Good Kill
Note moyenne
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ninilechat
ninilechat

84 abonnés 564 critiques Suivre son activité

3,5
Publiée le 27 avril 2015
Parait que c'est ce qu'ils disent pour signifier "en plein dans le mille". Bon, moi j'aurais plutôt vu Good Shot, mais du point de vue langues étrangères, je la ramène pas [surtout en anglais, langue laide par excellence. Une fois que vous avez vu dans un livret d'opéra (les Vêpres siciliennes), "dolce ebbrezza" traduit par "sweet intoxication", je vous jure vous avez compris qu'il n'y a rien à tirer de l'anglais]

Pour la promo du film, on fait appel à "Démineurs" et puis à "Lord of War" (à peu près le dernier film visible de Nicolas Cage, avant qu'il ne se livre à une perpétuelle auto-parodie de lui même...) du même réalisateur, Andrew Niccol. En fait, c'est un de ces innombrables films US qui se coltine un lourd problème de politique/société/écologie/éthique, laviel'amourlesvaches, dans un enrobage attrayant de thriller. Et ça marche toujours, et dans Good Kill comme d'hab, on est pris, et je ne vois pas pourquoi nos esthètes critiquent les studios hollywoodiens de vouloir faire réfléchir les gens sans les enquiquiner! J'aimerais beaucoup que les français soient capables d'en faire autant, au lieu de réaliser d'une main des films intellos/pontifiants/rasoirs et de l'autre des comédies égrillardes/racoleuses (on est gâtés en ce moment...

Quand certains critiques disent que l'on a vu déjà mille fois Good Kill, c'est faux: la guerre par drones interposés, c'est quand même un phénomène récent!

Tom (Ethan Hawke) est un excellent pilote. Il aime voler, pour tout, l'adrénaline, l'excitation du danger, ce moment où on s'apprête à se poser, réservoir vide, sur le pont d'une porte-avions dans une mer démontée.... Se retrouver dans une boite à sardine au milieu du désert du Nevada [la traversée récurrente de Las Vegas est bien là pour souligner le parallélisme entre le joystick pour le fun et le joystick pour la mort....] pour piloter des drones ne le comble pas du tout! Mais bon, il a sa femme [January Jones, oui oui la première madame Mad Man tout à fait surprenante en allumeuse de sous-préfecture frustrée!], ses enfants, les barbecues entre potes (enfin, entre collègues, car dans cette petite ville répétitive ils vivent manifestement entre eux). Les vues aériennes de la ville nous la montrent, terre jaune, maisons carrées, étonnamment semblable, vue du ciel, aux villes de là bas...

Au début du film, l'équipe de Tom est chargée de frappes extrêmement ciblées sur des terroristes avérés. Puis, elle se trouve sous traitée à la CIA -ces civils.... et le mode de fonctionnement se met à changer. Pour les pékins, peu importe les dommages collatéraux. Lorsqu'un méchant a été localisé, quelque soit son entourage, il faut tirer. Boum.

Se trouvent réunis tous les ingrédients du genre: le Colonel, visage burinés, regard glacier (Bruce Greenwood), qui n'approuve pas ce genre de guerre, mais les ordres sont les ordres, il souffre en silence, il fait son devoir; la petite sous-off chicano (Zoë Kravitz) qui, elle, n'hésite pas à l'ouvrir: les frappes injustes vont avoir pour effet de soulever la population, de la radicaliser et finalement de faire naître bien plus de nouveaux terroristes que l'on en aura éradiqués. Tout cela n'est pas très original, mais reste intéressant parce que, qu'on le veuille ou non, ce sont de vrais problèmes.

Et cela me fait penser à la baïonnette. L'arme la plus abominable sans doute jamais inventée. Le corps à corps obscène: l'opposé exact de la guerre par drones interposés; combien de couples ennemis a t-on pu ainsi relever, unis dans la mort, entr'embrochés, entre enlacés..... Avez vous remarqué que le cinéma n'a quasiment jamais montré de combats à la baïonnette?

Vous pouvez aller voir Good Kill. Et réfléchir sur la nature de la guerre moderne. Une fois de plus, le cinéma made in US a rempli son office.
anonyme
Un visiteur
3,5
Publiée le 26 avril 2015
Un film un peu lent mais qui jette un sacré pavé dans la mare... Qui surveille qui ? Qui sont-ils pour décider de ce qui est juste ? Le film évoque des pratiques très discutables...
poet75
poet75

298 abonnés 703 critiques Suivre son activité

3,5
Publiée le 27 avril 2015
Ils portent une combinaison de pilote, mais ne montent jamais dans un avion. Leur job, c'est de s'asseoir devant un écran et de piloter des drones à distance. La cible repérée, il suffit de déclencher le guidage laser et la mise à feu et l'on est quasiment sûr d'atteindre l'objectif. Telle est la guerre moderne: c'est presque comme si l'on jouait à un jeu vidéo, un jeu de guerre, sauf que les morts sont bien réels et que les ordres données d'en haut sont assez souvent révoltants! Ce film montre cette sale guerre-là et les consciences tourmentées de ceux qui restent planqués loin des zones de combat, à Las Vegas, et qui n"ont pour mission que d'exécuter des ordres et de tuer à distance.
Contrairement au détestable film de Clint Eastwood, "American Sniper", ici il n'y a aucune ambiguïté: la guerre est une saloperie et ceux qui tuent à distance font un boulot encore plus dégueulasse que les snipers! C'est bien ce qu'Andrew Niccol veut nous dire en puisant tout ce qu'il montre dans son film dans un triste répertoire de faits réels, les uns plus affligeants que les autres. Reste cependant un défaut, peut-être inhérent à ce genre de films, une certaine monotonie dans la mise en scène, les scènes de guerre alternant sans arrêt avec les scènes de famille. Ce défaut était également présent dans le film d'Eastwood. Cela étant dit, "Good kill" est sans conteste mille fois plus recommandable qu'"American Sniper"! 7/10
Jesse B.
Jesse B.

49 abonnés 86 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 27 avril 2015
[Scénario: 5/5]
Alors que le genre "film de guerre" semble faire son retour au cinéma depuis quelques temps, Andrew Niccol propose sa version plutôt intéressante et contemporaine, faisant le choix de placer son récit au cœur d'une unité de pilotes de drones de l'armée américaine basée à Las Vegas, alors que les tactiques de guerre abordées dans le film justement font hautement polémique depuis l'intensification de l'utilisation de drones pendant la guerre d'Afghanistan. Pour résumer l'histoire: Tommy Egan (Ethan Hawke) est un ancien pilote de chasse reconverti en pilote de drones. Alors que sur le papier tout avait l'air idéal: la proximité avec sa famille au quotidien, une guerre sans risques "directs", des collègues qui l'admirent pour son passé et ses capacités de pilote; la réalité est beaucoup plus dure et le soldat qu'il est a de plus en plus de mal à se regarder dans le miroir chaque jour...

[Mise en scène: 4/5]
La façon dont le film est présenté est très importante et contribue à nous faire vivre son sujet intensément: tout comme "Fury" de David Ayer, "Good Kill" est filmé à la façon d'un huis clos, nous enfermant dans cette cabine en préfabriqué dans laquelle Tommy Egan passe 12h par jour à combattre les talibans. Très rapidement nos yeux sont rivés sur la console de commande de drones et les images qui défilent à l'écran sont le théâtre du conflit vu par "l'oeil" du drone que commande Egan: le résultat c'est qu'on se retrouve vite immergé dans cet étrange conflit à la fois réel et virtuel où les questionnements des personnages deviennent aussi les nôtres ("les attaques de drones ne font-elles pas de la guerre une guerre sans fin ?", "n'est-on pas en train de commettre un crime de guerre ?"). J'ai également trouvé le montage très habile puisqu'il passe en quelques minutes de ces scènes de guerre qui créent le malaise à des scènes banales de la vie courante: Egan qui passe chercher ses enfants à l'école, Egan qui s'occupe du barbecue, Egan qui se dispute avec sa femme... Seul bémol: le final qui, s'il fonctionne et offre une conclusion honorable, aurait pu, selon moi, être encore plus poignant.

[Acteurs: 3/5]
Ethan Hawke est un excellent acteur, mais il faut tout de même l'avouer: il est capable du meilleur comme du pire ("American Nightmare" ou "Getaway" n'en sont que deux exemples), ainsi le fait de le voir en tête d'affiche de "Good Kill" n'a pas suffi à me convaincre d'aller le voir. Et pourtant j'ai bien fait, car il livre ici une prestation extrêmement juste: son personnage est un écorché vif, un soldat, un vrai, qui ne supporte pas de faire la guerre depuis une boite en métal située à des milliers de kilomètres du conflit et qui réalise petit à petit que la routine dans laquelle il s'est installé est malsaine et le pousse d'un extrême à l'autre : d'un côté sa condition de soldat exige de lui qu'il soit capable d'obéir aux ordres, aussi durs et questionnables soient-il, sans états d'âme et de l'autre il doit tout faire pour protéger sa famille de ces images qui le hantent chaque jour et doit malgré tout réussir le jeu du mari/ du père modèle. Bruce Greenwood ("Star Trek Into Darkness") est tout aussi surprenant dans ce rôle de commandant paternel et pas toujours très en phase avec sa hiérarchie. Parmi les seconds rôles, celui de Zoe Kravitz ("Divergente") se démarque plus que les autres et apparaît en quelques sortes comme l’incarnation de la conscience humaine: jeune recrue qui se remet sans cesse en cause et questionne les ordres de ses supérieurs, elle est finalement le personnage qui s'adresse le plus directement au spectateur par ses questions « piquantes ».

[Photographie: 4/5]
Une photographie intelligente qui:
1) Nous place au cœur du conflit tel qu'il est vécu par les pilotes de drones, dans ces caissons hermétiques, coupés du monde (d'ailleurs une inscription sur la porte de leur cabine précise qu'ils sont sur le point de quitter le territoire américain lorsqu'ils entrent), les yeux rivés sur leurs panneaux de contrôle.
2) Utilise habilement les plans aériens pour illustrer les scènes du quotidien comme pour questionner le spectateur sur l'omniprésence de ces petits big-brothers qui s'immiscent année après années dans le quotidien de chacun.

[Bande Originale: 3/5]
Une BO légère et flottante, joliment composée par Christophe Beck et qui se pare aussi de quelques titres rock et pop plus mainstream comme "Hey Hey" des Brakes ou "Afraid of Everyone" par The National.

[TOTAL: 3,8/5]
"Good Kill" c'est l'agréable surprise au rayon "films de guerre" de l'année 2015: après un "American Sniper" qui n'avait pas su remplir complètement son contrat, oscillant trop entre les genres film d'action et drame social, Andrew Niccol nous présente avec son sujet centré sur une unité de pilotes de drones une vision beaucoup plus intéressante et impactante du traumatisme post-guerre vécu par les soldats à leur retour du front. Et pour cause les pilotes de drones sont les premiers touchés par ce syndrome puisqu'ils sont les seuls soldats qui font la guerre en même temps qu'ils mènent une vie de famille.
Porté par un Ethan Hawke très juste et dont le rôle d'ex pilote torturé, à la limite de la schizophrénie, touche particulièrement, "Good Kill" bénéficie aussi et surtout d'une très bonne mise en scène qui nous fait vivre cette guerre au format "huis clos" (de la même manière que "Fury" avant lui) et nous plonge dans le quotidien de ces soldats devant livrer un combat réel assis face à un terminal numérique. A plusieurs moments le film va peut-être un peu trop loin dans son positionnement idéologique et c'est certainement son plus gros défaut, néanmoins les questions qu'il soulèvent sont souvent légitime et il garde le mérite d'offrir une vision originale et contemporaine du film de guerre. A découvrir !
Rainfall_Shadow
Rainfall_Shadow

47 abonnés 393 critiques Suivre son activité

3,0
Publiée le 23 avril 2015
Dans le genre (Démineurs, ZDT) on a vu mieux même si le film a le mérite de mettre en exergue ce qui pose question et les tiraillements quotidien dont sont en proie les soldats menant une guerre façon jeux-video ou les conflits moraux sont permanents. J'aime bcp Ethan Hawke qui a cette sorte de candeur juvénile interressante
LeFilCine
LeFilCine

198 abonnés 631 critiques Suivre son activité

3,5
Publiée le 28 avril 2015
Le réalisateur néo-zélandais de Bienvenue à Gattaca, Andrew Niccol, propose un film qui traite d’une actualité brûlante et qui a eu des échos encore très récemment dans l’actualité. En effet, c’est un des tous premiers films à s’intéresser à cette guerre des drones menée par les États-Unis dans une relative discrétion depuis plusieurs années. Le point de vue choisi par le réalisateur est intéressant car l’intégralité du récit se déroule dans le désert du Nevada, à deux pas de l’exubérante Las Vegas. Il présente donc le contraste abyssale qu’il existe entre les territoires de guerre et le lieu où se situent les pilotes des drones. C’est donc le confort apporté par cette portabilité de la guerre qui est mis en exergue. La mise en scène subtile d’Andrew Niccol permet de comprendre petit à petit la perte de repères qui perturbe tant le personnage principal du film, ce commandant, ex-pilote, interprété par Ethan Hawke. Celui-ci en vient, malgré lui, à regretter de ne pas piloter, concrètement, un avion sur le terrain. Les tourments du pilote de drone, ce sujet passionnant, est un peu alourdi par le thème déjà-vu du couple de militaire qui bat de l’aile. Le scénario tient à dénoncer également les dérives des services de sécurité américains dans le choix des cibles et l’immoralité de certaines frappes. Ethan Hawke, en personnage un peu froid, interprète ce commandant de manière très sobre, quasi militaire, mais de manière plutôt convaincante. January Jones, quant à elle, est très à l’aise dans ce rôle pas si facile de femme en mode desperate housewives. Par contre, le reste du casting est très moyen, avec des personnages souvent très caricaturaux. Good Kill est donc un film imparfait mais au scénario plus malin qu’il n’en a l’air au premier abord, et bien loin d’être complaisant avec la politique américaine actuelle.
Frédéric M.
Frédéric M.

239 abonnés 2 154 critiques Suivre son activité

3,5
Publiée le 24 avril 2015
Pas le meilleur film d'Andrew Nicol, mais c'est un film intelligent, dérangeant, dans la veine d'American sniper. Ethan Hawke est encore une fois très bon dans ce rôle de soldat qui voudrait revoler à nouveau et se "contente" de piloter des drones. Le film traduit bien que la violence engendre la violence. Aucune justification à ces actes ne reste valable, mais l'argumentation se tient. Encore un film conséquence au 11/09.
Alain D.

734 abonnés 3 445 critiques Suivre son activité

3,5
Publiée le 22 septembre 2015
Après les 3 très bons films : "Bienvenue A Gattaca", "Time Out" et "Les Âmes Vagabondes", "Good Kill" est la quatrième réalisation d'Andrew Niccol abordée. Elle nous conte l'histoire romancée de Tommy Egan, ex pilote de chasse mis sur la touche. spoiler: Reconvertit en pilote de drone, Tommy est mal dans sa peau, la peur et l'action de terrain lui manquent ; il picole et se dispute avec sa femme.

La mise en scène n'a rien d'extraordinaire. Les dialogues, quelques répliques exceptées, sont souvent assez peu profonds. Il reste l'intéressante réflexion sur ces combats à distance, sur cette guerre à moindre coût.
Ladyoscar L.
Ladyoscar L.

6 abonnés 50 critiques Suivre son activité

2,0
Publiée le 27 avril 2015
Good Kill apparaît maladroit et pavé de bons sentiments, ce qui amoindrie la critique sociale et politique tenue par le film. Ici, l'armée et ses drônes n'est pas si mauvaise que ça, et la CIA est la grande méchante de l'histoire. Bref du consensus un peu mou.
Si la mise en scène des images de drônes avec en contre-point ces militaires enfermés dans leur "boite" en plein désert est intéressante, elle manque de souffle. Dommage.
bsalvert

521 abonnés 3 716 critiques Suivre son activité

2,0
Publiée le 2 juin 2015
Un film plus à voir comme une information sur les nouvelles guerres que comme le film à voir absolument.
PLE : pour fans de jeux videos
WardStradlater
WardStradlater

70 abonnés 469 critiques Suivre son activité

0,5
Publiée le 17 juillet 2015
Le synopsis laisse entendre une mise en question totale de la "guerre contre le terrorisme"; à savoir une guerre sans ennemi, visage, théâtre et durée bien définis. Le tout doublé d'une réflexion sur la guerre par drones, de kill list et des répercussions psychologiques sur les pilotes.

Il n'en est rien! Très lent, extrêmement répétitif dans le scénario (on comprend la volonté d'afficher la répétition et la routine des pilotes, mais ça ne prend pas) qui, de toute façon, se lance sur plein de pistes sans pour autant aller jusqu'au bout d'au moins l'une d'elles.

Le film s'étire en longueur, élaguant ici et là un peu de morale US bien comme il faut, jusqu'à une némésis finale bien prévisible.
anonyme
Un visiteur
2,5
Publiée le 23 avril 2015
Film un peu ennuyeux mais qui par contre documente bien sur les drones militaires et leurs usages dans la pratique.
Montre à quel point la France a un train de retard avec ses Rafale conçus il y a 20 ans à l'heure où les avions de chasse F16 américains sont remisés au profit systématique de Drones auxquels l'armée Française ne croyait pas jusqu'à très récemment et aussi à quel point la presse nationale ne parle pas de tout ça.
D'aucuns dénoncent une guerre qui tue comme dans un jeu vidéo, certes, mais si seulement les guerres pouvaient se faire uniquement et entièrement sur des jeux vidéos sans tuer personne et que le meilleur gagne, quel progrès pour l'humanité !
anonyme
Un visiteur
3,0
Publiée le 26 avril 2015
très correct ; bien vu le " problème " d' etre un militaire , tueur , qui ne risque jamais sa propre vie , et mene une vie de famille totalement normale " dans les clous " .
anonyme
Un visiteur
3,0
Publiée le 11 avril 2015
Good Kill Ou Bad Kill ?

Mardi 31 mars se tenait l'avant-première de Good Kill, au MK2 Bibliothèque, dernier film d'Andrew Niccol (Bienvenu à Gattaca, Lord of war...) avec Ethan Hawke (Tom Egan) et January Jones (Molly Egan). L'histoire retrace la vie fictive d'un pilote de drone, Tom Egan, en proie à des conflits moraux ; il s'interroge sur la justesse de son combat, et sur l'honneur d'une guerre dématérialisée, transformée en un jeu vidéo, où les pilotes sont embauchés pour leurs compétences de gamer.

L'histoire se déroule en plein désert de Mojave près de Las Vegas. Le terrain a été choisi par le réalisateur pour une plus grande véracité des faits, en effet, les militaires ont réellement installé leur base à proximité de cette ville. Ils ont sélectionné cet endroit pour familiariser les pilotes avec l'environnement désertique, qui ressemble énormément à celui d'Irak, et ainsi faciliter l'entraînement des nouveaux « aviateurs ». A savoir qu'Andrew Niccol n'a reçu aucune aide de la part de l'armée, elle a refusé de l'assister dans son projet, et toutes ses sources proviennent de Wikileaks et d'anciens pilotes de drones.

Ce décor vide, en plus d'être proche de la réalité, nous renvoie directement au monde intérieur du personnage principal de Tom Egan, qui se retrouve face à la vacuité de ses actes et de son travail, avec notamment une banlieue plus qu'aseptisée, à la limite du réel, censée représenter le rêve américain, et qui en fait est devenu le cauchemar de notre héros. Puisqu'il se désincarne littéralement en tombant de Charybde en Scylla, sous fond de lutte larvée pour le contrôle des drones, entre d'un côté l'armée Américaine qui respecte (mais pas tout le temps) les règles d'engagement et de l'autre la CIA qui s'en contrefiche (tout le temps). Alors que notre héros ne souhaite qu'une chose : reprendre le manche d'un bon vieux F-16 !

Après ce petit pitch, nous en arrivons au ressenti en tant que spectateur. En effet, le film est vraiment lent, de plus, peu de rebondissements viennent alterner la trame principale qui se résume, à d'un côté la banlieue et de l'autre le conteneur, où l'équipage effectue ses missions plus ou moins légitimes. De surcroît, le drone devient un composant diégétique, mais même s'il apporte un élément narratif intéressant voire hypnotique et même voyeuriste par moment avec un sentiment de toute puissance, il nous coupe, de part la distance physique avec les gens, d'une quelconque empathie pour les populations qui subissent ces bombardements (un peu comme dans GTA premier du nom avec sa vue par dessus).

Effectivement, le réalisateur souhaite montrer le rapport flagrant entre le pilotage des drones joystick à la main et les jeux vidéo. C'est ainsi que son jeune fils, qui est un pilote en puissance, représente à travers certaines séquences, cette nouvelle génération de pilotes qui ne peut plus faire la différence entre réalité du combat et jeux vidéo, comme on peut le voir lorsque Tom rentre un soir tard et retrouve son fils endormi la manette à la main devant Halo. Une scène qui fait écho aux paroles du réalisateur qui raconte que certains pilotes rentraient le soir pour continuer à jouer sur leur console.

C'est peut être en voulant représenter cet aspect jeu vidéo qu'Andrew Niccol ne parvient pas à nous lier aux personnages et aux gens qui sont derrière le joystick ou sous les drones et ainsi nous coupe de tout lien avec les personnages et par cela même empêche l'identification nécessaire avec son monde désertique.
NeoLain

5 888 abonnés 4 743 critiques Suivre son activité

3,0
Publiée le 29 novembre 2019
On tire et on se tire ! Tiens un long-métrage qui se concentre sur l'utilisation des drones il y en à pas des masses, c'est même le seul. Le poids de piloter un de ses engins et d'appuyer simplement sur un bouton pour tuer la cible. Le film traite le thème de la lâcheté, de la facilité. Et surtout la grande interrogation, pourquoi fait-on cela, ils cherchent une réponse juste mais est-ce pour autant une bonne raison ? tout ça me rappelle l'excellent film de Peter Berg, Le Royaume, où là aussi, la réponse à la question ne prévoit rien de bon pour l'avenir du monde.
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