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Un visiteur
5,0
Publiée le 26 mai 2015
De l'origine de la violence. De la difficulté de lutter contre le poids du passé. Mais de la force de l'amour et de la persévérance. Une perle sans artifices.
Après la crise de la soixantaine de Catherine Deneuve dans "Elle s'en va" (2013), Emmanuelle Bercot s'intéresse dans son dernier film à la crise d'adolescence de Malony, qui enchaîne les délits depuis son plus jeune âge jusqu'à être placé en centre d'éducation. Le rythme du film oscille au gré des ruptures de tons qui se calquent elles-mêmes sur le comportement instable du jeune héros, entre pétages de cable réguliers et lent processus de "maturation". Tout ceci rend le portrait encore plus crédible, d'autant que Rod Paradot tient bien la barre pour son premier grand rôle, épaulé par d'excellents acteurs ( Deneuve et Magimel en tête ) qui ont tous quelque chose à apporter au film, notamment dans l'incarnation de l'autorité à l'échelle sociale. Mais le film manque selon moi de tomber dans une lente monotonie de par ce rythme qui ne décolle jamais vraiment, en dépit d'un gros travail de recherche par la réalisatrice pour varier les thèmes en évitant tout côté mélo. Filmé constamment à hauteur d'homme, "La tête haute" ne renie jamais son but initial, à savoir ne pas chercher à magnifier la réalité mais plutôt tenter de l'appréhender sous un autre angle. Un cinéma-vérité frontal qui, sans être exaltant, se laisse suivre du fait qu'il mène toujours droit son chemin d'exploration sur la difficulté qu'ont les jeunes à suivre le droit chemin... (quant à moi je vous laisse sur ce parallélisme stylistiquement recherché !).
Un beau film en forme de montagne russe d'espoir pour le jeune Malony ( Rod Paradot). Un film bien écrit avec des rôles tous très bien interprétés, des premiers rôles aux rôles annexes avec un très grand Rod Paradot! Tout semble très juste, très vrai, à en ressembler à un documentaire, ce qui est aussi délicat puisque malgré des moments intenses, tout ceci semble trop "propre". Il en reste un bon film sur cet adolescent qui va frôler les limites dans un équilibre plus que précaire..
Ce film d'Emmanuelle Bercot est une véritable machine à émotions ! On se retrouve plongé dans le suivi hyper réaliste de la vie d'un jeune à problèmes de son plus jeune âge à sa majorité. Les acteurs sont si bons qu'on est pris aux tripes du début à la fin, un peu comme dans une émission du type "Envoyé spécial". Le tout jeune Rod Paradot est bluffant, Benoît Magimel vraiment excellent et Catherine Deneuve toujours aussi convaincante. Tous les rouages de notre système de suivi des délinquants mineurs sont mis en lumière, des juges aux éducateurs en passant par tout le personnel des centres de réinsertion ou d'incarcération. Je reste finalement mitigé sur ma note car j'ai eu l'impression de voir un vrai reportage cru et agressif de 2h00 (un peu long à mon goût), ce n'est pas forcément ma tasse de thé.
Excellent film, , émouvant et tellement bien interprété par de formidables acteurs. Le sujet est difficile et force l'admiration pour tous ces adultes qui dans la vraie vie s' occupent de jeunes en rupture.Bravo à Emmanuelle Bercot!
Je vais être honnête, c'est ce que j'ai vu de meilleur en matière de cinéma social à la française (je n'ai pas encore vu la loi du marché avec Lindon)....ET pourtant j'y allai à reculons, n'ayant aucune envie de m'impliquer dans une histoire de "cas social".....Mais force est de constater, que le film exerce une fascination, que ce soit dans le drame social (cette "forte tête" qui n'accepte aucun compromis émotionnel), dans le jeu d'acteurs, ils sont tous exceptionnels (chapeau à Emmanuelle Bercot qui les dirige), que ce soit l'expérimentée Catherine Deneuve en juge pour enfants, l'époustouflant Rod Paradot en adolescent sans repères (quel jeu!!!!), Sara Forestier, traversant les époques en mère torturée, Benoit Magimel en éducateur hyper sensible, et deux ou trois autres , je ne peux tous les citer.......La fascination s'exerce aussi par la violence des émotions proposées, qui vous déchirent et vous interpellent, sur le regard porté à l'autre en permanence, qui sans culpabiliser, questionne.....On notera aussi, quelque chose qui m'a touché une présence musicale éclectique, qui n'en déplaise aux puristes du drame social, apporte une forte émotion et une intelligence dans le montage....Le film rayonne en définitive, par sa vie, par ses dialogues et le spectateur ne peut émotionnellement rester indifférent tant le montage et la mise en scène sont habiles à nous faire croire en cette histoire très probable....j'ai beaucoup aimé...
Emmanuelle Bercot ne cesse de nous étonner. Depuis ses premiers pas au cinéma, elle nous a fasciné, parfois irrité, mais sa sincérité a toujours été reconnue comme sa qualité première. A quoi s'ajoute une extraordinaire force de persuasion due à un primat de l'hypersensibilité sur toute forme de discours. Elle n'a pas son - ou sa - pareil(le) pour montrer le désarroi, le mal être poussé à l'extrême, le cri des nerfs et la crise qui s'ensuit. Ici nous assistons au parcours on ne peut plus tourmenté et chaotique d'un jeune garçon, Malony, qui, de huit à dix-huit ans, va rencontrer l'enfer au quotidien : remis par sa mère entre les mains d'une juge pour enfants (Catherine Deneuve), il va être ballotté de centre éducatif renforcé en centre éducatif fermé en passant par la prison, où il va faire l'expérience de l'internement parfois agressif et violent, parfois supportable grâce à des éducateurs modèles. C'est qu'il est difficile d'être le fils d'une mère immature qui se voit débordée par un rôle qu'elle choisit d'abandonner. Sara Forestier interprète à merveille le rôle de cette femme-enfant qui voit en son gosse un boulet avant de le choyer tel un potentiel amant. Quant à l'éducateur au grand cœur, c'est Benoît Magimel qui l'incarne, très à l'aise dans l'interprétation de ce personnage lui aussi en proie à des angoisses et qui de ce fait est plus à même de comprendre cet ado paumé dont il a la charge et qui n'a que les insultes et les poings pour se donner un semblant d'existence. Enfin la grande Catherine est là, admirable comme toujours et cependant mesurée et profondément humaine dans ce rôle si ancré dans le quotidien. Mais la véritable révélation du film est cette boule de nerfs, Rod Paradot, assez proche de Thomas Doret dans "Le gamin au vélo" des frères Dardenne et bien entendu du jeune Jean-Pierre Léaud des "400 coups". Même adolescence meurtrie, mêmes attitudes nerveuses et révoltées, et pourtant ce qui fait la grande différence, c'est le langage du jeune Malony. Ici les injures pleuvent, les grossièretés permanentes sont une manière d'exister. C'est que Malony ne connaît pas les mots ou du moins leur richesse, qu'il ne peut de ce fait mettre un mot sur ses émotions, sur les motifs de sa révolte et qu'il se contentera de balancer à la face d'autrui les ordures verbales qui font son quotidien. La naissance de l'amour dans le cœur de ce sauvageon constituera du reste un tournant essentiel dans son histoire. Sans doute sera-ce l'occasion d'une renaissance, mais nous n'en dirons pas plus : il faut découvrir ce film, d'une grande beauté et d'une profonde humanité, il faut accepter les claques que lance à ses spectateurs ce film nerveux et sans concession. Plus grande alors sera l'émotion qui nous fait découvrir à la fin que cette œuvre est, contrairement à toute attente, d'un profond optimisme.
interprétation magistrale du plus petit au plus grand rôle ; très bien filmé. On est bien secoué pendant 2 h et on termine sur un grand respect de ces professionnels de l'aide à l'enfance qui parviennent à y croire encore alors que moi, au bout de 1H 30, j'avais envie de passer la mère par la fenêtre et de jeter l'éponge pour le fils.
Ce film est assez percutant. J'ai été bluffé par Rod Paradot qui tient son rôle avec justesse et réalisme. Un film qui ne cherche pas à donner la larme à l'oeil mais bien à montrer une réalité.
Un très beau film très émouvant. Les acteurs sont formidables : Catherine Deneuve, hyper crédible dans son rôle de juge, on sent vraiment qu'elle l'a travaillé, Benoît Magimel, très puissant dans son rôle d'éducateur et Rod Paradot, le rôle principal très convaincant en écorché vif avec un bon fond. Un sujet qui fait réfléchir et incite à la remise en cause sans pour autant prendre parti. La fin se termine plutôt bien. Ouf se dit-on, la récompense d'un boulot très dur.
De l'excellent cinéma social qui, sous une approche documentaire, mais avec de vraies qualités de vrai cinéma, nous emporte dans une histoire magnifiquement filmée et interprétée. Tous les acteurs, professionnels ou non, atteignent une justesse de ton qu'on attendait pas forcément d'un jeune Paradot -exceptionnel de naturel- plein de violence et de révolte mal contenue, ou plus d'un Benoit Magimel ici plus qu'émouvant dans un rôle délicat d'éducateur spécialisé un peu dépassé. Emmanuelle Bercot nous confirme après Elle s'en va, que l'on peut diriger la grande Catherine Deneuve en la tirant vers le haut. A ne manquer sous aucun prétexte!