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pog1970
39 abonnés
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4,0
Publiée le 15 octobre 2016
Un film engagé qui illustre avec finesse la complexité d'une vie alternative en rupture avec une société qui a perdu le contrôle de son capitalisme. Les acteurs sont magnifiques et la lueur dans leurs regards portent toute la force du film (et font oublier certaines invraisemblables). Ce plaidoyer pour un autre rapport à l'enfance et à la vie mérite le détour et pourrait bien devenir culte dans les années à venir. Oui les filles Viggo Mortensen est toujours aussi beau... mais ce n'est pas le sujet :)
Pour sa première réalisation, l'acteur Matt Ross dégaine un road-trip, cavalant sur les chapeaux de roues, où l'esprit de "Little Miss Sunshine" et d'"Into The Wild" plane. Le scénario délicatement ouvragé (en route pour les Oscars?), nous invite à découvrir une famille, vivant à l'état sauvage. D'abord observateur, pour une incursion atmosphérique galvanisante en milieu hostile, le film déballe rapidement sa trame dramatique, avec un détachement total, un humour certain et prend la route. Il s'installe dès lors en feel-good movie et multiplie les interrogations, dans des scènes de mises en situations ou d'échanges, préférant la rhétorique. En somme, le film navigue constamment d'un courant de pensée à l'autre, sans prendre partie. Tout cela pour interroger le spectateur ouvertement: qui appelle-t'on sauvage? qui l'est vraiment, l'homme de société ou l'homme "alternatif"; les deux? la civilisation a t'elle ses limites? et la vie en pleine nature, qu'en est-il? Dans cette liberté de pensée, où les pensées philosophiques et humanistes de Platon ou Noam Chomsky voguent, le spectateur se dessine un monde et se donne le droit de rêver plus fort, plus haut. Une utopie à portée de songes... D'une immense profondeur et retenue, "Captain Fantastic" devient ainsi une réflexion ouverte et bénéfique, offerte au public. Si Viggo Mortensen était né pour le rôle du père marginale, Frank Langella l'était tout autant, pour celui du grand-père conformiste. Autour des deux titans, ces enfants, ados de tous âges vont agir, réagir et eux aussi s'exprimer ; les portraits s'accumulent, la psychologie est foisonnante! S'ajoute une photographie exceptionnelle, pour un dépaysement forcément meilleur et un dernier quart d'heure, d'une tendresse immense. Déjà pour le choix du dénouement, mais aussi pour cette façon que la caméra a, d'observer ses personnages (qu'elle chérie tant) et de continuer sa conversation avec le spectateur, jusqu'à la dernière seconde. On parle de choc des cultures ici et moi je vous parle de choc cinématographique ...
Dans ce monde formalisé à outrance où les ouvertures à des modes de vie alternatifs ne doivent surtout pas emerger, ces deux heures font du bien. Un snapshot sur un choix, avec ses valeurs et ses travers, et l'incompatibilité avec la norme. Vigo Mortensen en chef de clan convaincu de la voie qu'il a choisi pour sa femme et ses enfants, est finalement bousculé dans ses convictions par ses propres enfants et la réalité, mais le groupe est suffisament fort pour trouver une porte de sortie. Le lien qui les unit est palpable, la proximité et l'énergie est parfaitement transcrite, tout le monde joue très bien. Le rythme alternant les scènes d'action, de reflexion des personnages et de symbiose familiale est porté par une bande son oh! combien envoutante, ce qui n'est pas etonnant lorsque l'on sait que Jonsi n'est autre que le principal moteur de Sigur Ross. Road movie oblige, la mise en image des paysages traversés et de la galerie de portraits est un vrai bonheur. Un vrai très bon film qui m'a fait du bien.
Déjà, je suis une inconditionnelle de Viggo Mortensen. Il est magnifique. Comment croire qu'il a 57 ans ? Cela dit, cela ne suffit pas à faire un film. Ce film propose une réflexion sur une alternative possible, une autre vie, plus saine et authentique, une autre éducation en marge de la société de consommation. Cette utopie est attirante bien que peu réaliste, et encore une fois je vais me répéter, sans doute parce que je suis une mère d'ados. Je suis très agacée par le physique parfait de ces ados aux cheveux propres, qui n'ont pas de boutons, des dents parfaites sans porter de bagues. Et le summum, le côté singe savant de la gamine de 8 ans est juste exaspérant ! J'aurais aimé plus de nuances, l'un des fils fait mine de se rebeller pour rentrer dans le rang aussi vite. Quant au fils aîné admis dans les meilleures universités, on n'y croit pas une seconde. Il est juste inadapté au monde qui l'entoure. La socialisation des enfants n'est elle pas le pré requis de toute bonne éducation ? Désolée, je n'adhère pas. Je trouve cependant le film très réussi et je le recommande.
Avec un titre qui fait penser à ce qui pourrait être le dernier Marvel en date, Captain Fantastic est un film qui va bien plus loin. Si Matt Ross en est au stade de "jeune réalisateur" il crée avec son film une sensation unique, dans un monde consommé par la société, touchant aussi bien les comportements humains des uns que des autres. Captain Fantastic est un film qui fonctionne.
Il fonctionne parce qu'il est clair et lucide. Le message qu'il cherche à envoyer ne porte pas spécialement de jugements ou de morales. Il veut nous faire croire à une critique pure et dure des humains dans la société de consommation, mais il parvient à nous donner un revers de veste quand la famille et nous, spectateurs, se rendons compte du comportement parfois très dangereux du personnage de Mortensen à travers un dialogue entre "corrompus". Il y a en permanence une remise en question des deux cotés, et Matt Ross appuie cela sur des faits qui doivent mettre d'accord : celui de l'évolution et du bien-être des enfants. Le message n'est donc pas une critique, c'est tout simplement une mise en situation de l'époque de cette Amérique qui semble si triste dans sa vie quotidienne. La famille est comme un petit rayon de soleil anachronique qui a parfois des heures sombres mais parvient à garder une union qui ne peut que forcer le respect du personnage de Mortensen et nous donner une charge d'émotions très variées, allant du rire, aux larmes, en passant par la gêne, le dégoût, la colère.
Mais le scénario, aussi subtil, léger et intelligent soit-il, n'est pas le seul responsable de tout ça. Que serait un film sans de bons interprètes. Viggo Mortensen n'a clairement plus rien à prouver, parfait dans ce rôle de père protecteur aux idées discutables mais d'une sensibilité qui force l'empathie. Mais les enfants sont aussi à notés. Du plus âgé au plus jeune, tous disposent d'une justesse que l'on retrouve très rarement dans les films, offrant une interprétation terre à terre qui joue aussi sur notre perception. Cette famille donne du coup un univers propre à eux, dans leur forêt, qui donne une bouffée d'air au spectateur, qui les admire, les observe, sans vraiment comprendre leur motivation, nous qui avons grandi dans le confort et les normes de sociétés, qui ne sont pas toutes à remettre en cause comme l'explique si bien le film.
Avec une réalisation aussi très sobre et légère, le film gagne encore en intensité car Matt Ross ne choisit pas des plans iconiques ou symboliques, d'une beauté éclatant la rétine, il cherche des plans qui sonnent vrais. Des plans qui vont faire entrer le spectateur dans le vif de l'histoire, et dans les émotions des personnages, et cela marche à la perfection. Ajoutons à cela une bande sonore à base de cornemuse, d'harmonica et autres instruments beaucoup trop peu utilisés dans le monde du cinéma, et de reprises de grands morceaux avec une mise en place très différente. Captain Fantastic est beau. Captain Fantastic est un film qui rend bizarrement heureux et naïf, car il offre un message qui ne porte aucune rage, car il offre des personnages touchants au possible, sans tomber dans la caricature, car il offre une beauté au film avec cette forêt et ce choix de cadrage. Très peu de films comme cela sont possibles à regarder, et c'est un long-métrage qui mérite amplement d'être vu, et surtout, vécu.
Un film américain indépendant qui suit les déboires d’une famille d’écolos-hippies vivant en autarcie dans une forêt du nord-ouest des États-Unis. Malgré une volonté louable de remettre en question le système et les sociétés actuelles et de montrer les limites de deux modes de vies, la réalisation manque de subtilité et se perd rapidement en grotesques caricatures, mièvrerie et fouillis idéologique contradictoire. Une fable sans grand intérêt, linéaire et prévisible, poussive et maladroite ! A mille lieux d’un "Into the Wild" !
Pour moi ce film est un chef d'oeuvre à la fois parce que les jeux d'acteurs sont poignants mais aussi pour l'image si révolutionnaire, si innovante de l'éducation, du rapport aux enfants, à la nature, à la société, à la mort. Tous les concepts sont revigorants et j'espère qu'un jours ce genre de famille ne relèvera plus de la fiction.
Film inégal entre une excellente prestation des acteurs, des situations singulières et une réalisation et mis en scène très justes. Quelques notes d'humour aussi... Le message est quant à lui plus discutable avec de nombreuses contradictions, nombres d'invraisemblances et beaucoup trop de clichés.Un scénario assez mince aussi... Divertissant mais sans plus quand même.
Un hippie érudit élève ses enfants dans la nature en leur inculquant ses valeurs spartiates. Lorsque la mort de sa femme confronte la tribu à la société de consommation certaines trivialités peuvent agacer, mais que l'utopie se rélève une impasse ne nous empêche pas d'interroger nos modes de vie. Et de garder pour longtemps cette belle histoire d'amour familiale à l'esprit.
Le sujet du film est intéressant. J'ai dans l'ensemble plutôt bien aimé cette histoire, mais deux trois petites choses m'ont agacée : en particulier une : la scène du début qui est atroce spoiler: (la mise à mort d'un cerf) et donc l'apprentissage de la chasse que le père fait à ses enfants, cela j'ai complètement détesté.
Une magnifique utopie, un grand film mêlant habilement rire et larmes, sans jamais être moralisateur. Une belle épopée familiale, originale dans son scénario, sa mise en scène, ses dialogues… des petits acteurs épatants et attachants et un Viggo Mortensen grandiose finissent de parfaire le tableau. Une très belle surprise !
Ce film est assez malhonnête intellectuellement en ce sens qu'il n'a aucune vraie ambition. A se demander si la volonté du réalisateur ne se résumerait pas à proposer à voir (et à entendre) ce qu'on a tous envie d'entendre sur le thème de la critique de l'american way of life et de ses clichés. Ben (le père) a pris un chemin de traverse dans ses choix éducatifs en imposant à sa marmaille de l'éloigner du monde "civilisé" (?). Leur éducation se fera donc en autarcie, à l'aune de sa vision et de sa perception du monde incluant ses filtres dans la dispense de son enseignement. On comprendra plus tard que sa femme n'était plus en phase avec son mari dans le respect de cette logique - le plus âgé des enfants s'est inscrit auprès de grandes écoles avec l'appui de sa mère. Le suicide de la mère (bipolaire) va faire basculer le film dans une deuxième partie assez nounouille (si j'ose dire) voire même pas crédible : je pense notamment à la scène dans le cimetière (la tombe de la mère est profanée par le père et la fratrie pour en extraire le corps) avec cette suite ridiculement pas réaliste et plausible de la crémation dans la nature (tout ça à l'insu de la police ? alors que visiblement les grands-parents fortunés ont de l'entregent) ... et un final assez mal ficelé par le réalisateur (on intuite que cette famille rebelle rentre dans le rang car tous les enfants prennent enfin - ou désormais, c'est selon - le chemin de l'école ... mais tout ce petit monde reste dans un schéma de vie à l'écart, au "vert" ... bof-bof, c'est un final peu inspiré et pas vraiment chiadé !).
Enfin des arbres, des cascades de la nature pour un film de... science fiction, tant l'histoire est utopiste. Je comprends que les critiques Libé et l'Huma soient négatives, le film en met plein la gueule sur les incohérences de nos modèles productivistes qui bousillent la santé mental de nos gosses, ces journaux de Gôche doivent culpabiliser. Ce conte à la "little miss Sunshine" est un bijou, j'attendais ça depuis longtemps... Les doutes du père sont aussi bienvenus que ses certitudes. Belles musiques aussi.
Captain Fantastic est sans aucun doute la meilleure surprise de cette année au cinéma. Un film dont on n’attendait rien et qui nous captive au final de la première à la dernière minute. Drôle et souvent émouvant cette histoire est une pure merveille. Il n’y a aucune faille dans ce scénario original imaginé par le réalisateur Matt Ross. Pour une fois un film ne fait pas que soulever des questions mais apporte aussi toutes les réponses. Pour toutes ses bonnes raisons, il est impossible de passer à coté ce qui s’annonce comme l’un de meilleurs films de cette année. [lire la critique complète sur le site]
On est entrainé dans un récit particulièrement drôle qui tourne en ridicule notre société, mensongère et idiote. Par le regard de personnes qui n’ont jamais vu la « civilisation », Matt Ross pointe du doigt les problèmes viscéraux qui plombent notre vie. Dommage qu’il se laisse aller à des effets un peu lourd de mise en scène et de narration, mais bon deux heures en compagnie de Viggo Mortensen, cela efface les problèmes.