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Un visiteur
5,0
Publiée le 31 août 2015
Excellent film : belle esthétique, toile de fond du post-franquisme développée dans chaque personnage, univers bien leché dans ce village entouré de marécages, fin plus fine qu'il n'y parait... Il faut aller le voir les yeux fermés!
On cherchait un film de fin d'été hors des sentiers battus et après avoir lu le pitch et les critiques on s'est tourné vers La Isla Minima. Quelle chance! Le film est à la fois sobre, prenant et superbe.Tout est à sa place sans besoin d'en rajouter. La mise en scène est magnifique, les acteurs sont vrais. L'atmosphère poisseuse de la chaleur de l'été andalou et l'ambiance irrespirable du village face aux crimes sont rendus parfaitement par les images,le montage et la qualité de la musique. Je ne sais pas si c'est un chef-d'oeuvre mais en tous cas, ça change agréablement de beaucoup de thrillers habituels bien convenus.
Un film où le glauque et l'ambiguïté sont omniprésents: chez les personnages, dans l'intrigue et le contexte historique. Le tout avec un sens esthétique comme on en a rarement vu dans les polars depuis Se7en.
J'ai beaucoup apprécie the thriller! La photographie est soignée, elle rend les images sublimes. L'andalousie est filmée un peu comme Yann Arthus-Betrand, les plans vue du ciel sont assez fréquents mais restent très belles. L'histoire est assez intéressante et l'enquête progresse parfaitement au fil du film. Les acteurs aussi sont très bons et on ne s'ennuie pas une seule minute. Seul reproche que j'aurai faire au film spoiler: je n'ai pas compris le choix de montrer que Juan était un ancien "de la gestapo franquiste". ça n'a pas apporté grand chose au film...
Très, très bon film : Espagne des années 80, post Franco, 2 flics que tout oppose dans une Andalousie où règne la loi du silence, des meurtres de jeunes filles...
Petite plongée dans le post-franquisme, La Isla Minima est bien plus qu’un simple thriller, c’est aussi une manière pour les espagnols de ne pas oublier tant la dictature que les débuts difficiles de leur démocratie. Basé sur une histoire à priori simple, le film est porté par ce très bon duo d’acteurs formé par Javier Gutiérrez et Raúl Arévalo et un rythme qui ne faiblit pas trop. Si certains raccourcis dans le scénario sont présents et les clichés un peu trop appuyés, il est tout de même agréable de voir le travail accomplit sur les différents personnages qui le composent. Peut-être un peu trop noir et blanc dans sa conception du bien et du mal, La Isla Minima sait tout de même faire apprécier son histoire et son contexte d’une dictature encore très présente dans les têtes. Appuyé par une photographie incroyable (les paysages andalous sont magnifiques et l’utilisation de drones bien pensée) et une mise en scène efficace, La Isla Minima montre que le cinéma espagnol garde quelques bons restes.
Excellent film espagnol ...belles images, belle réalisation ...histoire touchante, du suspens..plus que juste de l'action ...pas pour les gens impatients et superficiels;)
Alberto Rodriguez est un réalisateur qui aime prendre de la hauteur au sens figuré comme propre (vu le nombre de plans en plongée haute qu’il aime nous montrer !). Il signe là un film policier de bonne facture, plutôt bien écrit et interprété. Il réussit également à nous faire saisir tout le malaise de la société espagnole d’alors, sortant d’un franquisme dur. Ok mais après ? Car « La Isla minima » est un peu plan plan et ne s’écarte jamais de l’objectif du film carré. Ce manque d’originalité, malgré quelques tentatives (fausse piste ésotérique, humour caustique) plombe le film et le spectateur également. Récompensé par 10 Goya on pouvait s’attendre à du grand cinéma espagnol, déroutant à la De Iglesia, percutant à la Saura ou décalé à la Almodovar. Nous sommes à des années lumière cinématographiques de tout cela. Comme quoi les remises de prix sont parfois injustes, on se rappelle chez nous d’ailleurs qu’en 1983 les Césars ont couronné « La balance » meilleur film écartant de fait « Danton » de Wajda, « Passion » de Godard et Une chambre en ville » de Demy. Qui se souvient vraiment de « La balance » ?
Reprenant ce fameux thème du duo de policiers travaillant sur une même affaire, l’un bon, l’autre mauvais Alberto Rodriguez associe Pedro, plutôt progressiste, qui s’est fait muter pour insubordination, et Juan, aux méthodes douteuses considéré comme un des pires reliquats du franquisme. Ils doivent élucider le mystère de la disparition de jeunes adolescentes, dans une région sauvage, au milieu des marécages , le delta du Guadalquivir …un monde clos, qui vit de petits trafics et où l’après franquisme a du mal à s’installer...la chambre d’hôtel est ornée d’un crucifix portant la photo de Franco…le grand propriétaire reste tout puissant même si le mouvement des saisonniers parvient à arracher quelques concessions...les gardes civils sont plus ou moins de mèche avec les contrebandiers, le procureur couvre le propriétaire…les jeunes filles ne pensent qu’à fuir et à prêter crédit aux promesses les plus douteuses…l’atmosphère est plus ou moins glauque à l’image des marais tantôt écrasés par le soleil, tantôt noyés dans un déluge d’eau…quelques scènes de poursuites sur les levées étroites du fleuve…des images oniriques de vols d’oies sauvages ou de flamants roses prises du ciel…c’est prenant et diablement efficace…pas étonnant que ce film ait razzié 10 Goya, l’équivalent espagnol de nos César..
histoire captivante jouée avec finesse et sobriété par d'excellents acteurs. Surtout filmé de main de maître. L'esthétique de l'image est exceptionnelle ! A voir absolument!