Note moyenne
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Une photo magnifique (paysages, maisons, intérieurs, costumes), une distribution impressionnante, un film plutôt bien interprété mais alors c'est long, c'est lent, ça manque d'épaisseur !
Finalement ça semble bien durer une éternité mais pour pas grand chose...
Finalement ça semble bien durer une éternité mais pour pas grand chose...
Quelle déception ! Beaucoup de longueur, une voix off présente durant tout le film, pratiquement aucun dialogue entre les acteurs. Je ne m'attendais pas du tout à la façon dont est présentée l'histoire.
Dommage, étant romantique et littéraire, la synopsis et la bande annonce laissaient penser que ce film était fait pour moi.
Par contre, je reconnais que les images, les décors et les costumes sont très beaux. Ce film est très bien filmé. Les images au ralenti et flashback ne m'ont pas gêné contrairement à d'autres dont j'ai pu lire les critiques et au contraire, à mon sens, donnent du charme et de la poésie à l'histoire.
Dommage, étant romantique et littéraire, la synopsis et la bande annonce laissaient penser que ce film était fait pour moi.
Par contre, je reconnais que les images, les décors et les costumes sont très beaux. Ce film est très bien filmé. Les images au ralenti et flashback ne m'ont pas gêné contrairement à d'autres dont j'ai pu lire les critiques et au contraire, à mon sens, donnent du charme et de la poésie à l'histoire.
Une sorte de tree of life en VF, en tous cas le même supplice, c'est lent, sans intérêt mise à part l'esthétisme du film qui n'est que contemplatif. Et comme ça n'est pas assez lent, il y a en plus des ralentis. Accompagné de morceaux au piano qui déchirent parfois les tympans, bref c'est pompeux et odieux. Et en effet cela semble durer une éternité.
Quel tristesse, quel dommage tant ce réalisateur est maitre de subtilité et d'intelligence narrative comme il l'a prouvé avec ces magnifiques films précédents comme "L'Odeur de la paye verte" (1992), "A la verticale de l'été" (2000) et dernièrement "La ballade de l'impossible" (2010). Et si les dialogues sont presque proscrits on est inondé d'une omniprésente voix Off hyper explicative et inutile puisque souvent elle décrit ce qu'on voit à l'écran ! Quelle déception ! Vivement un retour aux sources pour Tran Anh Hung...
Un très beau film, tant au niveau du visuel que de la bande-son. Éternité est une poésie de 2h qu'on prend plaisir à écouter et à regarder, tous les sens se mélangeant dans une fumée angélique. Le casting virginal donne cette impression de pureté et d'innocence à la vie, qui n'en est que d'autant plus bouleversée par des tragédies. En résumé: on se laisse bercer par cette fable délicieuse.
Tres décue! Apres une bande annonce magnifique, j'avais de hautes attentes! Un film très beau d'un point de vue visuel, mais très plat comparé au livre d'Alice Ferney!
Je suis sortie avant la fin du film... C'est lent, très lent. Les scènes où elles embrassent leurs bébés sont sûrement émouvantes pour les mamans ou les femmes qui le désirent. En tant que romantique, littéraire etc... J'ai trouvé ce film ennuyeux. La photographie est très jolie. Cela m'a replongée dans les photos planquées dans le grenier de ma grand mère. Mais voilà, trop niannian pour moi, je ne pensais pas dire ça d'un film aussi sensible! Je ne recommande pas, évidemment...
"Eternité" (qui tient, hélas, la promesse de son titre - près de 2 heures d'ennui sans fin...) est l'adaptation (par le metteur en scène) d'un livre (par Alice Ferney - qui est-ce ?....) intitulé "L'Elégance des Veuves". On y trouve en effet des veuves ("Valentine" - Audrey Tautou - du type increvable, et "Gabrielle" - Bérénice Bejo - une des belles-filles de la première,
spoiler:
un "n°2", remplaçant sa cousine, "Mathilde", laquelle meurt au 9e enfant à 40 ans, d'une fièvre puerpérale semble-t-il
), et c'est très élégant (une étoile pour les qualités plastiques - indéniables, bien que très - trop - classiques, pour ne pas dire vieillottes, et avec un peu trop de "léché"). Une "histoire de famille" sans un brin de romanesque, et avec comme seule chair celle de bébés Cadum et autres bambins pour réclames surannées. Le "récit", couvrant une bonne partie du 20e siècle, avec épilogue "de nos jours", pour couple échevelé - au sens propre - sur le pont Alexandre III, en chaînon (parmi de nombreux autres, comme l'indique la - très présente - narratrice : parentèle extrêmement étendue, même si génitrices sans doute moins fécondes maintenant qu'aux périodes Valentine, Mathilde, Gabrielle & co) de cette "Eternité" qui nous aura laissés de marbre, après 1 h 55 d'un quotidien répétitif (aux décès près, seules "fantaisies" de narration : Grande guerre, maladies, fausses couches ou enfants morts-nés) de sujets Grévin (épouses comblées de maris fidèles, et mères ravies de plein de garçons, et quelques filles - dans la haute bourgeoisie, avec beaux appartements et grande villa de famille agrémentée d'un jardin édénique, au bord de la Grande Bleue - toujours aussi minces qu'à leur nuit de noces, même après 12 grossesses, et l'ordinaire « poids des ans »). Et ce n'est pas la distribution qui réussit à relever le niveau d'intérêt du spectateur qui bâille, depuis les premières images.... le plus amidonné du lot étant Pierre Deladonchamps ("Charles"), à plutôt aller voir dans "Le Fils de Jean", un film qui raconte quelque chose, lui !
), et c'est très élégant (une étoile pour les qualités plastiques - indéniables, bien que très - trop - classiques, pour ne pas dire vieillottes, et avec un peu trop de "léché"). Une "histoire de famille" sans un brin de romanesque, et avec comme seule chair celle de bébés Cadum et autres bambins pour réclames surannées. Le "récit", couvrant une bonne partie du 20e siècle, avec épilogue "de nos jours", pour couple échevelé - au sens propre - sur le pont Alexandre III, en chaînon (parmi de nombreux autres, comme l'indique la - très présente - narratrice : parentèle extrêmement étendue, même si génitrices sans doute moins fécondes maintenant qu'aux périodes Valentine, Mathilde, Gabrielle & co) de cette "Eternité" qui nous aura laissés de marbre, après 1 h 55 d'un quotidien répétitif (aux décès près, seules "fantaisies" de narration : Grande guerre, maladies, fausses couches ou enfants morts-nés) de sujets Grévin (épouses comblées de maris fidèles, et mères ravies de plein de garçons, et quelques filles - dans la haute bourgeoisie, avec beaux appartements et grande villa de famille agrémentée d'un jardin édénique, au bord de la Grande Bleue - toujours aussi minces qu'à leur nuit de noces, même après 12 grossesses, et l'ordinaire « poids des ans »). Et ce n'est pas la distribution qui réussit à relever le niveau d'intérêt du spectateur qui bâille, depuis les premières images.... le plus amidonné du lot étant Pierre Deladonchamps ("Charles"), à plutôt aller voir dans "Le Fils de Jean", un film qui raconte quelque chose, lui !
Le film le plus chiant que j'ai vu depuis longtemps ! Le budget script semble avoir été coupé, et remplacé par des bisous aux nourrissons. Jolies images mais euh...
Quasiment pas de dialogue , presque que de la narration , une musique au piano quasi permanente et enervante , tres lent , tres chiant et depart anticipe de la seance.
"Éternité", c'est un tantinet surfait.
Je propose un nouveau titre : "Mange mon romantisme".
Parce que bon, c'est joli... franchement, c'est joli ; mais c'est tellement trop !
Alors avant tout, je tiens quand même à insister sur le « joli » : car avec tout ce que j'ai à redire – au vu surtout de ce que l'affiche et la bande-annonce laissaient s'imaginer, même si ce n'est jamais tout à fait honnête de recevoir une œuvre par comparaison à l'idée qu'on s'en était faite –, je pourrais laisser penser que j'ai trouvé le film mauvais. Ce qui n'est absolument pas le cas.
L'histoire que ça raconte est pleine de situations et d'idées émouvantes, quoique l'écriture à proprement parler – et surtout celle de la voix off, dont je peine un peu à trouver l'utilité – soit relativement superficielle. Les trois comédiennes centrales sont parfaites, même si du côté des enfants quelques scènes se passent laborieusement. Puis visuellement, surtout : c'est une succession ininterrompue de couleurs saturées, magnifiquement assorties entre les tapisseries, les robes, les fleurs... et la directrice artistique (l'épouse du réalisateur, si j'ai bien compris) a produit un travail admirable, épaulée par une équipe de techniciens, maquilleurs, décorateurs, costumiers, qui manifestement ont mis un amour et un soin infinis à la tâche.
Rien que pour cela, le film mériterait déjà d'être vu.
Mais plus que cela, il y a chez Trân Anh Hùng une sensibilité passionnée du XIXème romantique et impressionniste qui, plus encore qu'à la musique – ah ! je vais y revenir, à la musique ! – transparaît dans la composition de ses cadres, le choix des textures, la température des lumières, qui font de ses plans autant d'hommages aux intérieurs d'Edgar Degas, aux jardins de Claude Monet ou aux chairs roses d'enfants et de filles peau nue de Pierre-Auguste Renoir. Le mouvement s'y intègre plus difficilement : les travellings ont souvent l'air plus décoratifs que pertinents, mais il reste quelque chose de suffisamment cinématographique à la façon de penser les cadres pour que la mise en scène ne se réduise pas à une succession de toiles.
spoiler: Je pense notamment à la scène où le personnage d'Audrey Tautou apprend la mort de ses jumeaux, et où le sentiment de vertige qui la saisit est accentué par la présence partout à l'écran de ses reflets dans les miroirs qui l'entourent, donnant l'impression qu'elle n'est plus seule dans la pièce, mais cernée.
Et pour être honnête, même si je reçois le film comme une relative déception, cela reste quoi qu'il en soit un courant d'air frais dans le paysage, de voir une production française aussi atypique pour ce genre de budget et de casting se donner l'ambition d'être un grand œuvre esthétique en même temps qu'un film somme traitant à la fois de la vie, de la mort, de l'enfantement, de la vieillesse, de l'amour, de la mémoire, etc. Que ce soit dit donc : malgré tous les reproches qui vont suivre, c'est un film qui va rester dans un coin de ma tête bordé d'une certaine affection.
J'avais promis de revenir à la musique : commençons donc par la musique.
Le répertoire pour piano romantique et impressionniste du XIXème jusqu'au tournant du XXème, pour faire simple, c'est à peu près la musique que j'aime par-dessus tout. Alors pour m'en faire faire une indigestion, il faut vraiment y aller au marteau-piqueur. Globalement c'est d'ailleurs le reproche que j'aurais à adresser à tout le film, joli qu'il soit : quand ton but affiché est d'irradier la délicatesse à chaque millimètre et chaque seconde, bah la méthode marteau-piqueur, c'est pas forcément la bonne.
Et le film a bien d'autres problèmes d'ailleurs que d'être inondé par sa musique, mais l'inondation de musique est tellement outrancière et tellement caractéristique de ce qui dysfonctionne : à trop en tartiner, même les beaux effets deviennent écœurants ! Des demi-heures entières de film sans aucune respiration, aucun silence, sans même trois secondes de pause entre deux morceaux de piano – sérieusement, à plusieurs reprises, certains se chevauchent avec des transitions en fondu ! –, déjà ça banalise la force de la musique puis immanquablement ça finit par produire un effet suffocant, une impression de grosse mélopée interminable.
Pour dire : c'est l'absence de musique qui finit par faire figure d'exception pour venir rehausser l'émotion ! L'une des plus belles scènes d'ailleurs, celle où Mélanie Laurent – magnifique Mélanie Laurent, qui capture tout ce que la scène a d'indissociablement maternel et sensuel – décrit l'impression vive et charnelle que le corps de ses enfants fait sous ses mains et sous ses yeux, se déroule en silence. Et la réussite de la scène n'est même pas tant due à la beauté des images qu'à celle de ce silence.
Le cinéma, ça a besoin de respiration, ça a besoin de silence ; ça a besoin de variété et de développement, aussi. Moins de deux heures pour exposer la vie d'une famille sur trois générations, avec ses naissances, ses deuils, ses amitiés, ses passions... bah allons, je ne demandais qu'à voir ! J'étais perplexe, mais je ne demandais qu'à voir. Évidemment à l'arrivée c'est trop court pour ce que ça se donne à raconter, et c'est l'épaisseur des personnages qui en souffre. Il faudrait savoir, au juste, comment on est censé s'émouvoir autrement que superficiellement des drames vécus par des gens dont, pour la plupart, on n'a vu que la naissance, le baptême, l'entrée dans les ordres ou le mariage, l'accouchement et la mort. Tout de même : ce genre d'étapes alignées en parcours, c'est la pire coquille vide à laquelle on puisse réduire une vie ! Où sont les choses infimes ? Les instants à peine aperçus, puis oubliés, qui font la richesse de l'existence ? Où ? Mélanie Laurent qui caresse l'épaule d'un de ses fils, ou s'endort en lisant sur les genoux de Bérénice Bejo ; quelques autres scènes à la rigueur, çà et là, éparses. Mais trop peu !
Le film d'ailleurs est si conscient de ne pas donner assez à son spectateur pour s'émouvoir du sort de ses personnages qu'il prend l'habitude systématique, après chaque décès, de recourir à une série de flashbacks plus ou moins bon marché pour essayer de recréer de l'intensité dramatique en dernière minute. Mais c'est trop tard, bonhomme : l'émotion, faut qu'on l'ait sur le moment, fallait qu'on se sente concernés par tes personnages avant qu'ils ne meurent ! Faute de quoi l'on touche à la longue à l'impression lassante d'une simple répétition d'accouchements et de décès !
Reste enfin que pour une œuvre qui, par sa narration, veut tant puiser à la fresque romanesque, c'est bien trop pauvrement écrit. Ça n'est jamais grossier ni inélégant (encore heureux, vu que ça s'évertue d'être l'incarnation filmique de la délicatesse), mais c'est à la fois souvent trop guindé et trop maigre. Le talent d'Audrey Tautou, de Mélanie Laurent et de Bérénice Bejo sauve tout de même les meubles de ce côté-là, les trois ayant la capacité distinctive de trouver sur quel ton dire une réplique pauvre ou peu naturelle pour lui redonner de la spontanéité et de la vie. Mais le choix de la voix off omniprésente demeure sans doute le plus irrattrapablement maladroit : d'une part, parce que la distance qu'elle installe entre le spectateur et l'action vient encore ajouter au défaut d'émotion que causait déjà le défaut d'épaisseur des personnages ; d'autre part, parce que cette voix off n'a finalement rien à dire... rien, du moins, qui n'aurait pu être amené de façon plus vivante et plus spontanée au sein du film, si précisément le développement avait été plus fourni et l'écriture plus fine.
Pour finir d'un mot sur l'association que tout le monde – à commencer, sciemment, par la promotion du film – aura déjà faite entre celui-ci et "The Tree of Life" de Malick, que ce soit dit : pour le meilleur et pour le pire, les similitudes s'arrêtent à la surface. Ça n'en a évidemment ni le génie, ni la richesse, ni le transport, ni l'extase, ni moins encore la profonde poussée vitale ; au-delà de quoi ça parle de mort, d'enfantement, ça cherche une représentation à la fois spirituelle et charnelle de l'amour, ça use – et ça abuse – de musique classique, ça inscrit l'existence individuelle au sein d'un ordre plus vaste, en effet... mais tout diffère par l'intention, la sensibilité et le ton : où le film de Malick puise au poème mystique et à l'existentialisme chrétien, "Éternité" puise – je le signalais déjà – à la fresque romanesque et au romantisme. Les ressemblances ne sont donc qu'apparentes et ne se recoupent ni par la portée, ni par le sens : pas ici de préfiguration esthétique de la transcendance ; le grand ordre qui déborde l'existence individuelle n'est ni la nature ni le cosmos mais la famille, et tout s'en retourne donc à l'immanence sentimentale des hommes et des femmes qui la composent.
Tant mieux d'ailleurs, le film gagne bien mieux à s'affirmer une identité propre qu'il n'eût gagné à pasticher Malick – on ne gagne jamais à pasticher qui l'on n'a pas le talent de surpasser. Où la comparaison devient inévitablement plus cruelle, entre deux films dont le thème central reste la Vie, c'est qu'où Malick était parvenu à en capturer la puissance, l'ardeur, le foisonnement, "Éternité" par l'effet cumulé de son esthétique sophistiquée, de sa mise en musique incessante et de sa voix off, ne capture que la joliesse d'un album d'images sous papier glacé.
Je propose un nouveau titre : "Mange mon romantisme".
Parce que bon, c'est joli... franchement, c'est joli ; mais c'est tellement trop !
Alors avant tout, je tiens quand même à insister sur le « joli » : car avec tout ce que j'ai à redire – au vu surtout de ce que l'affiche et la bande-annonce laissaient s'imaginer, même si ce n'est jamais tout à fait honnête de recevoir une œuvre par comparaison à l'idée qu'on s'en était faite –, je pourrais laisser penser que j'ai trouvé le film mauvais. Ce qui n'est absolument pas le cas.
L'histoire que ça raconte est pleine de situations et d'idées émouvantes, quoique l'écriture à proprement parler – et surtout celle de la voix off, dont je peine un peu à trouver l'utilité – soit relativement superficielle. Les trois comédiennes centrales sont parfaites, même si du côté des enfants quelques scènes se passent laborieusement. Puis visuellement, surtout : c'est une succession ininterrompue de couleurs saturées, magnifiquement assorties entre les tapisseries, les robes, les fleurs... et la directrice artistique (l'épouse du réalisateur, si j'ai bien compris) a produit un travail admirable, épaulée par une équipe de techniciens, maquilleurs, décorateurs, costumiers, qui manifestement ont mis un amour et un soin infinis à la tâche.
Rien que pour cela, le film mériterait déjà d'être vu.
Mais plus que cela, il y a chez Trân Anh Hùng une sensibilité passionnée du XIXème romantique et impressionniste qui, plus encore qu'à la musique – ah ! je vais y revenir, à la musique ! – transparaît dans la composition de ses cadres, le choix des textures, la température des lumières, qui font de ses plans autant d'hommages aux intérieurs d'Edgar Degas, aux jardins de Claude Monet ou aux chairs roses d'enfants et de filles peau nue de Pierre-Auguste Renoir. Le mouvement s'y intègre plus difficilement : les travellings ont souvent l'air plus décoratifs que pertinents, mais il reste quelque chose de suffisamment cinématographique à la façon de penser les cadres pour que la mise en scène ne se réduise pas à une succession de toiles.
spoiler: Je pense notamment à la scène où le personnage d'Audrey Tautou apprend la mort de ses jumeaux, et où le sentiment de vertige qui la saisit est accentué par la présence partout à l'écran de ses reflets dans les miroirs qui l'entourent, donnant l'impression qu'elle n'est plus seule dans la pièce, mais cernée.
Et pour être honnête, même si je reçois le film comme une relative déception, cela reste quoi qu'il en soit un courant d'air frais dans le paysage, de voir une production française aussi atypique pour ce genre de budget et de casting se donner l'ambition d'être un grand œuvre esthétique en même temps qu'un film somme traitant à la fois de la vie, de la mort, de l'enfantement, de la vieillesse, de l'amour, de la mémoire, etc. Que ce soit dit donc : malgré tous les reproches qui vont suivre, c'est un film qui va rester dans un coin de ma tête bordé d'une certaine affection.
J'avais promis de revenir à la musique : commençons donc par la musique.
Le répertoire pour piano romantique et impressionniste du XIXème jusqu'au tournant du XXème, pour faire simple, c'est à peu près la musique que j'aime par-dessus tout. Alors pour m'en faire faire une indigestion, il faut vraiment y aller au marteau-piqueur. Globalement c'est d'ailleurs le reproche que j'aurais à adresser à tout le film, joli qu'il soit : quand ton but affiché est d'irradier la délicatesse à chaque millimètre et chaque seconde, bah la méthode marteau-piqueur, c'est pas forcément la bonne.
Et le film a bien d'autres problèmes d'ailleurs que d'être inondé par sa musique, mais l'inondation de musique est tellement outrancière et tellement caractéristique de ce qui dysfonctionne : à trop en tartiner, même les beaux effets deviennent écœurants ! Des demi-heures entières de film sans aucune respiration, aucun silence, sans même trois secondes de pause entre deux morceaux de piano – sérieusement, à plusieurs reprises, certains se chevauchent avec des transitions en fondu ! –, déjà ça banalise la force de la musique puis immanquablement ça finit par produire un effet suffocant, une impression de grosse mélopée interminable.
Pour dire : c'est l'absence de musique qui finit par faire figure d'exception pour venir rehausser l'émotion ! L'une des plus belles scènes d'ailleurs, celle où Mélanie Laurent – magnifique Mélanie Laurent, qui capture tout ce que la scène a d'indissociablement maternel et sensuel – décrit l'impression vive et charnelle que le corps de ses enfants fait sous ses mains et sous ses yeux, se déroule en silence. Et la réussite de la scène n'est même pas tant due à la beauté des images qu'à celle de ce silence.
Le cinéma, ça a besoin de respiration, ça a besoin de silence ; ça a besoin de variété et de développement, aussi. Moins de deux heures pour exposer la vie d'une famille sur trois générations, avec ses naissances, ses deuils, ses amitiés, ses passions... bah allons, je ne demandais qu'à voir ! J'étais perplexe, mais je ne demandais qu'à voir. Évidemment à l'arrivée c'est trop court pour ce que ça se donne à raconter, et c'est l'épaisseur des personnages qui en souffre. Il faudrait savoir, au juste, comment on est censé s'émouvoir autrement que superficiellement des drames vécus par des gens dont, pour la plupart, on n'a vu que la naissance, le baptême, l'entrée dans les ordres ou le mariage, l'accouchement et la mort. Tout de même : ce genre d'étapes alignées en parcours, c'est la pire coquille vide à laquelle on puisse réduire une vie ! Où sont les choses infimes ? Les instants à peine aperçus, puis oubliés, qui font la richesse de l'existence ? Où ? Mélanie Laurent qui caresse l'épaule d'un de ses fils, ou s'endort en lisant sur les genoux de Bérénice Bejo ; quelques autres scènes à la rigueur, çà et là, éparses. Mais trop peu !
Le film d'ailleurs est si conscient de ne pas donner assez à son spectateur pour s'émouvoir du sort de ses personnages qu'il prend l'habitude systématique, après chaque décès, de recourir à une série de flashbacks plus ou moins bon marché pour essayer de recréer de l'intensité dramatique en dernière minute. Mais c'est trop tard, bonhomme : l'émotion, faut qu'on l'ait sur le moment, fallait qu'on se sente concernés par tes personnages avant qu'ils ne meurent ! Faute de quoi l'on touche à la longue à l'impression lassante d'une simple répétition d'accouchements et de décès !
Reste enfin que pour une œuvre qui, par sa narration, veut tant puiser à la fresque romanesque, c'est bien trop pauvrement écrit. Ça n'est jamais grossier ni inélégant (encore heureux, vu que ça s'évertue d'être l'incarnation filmique de la délicatesse), mais c'est à la fois souvent trop guindé et trop maigre. Le talent d'Audrey Tautou, de Mélanie Laurent et de Bérénice Bejo sauve tout de même les meubles de ce côté-là, les trois ayant la capacité distinctive de trouver sur quel ton dire une réplique pauvre ou peu naturelle pour lui redonner de la spontanéité et de la vie. Mais le choix de la voix off omniprésente demeure sans doute le plus irrattrapablement maladroit : d'une part, parce que la distance qu'elle installe entre le spectateur et l'action vient encore ajouter au défaut d'émotion que causait déjà le défaut d'épaisseur des personnages ; d'autre part, parce que cette voix off n'a finalement rien à dire... rien, du moins, qui n'aurait pu être amené de façon plus vivante et plus spontanée au sein du film, si précisément le développement avait été plus fourni et l'écriture plus fine.
Pour finir d'un mot sur l'association que tout le monde – à commencer, sciemment, par la promotion du film – aura déjà faite entre celui-ci et "The Tree of Life" de Malick, que ce soit dit : pour le meilleur et pour le pire, les similitudes s'arrêtent à la surface. Ça n'en a évidemment ni le génie, ni la richesse, ni le transport, ni l'extase, ni moins encore la profonde poussée vitale ; au-delà de quoi ça parle de mort, d'enfantement, ça cherche une représentation à la fois spirituelle et charnelle de l'amour, ça use – et ça abuse – de musique classique, ça inscrit l'existence individuelle au sein d'un ordre plus vaste, en effet... mais tout diffère par l'intention, la sensibilité et le ton : où le film de Malick puise au poème mystique et à l'existentialisme chrétien, "Éternité" puise – je le signalais déjà – à la fresque romanesque et au romantisme. Les ressemblances ne sont donc qu'apparentes et ne se recoupent ni par la portée, ni par le sens : pas ici de préfiguration esthétique de la transcendance ; le grand ordre qui déborde l'existence individuelle n'est ni la nature ni le cosmos mais la famille, et tout s'en retourne donc à l'immanence sentimentale des hommes et des femmes qui la composent.
Tant mieux d'ailleurs, le film gagne bien mieux à s'affirmer une identité propre qu'il n'eût gagné à pasticher Malick – on ne gagne jamais à pasticher qui l'on n'a pas le talent de surpasser. Où la comparaison devient inévitablement plus cruelle, entre deux films dont le thème central reste la Vie, c'est qu'où Malick était parvenu à en capturer la puissance, l'ardeur, le foisonnement, "Éternité" par l'effet cumulé de son esthétique sophistiquée, de sa mise en musique incessante et de sa voix off, ne capture que la joliesse d'un album d'images sous papier glacé.
C’est l’histoire d’une famille sur près d’un siècle. Depuis Valentine (Audrey Tautou) et Jules. Henri (Jérémie Renier) épouse Mathilde (Mélanie Laurent) dont la cousine Gabrielle (Bérénice Béjo) épouse Charles (Pierre Deladonchamps). Du monde extérieur, rien n’est dit ou presque. Seuls comptent les naissances, les baptêmes, les mariages, les enterrements. De la splendide villa construite dans les collines qui surplombent la Méditerranée, on ne sortira jamais. Car, nous dit le film, c’est là que l’essentiel se déroule : dans une vire pure et sans histoire.
Les gens heureux n’ont pas d’histoire. Les filmer n’en est que d’autant plus difficile. S’inspirant d’un livre d’Alice Ferney au titre merveilleux « L’Elegance des veuves », le réalisateur franco-vietnamien Tran Ahn Hung réalise un film hors norme.
Je conçois aisément les critiques qui pourraient lui être adressées. Une lenteur étouffante. Une beauté trop léchée. Une histoire hors du temps, suspendue dans une bulle. Une voix off pontifiante. Une musique envahissante. Elles sont toutes pertinentes.
Et pourtant j’ai follement aimé ce film bouleversant. Je me suis laissé prendre à son faux rythme. J’ai été subjugué par la beauté de chaque plan, construit comme des tableaux de maître (on pense à Ingres, à Renoir), par les costumes, par les décors. Et j’ai été emporté par la musique qui repique la quasi-intégralité des titres de ma play list de CSP germanopratin : Bach, Haendel, Ravel, Debussy…
Les gens heureux n’ont pas d’histoire. Les filmer n’en est que d’autant plus difficile. S’inspirant d’un livre d’Alice Ferney au titre merveilleux « L’Elegance des veuves », le réalisateur franco-vietnamien Tran Ahn Hung réalise un film hors norme.
Je conçois aisément les critiques qui pourraient lui être adressées. Une lenteur étouffante. Une beauté trop léchée. Une histoire hors du temps, suspendue dans une bulle. Une voix off pontifiante. Une musique envahissante. Elles sont toutes pertinentes.
Et pourtant j’ai follement aimé ce film bouleversant. Je me suis laissé prendre à son faux rythme. J’ai été subjugué par la beauté de chaque plan, construit comme des tableaux de maître (on pense à Ingres, à Renoir), par les costumes, par les décors. Et j’ai été emporté par la musique qui repique la quasi-intégralité des titres de ma play list de CSP germanopratin : Bach, Haendel, Ravel, Debussy…
Magnifique film ! Touchant et envoûtant , sur le temps qui passe ET le sens de la vie . Ce qu'il reste après nous ...
Des acteurs superbe . Un film d'une grande poésie , contemplatif et superbe dans sa forme et sa bande son .
Des acteurs superbe . Un film d'une grande poésie , contemplatif et superbe dans sa forme et sa bande son .
Film qui retrace la vie monotone de femmes qui n'on pour seul but d'enfanter. Aucuns dialogues et aucunes émotions.
Le seul point positif sont les jolies paysages et décors mais cela ne rachète pas un scénario..
Le seul point positif sont les jolies paysages et décors mais cela ne rachète pas un scénario..
Insupportable, il ne se passe rien. Des gens naissent vivent plus ou moins longtemps puis meurent. Super
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