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Georges P.
96 abonnés
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5,0
Publiée le 9 juillet 2015
Ce film est absolument remarquable tant par la qualité du jeu des acteurs que par un scénario ciselé. En plus le film pose les vraies questions de la mémoire, de la rédemption de l'amour et du pardon. Dommage que ce film soit passé presque inaperçu. Vraiment c'est un moment très fort de cinéma. A ne pas manquer.
Ces 8 dernières années, "Yella", "Jerichow" et, surtout, "Barbara" ont fait de Christian Petzold le chef de file de la Nouvelle Vague du cinéma allemand. "Phoenix", son dernier film, est une adaptation cinématographique très libre de « Le retour des cendres », un roman écrit par l’écrivain français Hubert Monteilhet au début des années 60. Dans ses films précédents, Christian Petzold auscultait avec talent et précision l’Allemagne de la 2ème moitié du 20ème siècle. Dans "Phoenix", il remonte plus loin dans le temps : plus précisément en 1945. Jeune femme juive, Nelly a connu Auschwitz, elle en est ressortie vivante mais défigurée. A son retour à Berlin, elle a deux buts : se faire refaire un visage ressemblant le plus possible à celui d’avant et retrouver Johnny, son mari. Le fait d’hériter de tous les biens de sa famille, en tant que seule survivante, est, en quelque sorte, le cadet de ses soucis. Son amie Lene, employée de l’agence juive, ne demande qu’à l’aider en ce qui concerne le premier but mais renâcle au sujet du second : Johnny aurait trahi sa femme et aurait été responsable de son arrestation. Si on arrive à dépasser la surprise que l’on ressent lors de la première rencontre de Nelly et Johnny, on trouvera dans "Phoenix" les mêmes qualités que dans les films précédents de Christian Petzold : une grande maîtrise dans le choix des plans, une grande rigueur dans la mise en scène, une excellente direction d’acteurs et un montage qui donne à chaque plan la bonne longueur. Sans insister, il montre les séquelles laissées chez celles et ceux qui ont baissé les bras face à la barbarie menée par Hitler ou, pire encore, ont adhéré à ses idées.
L'une des plus belles scènes finales de l'histoire de (mon) cinéma. C'est déjà bien suffisant pour aller voir le film. Mais on peut y ajouter des décors impressionnants, des acteurs parfaits, des éllipses subtiles et le choix d'un sujet difficile et casse-gueule remarquablement "dompté".
Retournée des camps de la seconde Guerre mondiale, une jeune femme tente que retrouver son mari après avoir faire refaire son visage. Malheureusement, cela va se révéler plus hardi que prévu. Un film qui se place après "Barbara", apperemment très bon et qui continue dans sa lignée de décripter une Allemagne qui fait face à une montée des extrêmes encore une fois. Ici, le retour des camps, la trahison ou le mensonge tiennent la place des thèmes du film. Une bonne oeuvre sur l'être humain, sans choquer lespectateur, mais au contraire en le touchant au plus profond bien que les décors du film restent sobres et qu'il n'y aie aucun violent pour pousser la chansonnette. De l'art.
Un belle actrice bien dans son rôle et une ambiance "grise" qui colle bien à cette histoire de jeune femme rescapée des camps et imaginée comme morte par son entourage, son mari. Malheureusement, j'ai trouvé cette histoire de chirurgie esthétique un peu dure à imaginer et cela ne m'a pas quitté du film... Sortir de sa déportation (et de ses blessures au visage) si jolie, et si méconnaissable par son propre mari est trop improbable pour moi. De plus, j'ai trouvé le rythme un peu lent mais pouvait il en être autrement avec un tel scénario? Tout comme Barbara, il faut se laisser aller et prendre le film comme il vient. Pas évident avec une même mise en scène qui souffre comme dans ce premier film d'une mise en scène très austère. Le dénouement, m'a malgré tout bien scotché, ce qui m'a finalement laissé une bonne impression générale du film. Pas indispensable mais pas dégeu non plus....
"Phoenix" aborde un sujet trop peu abordé par le cinéma : le retour des juif survivants des camps d'extermination nazis à l'après guerre... Comment se reconstruire ? Peut-on pardonner ? A ces questions le film apporte de subtiles réponses. Il repose toutefois sur une idée scénaristique tirée par les cheveux, ce qui m'a un peu dérangé.
Certes il y a le très bon jeu de acteurs, et les images - photographies - sont "belles" alors que l'histoire au début prenante est à la base triste et sordide (les camps de concentration en filigrane, la trahison, le suicide, etc.) et pourtant impossible d'"accrocher" vraiment, des longueurs ou redites inutiles venant alourdir un film dont la trame déjà pesante n'a pas besoin (on aurait presque aimé l'inclusion d'un peu d'"humour" - guillemets - par-ci par-là pour être stimulé par des contre-pieds) et enfin la chute un peu "téléphonée" avec une conclusion en flou artistique si ce n'est scénaristique ne donne même pas envie d'imaginer la "suite" mais de rentrer chez soi et passer à autre chose...
C'est le premier Petzold que je vois et j'avoue être complétement tombée sous le charme. Nous sommes au lendemain de la seconde guerre mondiale, à Berlin, et une juive allemande, ayant échappé de près à la mort et unique héritière de la fortune familiale, ne veut qu'une seule chose, retrouver son mari qui l'a trahi mais dont elle est éperdument amoureuse. Nous voilà sur un sujet plutôt délicat mais que Petzold, grâce à une mise en scène sobre et des acteurs très justes, arrive à manier avec grand art. C'est glaçant et perturbant de suivre cette femme dans sa reconstruction, autant physique que morale, et de la regarder retourner vers cet homme, dans une Allemagne détruite et déstabilisée, dont on ne voit presque rien, et que seuls les personnages nous font ressentir. Avec une fin absolument magnifique, Petzold signe incontestablement un des plus beau drame amoureux de ce début d'année.
Lorsque l'on découvre le pitch de l'histoire au bout de trente minutes de projection, on se dit que le réalisateur a trainé trop longtemps dans les kiosque à lire des BD de séries Z d'antan. Bon, on apprend au générique final que l'histoire est inspirée d'un roman français du début des années 60 : "Le retour des cendres". Voilà une femme qui va jouer avec son mari après une opération chirurgicale et qui va interpréter son propre rôle. On pouvait s'attendre rapidement à la farce grossière. Heureusement Christian Petzold n'est pas n'importe qui, il a notamment réalisé le très touchant "Barbara" empreint de toute la finesse feutrée de l'âme germanique. Ici, l'intrigue tirée par les moustaches, n'est que le prétexte à un chassé/croisé de deux êtres qui se redécouvrent et se pardonnent. La réalisation, délicate et mesurée, les acteurs biens choisis et la mise en scène discrète mais efficace confèrent à l'oeuvre une aura de qualité. Le final est une redondance de la conclusion de Barbara, en moins abouti. A voir...
Phoenix nous emporte dans une histoire pleine d'ambiguité, qui rappelle même le Vertigo de Hitchcock. On est juste un peu déçu par le rythme de la mise en place, un peu pataud. Mais c'est pardonné, tant le film, malheureusement passé assez inaperçu, regorge de qualité, notamment sa mise en scène et son actrice principale, Nina Hoss, qui crève l'écran.
Un film qui ne m'a pas totalement ému, emballé, embarqué (bon j'étais fatigué alors ça n'a pas aidé), mais qui tient la route, avec une bonne idée de scénario. Ca manque de rythme mais le scénario est intéressant, avec une psychologie du "mari" manipulateur qui n'est pas trop caricaturée ; on s'interroge en permanence, à l'image de sa femme, sur son degré d'(in)humanité. Car malgré son calme et sa méthode, il est "violent", par ses objectifs, mais également par son aveuglement.
Une bonne tenue générale alourdie le film au dessus duquel planent vainement les spectres de Fassbinder. A force de vouloir trop bien faire dans un soucis de propreté, on appel une perte d'identité et un manque d'originalité.
Je ne raconterai pas le film, d'autres l'ont fait. J'ai lu les critiques, des plus négatives au plus positives, et une question revient quasi dans chaque commentaire: comment Johnny n'a-t-il pu reconnaître sa femme, voilà partie seulement 1 an avant? L'expérience de l'Holocauste transforme, tant celui qui est pris, que cela qui dénonce. De la dénonciation, en 44, de l'arrestation de Nelly, Johnny savait qu'elle ne reviendrait pas. En 44, il est tard, dans la guerre. Des choses se savent. Il peut donc ne pas l'avoir reconnu, parce qu'elle est morte, pour lui, le jour de son arrestation. c'est la phrase redondante de Nelly qui le rappelle, tout au long du film : "je n'existe pas". Elle n'existe plus pour lui. Dès lors, il ne peut lui trouver qu'une vague ressemblance. Dès lors, il est fermé à toute interprétation (que nous, nous faisons, parce que nous savons qu'elle est Nelly) - c'est lui qui l'a dénoncée, donc qui l'a tuée. Revient-on de la mort?