Éternité
Note moyenne
2,1
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146 critiques spectateurs

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anonyme
Un visiteur
0,5
Publiée le 14 septembre 2016
Je veux bien entendre que qualifier un film de bon ou mauvais soit une affaire de subjectivité mais qu'en est-il des films ratés ? Parce qu'il y a une grosse différence entre un film mauvais et un raté, et Éternité appartient incontestablement à la seconde catégorie et, de mon point de vue, à la première également. Il raconte l'histoire de trois femmes qui, sur une période de 100 ans (non vous ne saurez pas de quand à quand exactement, après tout ce n'est que le pitch officiel du film, mais disons approximativement 1860-1960) vont aimer, se marier, fonder une famille (trèèès nombreuse et trèèèèès riche) et créer une généalogie. Le film, et c'est une bonne surprise qui m'a poussée à aller le voir, est donc ambitieux et très original, qualité rare pour un film français. Le traitement de l'image est splendide, parfaitement lisse et d'une constance lassante (le concept de saisons n'existe pas, les intérieurs sont beaux et ensoleillés en hiver comme en été) mais absolument magnifique sans compter les décors foisonnants et les superbes costumes. Les interprètes sont probablement excellents mais pour le vérifier il faudra revoir leurs filmographies respectives parce qu'ici le réalisateur semble avoir oublié de leur donner des rôles. Ni complexité, ni profondeur, les trois femmes sont interchangeables tandis que les hommes sont inexistants (fades diront les plus pragmatiques). Extrait choisi : Mathilde (Mélanie Laurent) et son mari Henri (Jérémie Renier) marchent au ralenti en souriant sous le soleil, activité préférée des personnages qui constitue environ la moitié des scènes de ce film. spoiler: La voix off, omniprésente et rapidement gonflante déclare les légers doutes que Mathilde au sujet de son récent mariage : Henri est un homme bon mais strict qui peut à l'occasion se montrer sec, voire cassant.
spoiler:
Très bien. Peut-être pourrait-on n'avoir ne serait-ce qu'une scène qui traduise ce trait de personnalité ? Nop, c'était juste une tentative maladroite de donner de la substance à un personnage qui n'en a tout simplement pas mais comme ce n'est pas le sujet du film, hop ça passe à la trappe. Charles (Pierre Deladonchamps) pourra lui aussi essayer d'exister le temps d'une scène où il exprimera (cette fois-ci de sa propre voix) les deux qualificatifs qui doivent suffire à faire un personnage selon le réalisateur (doux et secret). spoiler: Scène d'autant plus audacieuse qu'elle sera la seule à évoquer frontalement le mariage arrangé tout en se fendant d'un "l'amour viendra" bien senti
. Super.
Et alors là vous vous dites : mais le sujet du film ce n'était pas les femmes ? Mais si mais si ! Le problème c'est qu'elles sont, dans la mesure du possible, encore moins intéressantes que leurs maris. Je m'explique, l'idée, que dis-je, le scénario de ce film tient en une ligne : joie de l'enfantement, douleur du deuil. C'est tout, le reste n'a que peu d'importance. Du coup, malgré le fait que le film se déroule sur un siècle, les rapports entre les personnages sont les mêmes puisque qu'est-ce que le temps face à des émotions si transcendantes ? Postulat ô combien casse-gueule dans lequel le réalisateur se vautre admirablement en ronronnant de plaisir. Car non seulement les personnages gardent le même rapport à la famille durant un siècle mais ils restent également cantonnés au XIXème siècle. Les scènes ne dépassent jamais le cadre de la famille et ne s'aventurent à l'extérieur des grandes propriétés que spoiler: lors d'une tragique virée à la plage et pour les enterrements. Vision joyeuse de l'ouverture au monde.
Les hommes occupent des postes dont nous ne sauront rien tandis que les femmes enfantent et tiennent la maisonnée. Pourquoi pas après tout puisque la maternité épanouie est le sujet du film sauf que cette absence d'évolution des mœurs pour un film qui se targue de s'ancrer dans l'Histoire laisse au mieux perplexe, au pire passablement énervé. D'autant que ce confinement autour de la famille heureuse teinte l'ensemble, déjà nauséabond, d'un air tenace de ringardise. Les trois personnages féminins peuvent alors se contenter d'être des poules pondeuses puisqu'elles ne seront caractérisées par rien, mais alors RIEN d'autre, à aucun moment, spoiler: parfois même jusqu'à en mourir.
Les actrices, au centre du projet, n'ont donc qu'à se contenter d'alterner visages extatiques devant les bambins et masques de peine devant les cercueils sous le regard indifférent et vaguement somnolent (ah oui parce que j'ai pas précisé mais c'est looooooong) du spectateur.
En résumé je dirais que c'est un film raté car il manque tous ses objectifs : il voudrait être épique, il est soporifique, il se voudrait passionné, il est lénifiant, il s'espère audacieux, il est prude, il aimerait être proche des femmes, il est misogyne. C'est un film aux visées amples mais aux résultats atrophiés, un film sur la vie qui sent le formol, où chaque minute passée semble durer des heures, et chaque heure, une éternité.
anonyme
Un visiteur
4,5
Publiée le 14 septembre 2016
Très beau film, lent mais poétique, émouvant, touchant,original car très peu de dialogues. Belles images. A voir
ffred

1 988 abonnés 4 258 critiques Suivre son activité

5,0
Publiée le 13 septembre 2016
Après un début de carrière tonitruant (L'odeur de la papaye verte, Cyclo, A la verticale de l'été), Tran Anh Hung avait marqué le pas avec le très décevant La ballade de l'impossible. Un casting alléchant et juste deux ou trois images de la bande-annonce m'avaient redonné espoir pour ce nouveau film. J'en suis sorti émerveillé sur tous les plans. Tout est parfait. La mise en scène est somptueuse, soignée et d'une élégance folle. Elle est aussi originale que risquée. Car il ne passe finalement pas grand chose dans Eternité. Juste la vie qui coule, le temps qui abime. Naissances (belle pub pour La manif pour tous diront les mauvaises langues), maladies, guerres, morts, joies, peines. Si cela ressemble à une saga familiale, ce n'est pourtant pas vraiment de celles que l'on a l'habitude de voir. Même si, sur un siècle, se déroule sous nos yeux l'histoire de cette famille. C'est en fait juste une succession de petits moments, avec très peu de dialogues, rythmés par une voix-off (extrait du roman dont est adpaté le scénario) et une musique omniprésente qui en dit autant ou même bien plus qu'un bavardage incessant. L'émotion n'est pas présente tout le temps, elle ne monte pas progressivement, mais elle nous surprend par petits pics intempestifs et fulgurants. Certes, il y a peu d'action. Le tout est très lent (je comprends qu'on puisse s'y ennuyer). Lent comme la vie qui passe, lent comme une chaude journée d'été où l'on ne fait rien que lézarder au soleil. Techniquement, le film est une splendeur. Voilà sans doute la plus belle photo vue depuis longtemps. Les images sont d'une telle beauté que chaque plan est plus beau que le précédent. Les costumes, les décors, le son, la musique, tout est au diapason. Tout comme les acteurs. Même s'ils n'ont, finalement, pas grand chose à défendre. Juste d’être là, nous faire croire en leurs personnages et les rendre attachants. Audrey Tautou, Bérénice Bejo, Mélanie Laurent, Pierre Deladonchamps et Jérémie Rénier sont magnifiquement mis en images, sobres et beaux. Eternité est donc une vraie splendeur, une beauté envoutante et contemplative dans laquelle j'ai glissé avec le plus grand bonheur. Comme le tableau d'un grand maître, qui nous ravit les yeux comme le cœur. Aussi sophistiqué et stylisé que Le fils de Jean est simple, ils sont pourtant les deux meilleurs films français de l'année pour l'instant. Tran Anh Hung retrouve ici sans problème la place qu'il avait dans mon estime. Son film est une pure merveille.
Daniel C.
Daniel C.

172 abonnés 732 critiques Suivre son activité

3,5
Publiée le 13 septembre 2016
Excursion transgfénérationnelle dans la grande bourgeoisie. L'esthétique visuelle et musicale est au rendez-vous. La mortalité infantile, dans ces familles nombreuses, produit beaucoup de douleurs. La voix de la narratrice emmené le cinéma du côté de la littérature. Un voyage dans l'histoire pour le moins inhabituel.
Bernard Moors
Bernard Moors

3 abonnés 5 critiques Suivre son activité

1,5
Publiée le 13 septembre 2016
C'est un film de décorateur, belles images de jardins , de meubles , de vêtements, mais on s'ennuie terriblement , les personnages sont abstraits , on ne les suppose travailler ,ils se marient , font des enfants , les perdent , pleurent,jamais on n'entre dans l'histoire
anonyme
Un visiteur
0,5
Publiée le 13 septembre 2016
Je ne met pas 0/5 à ce film uniquement parce que son titre définit parfaitement ce qu'il nous fait ressentir : il dure une éternité ! Le scénario est inexistant, la morale douteuse, les acteurs pitoyables (surtout les hommes qui déclament leur texte comme au théâtre...) et surtout, le pire du pire, ce foutu piano assourdissant que l'on entend pendant les 3/4 du film ! Certes, les images sont belles et les costumes réussis, mais le reste est une catastrophe. On nous lance des noms de personnages par salve de 10-15, les rendant impossible à retenir et rendant ainsi le film incompréhensible. Bref, à fuir !
Elisabeth G.
Elisabeth G.

214 abonnés 1 199 critiques Suivre son activité

4,5
Publiée le 13 septembre 2016
Un film esthétique, sublime, avec une lumière extraordinaire, un peu lent, avec un casting épatant.
Une critique plus détaillée et d'autres sur
Ollia
Ollia

9 abonnés 155 critiques Suivre son activité

2,5
Publiée le 12 septembre 2016
On sait qu'en allant voir ce film on ne va pas voir un chef d'oeuvre d'originalité et de scénario vu la bande annonce. Quand je me suis rendue au cinéma, c'était dans le but de voir un film poétique, adapté au départ d'une oeuvre littéraire, et de jolies images qui font un peu de bien dans ce monde de brutes. Un film qui mérite le César de la meilleur photographie, sans nul doute. Des paysages somptueux et de très belles prises de vues de la part du réalisateur.
Après, cela reste un film ennuyeux et quelque peu déprimant, les scènes malheureuses prenant un peu trop le dessus sur les joyeuses à mon sens. La voix off qui prend une place prépondérante par rapport aux voix des acteurs eux mêmes peut dérouter aussi le spectateur. Acteurs qui jouent cependant avec beaucoup de justesse.
Un truc aussi qui est particulièrement agaçant, c'est quand la musique voue tue les oreilles quand elle veut vous annoncer un moment dramatique (et au piano c'est pire...) vous invitant presque à pleurer alors que vous n'en avez, à vrai dire, pas vraiment envie. Horreur de ça.
Bref....A voir comme un livre d'images, méritant la moyenne, sans plus.
anonyme
Un visiteur
1,5
Publiée le 12 septembre 2016
Le texte à retenir pour les acteurs n'a pas du être bien compliqué, il tient sur une page recto verso. Voix off insupportable.
Très déçu par ce film qui avait pourtant une affiche alléchante.
DarkAkuma02
DarkAkuma02

61 abonnés 506 critiques Suivre son activité

2,0
Publiée le 12 septembre 2016
Ce film dresse le portrait d'une famille sur plusieurs générations.
J'ai trouvé le sujet original tout comme son traitement, le scénario comportant peu de dialogues pour laisser la place à une voix-off commentant régulièrement les événements. Ce long-métrage dispose de belles images, de nombreuses scènes paraissant sorties d'un tableau. Toutefois, j'estime que ce récit manque un peu d'âme, étant centré sur les différentes filiations et présentant des relations idylliques entre les différents individus, ponctué parfois par des décès plus ou moins brutaux. De ce fait, j'ai eu un peu de mal à m'attacher aux personnages et à trouver un réel sens à l'histoire.
anonyme
Un visiteur
2,0
Publiée le 12 septembre 2016
Si ce film a au moins une qualité, c'est qu'il porte bien son nom : il dure une éternité ! En tout cas, c'est l'impression qu'il donne tant on s'ennuie devant cet album de famille de jolis acteurs aux belles couleurs, qui frôle souvent le gnangnan et dont la description narrative est d'une lourdeur absolument indigeste ! Impossible d'avoir la moindre empathie pour les personnages, malgré un casting de qualité, ni la moindre émotion devant leurs destins et surtout leurs malheurs (et pourtant, de ce côté-là, on est servi...), tant ils semblent totalement irréels dans ce tableau contemplatif. J'ai lutté pour tenir jusqu'au bout, tellement c'est lent, long, trop long, et décidément, malgré le thème et l'intention, sans doute louable, de ce film, sans intérêt...
anonyme
Un visiteur
1,5
Publiée le 12 septembre 2016
Ambiance étouffante et j'ai eu du mal à cerner pourquoi ce film m'a laissé cette impression. Ce sont les images envahissantes de jardins et de fleurs partout sans jamais tout au long du film voir le ciel ou l'horizon. Sauf dans la crique très très encaissée qui donne encore ce sentiment d'enfermement voire d'oppression. Pourtant au début du film j'ai été ravie de constater que certain réalisateur était encore capable de filmer des travellings (ce qui n'existe quasiment plus, les plans devenant de plus en plus courts au fil des films, à tel point que l'on ne voit plus les actions) et j'étais séduite pas la lenteur du film. Mais cette ambiance pesante, le manque de dialogues qui donne l'impression que les personnages ne vivent pas, ça devient vite lassant et on n'aimerait bien sortir de l'enclos de ce gynécée. De l'air, de l'air, car c'est ce qui manque à ce film de plomb.
ninilechat
ninilechat

84 abonnés 564 critiques Suivre son activité

3,0
Publiée le 12 septembre 2016
Je connaissais un peu Tran Anh Hung. Je l'avais interviewé pour un journal franco/vietnamien, il y a un certain nombre d'années. Il était alors dans une période professionnelle difficile. On lui demandait de tourner des clones de l'Odeur de la Papaye verte..... et il ne trouvait pas de financement pour d'autres projets. Or, partis du Vietnam dans des conditions difficiles, ses parents lui avaient tenu à peu près ce langage: nous n'avons pas choisi de venir en France. Mais maintenant que nous y sommes, nous allons être plus français que les Français, et pour commencer, tu seras premier en classe. Tran n'avait donc pas du tout envie de jouer le vietnamien de service. Il a donné d'ailleurs de son pays natal une vision bien noire dans Cyclo... Après, il y a eu un film japonais, à demi réussi; puis, cet étrange objet qu'est Eternité.

Oh, on comprend bien ce que Tran a voulu faire; d'une façon très ambitieuse, parler de la puissance de la vie. Celle qui, au Viet Nam, rebâtit après les typhons. Cette pulsion vitale qui fait qu'un homme et une femme s'unissent pour créer la vie; cette pulsion de toutes (les féministes vont glapir!) les femmes de porter la vie, d'avoir un ventre fécond et ainsi la vie se perpétue, malgré tout, en dépit de tout....

Seulement, la façon dont il l'exprime ne peut que laisser perplexe. On est dans un monde faux. Dans une nature luxuriante (dans le midi de la France sans doute.... où la présence de bambous et de plantes exotiques évoque irrésistiblement la riche végétation du Viet Nam, encore...), et toujours en été, (on chanterait Nino Ferrer...), dans un milieu où les femmes vêtues de mousseline n'ont rien d'autre à faire qu'à câliner leur progéniture dans le cadre de ces merveilleux jardins ou d'intérieurs luxueux, auxquels il ne manque pas un coussin, pas une pendule...(les pères doivent bien travailler de temps en temps, mais il n'en est pas question: ils sont toujours là!) Dans la première moitié du XXe siècle, trois femmes, Valentine (Audrey Tautou), épouse du beau Jules (Arieh Worthalter); la belle fille de Valentine, Mathilde (Mélanie Laurent) épouse de son fils Henri (Jérémie Renier); et enfin Gabrielle, (Bérénice Béjo), cousine de Mathilde et épouse elle même de Charles (Pierre Deladonchamps) qui vont toutes trois lapiner au delà du raisonnable avec une soif inextinguible de grossesse, d'accouchement qu'on finit par trouver.... quasiment pathologique, même quand on comprend ce bonheur qu'apporte une naissance.

Tout ce monde passe son temps à s'embrasser, à s'enlacer, à se toucher, à se câliner. Les enfants ne désobéissent jamais, ne se chamaillent pas, les petits garçons sont impeccablement coiffés et les petites filles n'ont pas une salissure à leurs robes de linon blanc....

Mariages, baptêmes, enterrements. Car on meurt aussi beaucoup, ce qui doit être conforme à la situation en France au début du siècle précédent. Embrassades, larmes.

Je ne comprends pas ce que Tran a voulu faire. Je ne connais pas ce livre d'Alice Ferney, l'élégance des veuves, qu'il a choisi d'illustrer. Ajoutons qu'il n'y a quasiment aucun dialogue, les situations étant commentées par la voix off de Tran Nu Yên Khê (madame Tran, si je ne me trompe), et le reste du temps occupé par des torrents de Debussy, Chopin, Fauré, et même Charpentier (Gustave...); le temps peut paraître long. Ce commentaire est extrêmement littéraire, surécrit -j'en extrairais cette belle et grave pensée de Valentine après son précoce veuvage "Valentine eût la vision claire de ce qui l'attendait: une vie très longue à regarder partir les autres sans pouvoir les retenir....[ ] il n'y a pas d'issue heureuse".

Je pense que le réalisateur est passé à côté, que le film est étouffé par ses décors, par ce miel et ces sirops qui l'engluent, et qu'on aimerait le voir retrouver la poésie simple et tranquille de ses premiers films: retournez, à vos sources, cher Tran!
Stéphane C
Stéphane C

75 abonnés 389 critiques Suivre son activité

5,0
Publiée le 4 octobre 2016
Chronique d'une famille bourgeoise unie dans liesse comme dans le malheur. Le réalisateur de "L'odeur de la papaye verte" explore, dans cette œuvre onirique et contemplative, tous les interstices de l'existence en les sublimant ...
anonyme
Un visiteur
5,0
Publiée le 12 septembre 2016
Pas de question, pas de réponse, sans pathos et sans voyeurisme, les événements, les plus beaux et les pires, les paroles qui disent l'amour, les rires, l'empreinte des regards et des sourires, et puis la chair qui emporte tout, choisissant ses propres souvenirs. Chair conçue, mise au monde, touchée, caressée, connue et reconnue, accompagnée jusqu'au bout. Le contact de la peau et la peau en contact. La chaleur de l'œuf tout juste pondu, la chatouille des têtards qui s'échappent. Au creux de la main. Le goût de la confiture, des larmes, l'odeur des cheveux, ce câlin-là, parmi tous les autres, dans la touffeur de l'été. Pour toujours. Il fallait oser ne garder que cet essentiel, faire fi des vraisemblances et du poids même de la vie, de sa salissure à laquelle nous rajoutons tant de tâches. Éternité donne à voir cette bouleversante chose nue, propose une vision en la mémoire. Si le film Matrix a marqué un tournant dans le cinéma en montrant des effets jusque-là inédits, Tran Anh Hung donne avec ce film un magnifique coup de volant et nous affirme que le cinéma n'est pas mort, qu'il est éternel. Pour qui saura saisir cette ambition, ce film sera inoubliable.
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