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Un visiteur
4,0
Publiée le 31 octobre 2014
DOUCE FUREUR
Après Fissures (2011), Hicham Ayouch revient avec de nouveaux personnages à fleur de peau, écorchés par les troubles de l’existence. Fièvres explore la rencontre électrique de Benjamin, 13 ans, adolescent colérique et provocateur, et de Karim, père mutique et maladroit. Deux générations et deux mondes s’entrechoquent ainsi dans une cité anonyme, où la poésie apaise un temps la violence des cœurs. Une plongée délicate dans les affres de la solitude, où les pulsions mortifères ne s’éteignent jamais…
Être incandescent, Benjamin bouillonne de colère comme sous l’effet des Fièvres du titre. Loin d’une mère emprisonnée, l’adolescent teste la résistance de son nouvel entourage, par ses propos amoraux et ses actes provocants. Face à un père qu’il découvre pour la première fois, il frappe sans cesse là où ça fait mal, avec une volonté sadique évidente. Mais la provocation grossière ne cacherait-elle pas une recherche volontaire du rejet chez un garçon trop souvent laissé-pour-compte ? Le petit délinquant devient alors le pivot d’un film sensible sur l’errance, où chaque individu est enfermé dans sa carapace. Si celle Benjamin vibre sous l’effet de la colère, la coquille du père est plus discrète mais tout aussi lourde à porter, calcifiée par la culpabilité d’avoir condamné son propre frère à la coquille bien réelle d’un corps paralysé. Dans cette ballade bercée souvent par une lumière entre chien et loup, l’énergie contrariée des personnages constitue un fil tendu, un fil élastique dont le retour brutal guette toujours. Pour porter cette tension permanente, Fièvres dispose d’interprètes d’une précision vibrante : le jeune Didier Michon s’affirme avec une justesse épatante, sous le regard bienveillant d’un Slimane Dazi impeccable de retenue et de gaucherie tendre.
Avec force, et non sans humour aussi, Fièvres vient dire la difficulté d’exister quand l’obscurité remplace l’horizon. Il dévoile à mi-mot le malaise de ne savoir trouver sa place dans un environnement pourtant bienveillant, la douleur sourde d’un sentiment permanent d’imposture. Entre éclats de voix et mutisme, le mal-être prend des formes divergentes dans un duo père/fils arbitré par des grands-parents désabusés, dans l’intimité d’un HLM tranquille. Loin de l’imagerie classique de la banlieue, l’écriture de Fièvres oublie les passages obligés, pratiqués encore dans bien des fictions récentes (des confrontations frère/soeur de Bande de filles aux égarements entre deals et boîtes de nuit dans Qu’Allah bénisse la France). Hicham Ayouch prouve pourtant que rien est « obligé », en traçant une voie singulière par un récit concentré sur les êtres, et non sur les représentations sociales. Dans ce cinéma de l’état d’âme, la poésie sert de respiration sensible lors des rencontres entre Benjamin et Claude (Tony Harrison), marginal au verbe envoûtant. Mais elle se niche aussi dans l’ardeur des regards, le traitement chromatique des décors, le tempo de la musique, pour composer un essai métaphysique où la noirceur prend le visage d’un ange.
Âpreté et douceur se conjuguent pas à pas, plan après plan, dans ce film où chaque instant de clarté cache une obscurité prochaine. Sur cette partition délicate, Hicham Ayouch joue les équilibristes, mais ne tombe jamais de son fil. Le jeune cinéma en France, c’est aussi un bel essai poétique comme celui-là.
Vu le film en avant première au cinéma andré des arts et je dois dire qu'il m'a boulversé, les acteurs sont formidables, le jeune benjamin(didier michon) extraordinaire, un avenir prometteur! Le père (Slimane dazi) tellement touchant....un grand acteur! la grand mère superbe, le poète tout antant...L'histoire que nous raconte Mr Hayouch (le réalisateur) pourrait se passer n'importe où. Cette famille dechirée est sublimée par ce metteur en scène qui parle avec son coeur. Allez le voir, le film mérites beaucoup plus que ce qu'on lui accorde en terme de distribution.....
MR MARTINS SCORSESE a remis un prix d'interprétation au festival de Marrakech à Didier Michon et Slimane Dazi....après le film j'ai compris pourquoi le MAITRE SCORSESE avait fait ça!
Trés beau film, touchant et profond. Les deux acteurs principaux sont superbes. Le père et la mère aussi. Nounours aussi. Un film qui te prend et te montre la dure réalité d'un rapport père fils, quand le père est absent et le fils totalement perdu. C'est une poèsie ce film. C'est un comte. Une fresque. J'irai le revoir si je pouvais. Bravo au réalisateur. Un film tenu de bout en bout. Une superbe BO et une très belle lumière.
Un grand mérite au petit Didier Michon qui a un rõle multifacette vraiment un petit grand homme le film a voir sans prise de tete continue Didier surtout et étonne nous encore
Un long métrage vraiment captivant avec plein de rebondissements. Un film émouvant et à la foi drôles qui donne réflexion. Je vous le recommande vraiment
film magnifique émouvant et les acteurs sont formidable surtout le petit didier michon qui je pense fera parler de lui car tout le film repose sur son interprétation qui est excellente , je le conseil .
Ce matin, en disant qu'il fallait aller voir Fièvres, c'était un pari sur le talent de Hicham Ayouch et je n'avais pas encore vu le film. Là j'en resors complètement émue et bouleversée, c'est un bijoux de film, un poème qui nous promène dès les premières minutes jusqu'à la fin, un conte hors du commun interprété par des acteurs extraordinairement fabuleux et poignants (mention spéciale à Didier, Farida, Slimane & Lounès), dans un décor fantastique, accompagné d'une musique qui nous transporte en dehors du temps…Fièvres, c'est une fable qui bouscule toutes les images et vérités qu'on pense avoir fixées dans la tête. Et oui, tout cela est possible, et ça se passe aujourd'hui dans la banlieue du 93 en France. Pour aller voir et ressentir ça, Allez voir ce film et parlez-en !...Un autre cinéma est possible !
Film d une splendeur et d une profondeur exceptionnelle avec une pléiades d acteurs de talent. Il s agit d un chef d œuvre du 7 eme art comme on a rarement l habitude de voir orchestré par un jeune comédien en devenir . En effet Didier Michon jeune acteur de talent et mérite joue avec ses partenaires de manière très incisive dans son expression et son regard persistant . Je pense que Didier Michon a toute sa place auprès des plus grands noms du cinéma et je lui souhaite par avance d avoir beaucoup de réalisateurs qui se battent pour le faire jouer devant une caméra. Merci pour ce moment d émotion félicitations Marc
J'ai adoré fièvres. Il est difficile de mettre des mots sur les émotions que j'ai ressenties, c'est fort, émouvant et poétique. Le réalisateur nous transporte dans un univers à la fois réaliste et magique. Le jeu d'acteurs m'a profondément touché, je suis ressortie de ce film bouleversée. Je souhaite une longue carrière à ce film qui mérite d'être vu par le plus grand nombre.
Une banlieue sans clichés ; des interprétations poétiques et bouleversantes à la fois ; ll’attention aux détails symboliques ainsi qu’une photographie et des musiques excellentes font de "Fièvres" un film à ne pas rater !
Je n'ai pas encore vu ce film mais comme la bande annonce en jette, que les critiques sont bonnes, voir excellentes, il me tarde de le découvrir. J'avais vu Fissure, second long métrage fiction du réalisateur et j'étais sorti de la salle obscure complètement intrigué. Ce qui est certain c'est que le cinéma de Hicham Ayouch ne laisse pas indifférent. Longue vie à Fièvres.
Un film fabuleux servi par des comédiens magnifiques. Le film qui m'a bouleversé et réconcilié avec le Cinéma Français. L'image et la musique sont tops, le film bouscule tous les cliché et on ressort de la salle avec une belle émotion qui reste en vous pendant de nombreuses heures. C'est un petit bijou qui va briller. Allez-y, je vous le recommande. Ali
C'est un film poignant porté par une histoire qui vient toucher le spectateur au plus profond de lui-même. C'est l'histoire d'un enfant, d'un fils, d'un homme, d'un père, d'une famille ; chacun peut s'identifier à travers l'histoire que vit cette famille. Tout se déroule dans un quartier de région parisienne, sublimé par un travail très graphique du cadrage et des images. Mais le film aurait pu être tourné aux quatre coins de la planète : la banlieue n'est pas le sujet, mais un décor ; et l'histoire est universelle.