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Domnique T
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3,0
Publiée le 14 juillet 2015
Les faits de « Difret » (audace) se déroulent en 1996 dans la toute jeune république fédérale démocratique d'Éthiopie qui s’est dotée d’une constitution quelques mois auparavant. Nous sommes donc dans une société en totale mutation, où le droit des femmes et des enfants est encore un territoire à défricher. Cet aspect primordial des choses n’est hélas même pas effleuré. Après la brutalité pure des premiers instants, on comprend tout de suite qu’une avocate bénévole s’investit dans un combat perdu d’avance. Mais puisque le scénario est inspiré de faits réels, pas besoin d’être grand augure pour deviner l’issue du combat judiciaire !! La liste des films hagiographiques sur les grands militants est longue, comme celles sur les causes (que l’on croyait) perdue, celui-ci n’est pas le meilleur. L’histoire de Meaza Ashenafi est une vraie chronique du militantisme post-révolutionnaire éthiopien, mais il méritait un meilleur traitement. Reste une froide description de la justice coutumière avec son train d’archaïsmes dans une belle campagne éthiopienne avec godjo, teff et injera … ça change !
Le film n’est certes pas parfait, mais il traite d’un sujet poignant, inconnu par une grande majorité et afin de remédier à notre ignorance, nous devrions tous voir ce film. Il est rare qu’un film africain soit porté si loin (merci Angelina Jolie) et dénonce des pratiques ancestrales qui n’ont plus leur place aujourd’hui. La tradition est trop souvent vénérée ou même sacrée, et ce, sans aucune raison valable. Qu’on se le dise, la tradition des peuples du monde n’excuse rien, ne justifie en rien les atrocités perpétuées depuis des générations que ce soit les atrocités que l’Homme s’inflige à lui-même ou bien à ses congénères. Il en va de même pour les traditions qui impliquent des souffrances aux animaux. Cette histoire, des faits vécus, est bouleversante et devait être racontée, révélée aux yeux de tous. J’espère que ce film encouragera d’autres cinéastes ou qui que ce soit à porter, illustrer, chanter ces histoires qui font avancer le monde. La seule chose que je regrette, c’est le côté romancé et je pense que dans le cas de l’histoire d'Aberash Bekele, un documentaire aurait peut-être eu plus d’impact.
Un bon et beau film dont il sera compliqué de contester le message. Et c'est pourquoi il perd un peu en force tant cette injustice-là fera unanimité aux yeux du spectateur occidental. Certains moments passent un peu moins vite. Si ce film s'inquiète évidemment de la place des femmes, il contient également une autre problématique moins saillante mais liée : la primauté de la justice de l’État ou celle des coutumes traditionnelles dans certains villages reculés. Car il y a évidemment un gouffre apparent entre les libertés et l'évolution des mœurs dans ces villages et en ville, ce qui est une thématique assez courante. Et Hirut fait justement éclater ces contradictions de la société dans laquelle elle vit, qui n'a plus d'autres choix... que de choisir.
Film poignant, du combat de deux femmes contre les traditions qui mettent à mal les femmes. Ce film est vraiment intéressant, on retrouve donc Hirut, jeune adolescente, très douée à l'école où elle a un certain avenir. Seulement, à la sortie de l'école cette dernière se fait enlever par six hommes à cheval et armés. Ils l'enferment dans un cabanon, où elle sera violenté puis violé par l'un de ses ravisseurs. Petit à petit, on comprend que l'homme l'a enlevé pour l'épouser et non pas seulement pour assouvir un besoin bestial. Seulement Hirut n'entend pas se laisser faire, l'occasion se présente pour elle de s'échapper, ce qu'elle entreprend afin de rejoindre sa famille. Seulement, ils s'en rendent vite compte, elle est armée et tente de leur faire peur, mais elle tue son ravisseur et violeur. Un crime entrainant la mort du coupable. Hirsute est emprisonnée et attend son jugement. Elle va alors rencontrer, Meaza Ashenafi, avocate défendant les droits des femmes. Un combat et un procès qui va demander du temps de l'investissement et pour lequel il ne faudra pas perdre de vue l'objectif premier. Le film est très prenant, l'introduction est assez violente puisque l'on plonge directement dans le vif du sujet, le film s'accentuant davantage sur le combat de ses deux femmes pour leur droit dans un milieu d'homme. Hirsute est poignante, combative mais vraie ! Elle sait qu'elle s'est défendu mais le poids de la honte, la rupture avec sa famille, l'exil de son village devienne pesante pour ses petites épaules. Meaza est ambitieuse, elle sait que ce procès va être celui de sa carrière et tente de l'utiliser en sa faveur, mais ne va-t-elle pas aller trop loin ? Toute deux se battent pour leur reconnaissance en tant qu'être humain, pensant et ayant des droits. L'autre combat celui des traditions des villages contre l'évolution des villes. La réalisation est parfaite, captant les émotions par les acteurs mais également par l'environnement, cela donne parfois de très beaux moments. Le scénario est très bien construit, on ne s'ennuie pas une minute, on a juste tendance à penser que le procès met beaucoup trop de temps à arriver, mais ne serait-se pas la réalité ? Au niveau du casting, la jeune Tizita Hagere est excellente, apportant cette combativité par un simple regard, un simple geste, et démontre une sensibilité quand il le faut. Une finesse dans l'interprétation, elle qui pour l'instant ne jouait que dans des théâtres. Il en est de même pour Meron Getnet, qui se montre combattante mais avec des faiblesses, et certainement celle de trop s'identifier à Hirute. Tout deux portent le film à merveille et se défendent très bien à l'écran. Un film à voir absolument et pas seulement parce qu'Angelina Jolie est productrice, elle a juste financé le film et aidé à le faire connaître (on l'en remercie toutefois). Donc on fonce voir Difret, car se sera certainement le meilleur film de ce mois.
Sur un autre sujet, "Difret" est un film choc tout aussi remarquable que "Timbuktu". L'histoire de cette jeune avocate qui veut lutter contre l'enlèvement des fillettes en vue d'un mariage forcé, qui est une "coutume" ancestrale au fin fond de l’Éthiopie, rejoint justement la cause de la fillette qui a tué accidentellement son agresseur. Le film nous montre toute une galerie de personnages, dont nous ne soupçonnons l'existence qu'avec nos yeux lointains d'occidentaux, et qui sont très bien dessinés : le policier corrompu et cruel du fin fond de la campagne, l'administration inefficace car corrompue elle aussi, l'homme qui avec l'aide de ses amis enlève une fillette, le chef du village qui rend la justice lui-même selon une coutume locale, mais aussi la fillette qui vit dans une famille pauvre et qui veut suivre des études, ainsi que l'avocate qui veut faire évoluer la société éthiopienne en défendant la cause des filles et des femmes. Là encore, les images sont superbes. L'une des différences importantes avec "Timbuktu" est dans la construction du film. Alors que "Timbuktu" raconte plusieurs histoires en parallèle, "Difret ne raconte qu'une seule histoire, de ce point de vue, il est plus facile à suivre que le césar 2015 du meilleur film. Les spectateurs qui ont aimé "Timbuktu" aimeront "DIFRET".
1996, ce n'est pas si vieux. Et la tradition dans les village éthiopiens était lourde de conséquence.... Y a des femmes formidables... C'est un très beau film
J'ai été déçu par ce film : l'histoire est intéressante, le personnage de l'avocate est passionnante, les acteurs sont super mais c'est vraiment mal tourné, ça ne convaint pas, on n'y crois pas, c'est comme si on nous disais ce qu'on doit penser.
Un film poignant et tiré d'une histoire vraie qui met en scène sans jamais être voyeur la détresse d'une femme, et par la même des femmes dans des systèmes sexistes.
Un film qui au pire titillera votre conscience, au mieux la secouera énergiquement !
Un film coup de poing, très proche de la réalité éthiopienne de 1996. Beaucoup de choses ont changé depuis, grâce à un très gros travail d'associations telles que celle évoquée dans le film, ainsi qu'à la presse qui gagne pas à pas sa liberté.
Un assez beau film sur un sujet bien réel (les "mariages forcés" dans certains pays, ici l'Ethiopie des années 90, c'est à dire, en langage clair, le viol des jeunes filles non consentantes à cette tradition). Il y a des maladresses de mise en scène (caméra à l'épaule trop souvent, des ellipses étranges lors du 1er interrogatoire ou du procès, une fin un peu ratée avec ce montage alternant les images du procès et la population suivant le rendu de l'affaire comme si les procès étaient intégralement retransmis en direct!) MAIS le film est à voir pour les 2 belles figures que sont l'avocate des droits des femmes qui défend la victime que la société (le village, la police, la justice) veut faire passer pour une criminelle et la jeune victime qui n'a fait que se défendre pour sauver sa liberté et sa vie. Le film ne cherche jamais à nous tirer les larmes de manière artificielle et reste toujours à la bonne distance des 2 héroïnes. Enfin, on ne nous cache pas que le cas de la jeune victime est l'occasion pour l'avocate de faire connaître son association et de faire évoluer la loi (ce qui fut le cas) sur ce sujet. Une instrumentalisation pour la bonne cause...
Une histoire vraie assez incroyable en ethiopie , sur les coutumes moyenâgeuses qui perdurent au détriment des femmes dans certains pays . Malheureusement si l’histoire est édifiante et mérite d’être connue, la réalisation est un peu terne et peine a faire passer les emotions. Dommage car si finalement ca se regarde quand même avec intérêt, on reste un peu sur sa faim, et il y avait matière a faire beaucoup mieux.