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etoile_du_jaguar
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2,0
Publiée le 20 juillet 2015
Très moyen, je reste ébahi par les critiques dithyrambiques, qui ne résultent finalement que de l'originalité du lieu de l'action du film. Le reste est brouillon, genre téléfilm, encore une fois avec des erreurs de scénarios, des personnages qui entrent et sortent de l'histoire sans que l'on sache pourquoi, deux acteurs qui passent leur temps à fumer à l'écran, et finalement une intrigue sans grand intérêt, assez vue. On aura oublié ce film dans deux semaines.
Les années 1980, après la mort de Franco dans une Andalousie rurale et fluviale. Deux policiers que tout semble opposer, s’allient pour résoudre l’assassinat de deux jeunes filles.
De superbes photos, dont plusieurs aériennes, dans des tons gris terreux. Un climat caniculaire et orageux, ambiance aquatique avec des oiseaux ou ambiance végétale et minérale avec de l’herbe brûlée par le soleil.
Les policiers découvrent un univers gangréné par plusieurs affaires qui s’entremêlent et des habitants cultivant le mystère.
Immersion en Espagne au sortir du franquisme. L'atmosphère sombre de l'intrigue et la recherche des coupables nous tiennent en haleine. On fait miroiter à des jeunes filles la possibilité de partir et de travailler et ça les fait rêver. L'enquête sur la mort de deux d'entre elles nous fait sentir comment était l'Espagne dans ces années-là. Cet endroit isolé comme au bout du monde est propice à la sensation d'étouffement que l'on éprouve parfois dans cet univers. Comment se remet-on d'un régime autoritaire? Qui est-on pendant et après?
Excellent film policier sur fond politique de l'Espagne Post-Franco. Un bon scénario, une mise en scène de qualité et une très belle photographie. Le film évoque Memory of Murder ou True Detective, tout en se démarquant.
Un bon polar chez les bouseux . Sans plus. Ca ressemble un peu à du Chabrol pour le contexte et à du yann arthus pour l'image (superbes vues aériennes ). Ca se passe chez les culs terreux en Espagne, c'est morbide et poisseux comme un fait divers sanglant parmi tant d'autres pour une enquête insalubre et malsaine. Le scénario est bien monté , les acteurs sont bons. Point. Rien d’extraordinaire pour moi .
Il y a des films qui se révèlent à vous sans s'y attendre et vous marquent durablement, un peu comme on prend une baffe : c'est le cas avec La Isla Minima. Film à la photographie magnifique, au générique de début très graphique, complètement en phase avec le souvenir fantasmé qu'on peut avoir des années 80, avec des plans en plongée sublimes comme la vue du ciel après l'affrontement ultime sous la pluie battante. Mené de main de maître, avec des acteurs qui servent parfaitement l'action et le suspens, c'est pour moi la révélation de l'année, et un film culte comme Interstellar ou Drive dans des genres très différents.
Une très très bonne surprise que ce thriller à l'espagnole . Dans un no man's land tout en platitudes géométriques marécageuses, perdu au fin fond d'une Espagne où plane encore dans les brumes l'odeur glauque du franquisme, deux flics pas très raccord doivent forcer la loi du silence pour démasquer un "écharneur" de gamines. Accrochez vous braves gens, la tension devient vite palpable et vous réservera quelques sursauts ou autres décharges d'adrénaline, l'air de rien. La progression de l'enquête, bien scénarisée, dévoile au passage des aspects inquiétants sur le passé d'un des limiers, au temps de sa splendeur sous Franco. Gros travail sur la photo par ailleurs : la lumière peut magnifier un morne paysage aussi bien qu'exalter son caractère anxiogène, quand le jour décline ou que la pluie s'en mêle par exemple. Voilà un film qui ne cède jamais à la facilité, évitant le manichéisme sur chaque protagoniste autant que la surenchère à l'américaine quand l'ambiance devient gore. J'en sors impressionné et emballé. De la came efficace et un regard sans complaisance sur l'Espagne des années 80. Bravo !
Dès le générique filmé à partir d'images magnifiques qui survolent les marais, l'on sait que l'on rentre dans un film proprement venimeux et troublant. Les images ressemblent en effet à des organes, des corps estropiés où l'on discerne au milieu des veines, des mouvements d'âme ou des battements de cœur. Justement, ce film raconte des corps de jeunes filles violées et torturées, des chairs arrachées, des entrailles nues sur une ile de nulle part, en pleine Espagne. L'action se situe dans les années 80, juste à la sortie du règne de Franco. La terreur perdure pourtant sur ces terres chaotiques, sans espoir, que tout le monde cherche à fuir pour un Eldorado du Nord plus attractif. Mais la dictature n'est pas loin, même si le procureur se plaît à asséner aux deux policiers qui mènent l'enquête qu'ils doivent désormais employer des moyens démocratiques pour trouver la vérité. La vérité est trouble et complexe. Elle charrie des anciennes trahisons, des relents de fascisme, et des peurs qui se taisent dans le silence des marécages. Les deux collègues échangent à peine sur l'enquête, comme s'ils étaient deux ennemis se méfiant l'un de l'autre. Chacun cherche dans son coin, chacun épie l'autre, et petit à petit, ils s'enfoncent dans ce monde glauque et austère où dominent prostitution, drogues et assassinats. La musique, lourde et discrète à la fois, accompagne cette fascinante plongée en enfer. Car le film génère chez les spectateur une forme de fascination tout à fait équivoque. On pense à un David Lynch modernisé, plus sombre et moins explicite. On ressent le désir, l'érotisme latents chez ces jeunes-filles, sources de malaise et d'ambiguïtés. Comme ce jeune-homme, juste très beau, à la puissance érogène et perverse, aux yeux d'un bleu vif, par qui le mal transite. Alberto Rodriguez n'a pas écrit une simple histoire policière, un polar banal, le vrai mystère se tient dans le cœur des hommes, dans les regards apeurés, et dans ces paysages somptueux, filmés à vue d'avion. La beauté dans ce qu'elle peut comporter de plus intense et de plus trouble, est le moteur principal du film. Le film nous emmène dans un univers épais et marécageux, qu'un vieux policier cynique et cruel, et un plus jeune, méfiant et maladroit, découvrent au même rythme que le spectateur, comme si la vérité se nichait bien plus dans les immondices du passé, que les grandes étendues d'eaux et de plaines, traversées par les oiseaux migrateurs.
Un film extrêmement prenant (voire stressant) qui a beaucoup de similitudes avec l'inégalable Memories of Murder du coréen Joon-ho Bong (que j'avais tout de même préféré). Basé sur une même trame (les meurtres non élucidés sur plusieurs années dans une même régions de jeunes filles retrouvées dénudées dans de la flotte), le film aborde également la période post-franquiste avec un certain brio et pas mal de pédagogie, tout en nous faisant découvrir de magnifiques paysages de l'Andalousie (qui nous rappelle un peu le film Mud, avec ses marécages).
On dit beaucoup de bien de "La Isla minima" un film espagnol poly-primé à la dernière cérémonie des Goyas - l'équivalent de nos Césars. Et il faut reconnaître que ce polar poisseux a du caractère.
Mais le problème est qu'on a déjà vu ce film cent fois Deux flics qui enquêtent dans un environnement hostile sur des crimes sexuels sordides commis par des psychopathes dégénérés adossés à des organisations occultes ? Ça vous rappelle quelque chose ? "Memories of murder" de Joon-Ho Bong ! "le Dahlia noir" de Brian de Palma ! "Killing fields" de Ami Canaan Mann ! et évidemment "True Detective" de Nic Pizzolatto ! Avec à chaque fois une putasserie embarrassante à imaginer des tortures toujours plus raffinées sur des victimes toujours plus innocentes.
Il y a des choses dont on ne se lasse jamais, qu'importe que l'on soit familier avec. Les polars, par exemple. On a beau connaître les ingrédients (deux flics que tout oppose, des meurtres horribles, une région isolée), on adore toujours les retrouver quand ils sont bien exploités. "La Isla Mínima", récompensé par dix Goyas (l'équivalent espagnol des Césars) en début d'année, est un polar classique qui ne prétend pas révolutionner le genre. Mais c'est un polar terriblement efficace.
Le polar de la décennie !!! Quelle claque !!! Une mise en scène virtuose, des acteurs fascinants, une intrigue passionnante, ce film mérite tous les prix qu il a eu ! Une beauté à couper le souffle, un rythme haletant, je le conseille à 100% sur grand ecran !!!!!v
Ce n'est pas un film policier - "intrigue" à la fois brouillonne et simpliste. C'est, au mieux, un film "d'ambiance" - la nuit glauque et sordide toute, souvent pluvieux (et boueux) le jour. C'est en fait surtout une charge appuyée contre la période franquiste - l'histoire se situe peu de temps après la mort du Caudillo - les 2 flics menant enquête étant emblématiques : "Juan", le plus âgé, usé et malade (mais toujours adepte des méthodes musclées d'interrogatoire), a fait partie de la police politique, et Pedro (qui va être père), représente la vision "démocratique" du maintien de l'ordre (tout en faisant montre d'une belle ambition). Et une charge, annexe, sur les vilaines manières du patronat (en illustration, un potentat local, propriétaire d'une conserverie). C'est pesamment didactique, sous couvert d'étude de moeurs, politico-sociales... En consolation, la superbe photo d'Alex Catalan (extérieurs, comme intérieurs). "La Isla minima" a raflé l'essentiel des récompenses à la dernière édition des "Goya"..... Voilà qui éclaire sur le milieu professionnel ibérique qui vote pour ces prix - comme en France, pour les César : que du bobo "impliqué", partout.....