"Seul contre tous" est le stéréotype du film américain avec ce que cela sous entend comme particularité, tout en ayant le mérite d'aborder un sujet inquiétant avec le danger du sport et précisément ici le football américain...
On est pourtant mitigé face à cette réalisation, car balancé entre cette lutte pour la vérité, pour tout savoir de l'encéphalite traumatique chronique, et une autre lutte cette fois contre le lobby de la NFL (National Football League), cette fédération ultra puissante, plus que reconnue et représentée aux USA depuis 1922 sous cette appellation !
Et voici donc le business contre la science et ses découvertes qui gênent aux entournures d'autant plus que Bennet Omalu, ce neuropathologiste en médecine légale, interprété par Will Smith, est aidé et appuyé par un ancien médecin de la NFL joué par Alec Baldwin d'ailleurs très bien dans ce rôle...
Alors de ce côté, ça ne semble pas mal engagé car quelques excellents moments sont pertinents et instructifs, en particulier une mise au point tenace, fort bien amenée et juste, entre ces deux hommes dont Julian Bailes (Alec Baldwin) rebondit avec brio.
Cependant côté mise en scène et interprétation du héros, on reste sur sa faim.
La trame est très classique, un peu mièvre et fait référence à une morale bien pensante, très axée sur la religion dont Will Smith se fait le garant coûte que coûte, avec une sensation d'un jeu très contrôlé, très maîtrisé jusque dans les moments où il faudrait un minimum d'emportement et de révolte...
Ou alors le cinéaste tenait vraiment à nous montrer ce visage lisse, impassible que rien ne semble atteindre, d'un homme qui veut rester digne en attendant son intégration complète en dépit des embûches qui lui sont causées.
Toujours est-il que cet aspect gentil, ce sourire et ces yeux battus, finissent par rendre ce docteur un peu trop comme il faut et même à la limite un peu fade !
Le tout s'étire en plus sur deux heures qui semblent de trop pour nous présenter le dernier né de
Loin d'être un navet pour autant, cette réalisation en évoque d'autres du même acabit, où la forme très hollywoodienne, envahissante et sirupeuse, prend le dessus en cassant l'idée de fond pourtant primordiale.
En se débarrassant de bons nombres de scènes inutiles, avec un acteur un peu plus présent et dirigé plus énergiquement, cette histoire très intéressante au demeurant aurait été dix fois plus convaincante et réussie !
Peter Landesman semble avoir voulu privilégier plusieurs axes de l'existence de Omalu, et au final, il en reste un film intéressant mais moyennement convaincant pour servir de véritable électrochoc face à ce scandale qui perdure encore de nos jours malgré la reconnaissance des risques encourus puisque 96% des anciens joueurs de la NFL souffraient de cette pathologie au moment de leur décès...
Édifiant !