La Vergangenheitsbewältigung, tel est le sujet du dernier film de Barbet Schroeder, un Suisse allemand à la filmographie éclectique qui ne parle plus sa langue maternelle. La Vergangenheitsbewältigung, c'est la capacité à regarder son passé dabs les yeux. Marthe et Jo en sont tous les deux incapables à leur façon. Dans la blanche Ibiza des années 90, la première refuse l'amnésie collective de ses contemporains. Son refus prend la forme d'un déni : elle ne parle plus l'allemand, ne monte pas dans une Volkswagen, ne boit pas de Riesling. Le second, jeune DJ fraîchement débarqué de Berlin, mixe à l'Amnesia, le club à la mode, au motif que les enfants ne sauraient être tenus responsables des crimes de leurs pères. Ainsi posé, le sujet est passionnant, qui ressemble à une dissertation de philosophie. Son traitement, trop théâtral, est décevant qui nous conduit paresseusement à un dénouement attendu. Reste la relation troublante entre Marthe et Jo, dont on se demande quel tour elle prend et sur laquelle le voile n'est pas levé.
Le nouveau film de Barbet Schroeder s'attaque simultanément à deux sujets délicats : une histoire d'amour naissante entre une personne âgée (formidable Marthe Keller) et un jeune homme (Max Riemelt) d'une part, et l'attitude de certains Allemands qui ne pardonnent pas à leur pays l'expérience du nazisme d'autre part.
Il y a sûrement un sujet de trop parmi les deux, l'un empêchant le développement de l'autre, et réciproquement.
L'histoire d'amour est assez joliment montrée. Elle progresse habilement par de petits riens qui accroissent progressivement l'attraction mutuelle. Pour l'aspect volontairement amnésique de l'Allemande par rapport à son pays, le film semble plus artificiel, et repose sur une scène pivot un peu surjouée à mon sens par Bruno Ganz.
Pour le reste Barbet Schroeder exploite bien la magnifique nature d'Ibiza mais se plante complètement sur l'installation de certaines ambiances, par exemple lors de la catastrophique séquence de la boîte de nuit.
Un film attendrissant, mais maladroit et déséquilibré.
On aurait aimé applaudir sans arrière pensées le dernier film de Barbet Schroeder, par ailleurs fort séduisant. Depuis More, ça fait un bail, le réalisateur sait en faire, des films séduisants.... En plus, il avait un excellent sujet. Les plus casse-gueule, en fait...
Martha, allemande, vit à Ibiza. Elle a voué à son pays natal une haine tenace. Non, elle ne boira pas de vin du Rhin, non, elle ne roulera pas en Volkswagen, et non, elle n'ira pas en Allemagne régler une histoire de succession même si son entêtement empoisonne la vie de sa famille, frères et cousins restés là bas. Elle reproche aux allemands de ne pas s'être réellement dénazifiés, démarqués d'un sale passé, repentis. Il est vrai que son premier grand amour (on se demande d'ailleurs si elle en a vraiment connus d'autres), son professeur de violoncelle juif, a disparu dans la tourmente. Première petite gêne pour la féministe qui sommeille en moi: les femmes seraient elles donc incapables d'avoir une réflexion politique indépendante de leur vécu sentimental?
Jo (Max Riemelt), son nouveau voisin, vient sonner à sa porte. Berlinois, il cherche à percer comme DJ dans la Mecque de l'électro. Immédiatement: coup de foudre amical. Enfin, amical, et plus si affinités, car le plus gênant de l'histoire (outre le fait qu'on comprend mal que l'acerbe Martha puisse être désarmée en un clin d'œil) c'est ce petit côté Harold et Maude, totalement improbable. Un charmant jeune homme dans le vent (DJ!) comme notre Jo peut se prendre d'amour pour une femme de l'âge de sa mère, peut être, mais de l'âge de sa grand-mère..... faut pas pousser mémé dans les orties.
Bref, nos deux deviennent inséparables, Martha s'initie aux merveilles de la musique électronique. Jusqu'au jour où débarquent la mère et le grand père de Jo, et là, le passé refait surface.spoiler: Confrontation parfaitement improbable avec grande scène limite larmoyante de notre cher Bruno Ganz, (ce Pappy que jusque là Jo prenait pour un Juste, et qu'il adorait, ce Pappy qui lui a appris à pêcher et lui racontait des histoires!) On se demande bien pourquoi il se mettrait à livrer sa vie devant une harpie, mais l'échange entre les deux femmes (la mère de Jo est médecin) est très intéressant . C'est quoi, le courage? Partir pour se donner bonne conscience, ou rester et se battre pour reconstruire un pays en ruines? On est au cœur du débat actuel entre les intellos donneurs de leçons, et les pragmatiques qui mettent les mains dans la sciure....
Une question: pourquoi Marthe Keller se balade t-elle perpétuellement avec le sourire niaisement béat du ravi de la crèche (cherche t-elle à faire concurrence à Juliette Binoche?
Ne nous cachons pas qu'une des séductions du film tient au décor incroyable dans lequel il se déroule. Moi, j'imaginais qu'Ibiza était un endroit complètement pourri, mais là on est en pleine nature, une nature sublime, des côtes abruptement découpées et une garrigue exubérante, et la maison de Martha, cube blanc irrégulier accroché à flanc de colline et noyé de végétation, c'est exactement la maison de mes rêves....
Bref, pas convainquant, mais fait passer quand même un moment agréable.
AMNESIA traite de... l'«amnésie» face au passé et des façons de gérer un traumatisme collectif pour aller de l'avant... c'est à la fois léger et profond, joliment métaphorique, grave et fluide. Très bien pour se détendre intelligemment, ce beau film sentimental, par son lien inter-générationnel, tord le coup à l'agisme et fait la part belle à ses acteurs dont la mythique Marthe Keller.
Marthe Keller, en allemande ayant répudié ses origines, s’éclaire à la bougie dans une charmante demeure à Ibiza, peuplée de tant de compatriotes. Elle fait la connaissance de son nouveau jeune voisin, qui oeuvre dans la spécialité locale : DJ. Rencontre de deux générations et réactivation de la mémoire. Papy et maman reviennent pour convaincre le jeune de revenir à Berlin. Il avait fait découvrir à son ainée des herbes convenant au poisson pêché dans les criques photogéniques de vacances prolongées. Les sujets périlleux sont abordés avec quelque finesse au début : rencontre jeune homme et femme vieillissante, la culpabilité allemande, mais cela s’abime à la fin. Pas de quoi devenir culte comme « More » tourné au même endroit du même réalisateur suisse.
Scénario sous-exploité, un jeu parfois très mauvais, et pour couronner le tout : une histoire d'amour grotesque... Seuls points positifs : les lieux de tournage et la lumière.
Années 1990. Martha, la soixantaine passée, vit à Ibiza dans un décor aride et somptueux. D’origine allemande, elle refuse de retourner en Allemagne et de parler Allemand, tant sa colère face au nazisme est encore vive, même si elle, n’a pas vraiment souffert de la guerre.
Elle rencontre Jo, jeune compatriote de 20 ans, débarqué à Ibiza pour tenter une carrière de DJ. Ils deviennent complices et proches.
Tous ces moments d’amitié sont très joliment racontés, dans un rythme inspiré par les magnifiques paysages de l’île. Marthe Keller émet un beau rayonnement.
Ceci dit et dommage, l’arrivé de la famille de Jo (sa mère et son grand-père) va déclencher des discussions amenées là un peu comme des cheveux sur la soupe ou une grande parenthèse, discussions d’ailleurs assez bâclées, sur la responsabilité des allemands face à la postérité, sur le choix entre fuir ou rester en Allemagne.
Le sentiment à la sortie de la salle est tout de même très positif.
Ce film est un moment de grâce, ce qui n'est pas fréquent. Marthe Keller excelle dans le rôle de Martha. Le paysage est à couper le souffle. C'est vraiment un très bon film, il y a le devoir de mémoire et le devoir d'avancer.
Heureusement les paysages sont superbes... mais ça ne suffit pas! Fait très rare, j'ai quitté la salle avant la fin :-( après la scène dans la discothèque, aussi vrai qu'une scène d'"Hélène & les garçons", j'ai abandonné... L'idée sur le fond n'est pas mauvaise, mais le jeu sonne faux! On n'y croit pas une seconde :-( Désolée, pourtant je n'aime pas critiquer...
Produit par ARTE, ce film tente " d'éclairer " les démons qui traversent ou sont censés traverser la société allemande. Les souvenirs enfuis ( de la dernière guerre mondiale ) et les remords qui en découlent. Il y a matière à film bien sûr mais la " matière " est ici exploitée de façon caricaturale et manque de tenue sur la durée. Le scénario, un peu faible, caricature l'amnésie et les amnésies sans jamais leur donner la consistance souhaitée. Heureusement, le film trouve parfois les bons mots et les images qui permettent de ne pas être trop déçu par cette " tentative " d'introspection.
Je considère que c'est un excellent film dramatique, tout en émotions. Je ne suis pas allée voir ce film tout de suite, j'ai préféré en voir d'autres avant et je regrette car c'est le meilleur des films sortis cette semaine. Il est tout en lenteur, émotions, regrets, souvenirs. Les deux personnages principaux sont excellents et les paysages magnifiques. C'est une histoire prenante, émouvante, intense.