La Isla mínima
Note moyenne
4,0
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278 critiques spectateurs

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Chris58640
Chris58640

261 abonnés 835 critiques Suivre son activité

5,0
Publiée le 27 juillet 2015
Autant le dire d’entrée, « La isla minima » est une réussite quasi-totale. Ca fait bien longtemps que je n’ai pas vu un polar de cette qualité, de la première à la dernière image, tant sur la forme que sur le fond. Déjà, dés le générique de début on est plongé dans une ambiance moite et poisseuse qui ne nous lâchera pas pendant 1h45. Les paysages andalous, souvent filmés de haut et à la verticale, sont incroyables, on se croirait dans le bayou. D’avion, les paysages ressemblent à des cerveaux humains, des peintures abstraites, c’est très beau et çà donne d’entrée le ton d’un film qui sera techniquement très soigné. Plans larges inspirés, scènes clefs filmées de loin et sans son (la derrière un pare-brise par exemple), Alberto Rodriguez maitrise de bout en bout son film, utilisant la musique de manière minimaliste au profit des bruits naturels (d’oiseaux notamment), ou en filmant les scènes d’action (la poursuite en voiture, l’affrontement final) de manière réaliste, ramassée et ultra-tendue. Raul Averalo interprète de manière très convaincante un jeune flic, Pedro, tourné vers l’avenir démocratique de son pays et son propre avenir (puisque sa femme, restée à Madrid, est enceinte). Mais c’est son antithèse qui attire l’attention : Javier Gutierrez II. Il incarne lui un homme tourné vers son passé de policier sous Franco, dont on devine qu’il n’est pas reluisant à travers quelques répliques lâchées çà et là mais qui en disent long. Un homme malade dont on imagine bien qu’il somatise ses démons intérieurs, qui semble avoir une vague aversion pour les oiseaux (si on est attentif et un peu perspicace à la fin, le scénario explique pourquoi, mais de manière presque allusive). Javier Gutierrez II est très impressionnant dans ce rôle très complexe : du côté du Bien sur l’enquête, souvent attachant, sympathique et efficace mais on devine sans cesse qu’il ne fait qu’essayer de s’amender d’un passé peu reluisant. Il rend son personnage à la fois sympathique et malsain, à la fois détestable et fragile. Les seconds rôles sont également très bien tenus, même s’ils ne sont qu’une sorte de toile de fond de l’enquête. Quant au scénario, il est à la fois crédible et clair. On ne décroche à aucun moment, chaque rebondissement à sa raison d’être, chaque piste à son importance. Quant au dénouement, il est dénué de fioriture : le mobile est d’une cruelle banalité, d’une crédibilité totale. Mais n’importe quelle intrigue de ce type n’aurait pas la puissance de « La isla minima » si le contexte était différent. Le sel du film, ce qui lui donne un relief particulier en plus de ses autres qualités, c’est qu’il se situe dans une sorte d’« entre-deux » : 5 ans après la mort de Franco, quelque mois avant le putsch raté des militaires en 1981. Ce n’est plus la dictature, mais ce n’est pas encore la démocratie, c’est une situation bâtarde et instable qui donne au film une couleur particulière. Officiellement le franquisme est mort, en réalité il est encore partout : les portraits de Franco (et parfois d’Hitler !) sont encore sur beaucoup de murs, y compris dans l’administration. Il n’y a pas eu de purge dans ces administrations, surtout dans la Police. L’armée est omniprésente, elle fait encore peur, elle est arrogante. Et puis la pauvreté est palpable, on est en 1980 en Andalousie, c’est plus que jamais une terre d’émigration, les gros propriétaires terriens payent leur journaliers une misère, la société est à cran, le pays est renfermé sur lui-même depuis plus de 30 ans. Tous ce contexte imprègne le film de Rodriguez, sur la forme comme sur le fond. Pendant tout le film, où l’on suit l’enquête de Juan et Pedro, on sent l’abcès franquiste qui affleure, on ne sait pas si ce sont des petits ou des gros abcès qui vont se crever du côté de l’enquête ou du côté du passé de Juan. Sur ce point, nous ne serons fixés qu’à la toute fin du film et les dernières scènes laissent un gout amer. Sans vouloir trop en dire, le mutisme pudique (ou lâche ?) d’un des deux flics est paradoxalement très éloquent. Ce mutisme assourdissant symbolise l’Espagne post-franquiste dans toute sa complexité, pour ne pas dire dans toute sa schizophrénie. J’ai beau chercher, je ne vois pas de vrais défauts au film de Rodriguez, il est bien maîtrisé, bien interprété, très bien scénarisé, il est subtil et s’adresse davantage à l’intelligence du spectateur que la plupart des polars modernes : une réussite quasi-totale.
anonyme
Un visiteur
4,5
Publiée le 26 juillet 2015
Dix Goyas très mérités pour ce film. Une vraie claque, d'efficacité, de beauté des images, d'inventions de cadrage. Des acteurs parfaits, une horreur distillée de manière supportable pour des "âmes-sensibles-s'abstenir" comme moi... J'ai comparé ce film à la saison 1 de True Detectives, que je n'ai pas aimé du tout... Côté ricain, deux shows d'acteurs sublimes (Mac Conaughy en tête) ramant avec extase dans le glauque le marécageux et la philosophie machouillée. Côté espagnol, une maîtrise, rien d'inutile, du rythme, des gueules. Deux flics ici et là, du marécage et des meurtres atroces ici et là, des paysages inédits ici et là, et pourtant, sur l'Ile Minime, on n'a pas l'impression d'être pris en otage d'une commande bobo-chic qui se la pète à mort. Petit défaut de la cuirasse : l'acteur qui joue le flic ex-franquiste a un regard trop droit, trop paisible, pour qu'on y devine une âme peut-être tourmentée - c'est ce que j'ai ressenti. Mais à part ça, j'ai marché à tout. Intelligent d'avoir choisi la période post-franquiste pour dénoncer par petites touches la chape de plomb qu'était la dictature espagnole - alors qu'en France, nous n'avons reçu de cette période d'après 75 que les joyeux délires d'un Almodovar en régalade de lâchage (le jeune flic ne joue-t-il pas, au fait, dans la comédie musicale "les amants passagers", de notre Pedro ? J'essayais de l'oublier en train de chanter "I'm so excited"...) Dans mon collège campagnard du sud-ouest de la France, me souviens, on n'avait que 14 ans et pas énormément de conscience politique, mais on a dansé dans la cour de récré le jour de la mort de Franco. Sans penser qu'il faut du temps pour qu'un peuple se réveille après une dictature si écrasante. Encore bravo au réalisateur. Thriller impec et page d'histoire. Gagnant.
anonyme
Un visiteur
5,0
Publiée le 25 juillet 2015
Il y a des films policiers qui se plaisent à manipuler le spectateur, multipliant le rebondissements et les fausses pistes. La Isla mimina préfère nous rappeler ce qui fait le cœur du genre : l'ambiance. Partant d'une histoire somme toute classique de disparition se révélant être un double assassinat, le réalisateur nous plonge dans une Espagne se relevant tout juste du franquisme, au sein d'un petit village d'Andalousie cernés par les marais. Dès les premières minutes on se sent saisi par la moiteur pesante régnant sur les lieux. Il y a les regards, insistants, parfois, souvent fuyants, les secrets, ceux du passés enterrés par la mort de Franco, ceux liés au petits trafiques auxquels certains membres de la communauté s'adonnent, et les autres, il y a la suspicion, également, et surtout l'impression de ne pas toujours être le bienvenu et qu'on ne pressera pas pour venir en aide, pas évident, il faut dire, d'enquêter sur la disparition de deux jeunes filles à la réputation facile dans une société où les femmes n'ont pas encore leur place. Autant de sentiments que le spectateur est amené à partager avec les héros, deux policiers débarqués de la ville pour tirer cette affaire au clair. Le plus jeune est un démocrate, affecté là en guise de représailles après sa critique publique d'un ponte de l'armée, le plus vieux, un petit côté roublard, a fait sa carrière sous la dictature. Ils ont en commun cette soif de vérité qui les poussent à avancer en milieu hostile. On les suit, comme un troisième membre de l'équipe, se laissant happer par une histoire débitée d'un bout à l'autre sans superflu ni baisse de régime, de la maîtrise, seulement. On se laisse à penser aux grandes réalisations étasuniennes du genre, mais c'est bien d'Espagne que nous viens cette bonne surprise. Un des films de l'été à n'en pas douter !
Sandrine S.
Sandrine S.

23 abonnés 72 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 25 juillet 2015
J'ai adoré !!! A la recherche d'un serial killer dans l'Espagne d'après Franco, un très bon polar bien noir, mis en couleur par les paysages ensoleillés d'Andalousie, avec 2 bons acteurs espagnols totalement inconnus ici. <3 <3 <3
llafaye
llafaye

7 abonnés 170 critiques Suivre son activité

4,5
Publiée le 25 juillet 2015
l'Andalousie dans 1 Espagne post franquiste, images superbes, comédiens excellents. Un thriller efficace, qui n'est pas sans rappeler la série True detective.
Yasha R.
Yasha R.

9 critiques Suivre son activité

5,0
Publiée le 25 juillet 2015
Excellent film où se mêlent social, politique et film noir.
Laurent I.
Laurent I.

16 abonnés 145 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 25 juillet 2015
Très bon polar noir avec deux flics très différents (un ex de la gestapo de franco et un républicain). L'histoire du meutres de deux adolescentes s'épaissit au fur et à mesure dans une Andalousie où l'omerta règne, surtout qu'on est sur des thématiques de sexualités perverses. Les séquences se succèdent à un rythme effréné. On ne s'ennuie pas un instant et j'aurai même apprécié que le film ralentisse parfois ! Enfin, les paysages de mangroves sont magnifiques.
normangray
normangray

5 abonnés 46 critiques Suivre son activité

2,0
Publiée le 8 novembre 2021
Le problème n'est pas tant d'avoir déjà vu ce film un certain nombre de fois - Memories of murder, True Détective pour ne citer qu'eux - somme toute on sait bien que les parois du cinéma ne sont pas étanches et que les films se nourrissent les uns des autres. Le problème ici est plutôt que nous sommes en présence d'un gros malin qui a du mal à cacher ses tours de passe-passe. On voit toutes les coutures, toutes les ficelles, à part le premier quart d'heure, tout paraît complètement bidon. Le summum étant la scène du pauvre type ivre mort, fusil en main, qui vient se confier aux deux flics... Idem pour les personnages et le casting très inégal - mention au couple des deux disparus: le père gros balourd rustaud, la mère limite top-modèle... Bref à défaut du polar de l'été,l'arnaque de l'été.
VILLE.G
VILLE.G

79 abonnés 813 critiques Suivre son activité

3,5
Publiée le 25 juillet 2015
Intéressant car ça se passe dans un univers original (beau paysages et Espagne post franquiste) mais sans grande originalité ni intérêt particuliers
missfanfan
missfanfan

112 abonnés 891 critiques Suivre son activité

5,0
Publiée le 24 juillet 2015
Bravo au metteur en scène pour ce film grandiose voilà un vrai polar avec tout ce qu'il faut du suspense des paysages naturels de superbes acteurs et actrices inconnus tous meilleurs les uns que les autres
qui joues à la perfection on tremble , on veux savoir la suite la fin avant la fin , bref du vrai bon cinéma qui manque tant sur nos écrans le cinéma Espagnol renouvelle son genre pour notre plus grand plaisir bref courrez voir cette pépite
cataclop
cataclop

1 abonné 30 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 24 juillet 2015
La photo est formidable dans ce film, on se croirait vraiment à la fin des années 70. C'est d'ailleurs plus le climat politique et social, les personnages, les relations entre les policiers, leur passé que l'intrigue qui sont intéressantes. Un grand film.
poet75
poet75

298 abonnés 703 critiques Suivre son activité

3,0
Publiée le 23 juillet 2015
Deux policiers à la recherche de ravisseurs et tueurs de jeunes filles. Un polar poisseux et glauque à souhait, mais à l'intrigue somme toute très classique et sans réelle surprise. L'originalité de ce film ne vient ni de son scénario ni de ses personnages (eux aussi classiques dans ce genre-là) mais de son cadre (le delta du Guadalquivir) et de son époque (le début des années 80) encore hantée par les démons du franquisme. Un film ni très bon ni très mauvais, par conséquent. 7/10
norman06

429 abonnés 1 839 critiques Suivre son activité

3,0
Publiée le 23 juillet 2015
Polar classique. Intrigue habile et arrière-plan historique intéressant. Bonne interprétation.
anonyme
Un visiteur
4,5
Publiée le 6 septembre 2015
Un film à voir. Même si on parle mal espagnol on est plongé dans l'enquête avec les deux policiers dont le passé est un peu flou.
On ne s'ennuie jamais parce chaque scène nous amène à une autre.
Un policier bien mené et bien réalisé
elbandito

394 abonnés 994 critiques Suivre son activité

5,0
Publiée le 23 juillet 2015
Les magnifiques espaces andalous font part intégrale de ce polar à l’ambiance torturée, dans laquelle deux policiers citadins enquêtent sur la disparition de deux adolescentes à la réputation légère, et se heurtent à une population rurale qui semble dissimuler de lourds secrets. L’idée de baser l’enquête dans le delta du Guadalquivir, un labyrinthe naturel marécageux, apporte énormément à la qualité de ce film quasi-parfait. Les personnages sont à la fois habités et sobres. Nos deux enquêteurs font face à une population qui découvre les prémices d’une Démocratie, et doit panser ses plaies, tout comme eux. L’intelligence du réalisateur est d’explorer la part d’ombre de chaque protagoniste avec une habilité déconcertante. A cela, il ajoute une photographie impeccable, une musique envoutante, des scènes d’action filmées de façon captivante et une intrigue qui tient la route. Pas étonnant que "La Isla Mínima" et son auteur Alberto Rodriguez aient reçu autant de récompenses.
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