Mais que voilà un de ces films ... enthousiasmants, voilà, c'est le terme. Un pur film concept, dans le genre qui passe ou qui casse : un affrontement entre un maître et un prof, avec une batterie au milieu. Moi, rien que de lire ça, j'ai eu envie d'y aller illico. Je n'aime pas trop le jazz ? M'en fiche. J'ai toujours adoré Stewart Copeland, qui était un batteur de jazz "égaré" dans le rock, alors, prenons ça aussi comme un témoignage de ce qu'est un batteur de jazz :
- un batteur de jazz bat très très vite et très très fort ! Ah, si c'était ça le jazz, j'écouterais plus souvent (avis purement personnel)
- un batteur de jazz raté devient un batteur de rock (dit dans le film) : pas sympa pour un mec comme Steve Shelley, Keith Moon ou Rob Hirst pour ne citer que ceux qui me passent par la tête.
Bon, passons donc sur ces deux points juste juste : le reste, parfait. Voilà ce que c'est que de faire un film en prenant son temps. Si j'ai bien compris, il s'agissait d'abord d'un court métrage, qui vu son succès est devenu au fil du temps un long, qui a voyagé de festival en ... festival, qui a dû se bonifier au montage ... Bref, le boulot, ça paie et ça fait parfois ça : une oeuvre ABOUTIE. Une expérience de cinéma pour le spectateur.
C'est presque de la 5D, où l'on sue et saigne nous aussi, où on se prend les mollards du prof en pleine gueule, on sent le trac et la trouille dans nos entrailles...
Les deux types, on a aussi bien envie de les baffer que de les serrer dans nos bras, le jeune n'est pas du tout un héros positif, juste un petit nerd obnubilé par son but de devenir un grand batteur, parfois odieux et limite autiste; le prof, un jusqu'au boutiste qui veut sortir le meilleur de ses élèves, en faire non pas des bons mais des grands, et qui, eh bien, dépasse un peu les limites, mais on ne sait pas s'il le fait avec plaisir ou bien s'il ne s'en rend pas compte. J'aime cette ambiguïté, ça fait discuter entre amis devant le verre en terrasse.
Et que dire de la dernière scène ...
Trop hollywoodien ? Le maître tout d'un coup oublie sa haine et sa rancune et devant la démonstration surprise que lui sort le jeune, ravale tout et se met à son service ? Ou bien le fait-il juste parce que c'est bénéfique pour lui que son concert finalement soit un succès ?
En ce qui me concerne, je m'en fiche complètement, cette fin elle m'a rendu complètement dingue, surtout qu'elle s'arrête net, douce frustration !
Moi j'aime bien, moi j'adore !