Mia Madre
Note moyenne
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anonyme
Un visiteur
3,5
Publiée le 27 décembre 2015
Film subtil et pudique (trop peut-être ?), drôle parfois.
Personnage principal très intéressant par son ambivalence et sa complexité : d'un côté, réalisatrice en quête de réalisme social dans son film; de l'autre femme meurtrie, démunie, allant parfois jusqu'à fuir la réalité de sa propre vie.
Theo
Theo

35 abonnés 1 074 critiques Suivre son activité

3,5
Publiée le 13 août 2025
Il est des films qui ne cherchent pas à conquérir, mais à hanter doucement. Mia madre n’est pas un cri — c’est un souffle. Un souffle inégal, parfois incertain, souvent touchant, qui s’égare autant qu’il éclaire. On ne quitte pas la salle bouleversé, mais plutôt intrigué, ému à retardement, comme si le film demandait à mûrir en nous. Il n'est ni un sommet, ni un faux pas. Il est à la frontière, ce mince territoire où l’authenticité et l’imperfection s’étreignent sans se résoudre.

Moretti, qui connaît bien la carte du sensible, livre ici un récit éminemment personnel, mais sans jamais céder à l’intime exhibition. spoiler: La douleur du deuil imminent, la tension entre vie publique et drame privé, l’usure de la responsabilité familiale :
tout cela est traité avec un recul pudique, presque désarmant. Et pourtant, cette pudeur est aussi ce qui retient le film d’atteindre une gravité plus universelle, plus transversale.

Margherita Buy, absolument remarquable, tient le film sur ses épaules avec une justesse constante. Son visage fatigué, inquiet, tendu, parle davantage que les mots. Elle donne corps à cette femme débordée, submergée non par les événements, mais par le poids invisible de ce qu’elle ne parvient pas à résoudre. Chaque silence, chaque hésitation, chaque regard manqué devient une scène en soi.

Face à elle, John Turturro joue un tout autre registre. Exubérant, chaotique, parfois franchement grotesque, il incarne un contrepoint comique dérangeant. Sa présence dérègle le ton du film — volontairement. Cela produit parfois de beaux effets de contraste, mais aussi quelques ruptures qui semblent plus mécaniques que maîtrisées. L’acteur amuse, mais déséquilibre aussi l’ensemble. C’est une audace, certes, mais une audace qui ne produit pas toujours l’harmonie recherchée.

Nanni Moretti, discret dans son propre film, spoiler: joue ici un rôle secondaire — celui du frère calme, présent, presque stoïque.
Il incarne le contre-modèle rassurant, mais aussi un certain vide, comme si son personnage était moins écrit que posé là, pour équilibrer la composition. Et dans un sens, cela dit quelque chose de plus profond : face à la douleur, certains fuient, d’autres s’agitent, d’autres se taisent. Le film les regarde tous sans jugement, avec une empathie silencieuse.

Mia madre n’a ni ligne droite, ni sommet. spoiler: Sa structure épouse celle du moment qu’il décrit : la lente et inexorable disparition d’un être cher.
C’est un film de digressions, de flashs mémoriels, de dialogues avortés, de rêves suspendus. Certains verront dans cette fluidité un magnifique miroir du réel. D'autres ressentiront un léger flottement, un manque de densité, une émotion parfois effleurée plutôt qu’embrassée.

Il y a de vraies fulgurances spoiler: — un cauchemar, une scène d’hôpital, un mot murmuré.
Mais ces éclats sont parfois séparés par des séquences plus convenues, voire redondantes. L’alternance entre spoiler: le tournage du film engagé (dans le film) et les allers-retours à l’hôpital
fonctionne en théorie, mais finit par s’essouffler dans la mise en parallèle. On perçoit l’intention, mais elle manque par instants de la force ou de la surprise qui l’aurait rendue plus puissante.

Mia madre est de ces œuvres qui se refusent aux grandes démonstrations. Il y a du courage dans ce choix. Le film ne cherche ni à expliquer, ni à consoler, ni à faire pleurer. Il choisit une voie intermédiaire, bancale mais honnête, entre la chronique familiale et la réflexion sur l’art, entre le personnel et le politique. Il vise l’émotion discrète, le frisson intérieur, la reconnaissance intime.

Mais ce choix, admirable dans son humilité, produit aussi ses limites : il manque parfois ce grain de folie, cette scène inoubliable, cette secousse qui aurait imprimé Mia madre dans notre mémoire avec la clarté des grandes œuvres. Le film reste en demi-teinte — élégante, noble, mais incomplète. Il touche, il frôle, il suggère, sans tout à fait marquer au fer.

Il serait injuste de ne pas reconnaître la sincérité profonde de Mia madre. C’est un film personnel sans être narcissique, grave sans être pesant, mélancolique sans être désespéré. Il est habité par de très beaux moments, mais aussi par des choix qui divisent, des rythmes qui hésitent, des lignes qui tremblent.

Ce n’est pas un film qui s’impose. C’est un film qui interroge, qui reste à la lisière, qui se regarde comme on lit un journal intime à demi ouvert. Et cette position, si délicate, si risquée, n’est ni une victoire ni un échec.

C’est un film qui s’épanouit dans l’entre-deux. Une œuvre en clair-obscur, honnête, parfois brillante, parfois maladroite — et profondément humaine.
anonyme
Un visiteur
4,5
Publiée le 20 janvier 2016
Au vu des critiques élogieuses, on attend beaucoup de "Mia Madre". Et l'on n'est pas déçu, pour peu que l'on ne craigne ni la lenteur, ni la subtilité et la sobriété des émotions. Moretti est, en cela, un peu un "anti-Maïwenn" et c'est bien cet art de mettre en sourdine les émotions qui les rend plus fortes. Il faut connaître un peu du contexte de l'oeuvre pour l'apprécier pleinement : Moretti filme une réalisatrice dont la mère, malade, est en train de mourir, soit exactement la situation qu'il a lui-même vécu au moment du tournage de "Habemus papam". Moretti transpose cette partie de sa vie à l'écran à travers un beau personnage féminin, et choisit de s'effacer dans un second rôle. Le résultat est incroyablement touchant. La première apparition de Moretti à l'écran est chargée d'une force et d'une intensité qui est tout sauf forcée. Le portrait de la réalisatrice est beau, sonne juste et peut sans doute parler à chacun. John Turturro est formidable dans un personnage d'acteur narcissique et loser. Et puis, au-delà de l'émotion, il faut le dire : "Mia madre" est aussi un film où l'on rit. Dans quelques scènes seulement, mais à coeur joie. En somme, Moretti n'en finit pas de nous conquérir.
Anne M.
Anne M.

85 abonnés 658 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 7 décembre 2015
Tranche de vie d’une réalisatrice de cinéma : le tournage d’un film, les relations avec l’acteur principal, sa vie personnelle, sa vie de famille avec sa fille, son ex-mari , et surtout l’accompagnement de la fin de vie de sa mère, aidée par son frère.

Le film alterne avec beaucoup d’équilibre ces différents aspects, en incluant des flash-back et des séquences oniriques. Equilibre encore, entre comédie et drame.

Malgré la tristesse qui se dégage de la fin de vie de la mère de Magherita , le film laisse un sentiment d’apaisement et non d’angoisse.

Equilibre et apaisement, deux termes pour décrire ce film.
L'Info Tout Court

464 abonnés 1 025 critiques Suivre son activité

3,5
Publiée le 23 janvier 2016
Nanni Moretti continue son voyage autobiographique avec Mia Madre, dans un style toujours comico-tragique. La solitude et la fratrie sont abordées dans un élan convaincant quoique peu passionné. Réalité et rêve se mélangent dans un récit finement construit. Rien d'innovant mais à voir pour la mécanique comique franchement amusante. Pour en savoir plus, lisez notre critique complète sur :
MemoryCard64
MemoryCard64

57 abonnés 375 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 8 décembre 2015
Mia Madre m'attirait, sans que j'arrive à l'expliquer. Peut-être est-ce à cause de Nanni Moretti, qui a l'air de faire des films sacrément intéressants, ou bien du sujet, la maladie d'un proche, un thème qui finalement concerne tout le monde. Je ne sais pas vraiment, mais ce qui compte c'est que ce long-métrage est un vrai moment de plaisir. Au début, j'étais quand même un peu sceptique, pour deux raisons. La première, c'est que le film pose trop tôt des scènes rêvées ou imaginées, avant que la situation de départ et les personnages soient bien établit. Elles auraient eu plus d'impact si elles avaient été amenées plus tard, après un rapide tour de la personnalité de Margherita et de son quotidien. La deuxième raison, c'est que Moretti découpe son film en une multitude de petites scènes, et j'avais peur qu'il passe à côté de ce qu'il veut montrer. J'avais tort. Ces petites tranches de vie, ces moments intimes, n'ont pas besoin d'exister plus longtemps pour être beaux. Et on peut se retrouver en eux : la petite discussion sur l'utilité des langues mortes, j'ai ri tellement je l'ai entendue des milliers de fois (latiniste rpz). La représentation de la maladie et de tout ce qu'elle implique est dans la même veine. C'est dur, parfois triste, parfois drôle, mais c'est toujours montré avec énormément de pudeur. Le cinéaste fait plus passer l'émotion la mise en scène que part le dialogue. Je me rappelle de Giovanni et Margherita qui marchent silencieusement dans un couloir après avoir eu le diagnostique du médecin, et il y a aussi le moment où les deux mêmes personnages contemplent leur mère, enfermés dans le cadre d'une fenêtre. C'est parfaitement maîtrisé. De plus, Moretti montre l'évolution des relations entre les personnages, comment la situation devient de plus en plus difficile à supporter, comment le dialogue s'efface peu à peu, etc. Pourtant, le réalisateur nous dit clairement qu'avant d'être mort, on est bien vivant. Par ailleurs, j'ai aimé voir Margherita se plonger dans son travail de réalisatrice pour se vider la tête, et se retrouver à accumuler les problèmes entre la famille et le tournage, sans compter l'acteur américain très difficile à gérer. On comprend que tout cela bourdonne dans sa tête et cela atteint son apogée, selon moi, dans la scène où il y a de l'eau dans l'appartement. A ce moment là, cette femme fait preuve d'un énervement contenu et d'une lassitude d'une justesse incroyable. Je pense qu'on peut se reconnaître dans ce personnage à la fois touchant et fort. Nanni Moretti a tapé dans le mille. Il livre une histoire chargée d'émotion qui reste très simple. Il faudra que je pense à voir le reste de sa filmographie un de ces jours.
Blog Be French
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48 abonnés 263 critiques Suivre son activité

3,5
Publiée le 31 mai 2015
14 ans après sa Palme d'Or pour La Chambre du Fils, Nanni Moretti était un des réalisateurs les plus attendus sur la Croisette. Dans ce film ultra-personnel lié au décès récent de sa mère, le cinéaste italien choisit de donner le rôle principal à une femme, apportant ainsi la douceur et la justesse nécessaire pour ne pas tomber dans l'exutoire. Margherita Buy est d'ailleurs très juste et sa sensibilité aurait mérité d'être récompensée par un petit prix d'interprétation lors de ce 68ème palmarès ! L'autre point fort de ce film réside dans l'interprétation de John Turturro qui jongle entre le drame et le rire de manière assez remarquable. Toujours classe et bien dirigé, l'acteur américain revient sur le devant de la scène en s'amusant des difficultés rencontrées lorsqu'un acteur américain joue dans un film étranger… Mais au-delà de l'hommage dédié à sa mère, le plus intéressant dans Mia Madre réside dans la déclaration d'amour que fait Moretti au cinéma. Plein d'auto-dérision, le film offre une vision du cinéma réfléchie, fraîche et poétique comme l'ont su faire certains autres cinéastes italiens par le passé.
Toutefois si Moretti filme avec beaucoup de charme, Mia Madre ne transcende pas son sujet pour autant ! La réalisation minimaliste, qui apporte une certaine grâce au film, tend parfois vers le trop simple pour faire de ce long-métrage quelque chose de marquant. Le cinéaste tombe aussi un petit peu dans la facilité en clôturant son film par un trop plein d'émotions.

Même si Mia Madre ne changera pas l'histoire du cinéma, Nanni Moretti signe ici un beau film, drôle et émouvant, qui aurait mérité de repartir de Cannes avec bien plus que le Prix du Jury Oecuménique.

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anonyme
Un visiteur
3,5
Publiée le 24 janvier 2016
Un bon film...émouvant...avec une touche d'humour qui fait du bien...malgré tout ne pas aller voir ce film pour se remonter le moral
anonyme
Un visiteur
4,5
Publiée le 7 décembre 2015
Un grand film, du cinéma comme on en voit peu, traitant d'un sujet universel : l'amour consacré à l'image de la mère, les regrets, les conséquences de notre comportement en société comme en famille. Chaque acteur tient son rôle à merveille : Nanni Moretti se met en scène au travers de Margherita, terriblement troublante et humaine dans son isolement. John Turturro apporte de grandes bouffées de respiration humoristiques et humaines très bienvenues, et Julia Lazzarini nous offre une mère innoncente, à la fois joviale et drôle, perdue dans le temps et l'espace... on peut deviner que le metteur en scène a vécu cette histoire dans une oeuvre très personnelle, à la fois drôle et émouvante sans tomber dans le mélodrame à aucun instant. Un petit chef d'oeuvre pouvant réellement changer la vision des choses, en outre, mon film préféré de cette année.
Sally Ecran et toile
Sally Ecran et toile

71 abonnés 304 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 14 décembre 2015
Dans la même veine que son magnifique film « La chambre du fils », Nanni Moretti traite une fois de plus de la thématique d'un bouleversement familial. Prenante bien que lente, l’intrigue nous fait évoluer aux côtés des personnages avec un réalisme évident. On s’attache, on vit avec eux durant moins de deux heures et puis on souffre en silence…

A l’origine du scénario, la maladie d’une mère. Nanni Moretti a centré son histoire sur la difficulté de maintenir un tournage et une vie de famille quand notre repère maternel oscille. Présenté dans le cadre du Festival de Cannes 2015, il a reçu le prix du jury œcuménique mais pas seulement… Salués par la critique italienne, les acteurs du film ont été largement récompensés lors de différents festivals. Parmi eux Margherita Buy qui est excellente dans son rôle de réalisatrice engagée ! Habituée à tourner dans les films de Moretti (« Le caïman », « Habemus Papam »), la comédienne, peu connue chez nous est pourtant une véritable vedette en Italie. Très belle, investie et persuasive, elle nous entraîne dans sa vie en un tour de cuillère à pot. Grâce à la caméra flatteuse de Nanni, elle crève l’écran et porte le film avec énormément de talent. A tel point que grâce à « Mia Madre », elle a reçu son 7ème David Di Donatello (l’équivalent des Césars en Italie) comme meilleure actrice principale.

Giulia Lazzarini n’est pas en reste ! Formidable dans le second rôle de la mère (pour lequel elle a reçu deux prix de « meilleure actrice dans un second rôle » et un « ruban d’argent spécial » au Festival du film de Taormine), elle a toutes les qualités pour interpréter le rôle difficile d’une vieille dame malade. A 81 ans, l’actrice est enfin mise en lumière et offre ici une prestation touchante !

John Turturro, lui, est l'acteur américain vedette du film tourné par Margherita. Exigeant, un peu lourdingue et peu efficient lors des captations du film. Tout à fait raccord avec son personnage, le comédien se fond dans l’histoire avec beaucoup de crédibilité. Le choix s’est spontanément porté sur lui car il parlait déjà un peu l'italien (il avait réalisé un documentaire musical en Italie) et avait toutes les caractéristiques de Barry Huggins, son personnage. Réalisateur d’ « Apprenti Gigolo » dans lequel il joue, il est surtout connu pour son rôle de l’agent Simmons dans les trois volets de la saga « Transformers »

Autre personnalité américaine : Beatrice Mancini, inconnue au bataillon, campe le rôle de la fille de Margherita. Plus effacée dans le film, elle porte ses émotions avec beaucoup de sincérité et apportera sa petite touche juvénile au casting mis en place.

Enfin, Giovanni (le vrai prénom de Nanni Moretti dans la vie) est le frère de Margherita. Interprété par le réalisateur lui-même, il sera le soutien, l’épaule discrète, le fils plus réservé à la vie plus équilibrée que sa soeur. Chose étonnante, si le film présente, en substance, quelques moments clés de sa vie privée, il a opté cette fois pour un second rôle, laissant le rôle phare à la talentueuse Margherita Buy.

Que penser de « Mia Madre » ? C’est un drame très bien réalisé, un film d’auteur bien équilibré, au casting de choix sur fond de thème réflexif. Emouvant, il traite d’un sujet sensible avec beaucoup de pudeur. Comment affronter la maladie de sa mère? Comme affronter un quotidien et garder la tête hors de l’eau alors que tout semble partir à vau-l’eau ? Entre sourire et larme, le dernier film de Moretti est assurément un de ses meilleurs films.
Dead-for-Someone
Dead-for-Someone

49 abonnés 694 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 27 février 2017
Un film très touchant, on passe des rires aux larmes sans niaiseries ni facilités, avec comme sujets la difficulté d'être artiste et l'attente inévitable du départ d'un être aimé.
Margherita est une réalisatrice en tournage sur un film à caractère social. Un célèbre acteur américain, Barry Huggins, doit bien bientôt rejoindre le projet. En plus de son métier fatiguant, elle doit s'occuper de sa mère qui est hospitalisée...
La réalisation est très belle: les prises de vues sont simples mais superbes, le cadrage très bon, une mise en scène efficace et les mouvements très fluides.
Le scénario est habile: on navigue entre les scènes de façon ingénieuse, il y a des rires mais aussi des moments très touchants. On regrettera peut-être quelques longueurs mais qui n'altèrent pas le film. L'histoire est un bel hommage au cinéma, avec ses bons et mauvais moments, et à nos parents.
Les acteurs sont très bons, notamment John Turturro, hilarant et insupportable. Les personnages sont très attachants, vraiment très bien écrits. Les dialogues sont bons.
La photographie est soignée, avec une lumière bien travaillée et des couleurs soignées.
Le montage est fluide et très intelligent.
Les décors de Paola Bizzarri sont bien travaillés, les costumes réalistes et la musique est plaisante.
"Mia Madre" est un très beau film a voir.
Lartimour
Lartimour

11 abonnés 83 critiques Suivre son activité

3,0
Publiée le 10 novembre 2015
Mia Madre parle des difficultés d'une femme, en train de réaliser un film, confrontée à la douleur de la fin de vie de sa mère. La tristesse du personnage principal progresse par petites touches, avec beaucoup de sensibilité. Il y a aussi une note comique avec le personnage de Barry, acteur ayant lui-même des difficultés.
Mais la construction du film est vraiment difficile d'accès, mélangeant fréquemment les scènes réelles, les scènes de rêves et les flashback, sans distinction de style.
Bernard D.
Bernard D.

129 abonnés 613 critiques Suivre son activité

5,0
Publiée le 7 décembre 2015
Malgré un démarrage un peu lent à mon gout, le film est excellent et d'une extraordinaire sensibilité. Le fait de passer par la vision de la cinéaste - en fait celle de Nanni Moretti - apporte un plus quant à l'approche de ce thème bien difficile qu'est la mort de ses parents, et donne une dimension plus générale de la vie de cette femme quant à la relation avec sa famille, sa fille, son métier. Du très grand cinéma avec comme souvent avec Moretti des moments de sourire voire de rire. Bref un chef d'oeuvre.
Extremagic
Extremagic

80 abonnés 484 critiques Suivre son activité

3,5
Publiée le 13 octobre 2015
Bien que j'adore le cinéma italien et que j'ai beaucoup aimé son Habemus Papam, je dois dire que je ne suis pas un grand fan de Moretti, ce film vient le confirmer. C'est dommage, parce que je sens bien qu'il est très bon, mais au fond ça ne touche pas autant que ça le pourrait. Alors je ne le connais pas très bien et à ce que j'ai compris il y a des périodes très marquées dans sa filmographie et depuis les années de 2000 il fait un cinéma beaucoup plus simple. Cette forme d'intimisme aurait pu être chouette, avec ces comédie douce-amères typiquement italiennes, mais je ne sais pas, c'est pas que ce n'est pas bon, c'est très bien mais je n'arrive pas vraiment à rentrer dedans, ce qui est étrange c'est que ce n'est pas sans m'émouvoir, genre cette fin est magnifique et il y a plein de scènes sublimes dans le film comme la référence aux Ailes du désir, quand le type de l'électricité vient lui demander une facture, lorsque la maison est inondée, enfin bref, j'en passe tout ça c'est de l'ordre du sublime, mais au fond sans que je sache l'expliqué ça ne marche pas vraiment avec moi. Je suis peut-être tout simplement loin de la sensibilité de ce mec mais j'ai quand même envie de voir le reste de sa filmographie, je dirais que pour ce film le seul vrai gros bémol est que (et là-dessus ça m'a fait pensé à Blue Jasmine) le personnage est pas vraiment attachant, tout comme celui de Turturro sensé alléger l'atmosphère mais que je trouve plus insupportable que drôle à part dans quelques scènes, sinon le discours sur l'oppression des travailleurs est assez léger et je ne sais pas vraiment ce que Miretti en pense puisqu'il critique le déjà-vu à ce propos, mais à bien des égards le film est ambigüe et le discours paradoxal. Bref, un très bon film que je recommande tout de même, malgré le fait que je n'ai pas été transporté comme je l'aurais désiré.
montecristo59
montecristo59

40 abonnés 288 critiques Suivre son activité

3,5
Publiée le 23 janvier 2016
Un film d'homme qui parle des femmes avec une sensibilité digne d'elles, c'est à voir. Dans cette mise en abîme qui filme une femme filmant la vie (l'héroïne est réalisatrice et elle fait un film racontant la lutte syndicale dans une usine qui change de propriétaire) malgré la vie qui lui assène ses épreuves (en vrac : une séparation, un acteur décevant difficile à gérer, un dégât des eaux, une mère qui se meurt et une fille en pleine crise d'adolescence...), Moretti aborde le thème de la transmission avec finesse. Il se donne le rôle d'un homme tampon qui tempère l'ardeur de sa soeur débordée peinant à faire face, frère patient et fils dévoué, discret et efficace avec sa mère autant qu'avec sa soeur. La figure de la mère qui s'en va tient toute sa place, dans cette tranche de vie adroitement coupée sans brutalité par quelques rêves ou sauts dans le temps, au gré d'un scénario très fluide par lequel je me suis laissé porter, un peu passivement. Porter mais pas transporter. J'ai apprécié ce film apaisant, presque féminin, sans me laisser complètement accrocher contrairement à ce que je prévoyais après en avoir lu les critiques enthousiastes. J'en suis resté un spectateur séduit plus que bouleversé, même si l'amour filial, réconfort omniprésent dans le film, est un vecteur d'émotion dont Moretti a su montrer la puissance...
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