"Quoi que l'avenir nous réserve, nous l'affronterons ensemble. Comme une famille."
Dix ans après la tentative ratée de Josh Trank, la 1ère création Marvel de Stan Lee et Jack Kirby a droit à une nouvelle adaptation, cette fois-ci au sein du MCU, et dont les rennes ont été confiés au réalisateur Matt Shakman, qui avait créé la surprise en 2021 avec la très chouette série «WandaVision».
Et à mes yeux, il s'agit là clairement de la meilleure adaptation des «4 Fantastiques» au cinéma (pas très compliqué me diront certains, au vu de ce qui avait été proposé jusque-là, et ils n'ont pas forcément tort), celle qui a su cerner le mieux l'esprit du comics originel et de ce quatuor super-héroïque.
Doté d'une esthétique rétro-futuriste très soignée (qui rappelle notamment la saga des «Indestructibles», un autre collectif de super-héros qui tisse des liens évidents avec les 4F), le film s'avère être un divertissement généreux, humain et bien rythmé, prenant le temps de développer ses protagonistes comme il faut, tout en ne répétant pas ce qui a déjà été fait par le passé (leur première mission spatiale et comment ils ont acquis leurs super-pouvoirs est résumé dès le départ par le biais d'une émission TV).
Un film respectueux de l’œuvre d’origine (l'introduction de l'homme-taupe, le premier ennemi des 4F. Quant à l'un des plans du film, c'est un hommage direct à la première couverture du comics, datant de 1961), tout en rappelant, en particulier dans son premier tiers, l'esprit de certaines productions télévisuelles des 60's. Pas étonnant, encore une fois, que le réalisateur de «WandaVision» ait été engagé sur ce projet.
Une œuvre dont le rendu visuel est très travaillé (mention spéciale aux séquences spatiales, somptueuses et immersives, et dont le gigantisme de certaines scènes m'a un peu rappelé celui des «Éternels», un autre film Marvel) et évite plutôt intelligemment de sombrer dans l'humour à tout prix (se résumant essentiellement aux boutades de la tête brûlée Johnny Storm) pour désamorcer telle ou telle situation plus dramatique ou sous tension.
Un film interrogeant la responsabilité du parent et du super-héros, ce qu'on serait prêt à sacrifier (ou pas) pour protéger ce qui nous est le plus précieux.
Un sacrifice qu'a fait la Surfeuse d'Argent, être énigmatique et tragique, servant d'éclaireuse à Galactus, le dévoreur de planètes, le grand méchant de ce nouveau film, et dont la prochaine cible n'est autre que la planète Terre.
Un film qui, certes, dispose d'une intrigue assez classique (en particulier dans son dernier tiers et cet affrontement final attendu), mais possède surtout une identité propre et un charme indéniable qui m'ont fait passé un très bon moment devant cette nouvelle adaptation.
Et la bande originale très vintage de Michael Giacchino (le compositeur des «Indestructibles», on y revient encore une fois), l'une des plus originales pour un film du MCU, participe clairement à ce charme.
Quant au casting, pas de fausse note (même pour Pedro Pascal et sa moustache, que je n'imaginais pas forcément dans la peau de Reed Richards), j'ai cru à cette famille pas comme les autres et toujours unie, que le monde soit avec ou contre elle. Un monde qu'elle tentera toujours de protéger, quoi qu'il arrive.
Bref, une 6e phase qui commence sous les meilleures auspices (en espérant que ça dure, surtout après les 2 précédents phases, assez oubliables), et une nouvelle proposition à laquelle j'ai vraiment adhéré, me renvoyant à ma découverte du comics de Lee et Kirby quand j'étais adolescent. 7-7,5/10.