Les Huit salopards
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Estonius

4 737 abonnés 5 466 critiques Suivre son activité

2,5
Publiée le 10 janvier 2016
Le film dure 2 h 40. Pendant près de deux heures nous assistons a du bon Tarantino, élégamment mis en scène, bien interprété et intéressant (même s'il peut paraître sur-dialogué). Et alors qu'on avait tout compris, que le film pouvait finir au bout de 2 heures voilà que Tarantino nous ajoute deux chapitres inutiles, spoiler: l'un puisqu'il ne fait qu'illustrer ce qu'on savait déjà,
et surtout le dernier dans lequel on sombre dans une espèce de bouillie insipide ou se mélange sadisme, hémoglobine, grand guignol et … référence lourdingue à Abraham Lincoln sans que cela n'apporte quoique ce soit au film. En fait on ne sait pas trop ce que Tarantino a voulu montrer et à ce stade on s'en fiche un peu. Nous avons donc là un film mal construit et décevant dont le seul souvenir sera l'impressionnante prestation de Jennifer Jason Leigh.
septembergirl

664 abonnés 1 070 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 12 mars 2016
Un western tarantinesque qui nous emmène aux confins d’un Wyoming enneigé et balayé par le blizzard, quelques années après la Guerre de Sécession. La photographie est magnifique et l’intrigue, ponctuée de dialogues ciselés, bourrés d’ironie, est bien ficelée et passionnante, laissant monter progressivement la tension. Les personnages, poussés à leur extrême, sont interprétés admirablement par un casting incroyable ; on retrouve d’ailleurs de nombreux acteurs chers au réalisateur comme Samuel L. Jackson, Kurt Russel ou encore Tim Roth. Un huit-clos sombre et noir, des plus savoureux !
Rainfall_Shadow
Rainfall_Shadow

47 abonnés 393 critiques Suivre son activité

5,0
Publiée le 10 janvier 2016
Tarantino ne fait pas des films il fait des chefs d'oeuvre ! Ce nouveau western au huis clos angoissant va vous mettre l'adrénaline à 100 ! Les dialogues sont cousus mains et ne paraissent jamais long tant ils sont écrits dans la droite ligne des pure tarantino, ceux qui explorent la psychologie de leurs personnages ! Franchement rien à dire, vous ressortirez de ce nouveau tarantino éblouie, émerveillé et toujours respectueux de ce talentueux réalisateur ! Chapeau bas l'artiste !
ffred

1 988 abonnés 4 258 critiques Suivre son activité

2,0
Publiée le 9 janvier 2016
Quentin Tarantino est de ces réalisateurs qui font l'évènement à chaque sortie de nouveau film. Après la réussite et le succès de Django Unchained début 2013, celui-ci était évidemment très attendu. Je ne vais pas faire durer le suspens plus longtemps, j'en suis sorti très déçu. Il s'est un peu calmé à tous les niveaux : la mise en scène, le gore, la direction d'acteur et surtout le scénario. 2H48 c'est long ! Surtout quand il ne se passe pas grand chose pendant deux heures ! Il y a très clairement une heure de trop, voir plus. Ça manque de rythme, d'enjeu dramatique, d'humour. C'est bavard, bavard, bavard. Et contrairement à la plupart de tous ces autres films, de performances d'acteurs. Pourtant le casting est étincelant. La seule qui tire véritablement son épingle du jeu est Jennifer Jason Leigh que l'on avait pas vue à pareille fête depuis longtemps (je dirais pour ma part depuis eXistenZ en 1999). Bref, à part une belle direction artistique, la musique d'Ennio Morricone et un épilogue à peine plus conséquent, tout cela est vraiment creux et nous donne un Tarantino mou du genou, un peu trop fatigué et qui finit par tourner à vide. Envolé tout le décalage, l'humour et l'irrévérence. Une déception pour ce qui est, à mes yeux, son moins bon film. L'année commence mal...
legend13
legend13

289 abonnés 1 097 critiques Suivre son activité

5,0
Publiée le 23 janvier 2017
Du grand Tarantino ! Sans atteindre le niveau du geniallissime "Django Unchained" , à cause d'une durée un peu excessive à mon goût, ce nouveau western made in Quentin est tout de même une grosse claque et un sacré film qui repose sur un scénario tout bonnement génial et jouissifs à souhait ! "Les 8 Salopards" c'est une pléiade de talentueux acteurs qui campent tous des personnages absolument méprisables dans un huis clos paranoïaque et oppressant. La palme revient à Jennifer Jason Leight transcendée et terrifiante. Le reste du panel est pas mal non plus : Samuel Jackson, toujours aussi excellent, Tim Roth, Bruce Dern, Michael Madsen, Demian Bichir. Sans oublier le charismatique Kurt Russell (Mon coup de coeur est pour son personnage) et la révélation Walton Goggins , déjà aperçu dans le précédent film du réalisateur. Mais dans cette belle brochette d'odieux personnages, à qui revient la palme du plus détestable ? C'est sur ce mystère que repose tout le film que Tarantino vous fait déguster à sa sauce ! Chapitrage (Je suis pas fan mais ici d'une grande nécessité), scène parfois trash, éclats de sang, flash back. Tout les ingrédients qui ont fait la renommé du génial réalisateur qui l'est. En bref, malgré une durée un peu longue, le 8eme film de Mister Tarantino est une nouvelle réussite dans sa filmographie qui était déjà bien fournies ! N'hésitez pas à regarder ce petit bijou de cinéma.
Freakin  Geek
Freakin Geek

281 abonnés 916 critiques Suivre son activité

5,0
Publiée le 10 janvier 2016
Pour son huitième film, Quentin Tarantino continue à se faire plaisir en peaufinant sa vision du western. Il a en effet choisi de tourner ce long métrage comme à l'age d'or du genre en ressortant des caméras Ultra Panavision 70mm qui n'avaient plus été utilisé depuis 1966. Cela donne une image plus large et plus belle à condition d'en profiter dans un cinéma le projetant dans les mêmes conditions avec entracte à la clé et huit minutes supplémentaires. Pour la touche finale, le réalisateur a même réussi à convaincre le compositeur Ennio Morricone de lui écrire une musique originale alors que celui ci avait juré de ne plus faire de musique pour un western.

Conçu initialement comme la suite de Django Unchained, ce nouveau long métrage a finalement très vite changé de héros car il proposait vraiment un tout autre type de western. A la place de Django a été inventé le personnage du Major Marquis Warren, autre cowboy noir qui permettra encore au réalisateur de pointer du doigt le racisme de cette période post guerre de sécession. Comme à son habitude, il a découpé son long métrage en chapitres dévoilant en prenant tout son temps son intrigue passant du western classique au "whodunnit" à la Agatha Christie avec un suspense à couper au couteau.

Là où The Hateful Eight diffère grandement de Django Unchained, c'est dans le fait qu'il délaisse rapidement les grands espaces du Far West pour tourner au huis clos rappelant farouchement Reservoir Dogs, le premier film de Quentin Tarantino. Déjà à l'époque, le réalisateur avait pour influence le film d'horreur The Thing de John Carpenter pour ce premier film et c'est avec la même influence qu'il a eu l'idée de The Hateful Eight en pouvant cette fois ci y inclure le blizzard et le même acteur principal Kurt Russell. Avec son ambiance pesante soulignée par le thème d'Ennio Morricone et ses règlements de compte gores, Quentin Tarantino considère le film comme son premier film d'horreur.

Après avoir joué le cascadeur serial killer de Boulevard De La Mort, Kurt Russell retrouve Quentin Tarantino pour tenir le rôle principal du chasseur de prime John Ruth. Un cowboy bourru sur la défensive pour lequel l'acteur s'est inspiré en partie de son rôle de Snake Plissken dans New York 1997. Il est enchaîné à sa dernière prise Daisy Domergue joué par une Jennifer Jason Leigh a moitié folle et très drôle surtout lorsqu'elle s'en prend plein la figure. Le réalisateur offre à Samuel L. Jackson le rôle quasi aussi important du Major Marquis Warren où l'acteur peut utiliser le potentiel complet de sa coolitude éternelle et de sa gouaille Tarantinienne. La diligence est complétée par Walton Goggins, acteur moins connu mais qui gagne à le devenir dans le rôle du prétendu shérif de Red Rocks. On avait déjà pu le voir dans Django Unchained dans un petit rôle d'homme de main, il est cette fois ci un second rôle qui prendra du grade au fur et a mesure que le film s'écoule.

Comme si les ressemblances avec Reservoir Dogs n'étaient suffisamment pas évidentes, Quentin Tarantino a fait appel à Tim Roth et Michael Madsen pour incarner deux des intrigants résident de la Mercerie. Le premier se présente comme Oswaldo Mobrey, le bourreau de Red Rock, avec ses manières et son accent anglais, il fait penser à Christoph Waltz, absent de ce long métrage. Le second joue Joe Gage, cowboy pur souche et peu bavard. Déjà à l'affiche de Django Unchained, Bruce Dern incarne un vieux soldat confédéré qui n'appréciera pas l'arrivée du Major. Leur échange sera l'un des moments phare du long métrage. Enfin le dernier des Hateful est Demian Bichir, vu dans Machete Kills, qui incarne un mexicain plus que suspect.

Dire qu'on a failli jamais ne voir ce Hateful Eight après la fuite de son scénario sur Internet, cela aurait été franchement dommage. Fort heureusement, Quentin Tarantino est revenu sur sa décision et c'est avec une version retravaillée qu'il signe ici un nouveau western bien supérieur au précédent. Le réalisateur continue à se faire plaisir et à nous réjouir en même temps en incluant tout ce qu'on aime en lui dans ce nouveau long métrage. Des acteurs au top, des dialogues ciselés, une réalisation magnifique, de l'humour et des effusions de sang franchement gore, il n'en fallait pas plus pour signer un nouveau chef d'oeuvre.
fandecaoch

1 151 abonnés 2 232 critiques Suivre son activité

5,0
Publiée le 16 janvier 2016
Les Huit salopards : Un film de Tarantino nous donne toujours une excitation, même avant de l’avoir vu. On ne fait pu sa réputation, c’est un réalisateur à part qui nous fait plaisir à chaque fois qu'on va voire un de ses films, que ce soit pour les fans comme moi ou ceux qui tout simplement aime le cinéma, le vrai. Mais j’avais une petite appréhension car plus on avance vers son dernier film, plus on commence à connaitre ses tours de magie, surtout passé après le chef-d’œuvre qui est Django. Car oui, il revint pour un autre western et en plus un 8 clos donc pratiquement que des dialogues, et je vous annonce la couleur, le film dure un bon 2H45, va-t-il tenir la distance ou est ce l’ennuie totale ? Et c’est la encore le coup de maitre de Tarantino car ce film est magistrale et maitrisé du début jusqu'à la fin, il y en a pas trop peu ou pas assez, quoi que car c’est 2H45 passe vite car on ne voit pas le temps passé que on voudrait même continuer à suivent les personnages. Après, pour ceux qui avait peur d’un Django bis, ce n’est pas le cas, loin de la. On a affaire a un 8 clos, style théâtre avec beaucoup de dialogue, une sorte d’enquête à la Cluedo, ce fameux jeu que tout le monde connais. Et faire des films pièces de théâtre, c’est loin d’être chose facile pour tenir en haleine, de grand cinéaste on essaye comme Hitchcock ou d’autre, des fois ils arrivent, des fois pas. Mais Tarantino est le maitre des dialogues et des scènes qui ont rien avoir mais unique en son genre, des dialogues juste délicieux, donc ce genre et tout indiqué. Car oui, les dialogues sont extras, certains scènes sont directement cultes voir hilarantes avec un coté humour noir et film d'horreur qui passe bine. Puis il y a ce coté : qui et qui et fait quoi qui s’installe, un peu comme Réservoir Dogs du même réalisateur, car 1 gars veut aller livré a la corde raide 1 femme qui vaut de l'argent mais il va se retrouvé avec 6 autres gars dans un abri mais il y a quelque chose de louche... le suspense et la paranoïa s'installe. Et dans cette histoire, les personnages sont intéressants a suivent et le jeu d’acteur juste implacable. Faut dire que le casting est en or et les acteurs sont aux meilleurs d’eux, que ce soit : Samuel L. Jackson, Kurt Russell, Walton Goggins, Michael Madsen, ou encore Jennifer Jason Leigh qui ma bien surprit. Et la réalisation, mini métré, il sait même presque assagi car il y a pas de zoom… mais on reconnait sa maitrise, avec de superbe plans… d’ailleurs l’intro est de toute beauté, et son système de chapitre est toujours efficace, avec une amusante voix off a un moment. Après coté musique, c’est le grand Enrico Morricone, elles sont certes discrets et pas aussi extravagante que dans les autres Quentin mais elles accompagnent à merveilles les images. Donc voila, pour ceux qui aime Tarantino, vous aller adoré cette pépite d’or. MISE A JOUR : Revu en 70mm, le format tourné et voulu par Tarantino, c'est pas indispensable pour aimé le film mais le voir en ce format est une expérience et un véritable confort, le jeu d'ombre et surtout de lumière est éblouissant, ça ma même fait mal aux yeux au début avec le reflet du soleil sur la neige, c'est assez surprenant et jouissif la différence, et puis, le grain et le crépitement des images rend ce film old-school et unique, et ce montage avec ouverture, entracte plus 8 minutes en plus est appréciable, on se croirez a l’opéra... Non vraiment, si vous pouvez aller le voir, c'est génial, sinon c'est pas non plus très grâce mais c'est une très bonne expérience cinématographique. FIN DE LA MISE A JOUR.
Florian Malnoe
Florian Malnoe

142 abonnés 557 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 20 juillet 2016
Difficile de passer après le brillant "Django", surtout avec un film du même registre, mais Tarantino s'en sort encore une fois royalement. Avec tous les ingrédients propres au réalisateur (écriture incisive, montée en tension progressive, exploitation de la violence cartoonesque, références à gogo dans les plans) il nous l'a fait "Reservoir Dogs" version western avec donc un huis-clos bien tendu comme il faut, mais aussi dans un cadre beaucoup plus hostile et ambiancé (l'Amérique post-guerre de sécession avec un blizzard bien contraignant). "Reservoir Dogs" n'est pas mon film préféré de la filmographie du bonhomme mais "Les huit salopards" demeure quand même d'une belle efficacité dans sa maîtrise formelle, dans son plantage de décors, et dans sa direction d'acteurs qui s'en donnent ici tous à cœur joie (mention spéciale à Jennifer Jason Leigh, sans doute l'un des rôles les plus fêlés de l'univers Tarantinesque). Petite réserve sur le scénario qui ne m'a pas botté plus que ça, mais par contre niveau atmosphère et mise en scène, l'animal il sait faire. Un bon gros moment de cinéma encore une fois donc.
vincenzobino
vincenzobino

132 abonnés 390 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 7 janvier 2016
Huitième opus de Tarantino qui se laisse voir, même si tout n'est pas parfait.
Une tempête de neige, une route et au loin une diligence faisant route, le tout sur une musique de Morricone aux rythmiques crescendo, le premier plan annonce la couleur, nous n'allons pas avoir droit a un film d'action.
Prenez un chasseur de primes et sa "proie" qu'il compte ramener a son lieu de pendaison, un "major" a la peau noire (thématique importante du film), un shérif novice, un haut gradé de l'armée a la retraite et d'autres et vous obtenez un cocktail explosif.
Tout comme Inglorious Basterds, le film est découpé en chapitres: les deux premiers sont un parfait mélange entre Leone et Ford, voire Sturges; les suivants sont du pur Tarantino avec le splendide mélange "écriture-direction d'acteurs-plans longs" que l'on connaît au réalisateur. Niveau scénaristique le tout tient comme toujours la route "Tarantinienne" avec la surprise du chef a un moment donné et le casting y est pour beaucoup, palme a Kurt Russell, Jennifer Jason Leigh, Jackson et surtout Walton Goggins hilarant.
Toutefois, le film est a mon sens trop long : le retournement de situation ainsi que certains dialogues traînent un peu en longueur et je me suis demandé si le "spoiler" révélé a un moment donné durant le tournage n'avait pas amené une modification de l'issue du film, notamment la dernière séquence qui ne provoque absolument pas la rupture que l'on connaît au réalisateur.
Ceci étant, l'on passe un assez bon moment si l'on est amateur du style Tarantino sans toutefois atteindre les sommets d'autres opus (Inglorious Basterds ou Réservoir Dogs dans mon cas).
A recommander...
Marceau G.
Marceau G.

424 abonnés 365 critiques Suivre son activité

4,5
Publiée le 7 février 2016
Attendu avec une fervente impatience par les cinéphiles et les fans de QT, le huitième film de l'enfant terrible du cinéma américain, intitulé en clin d'œil à sa filmographie "The Hateful Eight", envoie du lourd et déconcerte. Prenant place dans les montagnes du Wyoming, l'action du film présente huit voyageurs réfugiés dans un relais pour échapper au blizzard qui sévit dehors. Coincés là pour plusieurs jours, les différents protagonistes se présentent et rencontrent assez vite des difficultés à s'entendre. L'action se déroulant quelques temps après la guerre de Sécession, des tensions raciales et politiques surviennent : les anciens de l'Union font face aux anciens de la Confédération (bien déterminés, eux, à éliminer le seul noir présent, le major Marquis Warren, ex-officier estimé reconverti en chasseur de primes). Le principal génie du film tient au déroutement du spectateur. Tarantino excelle à faire marcher le public, à le confondre, à l'appâter puis à le perdre (volontairement, bien sûr). Et c'est dans "Les 8 Salopards" qu'il en fait la plus belle démonstration. Filmant d'abord des paysages enneigés splendides avec une contemplation peu commune dans le cinéma de genre, puis faisant durer les discussions grâce à des dialogues toujours plus piquants et des punchlines teintés d'ironie, il se joue du spectateur en permanence, jongle avec ce qui caractérise son cinéma, avant de déchaîner la violence, comme il en a l'habitude. Il parvient à cette manigance à l'aide d'une mise en scène proprement éclatante, et d'un scénario fastueux à la construction imparable. Ces deux formes techniques distinctes sont mariées à la perfection par QT qui les utilise ensuite sous une seule et même forme de narration. Rares sont ces auteurs-réalisateurs qui réussissent un tel exploit ! La lenteur et l'extrême violence seront les principaux arguments négatifs des détracteurs du long-métrage. Le célèbre réalisateur a en effet décidé, une fois n'est pas coutume, de faire dans l'outrancier ; mais jamais de l'outrancier gratuit ou haineux, non, de l'outrancier provocant et comique, de l'outrancier ravissant ! Qu'il fasse (très longuement) parler ses personnages de spoiler: racisme, de mort, ou encore d'humiliation sexuelle,
ou bien qu'il fasse spoiler: vomir des geysers de sang à son personnage principal,
l'ami Quentin ne fait pas dans la demi-mesure ! Outrancier, ce film l'est également par sa méthode de réalisation et le format dans lequel il a été tourné : l'Ultra Panavision 70, un format de pellicule inutilisé depuis 1966 et le film "Khartoum". L'atmosphère du film a plusieurs facettes ; à la fois confortable et chaleureuse (le spectateur est au chaud, alors que dehors la tempête gronde), et à la fois traître et brutale (la confiance n'est effectivement pas à l'ordre du jour entre les différents personnages, et la violence se fait sentir constamment). La sensationnelle musique d'Ennio Morricone - qui signe sa première composition originale pour Tarantino - contribue à créer une atmosphère de suspicion et de claustration ; musique et atmosphère laissant immédiatement penser au monument "The Thing" de Carpenter, dont Tarantino s'est inspiré, dont Morricone avait également écrit la bande-son et où Kurt Russel tenait le rôle principal (oui, tout est lié). D'ailleurs, que serait ce "Hateful Eight" sans ses huit salopards ? Le casting "8 étoiles 1" est absolument parfait, entre acteurs fétiches de QT (Samuel L. Jackson, Kurt Russel, Michael Madsen, Tim Roth, Walton Goggins, Bruce Dern, Zoë Bell) et nouveaux venus (Jennifer Jason Leigh, Demian Bichir et Channing Tatum). Une œuvre pharamineuse, doublée d'un Western politique et métaphysique, et d'une série B intelligente.
anonyme
Un visiteur
4,0
Publiée le 19 janvier 2016
Un excellent huit-clos, sanglant, sauvage et, petite nouveauté dans l'univers du réalisateur, ouvertement politique. Un scénario grandiose et incisif, porté par une musique d'Enio Morricone. Près de trois heures de pur plaisir jouissif, dont seul Quentin a la recette. Certainement l'un des meilleurs films de Tarantino.
STEPH24.
STEPH24.

23 abonnés 15 critiques Suivre son activité

5,0
Publiée le 2 juin 2017
Un casting hétéroclite, une bande originale signé Ennio Morricone,un blizzard, un chalet et M.Tarantino à la réalisation font de ce film un cocktail explosif !
Commençons par la réalisation (en 70 mm s'il vous plait).Les plans du Wyoming sont grandioses et le climat est envoutant.
Mais ce paysage va vite changer, car une fois dans la diligence les voyageurs vont devoir se réfugier car le blizzard se rapproche. Et le film prend alors une autre dimension, la mercerie de Minnie (Minnie's Haberdashery) devient alors un no man's land, car de nombreuses tensions sont liées à l'après guerre de Sécession, spoiler: d'ailleurs la mercerie est divisée en deux parties, le nord d'un côté et le sud de l'autre avec une table à manger faisant office de territoire neutre.

Ces différentes tensions amènent alors certains protagonistes à faire des choix, sauf que le spectateur est berné, il est au centre de tous ces conflits, il est sans cesse désorienté et cherche à démêler le vrai du faux tel un Agatha Christie (les dix petits nègres).
Là où Tarantino est très fort c'est qu'il gère très bien le SET UP/PAY OFF spoiler: la scène où le Mexicain suspecte le personnage de Samuel L. Jackson de le traiter de menteur.

Ces clins d'oeils sont jouissifs pour les fans de Tarantino.

C'est donc un magnifique cluedo Westernien que nous propose cette oeuvre.
ConFucAmuS

650 abonnés 1 039 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 27 décembre 2019
Depuis quelques temps, Quentin Tarantino pense à arrêter sa carrière de réalisateur avec dix films. Comme de juste, il boucle avec son huitième film -The Hateful Eight- une œuvre qui évoque les 7 précédentes tout en lui offrant une densité inédite.
Pour la troisième fois, Tarantino remonte le temps et installe son récit juste après la guerre de sécession. Le chasseur de primes John Ruth fait route vers Red Rock pour faire pendre sa prisonnière, Daisy Domergue. Ils croisent sur la route la major Marquis Warren, ancien soldat de l'Union reconverti en chasseur de primes. Puis Chris Mannix, nouveau shérif de Red Rock. Surpris par le blizzard, ils sont bientôt obligés de trouver refuge dans une auberge au milieu des montagnes. Une fois rentrés, ils sont accueillis par 4 personnes: le tenancier Bob, le bourreau Oswaldo Mobray, le cow-boy Joe Gage et le général confédéré Sandy Smithers. À l'extérieur, la tempête bat son plein et rend la suite du voyage impossible. À l'intérieur, le doute s'immisce parmi les voyageurs: et si un traitre se trouvait parmi eux? La nuit promet d'être longue et sanglante...
Au premier abord, il semble évident que Quentin Tarantino revient au western, l'époque et les personnages s'y prêtant naturellement. Mais de près, The Hateful Eight va beaucoup plus loin que ça. Le metteur en scène emprunte une voie inattendue tout en croisant celles qu'il a déjà parcouru.
- La quasi-unité de lieu rappelle Reservoir Dogs
- Le découpage en chapitre évoque Pulp Fiction ou Kill Bill (la structure non-linéaire en moins)
- L'auberge fait évidemment penser à Inglorious Basterds
- Le contexte est proche de Django Unchained.

Sur le papier, toutes ses similitudes passeraient pour du rabâchage et affaibliraient le film. Mais avec l'audace de Tarantino, elles deviennent des forces qui amplifient sa réussite. Car même si certains motifs récurrents apparaissent (la violence ou la vengeance), ils servent une intrigue beaucoup plus profonde et imprévisible.
L'ambiance de western se mélange habilement avec celle du thriller et enfin de l'horreur.
L'ombre de The Thing de John Carpenter plane sur une bonne partie du film et on n'est pas étonné d'entendre deux morceaux tirés de sa bande originale. C'est d'ailleurs le même Ennio Morricone qui signe l'excellente musique de The Hateful Eight.
Tarantino ne gâche pas une seule minute sur les 3 heures que dure son nouveau long. Patient mais rigoureux, il distille exposition, tension et rebondissements avec une précision remarquable. Le cinéaste n'a également rien perdu de sa verve en ce qui concerne les monologues/dialogues. Et pour s'assurer de leur efficacité, il s'est entouré d'un authentique "Tarantino All-Star". Le trop rare Kurt Russell (présent dans Deathproof) irradie de charisme bestial en John Ruth. Déjà là dans Pulp Fiction, Jackie Brown, Kill Bill Vol 2 et Django Unchained, Samuel L.Jackson trouve l'un de ses plus beaux rôles en Major Warren. Après Reservoir Dogs et Kill Bill Vol.2, Michael Madsen renoue avec Tarantino et compose un réjouissant Joe Gage. Également acteur dans Reservoir Dogs ou Pulp Fiction, Tim Roth est un vrai délice en Oswaldo Mobray. Puis Walter Goggins (déjà crédité dans Django Unchained) trouve enfin un rôle à la mesure de son talent avec Chris Mannix. Et Bruce Dern -revenu de Django... aussi- excelle dans le manteau du général Smithers. Les nouvelles têtes ne sont cependant pas en reste. Jennifer Jason Leigh n'est peut être plus une révélation, mais on la redécouvre en Daisy Domergue et ça fait plaisir. Quentin Tarantino signe peut être là son film le plus abouti.
À n'en point douter son opus le plus sombre et pertinent. Car derrière le mélange des genres se cache une réflexion sur une Amérique et son rapport à la violence. Une violence qui n'est plus un effet de style mais une traduction brutale des rapports qu'entretiennent les individus et leur propension à l'utiliser pour régler les problèmes entre eux. Si The Hateful Eight semble clore un cycle dans la filmographie de son auteur, on ne peut que trépigner d'impatience à l'idée de voir où ces deux prochains (et derniers?) films l'emmèneront.
JimBo Lebowski

447 abonnés 1 080 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 6 janvier 2016
Un Tarantino au cinéma reste toujours pour moi un petit événement, depuis Kill Bill vol.1 il y a 13 ans je ne loupe aucune œuvre de ce cher Quentin en salles, et à l’exception de Death Proof je n’ai jamais été déçu en refermant les portes battantes derrière moi, ses deux derniers m’avaient fait forte impression avec toujours ce petit sentiment de jouissance qui me font aimer le cinoche en me donnant envie d’y retourner illico presto pour en reprendre une tranche, j’attendais évidement de retrouver cette sensation rare avec The Hateful Eight.

À vrai dire je n’avais pas forcément d’aprioris positifs ou négatifs, bien que je sois fan du réalisateur, on ne reste jamais à l’abri d’une mauvaise surprise, je ne voulais pas trop me hyper, juste simplement prendre mon pied et que Tarantino m’emporte du début à la fin durant ces trois heures de huis clos annoncé (un peu effrayantes sur le papier ... ou pas). Déjà lors de l’intro on sent que le film annonce une nouvelle couleur, là où ses anciens longs métrages étaient percutants d’entrée QT choisit de réellement placer une atmosphère avec de grands panoramiques de paysages enneigés, le souffle du blizzard, la musique soupçonnant une certaine viscéralité taciturne, puis l’instauration des premiers personnages. Toujours ce chapitrage venant découper son histoire avertissant ses spectateurs de ce qui nous est réservé, procédé mettant en appétit, les dialogues fusent déjà entre Samuel L. Jackson et Kurt Russell, j’ai été cueilli et conquis de prime abord par leurs tempéraments et leurs personnalités.

Ensuite je dois dire qu’après l’apparition du personnage de Chris Mannix (Walton Goggins) le rythme en prend un sacré coup, je trouve que les deux premiers chapitres dans la diligence trainent un peu trop en longueur pour, il faut le dire, pas grand chose, et même si c’est le style QT qu’on connait et qu’on aime ici il est limite poussé à l’extrême quitte à ressentir une lassitude assez dérangeante. J’avoue que j'ai commencé à m’inquiéter, me disant que si le film continuait dans cette volonté de laisser les anecdotes partir à froid dans tous les sens pour nous perdre n’allait pas forcément tenir la route sur les 3/4 restants, je priais pour ne pas regarder ma montre, ma hantise, ça aurait d’ailleurs été une première devant un Tarantino. Arrivé dans la fameuse mercerie de Minnie où les protagonistes veulent se protéger de la tempête l’intérêt revient pour nous faire découvrir les lieux où nous allons passer le reste du film. À la bonne heure.

C’est une fois où le personnage du commandant Warren (Samuel L. Jackson) passe la porte (le running gag des planches cloutées est amusante) que pour moi The Hateful Eight commence vraiment, les préliminaires semblent enfin terminés pour nous placer dans une ambiance des plus suspicieuse et intrigante, le doute s’installe, l’air frigorifique est à couper au couteau, les dialogues deviennent plus fluides et saisissants, le film est parti et le sourire pointe sur mon visage. Les face à face sont tendus, notamment celui entre Warren et le général sudiste (Bruce Dern), nous délectant d’une chronique incroyablement scotchante et drôle, le premier coup de feu retenti et on sait que plus rien ne sera désormais pareil, le train s'emballe et la partition de Ennio Morricone joue un rôle subtilement magistral pour constamment nous laisser sur le qui-vive. Comme à l’extérieur de la mercerie la tempête fait rage dans le esprits du groupe, quelqu’un cache son jeu, un complot se trame autour de capture de John Ruth (Kurt Russell) : Daisy Domergue (Jennifer Jason Leigh), rappelant bien sûr le monstre à débusquer de The Thing de John Carpenter.

L’astuce du flashback-rewind avec voix-off ajoute (enfin) une vraie touche de fun purement tarantinesque, le rythme s’accélère avec une nouvelle mini intrigue semblant être la clé de toute cette machination, les fils se délient, les masques tombent et le sang coule ... enfin gicle ! Là aussi j’ai trouvé que l’hémoglobine à outrance n’était pas forcément nécessaire, ça reste "gagesque" mais ça dessert quelque peu le ton instauré, dans le sens où à ce moment précis la situation n’est pas forcément sujette à l’humour. Le lot de surprises lui est excellemment apporté pour nous délivrer deux derniers chapitres absolument géniaux, rien n’est téléphoné, le puzzle s’imbrique dans un style très Pulp Fiction, d’ailleurs les références et rappels à sa filmo sont présents, le projet est cohérent dans une démarche qui reste à louer à la créativité de Tarantino, continuant de jouer avec le cinéma en gardant un aspect ludique pour le spectateur, il se fait plaisir et nous aussi.

En terme de mise en scène QT fait encore une véritable démonstration, la gestion de l’espace entre les plans en extérieurs et le cloisonnement entre quatre planches fait que nous sommes au plus près de l’action, les acteurs ont chacun une carte à poser sur la table pour construire une pyramide qui ne demande qu’à être détruite à coups de flingues et c’est fortement plaisant. Samuel L. Jackson se pose comme la figure de proue du récit, comme d’habitude exceptionnel chez son mentor, personne ne passe au travers, de Kurt Russell à Tim Roth en passant par Michael Madsen et Channing Tatum, je donnerais peut être une mention spéciale pour Walton Goggins qui trouve ici un rôle plus important que dans Django Unchained, brillant. La réalisation quand à elle sait trouver plusieurs points d’ancrage, passant d’une caméra posée à quelques slow motions plus ou moins efficaces, sans compter que le fond de tout ce jeu de pistes garde une conclusion riche de sens historiquement parlant, ultime petit tour de force.

En définitive je vois ce film comme une sorte de manège, où le wagon monte lentement pendant près d’une heure jusqu’au point culminant pour nous emporter dans une folie furieuse des plus jouissives, Quentin Tarantino propose un rythme de croisière déjantée qu’il faut savoir accepter, je reste un poil mitigé personnellement mais une fois la machine en route il est difficile d’y résister. Ce huitième film reste très réussi, une excellent moment de cinéma comme seul l’enfant du Tennessee sait offrir, avec une touche de maturité avouée qui se veut fédératrice, reste au public de répondre à cet appel.
elbandito

390 abonnés 992 critiques Suivre son activité

3,0
Publiée le 14 janvier 2016
Comme à son habitude, Quentin Tarantino opte pour des personnages truculents, de vraies gueules du Far-West, lesquelles échangent avec ironie des dialogues ciselés interminables, qui finiront en boucherie, façon "Reservoir Dogs"… Il situe son western au lendemain de la Guerre de Sécession et s’implique politiquement en faisant ressurgir les fantômes d’un passé encore frais. Ce huis-clos aux débats exaltants et parfois anachroniques, mais aussi vulgaires, mène inexorablement à un règlement de compte final ultra-sanglant, presque grand-guignolesque. Ce huitième film du génie qui a remis au goût du jour la série B tient ses promesses en nous gratifiant d’une réflexion historique intelligente, et d’un hommage revendiqué par de nombreux clins d’œil à un film idolâtré par Q.T., "The Thing", de John Carpenter, mais certaines scènes s’étirent trop dans la longueur, finissant par être lassantes même si non dénuées d’intérêt cinéphile.
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