Géniale satire sur ce qu'aurait pu devenir Charlot le vagabond pendant la crise s'il avait tenu à l'argent. Dans Monsieur Verdoux, Chaplin montre un homme aliéné par le capitalisme ; son meurtrier n'est que victime d'une société qui ferme les portes et incite à la violence. Son nouveau personnage de Landru, après trente ans dans la peau du vagabond, lui donne l'occasion de se tester à l'humour noir voire macabre, tout en livrant un portrait âpre sur la vie, triste dans son ensemble mais parsemée d'éclats de lumière - Les feux de la rampe, son prochain film, développera les mêmes thèmes, avec aussi, la lumière apportée à un vieil homme par une jeune fille à l'aube de sa vie. Enfin Monsieur Verdoux est l'aboutissement de la critique féroce de Chaplin ; après celle contre le capitalisme des Temps modernes et celle de la guerre du Dictateur, il traite ici les deux - Monsieur Verdoux étant à la fois une conséquence de l'esprit capitaliste et de la violence banalisée par les guerres. Dans le discours final du Dictateur, le barbier pris pour Hynkel criait "vous n'êtes pas des machines" et appelait pour un peu d'humanité. On voit dansMonsieur Verdouxcomment un homme très « humain » ou humaniste (humanisme qui perce dans les scènes près de sa famille, avec la jeune femme sortie de prison et dans la "réveil" final de Verdoux) peut sombrer dans la froideur et la violence étudiée. Plus que de dépeindre la nébuleuse limite pour juger d’un homme, Monsieur Verdoux est surtout une mise en garde sur notre aptitude à nous déshumaniser. Avec ce personnage complexe, sorte de Charlot déchu, sa critique sociale et cette réflexion sur l’appréhension de la mort, premiers adieux parmi les œuvres testamentaires du réalisateur, Chaplin livre donc un petit chef d’œuvre. Le tout est doté d’un humour féroce, macabre et ironique donc, mais a mis temps. On a encore le droit à des pointes de burlesque et à des personnages impayables, comme cette famille française criarde ou l’extravagante Annabella
Enfin Charles Chaplin abandonne son rôle de charlot pour prendre celui d'un criminel qu'il n'avait jamais prit auparavant. Bonne comédie noire. Monsieur Verdoux est un film atypique dans sa carrière. C'est de la métamorphose de charlot en son contraire. En plus l'histoire est passionnante. En plus ce rôle lui va aussi bien.
A partir d'une histoire véridique qui a défrayé la chronique, Chaplin nous livre un film irrésistiblement drôle, dénué de tout aspect horrifique et sanguinolent, où le meurtrier apparaît comme un personnage plutôt sympathique, père de famille aimant et victime des circonstances économiques de son époque. La mise en scène est subtile, notamment lorsqu'il s'agit des assassinats où tout est suggéré plutôt que montré. On aurait pu croire que le fait de jouer un criminel aurait pu le rendre méconnaissable et peu crédible, mais c'est tout le contraire : dans cette comédie noire, Chaplin reste Chaplin, un comique né qui sait toujours nous faire rire, un génie du cinéma.
Chaplin fait d'un ignoble criminel un personnage plutôt attachant... poétique. Malgré le sujet, pas la moindre image sanglante, c'est plutôt sympa ! Et quelques notes d'humour bien placées...
Monsieur Verdoux (1947) fut un échec commercial lors de sa sortie, ce qui est plutôt déconcertant car cette œuvre est d’une justesse, à la fois drôle et passionnante. Le film, trop en avance sur son temps n’avait pas rencontré le public escompté, pourtant, le scénario valut à Charles Chaplin d’être nominé aux Oscars en 1948 ! Basé sur une idée de Orson Welles, Charles Chaplin nous interprète avec brio un escroc manipulateur, qui séduit, vole et assassine ses victimes ! Drôle et cynique, de l’humour tout au long du film, porté par des actrices excellentes et si particulières. On se souviendra longtemps de la séquence où Mr Verdoux se trompe de verre, entre celui rempli de Salsepareille et l’autre, remplit de vin et de poison. Chaplin excelle comme d’habitude dans son rôle, homme à l’allure bourgeoise, avec sa fine moustache (physique type du Parigot des années 40/50). Inspiré de faits réels ayant survenus entre 1910 et 1920, l’histoire rocambolesque captive avec facilité et sans temps mort.
Le parlant n'y est pour pas grand chose, mais ce M. Verdoux, s'il reste l'un des chef-d'oeuvres du genre (à ranger aux côtés du Landru de Chabrol !), n'est pas le meilleur film de Chaplin. Qu'importe, il demeure bien au-dessus de la moyenne. Chaplin campe un Landru plus effrayant que jamais. le scénario est un bijou du genre, mais dresse au final un portrait plutôt flatteur de cet assassin hors norme. Contrairement aux propos de Chaplin, je ne crois pas que les maux de la société (la grande dépression en l'occurrence) excuse le crime. Si cela était, le monde ne serait qu'un horrible jeu de massacre !
Tiré d'une histoire vraie, le film suit Monsieur Verdoux dans ses faits et gestes, alors qu'il essaie de conserver une maison pour sa femme et son enfant. Pour cela, il va devoir prendre de grandes mesures. Charles Chaplin est l'incontestable du comique, mais comme il disait bien souvent, la comédie n'est jamais très loin du tragique et de l'horreur... A voir, ce film est un classique du cinéma !
7 ans après le Dictateur Charlie Chaplin est conscient qu’il doit évoluer et se renouveler. Il réalise alors Monsieur Verdoux, un film à l’humour très différent de celui pour lequel il est connu, en effet cette « comédie de meurtres » n’a rien à envier à l’humour noir des comédies britanniques. Evidemment certaines scènes reprennent l’ancien style comme la scène du mariage ou encore la scène du lac où l’on sent une réminiscence de Charlot dans le jeu de Chaplin. Mais comme souvent, Chaplin a quelque chose à dire, un regard à porter sur le monde et la comédie n’est pas que du divertissement mais aussi un appui pour des scènes plus sérieuses et engagés. Avec Monsieur Verdoux Chaplin a un regard cynique sur le monde et surtout la société, présentée comme une machine destructrice qui incite à la violence et à la malhonnêteté. Le personnage principal est presque présenté comme une victime, un père et mari aimant forcer de tuer pour nourrir sa famille. Chaplin fait alors l’analogie avec la société et les nations, toujours en guerre, toujours productrice de nouvelles armes de destructions dans le but de conquérir ou de faire un quelconque profit. Mais Chaplin introduit toujours l’espoir dans ses films et au travers du personnage de la jeune femme affirme que l’altruisme et la bonté peuvent rendre le monde meilleur, un message simple et vieux mais jamais démodé. Chaplin est excellent dans le rôle principal, entouré pas une pléiade d’acteurs peu connus mais plus que satisfaisants. Chaplin signe aussi la mise en scène et la partition originale avec succès comme à son habitude d’homme orchestre. Bref ce Monsieur Verdoux ne donne pas des fous rires à tout bout de plans mais constitue une œuvre personnelle et réussie.
Cela faisait au moins quinze ans que j'avais vu ce film, et il m'avait marqué comme ne pas étant un des meilleurs de l'oeuvre de Chaplin. Et certes, quand je l'ai revu la semaine passée son style cinematographique reste "daté", le choix des acteurs n'est pas terrible, le film est un peu longue... Mais, en même temps, quelle lecture saissisante de la condition humaine , à partir d'un cas de follie ( l'assisin mr Landru) et situé dans la follie ( premières grandes crises du capitalisme fin années vingt- début années trentes). Chaplin en tant que metteur en scène témoigne du déclin de "la famille" ( voir la première scène) et en tant que acteur sublime il évoque splendidement les plussieurs états d'un être humain qui vient de décompenser suite à une catastrophe subejctive ( la perte de son emploi et par conséquent la perte de sa place comme 'père' au domicile). Bref, un film avec ses moments hilarants mais qui évoque surtout le destin particulier d'un sujet à un moment de crise dans la meilleure tradition de la comédie-tragédie. Ce film est à la fois un analyse du capitalisme et l'analyse d'une follie. Aucun jugement, juste des questions... Dorénavant, ce film prend sa place dans ma collection!
Différent de ses oeuvres précédentes, Monsieur Verdoux reste excellent! Avec de jolies métaphores, une actualité criante malgré ses 60 ans, ce film est tragiquement puissant. "Oui, j'arrive..."
Grace a Monsieur Verdoux,Charlie Chaplin nous montre qu'il a plus d'une corde a son arc: si il excelle dans le registre comique il arrive egalement a produire d'excellent film dans un registre ou il se montre comme l'exacte opposé de son mythique personnage de charlot. Le resultat est prenant: cette comedie policiere nous prend a la gorge en montrant un personnage qui tue pour sauver sa famille de la misere et qui dit quelque phrases qui font bien reflechir: un grand film.