Monsieur Verdoux
Note moyenne
4,1
1041 notes En savoir plus sur les notes spectateurs d'AlloCiné

85 critiques spectateurs

5
17 critiques
4
45 critiques
3
19 critiques
2
3 critiques
1
0 critique
0
1 critique
Trier par :
Les plus utiles Les plus récentes Membres avec le plus de critiques Membres avec le plus d'abonnés
GéDéon
GéDéon

143 abonnés 746 critiques Suivre son activité

3,0
Publiée le 17 décembre 2021
En 1947 et pour la première fois de sa carrière, Charles Chaplin abandonne son traditionnel rôle de Charlot. Cette fois, il s’inspire de la vie du tueur en série Landru. Certes on est séduit par l’ambivalence du personnage, à la fois terrifiant et attendrissant. Malheureusement, à l’exception de quelques scènes émouvantes, le côté répétitif du scénario avec cet homme qui truande ses épouses avant de les éliminer, finit par lasser. Seule la dernière partie du film nous emporte réellement avec un ressort comique retrouvé et une vive critique de la société économique de l’époque. Bref, un long-métrage inégal dans son contenu et moins inspiré que d’autres œuvres du cinéaste.
g0urAngA
g0urAngA

113 abonnés 1 735 critiques Suivre son activité

3,5
Publiée le 1 février 2013
Premier film de Chaplin qui ne soit pas un "Charlot",.... Vous allez me dire quelle horreur, ce film doit être à cent lieues des films précédents drôles et émouvants qui nous faisaient pleurer de rire et d'émotion, eh bien non, Chaplin ne change pas de registre, de plus Chaplin n'abandonne pas complètement Charlot, certains gags du film le prouve et la fin qui est sublime... Ce film est aussi une critique de la société, Verdoux est traité de monstre car il a tué des femmes, et pendant la guerre on tue des centaines de personnes et on est un héros...
anonyme
Un visiteur
4,0
Publiée le 6 avril 2012
J’avoue que ce n’est pas mon film préféré et cependant après plus de 20 ans sans l’avoir vu, je dois reconnaître qu’il a un certain charme et un certain culot... pour l’époque. Monsieur Verdoux passerait pour être un personnage sympathique ! Un dandy de l’horreur. A part un crime suggéré d’une de ses femmes et un inspecteur de police - mais celui-ci est hors course dans la mesure où Monsieur Verdoux est un tueur de femmes et le scénario semble être axé sur ce point -, on ne voit aucun de ses crimes illustrés. Seulement des tentatives : une émouvante envers une femme sortie de prison et deux burlesques envers sa femme de Lyon, Annabella Bonheur (Martha Raye, pétillante). Le film est un slalom, un incessant va-et-vient entre ses conquêtes, sa femme « légitime » très vite aperçue, et ses placements en bourse. Monsieur Verdoux veut nous faire croire que la société, le monde du travail en particulier l’ayant rejeté, est responsable de ses crimes. Il va plus loin, il met en parallèle ses crimes dans la balance et ceux « légitimés » par la guerre et son industrie et par les autorités politiques ! C’est vraiment culotté et provocateur pour l’époque et je comprends que les Etats-Unis, ingrate nation qui a bafoué un génie qui a contribué à dorer Hollywood, n’aient pas apprécié. Pourquoi n’ai-je pas complètement adhéré à ce Chaplin ? Je ne peux m’empêcher de capter des mimiques de Charlot dans ce Verdoux. Je vois Charlot qui s’exprime par instants et Charlot ne peut être Monsieur Verdoux. Ce qui passait largement avec « Limelight » (normal c’était un adieu déchirant et définitif à Charlot) passe moins avec Monsieur Verdoux. La limite de ce Monsieur Verdoux vient du fait que Chaplin ait refusé d’être dirigé par Orson Wells à l’origine. Il est vrai, quand on repasse la vie de Sir Charles Chaplin, il est évident qu’il était impossible de diriger Chaplin « himself » ! Dommage, car un metteur en scène aurait gommé ses mimiques qui rappellent notre Charlot universel. Ce n’est pas un reproche, juste un constat... sans reproche ! En tout cas, Chaplin se révèle être un très bon comédien et un très bon directeur d’acteur (à voir en VO évidemment). Le véritable talent de Chaplin, sa véritable marque de fabrique, son génie, reste sa légèreté de ton dans les situations les plus tragiques. La simultanéité du rire et des larmes. Nous amuser dans l’émotion. Je retiendrai ce bribe de phrase d’Aragon au sujet des films de Charlot : « ... le frémissement du rire aussi bien que l’irrépressible montée des larmes... »
J31frites
J31frites

18 abonnés 287 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 15 novembre 2023
Charlie Chaplin est de retour dans ce film inspiré de la vie du criminel Landru, sur une idée d'Orson Welles et il faut bien avouer que, même si l'homme a abandonné son mythique Charlot muet, il continue à pondre des films inoubliables !
Alors après même si Chaplin reprend son éternel genre de la comédie dramatique, il faut bien avouer qu'ici, les enfants ne vont pas rire. On est ici sur une comédie très sombre et cynique avec de l'humour assez noir. Chaplin ne mâche pas ses mots ! Il nous jette en touffe toute ses idées sur le bien, le mal, l'argent, la gentillesse, l'amour, les femmes, la vie, la mort, mais ceci sans trop se soucier d'équilibrer avec son habituelle poésie ou avec de la romance.
Chaplin reprend encore une fois les sujets qui lui tiennent à cœur : le krash boursier de 1929 aux États-Unis, les inégalités sociales, la pauvreté, la cruauté. Mais cette fois, il se montre sur un nouveau jour, fini le joyeux vagabond qui subit, bonjour le criminel glaçant, choquant, mais attachant car il défend sa famille.
Il faut dire que le personnage obtenu est fort intéressant : il a un gros potentiel comique et dramatique et il permet de nombreuses réflexions sur les comportements humains. Chaplin le joue à merveille, il nous terrifie et nous impressionne, nous fait rire et pleurer.
La mise en scène est très réussie, avec par exemple ce plan des roues du train qui revient souvent pour nous montrer que le personnage voyage souvent, ou encore les contrastes entre les différentes femmes, entre celles qui se laissent séduire et celles qui rejettent le criminel, celles qu'il aime vraiment et celles qu'il épouse pour les dépouiller. La présence d'images d'archive à un moment pour montrer le krash boursier rajoute de l'intensité au film.
La musique, composée par Chaplin lui-même, est également très sympathique avec l'utilisation de beaux thèmes et leitmotivs qui reviennent souvent.
Les gags des billets de banque, de la barque et de l'échange des verres sont mémorables.
Pas un des meilleurs Chaplin pour les raisons suivantes : c'est un peu trop déprimant, pas assez divertissant car trop répétitif, le mélange de comédie et de drame et pour moi assez mal dosé, on rigole parfois là où on devrait être choqués et on dramatise parfois trop là où on aurait bien besoin d'un petit gag pour rythmer le film. De plus, on finit par se lasser de ces thèmes de la crise économique ou de la pauvreté dont Chaplin nous a déjà gavé dans ses autres œuvres.
Néanmoins qu'est ce que j'adore ce réalisateur ! A la fois parce que j'approuve la plupart de ses idées, mais aussi parce que j'adore son jeu d'acteur, ses gags, sa mise en scène, sa musique, sa poésie, mais quelle génie touchant du cinéma !
Ce film là est très bon mais je ne reverrais pas souvent.
weihnachtsmann

1 632 abonnés 5 767 critiques Suivre son activité

3,5
Publiée le 23 août 2018
Verdoux c’est d’abord un homme aux multiples vies, aux multiples femmes, tellement charmeur, distingué et à l’humour élégant. Un portrait tout à fait brossé pour Chaplin qui s’amuse à jouer plusieurs personnages avec un aplomb et qui traite les autres de « malhonnêtes »!!!!!
Chaplin fait de ce fait divers sordide une comédie assez maligne et souvent drôle sans oublier de beaux moments comme la rencontre avec la jeune femme égarée.
Redzing

1 460 abonnés 4 975 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 8 mai 2025
Il est peu dire que "Monsieur Verdoux" reçut un accueil glacial à sa sortie aux USA en 1947. Boudé par le public, démoli par la critique. Il y a bien sûr le ton grinçant et inattendu du film, mais c'est surtout en raison de l'image de Charlie Chaplin, qui s'était profondément écornée dans les années 40. Entre d'un côté, des procès et affaires de moeurs. De l'autre, des accusations de communismes. Heureusement, le film a largement été ré-évalué par la suite.
"Monsieur Verdoux" est une relecture de la célèbre affaire Landru. Idée suggérée par Orson Welles à l'origine (!). Chaplin incarne ainsi, dans la France des années 30, un ancien banquier devenu tueur en série. Il a fait un véritable business de son activité, consistant à voler puis liquider de riches femmes.
Le film est visuellement plutôt sage, et contient même encore des tics du cinéma muet : ces regards face caméra, ces longs plans en 4:3. Mais l'intérêt est plutôt dans le jeu et l'écriture.
Charlie Chaplin livre un oeuvre très provocatrice pour son temps. Il parvient à mélanger des scènes très noires de meurtres, avec d'autres beaucoup plus cyniques, voire joviales. Jusqu'à rendre sympathique ce tueur en série ! Un équilibre très délicat, que l'acteur-réalisateur parvient à tenir avec brio, loin de son personnage de Charlot qu'il abandonne ici complètement.
Car au milieu de tueries, Chaplin fait des mimiques mielleuses de séducteur raffiné, se laisse aller au burlesque improbable, ou au comique de situation. En particulier, ses nombreuses tentatives de liquider l'exubérante Martha Raye seront les moments les plus drôles.
Le réalisateur va même plus loin dans l'audace, faisant de "Monsieur Verdoux" une véritable charge politique contre le capitalisme américain. Légère au départ, puis prenant de plus en plus de place dans le récit. Présentant les tueries comme un business modèle, soulignant l'omniprésence de la bourse, ou le cynisme des industries d'armement à la veille de la guerre. Guère surprenant que les accusations de communismes n'ont pas cessé ensuite !
this is my movies

830 abonnés 3 087 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 23 mars 2019
C. Chaplin abandonnait donc définitivement son personnage du Tramp avec ce film qui reprend à son compte le personnage de Franju, célèbre tueurs de femmes et Barbe-Bleue moderne. Au niveau mise en scène, Chaplin s'est parfaitement accommodé des différentes contraintes du parlant, n'abandonnant ni sa capacité à faire rire ni quelques fulgurances de mise en scène. Il signe ainsi un vrai polar noir, à l'humour parfois acide, assumant même quelques scènes burlesques (la scène sur la barque) et on passe un bon moment grâce à une science du rythme intacte. Au niveau de son jeu, l'acteur confirme son talent fou également, élargissant grandement sa palette. Belle photo, montage soigné, scénario ciselé, un film captivant, mais déroutant dans son final, Chaplin allant sur le terrain de la subversion, et réglant quelques comptes personnels avec l'Amérique puritaine. Ses justifications pourront paraître difficiles à avaler pour certains, elles ont le mérite de lancer un débat. Mais pour moi, ça reste très limite d'un point de vue philosophique. Très bon film toutefois. D'autres critiques sur thisismymovies.over-blog.com
Hotinhere

803 abonnés 5 523 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 28 février 2022
S’inspirant de l’affaire Landru, Chaplin laisse tomber le masque de Charlot et signe le portrait plein de cynisme et d’humour noir d’un gentleman sociopathe, avec en toile de fond une satire acerbe de la société. 3,75
ferdinand75

735 abonnés 4 529 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 4 juin 2025
Un des derniers films de Chaplin, on est plus avec le personnage de Charlot , mais sur un scénario inspiré d’une idée de Orson Welles qui reprend la trame de l’histoire vraie du M. Landru, serial killer de femmes du début du XXeme . Au-delà d’une mise en scène assez brillante, mêlant les situations cocasses, un humour noir, parfois sarcastique, autour de ce personnage immoral, Chaplin en profite pour s’en prendre aux travers du capitalisme, sans foi , ni loi, aux trusts militaires qui s’enrichissent en poussant à la guerre, pendant que de pauvres employés perdent leur job, suite à la crise de 1929 . De fait il explique la raison de la dérive « criminelle » de M. Verdoux . On est dans une vision très Rousseauiste de l’individu. Verdoux était bon, mais c’est la société qui le pousse à franchir la barrière vers le mal.
C’est un peu simpliste, mais plein de bons sentiments.
Et puis l’on retrouve de belles mimiques de Charlot, parfois pour des scènes d’un grand burlesque, comme la scène du mariage raté ou le futur marié veut s’échapper, courant de tous les côtés et se cachant sous les tables. A d’autres moments beaucoup de poésie ou d’humanité, comme quand Verdoux, épargne d’un châtiment fatal une belle jeune fille recueillie , parce qu’il sent bien qu’elle encore plus désabusée , plus désespérée, plus perdue , que lui . Au global un film très fort, qui a bien vieillit et qui garde beaucoup de charme et de force.
dougray
dougray

276 abonnés 1 904 critiques Suivre son activité

3,5
Publiée le 24 novembre 2016
Premier film de Charlie Chaplin sans Charlot, "Monsieur Verdoux" est une véritable curiosité, à plus d’un titre ! Tout d’abord, la genèse du projet ne manque pas d’un intérêt puisque le film est une adaptation libre d’un fait divers bien connu chez nous (à savoir l’affaire Landru) dont l’idée a été proposé à Chaplin par Orson Welles. L’association des deux génies (même si Welles n’a pas été plus loin que ce rôle de pourvoyeur) avait, donc, de quoi faire saliver… tout comme la grande question du film concernant l’interprétation de Chaplin, privé de sa panoplie habituelle de vagabond maladroit. Autant le dire tout de suite, le début du film souffre un peu de cette curiosité puisque, non seulement, on scrute Chaplin plus que de raison en attendant un jeu différent mais, surtout, l’acteur lui-même semble assez réticent à l’idée de s’affranchir de tous ses tics de jeu dont il a fait son fonds de commerce depuis plus de 30 ans. Ce Monsieur Verdoux évoque, donc, terriblement, un Charlot embourgeoisé qui aurait fait un tour chez le tailleur… en tout cas, dans un premier temps. Car Chaplin règle rapidement le problème grâce à une écriture épatante de densité qui va nourrir un personnage qui ne cesse de surprendre à mesure que le film avance. On est, d'ailleurs, en droit d'imaginer que les similitudes entre Verdoux et Charlot, en début de film étaient volontaires puisque, après avoir fait le choix de les gommer pendant quasiment tout le reste du film, il transforme, à nouveau, son héros (tant sur le plan du physique que du comportement) en ersatz du fameux Vagabond... spoiler: au moment où il doit être guillotiné
! La métaphore de spoiler: l'adieu irréversible au personnage
est assez saisissante... et ce n'est pas la seule surprise du film. On pensait avoir affaire à une comédie légère, tendance vaudevillesque… et on s’aperçoit qu’on se trouve face à un drame qui a pas mal de chose à dire (et, surtout, à dénoncer). Certes, Chaplin, n’oublie jamais d’insuffler à son récit le ton comique qui a fait sa réputation mais rarement il aura abordé un thème aussi sombre. Ce ne sont, d’ailleurs, pas tant les meurtres qui noircisse l’intrigue que le portrait terrible de la société et des conséquences engendrées par la crise. "Monsieur Verdoux" est, avant tout, une implacable critique sociale qui explique les agissements du criminel par spoiler: un désir de vengeance contre une société qui lui a tout pris
. Chaplin ne faisait pas vraiment de mystère de ses opinions politiques dans les films de Charlot, il enfonce le clou ici… et va, sans doute, un peu trop loin dans sa logique. Il a, ainsi, tendance à un peu trop "excuser" son personnage spoiler: en ne montrant jamais les meurtres ou les cadavres qu’il laisse derrière lui
mais en expliquant (et sur expliquant) qu’il tue pour spoiler: assurer un avenir à sa femme handicapée et son jeune fils, gravement mis en péril suite à son licenciement
! Peut-être que ce portrait un peu trop polie s'explique par la censure dont le scénario a fait l'objet mais certaines diatribes de Verdoux spoiler: (comme la comparaison entre ses meurtres amateurs et les tueries de masse perpétrées par les gouvernements en temps de guerre)
laissent à penser qu'il s'agit bien d'un parti-pris volontaire. C’est un peu dommage car une représentation un peu plus frontale de ces meurtres aurait conféré au film un ton encore plus atypique et aurait démontré que Chaplin n’avait pas peur de totalement casser son image. C'est sans doute sous-estimer de beaucoup le choc qu' déjà pu représente le film dans l'Amérique puritaine des années 40 ! ICar chaplin a tout de même pris un sacré risque avec ce film (qui s’est d’ailleurs planté au box-office US) qui, outre sa noirceur, restera comme le premier (et dernier) film où Chaplin axe davantage son jeu sur l’interprétation pure et non sur les différents artifices qu’il a tant employés (gags visuels, chorégraphiées, grimaces…). Ce n’est, d’ailleurs, pas un hasard si le reste du casting apparait un peu en retrait par rapport à l’acteur, visiblement très soucieux que sa tentative de proposer quelque chose de nouveau au public ne soit pas parasiter par un second rôle trop fort. On retiendra, tout au plus, les prestations de la braillarde Martha Raye et l’intrigante Marylin Nash. Au final, "Monsieur Verdoux" reste comme une tentative de renouvellement mal récompensée qui mérite vraiment d’être redécouverte… puisqu’il s’agit, à mon sens, d’un des meilleurs films de Chaplin (derrière "Le dictateur", "Le Kid" et "Le Cirque").
Max Rss
Max Rss

258 abonnés 2 330 critiques Suivre son activité

4,5
Publiée le 17 juin 2025
Basé sur une idée d'Orson Welles, elle-même librement inspirée de notre cher Landru. Avant, quand on me causait des films parlants de Chaplin, je me fermais comme une huître... justement parce qu'ils étaient parlants. Alors que, comme tant d'autres, j'avais bien envie de connaître la voix du petit vagabond à moustache. Cherchez pas à comprendre... Avec ce "Monsieur Verdoux" (mal reçu par la critique et les spectateurs aux États-Unis) Chaplin tournait le dos à Charlot et à l'humour (pas totalement, cela dit) et orientait son cinéma vers un tout autre registre. Ce qu'il y a de bien ici, c'est que le personnage de Verdoux, pourtant cynique et criminel, n'est jamais rendu antipathique. Mieux encore, on se surprend même à espérer qu'il réussisse. On se laisse séduire par son intelligence, son esprit fin (son comportement lors de son procès et avant son exécution ressemble en effet énormément à celui de Landru au même moment) et sa lucidité sur le monde qui l'entoure. Autre point fort : alors que l'on sait qu'il a tué au moins une douzaine de femmes, il nous est toujours montré en échec. Ses plans étant systématiquement contrés par une bourde verbale ou physique. Créant donc un contraste bienvenu. Mais Chaplin étant Chaplin, il faudra qu'il y ait là-dedans une dose d'humanité. La long passage avec l'ex taularde belge qui, ironie de l'histoire, finira épouse d'un fabriquant de munitions. C'était un autre grand film de ce Maître du cinéma même si, il faut le dire, il n'est pas forcément évident de se mettre dedans d'entrée de jeu. Il est plutôt du genre à se révéler au fur et à mesure.
kibruk
kibruk

197 abonnés 2 767 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 26 avril 2021
"Monsieur Verdoux" marque la fin d'une époque dans la carrière de Chaplin avec l'abandon total du mythique clochard mais surtout avec un changement de ton radical. Si Chaplin a toujours abordé des sujets sérieux dans ses films, ici l'humour burlesque s'efface grandement pour adopter une forme noire et cynique, la recherche du rire n'étant présente que dans la deuxième partie avec des situations très drôles. "Monsieur Verdoux" a donc de quoi décevoir ceux qui veulent voir un Charlot, et clairement on ne s'amuse pas autant, mais ça n'en est pas moins une très belle œuvre qui n'a rien de mineure dans la filmographie de Chaplin.     
Charlotte28
Charlotte28

208 abonnés 2 939 critiques Suivre son activité

3,5
Publiée le 4 mai 2020
Dommage que Chaplin fasse parfois son Charlot cabotin alors que cet élan dessert sa vision de ce nouveau Landru auquel il confère une psychologie et une morale complexes, nous rendant même complices de ses méfaits grâce aux audacieux regards caméra et à son plaidoyer socialo-politique éminemment polémique. Quelques redites entraînent de légères longueurs malgré une mise en scène toujours maîtrisée et un humour noir délectable. Une ardente critique de mœurs.
Acidus

880 abonnés 3 971 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 22 juin 2014
Monsieur Verdoux s'éloigne de la pure comédie qui a fait le succés de Charlie Chaplin. Une touche d'humour est certes présente mais le sèrieux prime avant tout dans cette histoire de tueur en série inspiré de Henri Landru. L'intelligence de ce scénario bien ficelé met en valeur l'incroyable personnage d'Henri Verdoux avec son cynisme mais aussi avec son charme. Les émotions, comme les idées, sont là et inscrit "Monsieur Verdoux" comme un des incontournable de n.
maxime ...

315 abonnés 2 069 critiques Suivre son activité

4,5
Publiée le 17 janvier 2021
Après avoir revu The Kid en Juillet l'idée d'entreprendre une rétrospective de Charlie Chaplin me fut être opportune en ces temps parfois un peu tendu ... J'avais jusqu'ici programmer un ou deux films par mois avant de tout planter en période de fête, depuis The Great Dictator en novembre pour être exact. Pour être complètement franc je m'y suis remis un peu à reculons, plusieurs raisons explique le fait de mes réticences. Son sujet en tout premier lieu, l'assassinat d'une dizaine de femmes traité sous le " prisme " de la " comédie " m'a je dois dire laisser quelques doutes ... La découverte du film m'a conduit vers une tout autre route.

Autant clarifier ce point tout de suite, si certaines situations sont cocasses et remémore les affres et les bêtises de Charlot à aucun moment le geste de mort n'est employé à des fins détournés. La scène de la barque et du repas tranche un peu avec mes affirmations mais ne servent selon moi bien plus de tournants que de fins en soi. D'ailleurs c'est Verdoux qui y laisse des plumes. Le cynisme est à plusieurs reprises mentionnés tout autant que la démesure dans le désir d'argent du protagoniste. La figure du " Héros " propre de Chaplin à foutu le camp pour laisser place à " l'Anti-Héros ", dans ces failles, ses largesses et dans l'horreur qui est la sienne. A taille humaine. Charlie Chaplin en homme intelligeant ne positionne pas son personnage en une longue plainte d'excuses en tout genres mais pointe du doigt les bourreaux qui s'échappent car mieux " organiser ". Comme pour ses autres films c'est bien la portée politique qui se réveille chez l'Homme qui poursuit et révèle les causes du mal profond de la société. Il n'y a fond rédemption que dans la vérité.

Sur bien des points ce film sortit sept ans après The Great Dictator et deux ans après la fin de la Seconde Guerre Mondiale offre à la fois des paradoxe mais se complète également sur le besoin de se tendre la main ... La dissociation des notions de bien et de mal entre cette fois en un seul même personnage. Sa personnalité faussement enjoué dans le mensonge se révèle bien plus névrosé au contact de ceux qu'il aime certes mais il y'a des liens à la fois si étroit entre ses conditions que plus d'une fois le sentiment de malaise me gagne. Très souvent chez Chaplin Espoir et Désespoir se tutoie, y compris dans le rire qui agit tel une catharsis de la tristesse enfoui chez tout un chacun. Monsieur Verdoux est dans cette lignée, mais il est aussi bien plus difficile à encaisser. Le Dernier Jour d'un Condamné de Victor Hugo m'ai tout de suite venu à l'esprit après ce final déchirant ... Oui, ce long-métrage questionne, perturbe, fait mal mais comment ne pas ressentir cette peine ?

Tout le monde fait le job, admirablement même. Je n'ai la, tout de suite, pas très envie d'aller sur le sujet, une prochaine fois peut-être ... Je souhaite finir cette critique comme je l'avais commencer et répondre au moi d'il y'a deux heures, arrête de perdre ton temps et fille voir les deux autres films au programme ! Monsieur Verdoux à lui seul peu répondre à tant de question, en conduire à d'autres et témoigne de la magie de cet Art, alors pourquoi se défiler ?
Les meilleurs films de tous les temps
  • Meilleurs films
  • Meilleurs films selon la presse