatiser l'expérience du héros, sans vouloir nous faire pleurer à tout prix sous prétexte que le sujet est grave et sans vouloir nous faire considérer son jeune procureur comme une espèce de demi dieu exceptionnel (comme on aurait pu imaginer le cinéma américain le faire s'il s'était emparé d'une telle histoire). Au contraire, le récit reste sobre en ce sens qu'il se pose au plus près des faits et retransmet en cela un touchant humanisme. A regretter, seulement, le fait qu'il colle au classique schéma narratif du jeune homme d'origine modeste, qui, à force de travail et d'acharnement, parvient à se démarquer et grimper au sommet de l'échelle sociale spoiler: jusqu'à ce moment fatidique où tout s'effondre autour de lui, qu'il perd tout, son travail, ses amis et même sa femme, (pendant au moins cinq minutes !) se repente et retrouve sa joie d'antan à la fin (tada ! la vie est belle)
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bendelette
bendelette

34 abonnés 281 critiques Suivre son activité

4,5
Publiée le 7 mai 2015
bouleversant,sobre et une grande leçon d'histoire.Les acteurs sont parfaits.
Matching P.
Matching P.

17 abonnés 133 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 3 mai 2015
Bien sûr, nous sommes allées avoir ce film allemand !
A partir d'un fait historique, le munichois Giulio Ricciarelli a fait un film sur l'ignorance, le refoulement collectif et sur le courage. C'est un film allemand important et et émouvant, qui navigue entre fiction et drame historique - le journaliste et le procureur général Fritz Bauer sont des personnages historiques, Johann Radmann par contre est une synthèse de plusieurs procureurs, ici un beau jeune homme, idéaliste, entier. Le film rend hommage aux personnes qui ont obligé les allemands à se regarder dans le miroir de leur histoire. Beaucoup d'anciens responsables avaient réintégré la jeune République Fédérale en toute impunité !
C'est le début du miracle économique allemand, la guerre semble loin, il y a certes encore des ruines et des mutilés de guerre, mais aussi de belles voitures et des jolies robes, les gens ont envie d'oublier, on ne veut rien savoir des ombres du passé, de culpabilité et d'expiation. "Ce pays veut un glaçage sucré", dit un rescapé résigné. Les vieux refoulent, les jeunes ne demandent pas. Un officier américain conseille de changer de cible, ce sont les russes les nouveaux ennemis, les alliés aussi ont une part de responsabilité dans cet arrangement. Des mensonges, le silence, le refus de vérité, "voulez-vous que chaque jeune se demande si son père était un meurtrier ?" et lorsqu'il y a des rumeurs, c'est de la propagande des vainqueurs...
Le but du jeune procureur est de trouver Mengele, le médecin du camp, connu pour ces atrocités, parce que "il est Auschwitz". Mais Bauer répond clairement "Non, tous ceux qui ont participé, qui n'ont pas dit non, ils sont Auschwitz".
Le film est classique dans sa construction, linéaire, avec une reconstitution très soignée. Il nous montre la longue instruction méticuleuse et difficile. Auschwitz, personne ne savait ou connaissait, il fallait trouver les victimes pour identifier les coupables. Les témoignages font partie des moments forts du film, ils sont réduits à l'essentiel, la caméra fixe les lèvres, la secrétaire et le jeune procureur sont épouvantés, le sentiment d'horreur s'installe parce que le spectateur connait la vérité. Un autre moment fort est lorsque Radmann et le journaliste juif lisent ensemble une prière juive devant le camp d'Auschwitz.
Ce film a le mérite d'éviter le cliché du méchant allemand, de se montrer nuancé dans les portraits et devant la complexité de l'histoire - Radmann arrive à se demander, "qu'aurais-fait à leur place" ? Et en même temps, il sent le poids d'une culpabilité collective.
Le film finit sur une scène de victoire, tant d'obstacles ont été vaincus. Il s'arrête au début du procès qui n'en est que l'aboutissement.
On est captivé du début à la fin, saisi par l'émotion par moment, ému par les bons acteurs comme Alexander Fehling en jeune juriste, mais surtout Gert Voss, le procureur général, un des grands acteurs de langue allemande, dont ce fut malheureusement le dernier rôle.
Nous pensons bien sûr aux films Le liseur et Hannah Arendt, dont nous avons parlé ici qui traitaient aussi de l'Allemagne, de l'après-guerre et de la culpabilité collective.
Personnellement (c'est la partie germanique de Matching Points qui parle), je n'ai que des souvenirs vagues de ce procès, j'étais encore enfant. Je fais partie de ceux qui quelques années plus tard justement bénéficiaient de l'enseignement de jeunes professeurs qui soulevaient ces grandes questions. Le sentiment d'obscurantisme face à l'histoire, nous le rencontrions encore face aux anciens, comme je l'ai mentionné ici
Un film à voir, et pas seulement pour les germanophiles et germanophones ...
anonyme
Un visiteur
4,5
Publiée le 14 mai 2015
Passionnant et effrayant à la fois. On ne ressort pas du film totalement indemne. Car impossible ici de se dire "ce n'est que du cinéma"...
Y Leca
Y Leca

46 abonnés 1 174 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 28 septembre 2020
Film enquête sur l'obstination et le courage de procureurs allemands pour forcer leur pays et leur justice, qui veulent oublier, à juger et condamner les nazis et SS tortionnaires d'Aushwitz. Une fiction qui a l'allure d'un documentaire. Exemplaire.
Freelfe T.
Freelfe T.

37 abonnés 245 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 6 mai 2016
Un très bon film qui raconte une histoire vraie absolument incroyable sur le refoulement allemand qui a suivie la seconde guerre. Ce film montre bien tout le silence et la volonté d'oubli qui a eu lieu après ses horreurs. Un beau film !
Éric De Larmor
Éric De Larmor

20 abonnés 96 critiques Suivre son activité

4,5
Publiée le 10 mai 2015
Le Labyrinthe du silence évoque l'histoire tout à fait réelle du procès historique mais méconnu de quelques uns des SS d'Auschwitz (malheureusement seulement 22 des 6000 qui ont servi dans le camp de concentration !) qui s'est tenu de 1963 à 1965. Un procès historique parce que, contrairement à celui de Nüremberg en 1945-1946, engagé par les Alliés contre les dignitaires du régime vaincu, celui-ci fut mené par la jeune justice allemande et s'attaquait bien à la machine concentrationnaire et d'extermination et non uniquement aux crimes de guerre stricto sensu. Il visait ainsi tous les niveaux du système, depuis le simple kapo zélé jusqu'aux responsables du camp. Le film rend remarquablement la complexité de cette entreprise dantesque. Les procureurs ont dû affronter tous les blocages possibles à tous les échelons d'une administration comptant encore dans ses rangs nombre d'anciens nazis : documents introuvables, volonté affichée de la police de ne pas collaborer, dans un contexte politique où le chancelier Adenauer lui-même faisait tout pour freiner le nécessaire devoir de reconnaissance de la culpabilité d'une grande partie du peuple allemand.
Utilisant intelligemment le personnage du jeune procureur idéaliste découvrant à la fois la complexité de son métier et l'histoire cachée de son pays, ponctué de moments particulièrement forts et émouvants, Le Labyrinthe du silence se suit tout autant comme un thriller judiciaire que comme un plaidoyer nécessaire contre l'oubli.
Julie Charlotte F.
Julie Charlotte F.

29 abonnés 29 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 4 mai 2015
Ambiance fantastique et intrigue prenante.
Le personnage principal est un jeune procureur charmant et ambitieux et surtout très
Humain. L attachement au personnage n empêche quelques lourdeurs, sans lesquelles le film aurait été parfait.
Un peu de pathos a certains moments qui sonne faux et a été ajouté artificiellement , notamment l ami cardiaque, l ami qui a été ss et l avoue contre toute attente aux 3/4 du film.. La démission puis réintégration .. Cette histoire d amitié n'est pas attachante.
Par ailleurs je ne comprends pas ce titre en allégorie : un labyrinthe de secret ? Le procès de Francfort, pour faire le parallèle avec le procès de Nuremberg aurait été plus adéquate .
Ce sont les seuls détails qui ont empêche un 5 sur 5.
Stéphane J.
Stéphane J.

33 abonnés 160 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 18 mai 2015
Eh bien j'ai eu un peu honte en regardant ce film de me trouver si ignorant sur la période décrite par ce film en RFA ! J'ignorais à quel point les horreurs commises dans les camps comme Auschwitz étaient ainsi occultées. Pour moi, cela ajoute à l'intérêt du film, évidemment. Alexander Fehling incarne un personnage très juste ; il est convaincant et n'en fait pas trop. Malgré quelques longueurs, pourtant nécessaires afin de bien comprendre le travail de longue haleine décrit ici, j'ai trouvé ce film réussi et prenant. spoiler: On aurait même envie d'une suite avec le procès lui-même.
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