Tarantino n'avait jamais caché son amour pour les westerns. Ce n'est pourtant qu'en 2013, pour son septième film, qu'il en sort enfin un : « Django Unchained ». Le film est une réussite évidente. C'est donc avec joie que l'on apprend quelques temps plus tard que son huitième long-métrage sera lui aussi un western. Un long-métrage qui a bien failli ne jamais voir le jour (fuite du scénario, abandon de Tarantino, puis retour) mais tout s'arrangea, pour le plus grand plaisir des fans du cinéaste. « The Hateful Eight » est un huis-clôt dans lequel 8 hommes sont bloqués dans un refuge en attendant que le blizzard passe. On ne peut s'empêcher de penser bien sûr au tout premier film de Tarantino, « Reservoir Dogs », qui est également un huis-clôt regroupant des hommes dangereux. On peut d'ailleurs trouver plusieurs communs entre ces deux œuvres. En effet, pour chacun, ce sont avant tout les dialogues qui priment sur le reste. De plus, pour chacun, le sang coule à flot. Rien qu'avec ces deux critères, on pourrait presque définir un film "Tarantiniesque". Dans un sens, on pourrait lui reprocher de se répéter au fil de sa carrière. D'un autre côté, ses films sont tellement bons et maîtrisés qu'on en redemande à chaque fois. En effet, le film a beau être rempli de dialogues du début à la fin, ce n'est à aucun moment ennuyeux. Les différentes répliques et monologues sont tous plus savoureux les uns que les autres. La qualité de l'écriture ne s'arrête pas là. Le scénario, lui aussi, réserve des surprises. Avec en bonus de nombreuses touches d'humour, notamment dans les moments les plus violents. C'est d'ailleurs dans ce genre de scènes que le réalisateur de « Pulp Fiction » s'éclate le plus visiblement. Il donne ainsi à son film un ton parfois décalé, sans jamais que cela ne vienne ternir les moments plus sérieux du récit. Un mélange savamment dosé auquel Ennio Morrcone vient ajouter sa touche personnelle. Sa bande originale est complètement au service du film (pas étonnant vu l'expérience du monsieur concernant les musiques de westerns) mais elle se répète un peu trop. On a légèrement l'impression que c'est toujours le même thème qui ressort à chaque fois. Et à propos de la musique, on constatera qu'il y en a assez peu pour un film de Tarantino. Le cinéaste américain ne s'est donc pas trompé en revenant une seconde fois aux westerns. C'est une nouvelle réussite, porté encore une fois par des acteurs excellents. Samuel L. Jackson n'en finit plus de rayonner de charisme. Jennifer Jason Leigh est probablement la surprise du film, se révélant surtout dans la dernière partie du film. Walton Goggins est également remarquable dans sa façon très expressive de jouer son personnage (assez ambigu). Finalement, à part le début du film qui est un peu lent et long à tout mettre en place, c'est du grand Tarantino.