Vu son synopsis, "Vie sauvage" avait tout pour séduire et offrir une vraie proposition naturaliste. Mais l'opposition entre le monde de la norme et la marginalité n'est hélas jamais véritablement interrogée mais seulement mise en scène par ses propres clichés, eux-mêmes surlignés par des dialogues lourdement explicatifs. Que la vie nomade ne soit pas la norme, c'est une évidence, mais au fond qu'est-ce que ça fait de vivre hors de cette norme ? C'est cette question qu'il aurait été pertinent de poser et qui n'apparaît presque jamais, hormis quelques scènes qui traitent du conflit entre le personnage de Paco (Mathieu Kassovitz excellent) et des punks qui s'établissent sur son terrain. Moins qu'une approche précise sur cette vie sauvage, le film s'attarde trop sur cette affaire familiale et judiciaire, dont les enjeux sont extrêmement simples et dont l'issue est d'une grande prévisibilité. Le film est également desservi par une interprétation inégale (les deux ado très mauvais) et par une réalisation parfois hasardeuse, notamment une caméra à l'épaule qui rend l'action parfois peu lisible. Je reconnais l'ambition romanesque de Kahn et sa volonté de créer une succession d'effets dramatiques forts, mais ce qui prédomine, c'est l'impression de voir un cinéaste qui est passé à côté de son sujet, à côté d'un film social brûlant et engagé. "Vie sauvage" demeure au final franchement anecdotique.
Un film tiré d'un fait divers, qui remet en cause, la responsabilité des parents en matière de choix pour les enfants et qui raconte l'histoire de la famille FORTIN. Les 2 acteurs sont justes, peut être kASSOVITZ dans le surjeux. Céline SALLETTE est très touchante. De belles scénes émouvantes. Reste quand même un petit film , assez lent quand même.
Ayant bien aimé son précédent long métrage "Une vie meilleure", pourquoi ne pas regarder le nouveau film de Cédric Kahn "Vie sauvage" et je n'ai pas été déçu !! Tiré d'une histoire vraie dénonçant la justice sur le droit de garder les enfants d'un père pour une mère voulant embarquer ses trois enfants pour changer égoïstement de condition de vie, la papa prend deux fils pour s'occuper d'eux dans une cavale qui peut aller jusqu'à la prison ferme s'il se fait choper pour, comme le titre l'indique, "Une vie sauvage" changeant de lieux pour éviter la gendarmerie. Le plus impressionnant, ça dure plusieurs années, les enfants deviennent adolescents et se posent des questions sur leurs trains de vie. Cédric Kahn signe un film dénonciateur sur la paternité dans la société en livrant une mise en scène réaliste et sans musique (ça fait du bien). Mathieu Kassovitz se laisse pousser les cheveux pour jouer le père et il est excellent. Les deux enfants et les deux adolescents sont impeccables sans oublier l'actrice Céline Selette superbe. A découvrir.
Un excellent scénario tirée d'une histoire vraie qui tient en haleine jusqu'au bout. Pourtant on s'ennuie par moment, il y a de gros temps faible et c'est vraiment préjudiciable. Le casting est bon et Mathieu kassovitz est franchement habité par son rôle. Un film français sympathique. Sans plus...
Un film que j ai trouvé très réussi sur l éducation. La vie sauvage m a fait penser à un Kramer contre Kramer ou le cadre de la grande ville américaine est remplacée par la campagne française. Après la scène d'introduction d une grande brutalité avec la fuite de la mère qui secoue le spectateur. Le film va voir le désespoir du père (interprété par un impeccable Mathieu Kassovitz) qui va enfreindre les lois et kidnapper ses propres enfants pour leur donner l éducation qu il juge bonne. Le sujet de l éducation est d ailleurs le cœur du film. Comment doit on élever ses enfants? Quand l éducation s arrête pour laisser la place à l endoctrinement tant le personnage du père est intransigeant avec ses convictions. Le film montre aussi la dureté de la séparation pour des parents pour les enfants qui se trouvent pris en otage entre les deux et le mot prend tout son sens dans ce film. Un film qui évite le piège de prendre partie pour l un ou l'autre des parents et montre que là situations est complexe et qu elle nécessite des nuances dans le jugement. La nature est filmée de fort belle manière et le film d'Anne par moment l'impression d'une parenthèse enchantée.
C'est un film beau et brut. Peu importe que ce soit inspiré d'une histoire vraie ou non, le jeu des acteurs fait qu'on y croit et que l'on a mal pour eux.
C’est le deuxième film en 2014 à revenir sur la cavale d’une décennie de Xavier Fortin avec ces deux fils. Le premier s’en inspirait de façon plus lointaine développant un propos annexe, celui-ci revient plus fidèlement sur cette histoire hors du commun. Si le film se concentre sur le trio père-fils et laisse rapidement la mère dans l’ombre, il ne fait pas un procès à charge de cette dernière et ne traite pas le père à la façon d’un héros. Le film regarde juste comment un conflit dans un couple a amené de la part du père la prise d’une décision aussi irrévocable et violente et comment lui et ses deux fils ont vécu ces années de fuite et de mensonges pour fuir la justice. Le film se divise globalement en deux parties : la première où les enfants sont jeunes et, idéalisant leur père, acceptent totalement ce mode de vie hors de la société, la deuxième partie traite de la fin de l’adolescence au moment où presque juridiquement adultes les deux garçons aspirent à trouver leur voie en commençant par cesser cette fuite sans fin. L’aspect équilibré du film qui ne cherche pas de coupables entre les deux parents offre une explication plus apaisée de cette tragédie familiale loin de tout sensationnalisme à base de père kidnappeur et d’enfants marginaux et hors-la-loi. Il offre aussi un regard nuancé sur la vie qu’ont menée ces enfants où la grande liberté dont ils jouissaient libérés des contraintes inhérentes à leur statut d’enfant (obligations scolaires, heures de coucher et de lever très réglées…) était compensée par le mensonge sur leur identité, leur obligation à fuir leur lieu de vie dès que la police arrivait et l’absence d’une mère jamais totalement oubliée. Avec ce film Cédric Khan offre, à mon avis, une des visions les plus justes de cette affaire où un conflit conjugal a abouti à une aventure aussi romanesque que douloureuse pour toutes les parties, mais dont les seuls vrais perdants sont tout de même les enfants. Un long-métrage mesuré donc sur un sujet délicat et prêtant le flanc au sensationnalisme.
Cédric Kahn signe un film sur les ruptures : rupture familiale, rupture avec la vie sociale. Les personnages sont complexes et nuancés car l'auteur ne prend pas parti tout en choisissant un point de vue. Malheureusement, la mise en scène est molle et les enjeux ne sont pas toujours bien exploités.
L'histoire des "Fortin" est à la base très "belle" et très "touchante", il n'était donc pas difficile de faire un beau film en l'exposant à l'écran. Le scénario et la réalisation qui n'apportent rien d’extraordinaire dans la forme m'ont laissé sur ma faim. Il y a des longueurs, des cabots en 2nd rôle, et que dire de la fin expédiée en moins de deux spoiler: (ou par exemple quand la mère pique une crise de nerf quand ses enfants lui demande de retirer sa plainte, et qui fait volte face 53 secondes chrono plus tard en disant qu'elle y avait pensé d'elle même, avant d'entamer un discours artifice-iel). Kassovitz tire le film vers le haut, mais bon pour le reste j'ai trouvé qu'une si "belle" histoire méritait un meilleur traitement. Bref une belle histoire qui sauve le film (ou plutôt qui le fait vivre), un Kassovitz très bon, mais on aurait pu mieux faire dans la forme surtout sur 1h45.
Sans être inconditionnel de ce genre de sujets « réalistes », Cédric Kahn a su trouver ici le ton juste pour nous raconter une histoire forte, sans facilités ni manichéisme, ayant l'intelligence de mettre l'humain au cœur du récit, avec ses forces et ses faiblesses. A ce titre, le personnage interprété par un bon Mathieu Kassovitz a quelque chose d'émouvant car si ces actes sont difficilement excusables, il agit toujours avec sincérité, au nom d'une cause qu'il considère comme noble et juste (justifiée ou pas, d'ailleurs). Conséquence : ce qui n'aurait pu être qu'un énième film naturaliste ennuyeux devient au contraire un drame sobre et convaincant, où chaque point de vue est entendu et respecté, permettant à l'œuvre de ne jamais être ambigu dans son propos ou sa nature profonde. A défaut de provoquer l'enthousiasme, une « Vie sauvage » méritant le détour.
Un très bon Mathieu Kassovitz.. On le connaissait derrière la caméra ; autant dire que devant la caméra c'est du grand niveau aussi ! Ce film tiré d'une histoire vraie retranscrit à merveille les émotions des acteurs... Sans oublier les paysages magnifiques. À voir !
Cinéaste de conviction et socialement engagé, Cédric Kahn raconte via cette histoire vraie une autre façon de vivre, en marge de la société et en harmonie avec la nature. Mais au delà de cet idéal de vie, le film raconte surtout le combat d'un père pour vivre avec ses enfants au prix d'une cavale de 10 ans. Le réalisateur capte à merveille l’énergie de ce père pour ses convictions via l’interprétation d'un acteur tout autant engagé : Matthieu Kassovitz. Le film, un peu mou dans sa première partie est beaucoup plus intéressant dans sa seconde avec un dénouement poignant.
Dire du personnage de Paco/Kassovitz qu'il n'est pas crédible en marginal réfléchi mais limite intransigeant ne serait pas pertinent, puisque ce film est le récit d'une expérience vécue racontée dans un livre par le vrai Paco... Dire du film qu'il prend parti pour le père serait peu pertinent, justement parce que son côté intransigeant y apparaît bien, comme dans cette scène où son cadet devenu ado se fait remonter les bretelles parce qu'il s'est fait couper les cheveux par un(e) pro, ou comme dans une autre scène de la révolte de l'aîné, qui n'en peut plus de vivre dans l'inconfort matériel, reclus et toujours sur ses gardes. Certes, la mère (C.Sallette, toujours aussi habitée dans les rôles extrêmes) affiche un comportement qui frise l'hystérie plus d'une fois. Mais elle fait son chemin vers le pardon, le film se terminant sur des promesses d'apaisement...Ce qui pourrait transparaître en filigrane de ce sympathique petit film qui incite à la réflexion, c'est qu'on s'affirme en s'opposant, quel que soit le conditionnement qu'on reçoit dans son enfance....Le plus surprenant est peut-être que Paco ait pu réussir, en France dans un passé proche, à échapper à la justice (aveugle ?) aussi longtemps, avec deux gamins à charge et sans moyens financiers. Sacré force de conviction, le gonze. Faut dire, les scènes (trop ?) ouvertement bucoliques de la vie sauvage nous sussurent (trop ?) souvent que le jeu en valait la chandelle...Pas mal quand même, tout compte fait.
Film remarquable. Poétique, fin. Des émotions rares. Magnifique mise en scène. Bonnes athmosphères. Médiatisation de toute une culture que l'on ne voit pas assez. J'approuve !
On ne sait pas trop ce qu'a voulu faire Cédric Kahn. Basé sur une histoire vraie, le scénario n'est pas tout à fait honnête puisqu'il faut lire entre les lignes qu'à l'origine c'est la mère qui ne rendait plus les enfants. Mais là n'est pas le problème, de quoi parle t'on au juste ? De l'amour d'un père pour ses enfants ? d'une vie en symbiose avec la nature ? d'une vie autrement ? de l'incapacité de parents à converger un minimum dans l'intérêt des enfants ? de l'incapacité de la société à résoudre ce type de problème ? .... On ne sait plus et comme souvent, à être partout, on est nulle part. Si le jeu de Mathieu Kassovitz est un peu brutal, il reste efficaces. D'autres personnages par contre ne sonnent pas toujours justes. En conclusion, un film intéressant avec un "peut mieux faire"