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Un visiteur
5,0
Publiée le 25 avril 2015
Emmanuel Mouret, en ce qui me concerne, c'est un peu (beaucoup) comme Woody Allen, j'attends ces films avec une impatience douloureuse et trépidante, pour enfin être charmé et réconcilié avec l'existence. Rien de meilleure aujourd'hui que ce dernier opus qui dessine admirablement les mécaniques amoureuses sous la plume du destin. Rien que la représentation du caprice est d'une subtilité enivrante. Même si mon film de chevet reste "changement d'adresse", ce dernier, admirablement servi par Madame Demoustier, reste encore une fois incomparable.
Emmanuel Mouret est un réalisateur qui a son style, c’est certain, et c’est heureux. Après il ne se renouvelle peut-être pas beaucoup d’un film à l’autre, on peut le regretter, mais quand on tient une recette qui marche. Sans être son meilleur film on retrouve dans Caprice les arguments des films du réalisateur. En particulier sa capacité à s’entourer de superbes actrices ! Ici Efira et Demoustier, pleines de charmes bien sûr, mais au jeu aussi précis, sobre, quoiqu’un peu théâtralisé, mais ça c’est la marque de fabrique de Mouret. Si Efira est très correcte, Demoustier s’empare cependant de la vedette, en livrant une très belle prestation, subtile, fine, fort appréciable. Emmanuel Mouret est égale à lui-même, réendossant un personnage à la Gaston Lagaffe auquel il ressemble d’ailleurs, dans un style moins gaffeur quand même ! Il joue bien. Des seconds rôles de qualité viennent émailler l’arrière-plan. Les personnages sont bons mais peut-être un peu convenus par moment. Le scénario profite de la poésie habituelle du réalisateur, avec cette capacité en quelques riens de créer une ambiance de conte moderne, poétique et optimiste. Après, il est clair que c’est plus cette capacité à séduire qui fonctionne, que l’histoire en elle-même, assez classique, et manquant d’enjeux. C’est vrai que Mouret fait souvent des films avec presque rien, mais là il force peut-être un peu quand même ! Reste qu’avec ce presque rien il tire un métrage doux-rêveur plaisant, et il offre à voir le monde sous un angle très personnel que j’ai apprécié. Cela tire évidemment le film du risque de la banalité. Visuellement Caprice est typique du style Mouret. Mise en scène légère, photographie et couleurs soignées avec un charme indéniable dans les plans vaporeux et éthérés, les décors sont simples mais le réalisateur tire le meilleur parti de cette simplicité. Clairement Mouret propose sur la forme la même chose que sur le fond. C’est-à-dire beaucoup de sobriété a priori, mais travaillée, recherchée, et une belle poésie se dégage, le tout servi par une bande son des plus agréables. Sans être le meilleur Mouret donc, à cause d’un scénario quand même très limité, on se retrouve face à un beau moment poétique et romantique, avec un vrai style personnel, et dans le convenu d’aujourd’hui c’est vraiment rafraichissant. 3.5.
Après une tentative peu concluante dans le registre dramatique (« Une autre vie »), Emmanuel Mouret revient à ce qu'il sait faire de mieux : la comédie romantico-dramatico-fantaisisto-mélancolique. Et comme (presque) toujours, j'étais sous le charme : c'est drôle, sensible, intelligent, plein de situations réjouissantes et de répliques savoureuses : bref, tout ce que j'aime chez ce réalisateur depuis maintenant plusieurs années. Oui mais voilà : un peu à l'image de « Fais-moi plaisir ! », voilà que ce dernier semble ne plus savoir quoi dire dès le milieu du film. C'est un peu mou, répétitif, l'auteur semblant presque s'auto-parodier pour combler son manque d'inspiration, l'intrigue n'avançant presque plus du tout et se contentant de nous arracher quelques sourires. Heureusement, après ce (gros) trou d'air, Mouret finit par reprendre le contrôle pour nous offrir un dernier tiers émouvant, tirant nettement plus vers le drame sans pour autant tomber dans le sinistre. Au contraire, c'est juste, tendre et très joliment écrit, la jolie prestation d'Anaïs Demoustier venant lui apporter un charme supplémentaire, tout comme l'élégance de Virginie Efira dans la première heure. En définitive, j'ai beau être un peu déçu par ce « Caprice » plutôt mineur dans la carrière de son auteur, je lui trouve un côté attachant, délicat, gracieux lui permettant de se faire une (petite) place parmi les réussites françaises en 2015.
"Caprice" est aussi le titre d'un roman inédit et léger de Marguerite Duras, ce qui ne constitue en rien un hasard. Car Emmanuel Mouret est, au-delà d'un cinéaste, un littérateur. Le film s'ouvre justement sur une séquence où un père, parisien, bobo évidemment, tente de faire renoncer à son fils le goût des livres. Or, les livres sont partout dans ce film, dans les bibliothèques, dans les studios, jusque dans les manuscrits brochés. Le film raconte tout un tas de livres, des classiques surtout. Il y a du Voltaire pour l'air faussement ingénu du propos, il y a du Marivaux pour les chassés-croisés amoureux et les mensonges, il y a du Proust pour les soirées mondaines et les faux-semblants, il y a même du Zola pour la lutte des classes, insidieuse, celle qui nous fait résister à nous-même, au vrai de nous-même.
Emmanuel Mouret sait filmer les sentiments. Léger mais jamais désinvolte, le film raconte l'histoire d'un instituteur, d'une grande gentillesse, qui tombe malgré lui amoureux d'une actrice à succès ; alors que cet amour est promu à beaucoup d'avenir, et surtout beaucoup de privilèges sociaux, une jeune actrice, Caprice, s'introduit dans sa vie, voire envahit sa vie, à la suite d'un malentendu, ou disons d'un trop-entendu d'une confidence d'amour glissée au bord du lit. Derrière cette histoire, il y a l'histoire de tous les couples : des impostures, des renoncements, des peurs, des compromis aussi.
Emmanuel Mouret est à Paris ce qu'Almodovar est à Madrid. Sa caméra magnifie Paris. On est au printemps et la capitale est fleurie, autant que les visages et les corps de ces femmes sont apprêtés et souriants. On pense encore à Proust et ses jeunes-filles en fleurs. Tout est beau. La musique doucement jazzy embellit la ville, soudain chargée d'une grande mélancolie. Mais heureusement, on est au cinéma, non au théâtre, dans ces espaces hors du monde où les directeurs d'école peuvent clamer du Shakespeare et surtout où les amours se font et se défont, au rythme de la vie.
Comme dans les précédents films d'Emmanuel Mouret, l'histoire peine à convaincre, ce n'est jamais drôle, les dialogues et les situations sonnent faux, mais on se laisse prendre au jeu, sans surprise et sans plaisir. Heureusement, Anais Demoustier sauve quelques scènes.
Une jolie comédie sentimentale, sur le désir amoureux et ses indécisions, dans lequel on retrouve avec plaisir la jolie Virginie Effira, mais c'est Anaïs Demoustiers qui donne toute l'étendue de son talent dans son rôle d'amoureuse envahissante.
C'est tellement mauvais que j'écris mon avis depuis la salle de cinéma. Je reste juste parce que je suis curieuse et je veux connaître la fin! Les 2 actrices principales sont bonnes mais les 2 hommes c'est une cata!!! Surtout le réalisateur ! Quelqu'un doit lui dire qu'il est un mauvais acteur! Il est mou, tellement mou! N'allait pas voir ce film, il ne sert à rien!
Très bon film, qui prend son temps, avec de très bons acteurs (sans oublier Laurent Stocker le pensionnaire de la Comédie Française !). Une jolie bande originale. Un très bon moment !
Caprice n'est pas le meilleur film d'Emmanuel Mouret loin de là. Il se laisse tout de même regarder sans ennui. Il sait en tout cas s'entourer d'actrices douées et belles. Après Marie Gillain et Virginie Ledoyen par exemple, c'est au tour de Virginie Efira et Anaïs Demoustier. Mention spéciale pour cette dernière.
Vu le film en avant premiere, c est un film tres reussi ! Les acteurs sont bons, l'histoire est pleine de surprises, et j ai trouvé ca souvent tres drole. J ai meme ete tres ému au fur et a mesure du film, car c est un film subtile qui cache son jeu.... Sous couvert de rire, on se surprend a voir tous ces amoureux se prendre a leurs propres jeux. je recommande donc sans hesitation cette comedie qui nous change un peu des grosses machines qui ne font pas dans la finesse. Ici, tout est charme et amusement :) Surtout Virginie Efira , qui ne finit decidement pas de surprendre, et qui degage une joie tres communicative! Courez-y!
Depuis presque vingt ans, Emmanuel Mouret poursuit, plutôt bon an que mal an, son petit bonhomme de chemin cinématographique dont le dénominateur commun est Marivaux. Et de cette mécanique complexe des jeux de l’amour et du hasard, Mouret ne déroge pas. Cela marque l’empreinte d’un auteur, mais peut s’avérer fatigant car la forme comme le fond évoluent peu d’un film à l’autre (exception faite de « Une autre vie »). Les mêmes ingrédients donc et un même acteur (Mouret égal à lui-même, très comédien amateur), seules les actrices viennent apporter un peu de fraicheur à ces scènes de genre surannées. Ou pas. Dans « Caprice », on ne va pas s’extasier devant la prestation de Virginie Efira, toutefois elle apporte une tonalité sincère à son rôle. La plus grosse déconvenue du film vient de celle qui incarne le rôle titre de Caprice, Anaïs Demoustier. On pressentait déjà dans « Une nouvelle amie » tout le capital d’antipathie qu’elle dégageait, qui s’est confirmé avec « A trois on y va » et qui explose au grand jour ici. Dans le genre péronnelle disgracieuse et vulgaire elle s’impose avec un jeu linéaire, sans jamais avoir l’air de trop y croire, mais certaine de pouvoir se placer. Dans la carte du tendre des héroïnes de Marivaux, elle serait parfaite dans le rôle de la commère. Détenant un rôle clé, le film est quelque peu assombri par sa prestation, de même par quelques scènes vraiment ratées (le supplice du plâtre, la relation Alicia/Thomas…). Toutefois, le charme opère, parfois, surtout quand Mouret filme le bel amour (les échanges de regards et la connivence entre Alicia et Emmanuel sont attendrissants entre autre) et certaines répliques ou situations sont subtilement drôles. « Caprice » reste une œuvre trop inégale, comme souvent chez Mouret, qui oublie, pour paraphraser Marivaux , que dans le monde du cinéma, un film doit être trop bon pour l’être assez…
Un très joli film écrit avec beaucoup de finesse de drôlerie et d intelligence ! J avais adoré L art d aimer, je me suis régalée avec Caprice ! merveilleuse Anais Demoustier espiègle et charmante qui " creve l'écran" à noter l excellence des dialogues ! très bon jeu d acteurs ! adoré la musique jazz de Mirabassi et la chanson jazzy "tu ne rentreras pas ce soir" d'Edwige Morgen dans la scene si drôle du restaurant entre Virginie Efira et Emmanuel Mouret ! à quand la BO du film ?