A Paris, une main s’évade du laboratoire dans lequel elle est conservée. Elle part à la recherche de son corps.
Parallèlement, à ce périple, on découvre le parcours de Naoufel qui se confond avec les souvenirs de la main.
Ce film d’animation, au-delà de cette histoire aussi originale qu’étrange, porte beaucoup de poésie évoquant notamment la force du souvenir et le poids de la solitude.
Quelques superbes séquences pour un beau film avec une bonne dose de poésie. Pour autant rien de très original, une romance finalement assez classique. Un beau moment d'animation tout de même.
Acclamé au Festival d'Annecy et à la Semaine de la critique du Festival de Cannes dont il est reparti avec le Grand Prix, J'ai perdu mon corps est un film d’animation de Jérémy Clapin.
Enfant, Naoufel quitte Rabat pour Paris, suite à un drame. Jeune adulte, il livre une pizza à Gabrielle et tombe amoureux de sa voix à travers l'interphone. En parallèle, une main s'enfuit d'un laboratoire parisien. Nous découvrirons leurs liens et leurs histoires...
C'est le premier long métrage de Jérémy Clapin, adapté du roman Happy Hand de Guillaume Laurant, avec qui il a co-écrit le scénario.
C'est un coup de maître ! Ce film d’animation mêle la 2D et la 3D, la couleur et le noir et blanc, et plusieurs temporalités qui rythment la progression de l'intrigue. On ressent de l'empathie pour le duo formé par le réservé Naoufel et la résolue Gabrielle, tout comme pour cette main, dont les vues de la ville à proximité du sol sont saisissantes.
La musique du film est composée par Dan Levy du groupe The Dø.
Une merveille esthétique et poétique d'1h21, inclassable comme le sont les chefs-d’œuvre d'Hayao Miyazaki. Grâce à son originalité tant sur le fond que sur la forme, J'ai perdu mon corps continue de remporter des prix (à COLCOA, à Cabourg). Le film est en lice pour l'Oscar du meilleur film d'animation. que je lui souhaite vivement de remporter !
Bien que le dessin soit fin et travaillé. Le scénario de l’histoire tombe un peu à plat à mon goût. Belle bande originale mais manque de cohésion sur la fin alors qu’elle pourrait être plus recherché selon moi.
Véritable proposition audacieuse « J’ai perdu mon corps » est un film d’animation comme on en voit peu en France. Il y a évidemment la qualité technique, mais aussi et surtout la capacité visionnaire du jeune réalisateur à offrir une mise en scène ingénieuse au service d’un récit mêlant onirisme et chronique sociale touchante où l’émotion affleure constamment. Une pépite à découvrir.
Un beau film d'animation, évoquant avec beaucoup de sensibilité et de poésie les notions de dépassement de soi, de quête de sens, sur un postulat transcendé par une mise en images loin des canons actuels mais en parfait raccord avec le traitement du sujet. C'est à la fois simple et profond, jouant sur toute la gamme des émotions, dans un style dépouillé qui fait merveille, même s'il y a peu de surprises au final.
Pour un premier long-métrage, c'est assez extraordinaire de qualité et de maîtrise. Le scénario est très original, toujours inventif dans ses évolutions et finement pensé pour que chaque élément fasse sens à un moment ou à un autre. L'animation est au diapason pour donner, avec une belle science du cadrage, le point de vue… d'une main coupée, tout en réservant aussi de beaux plans larges, empreints de poésie urbaine. Le montage, très inspiré, offre une narration façon puzzle, à suspense, qui tient en haleine et surprend jusqu'au bout. Les dialogues sont simples et justes, les voix bien posées, très naturelles. Et la musique de Dan Levy ajoute à l'émotion générale. Voilà la formule quasi parfaite de ce coup d'essai / coup de maître, dans un registre singulier, déployant un motif fantastique au sein d'une chronique sociale réaliste, où il est question de deuil, de solitude, d'amour, de destin et de liberté. Coup de cœur, donc, pour ce film audacieux, à la fois rude et infiniment délicat.
L'idée est originale d'inverser la quête et l'animation s'avère totalement justifiée dans ce projet. Cependant, je n'ai pas été vraiment fascinée par le scénario car c'est plus difficile de s'impliquer émotionnellement quand ce ne sont pas des acteurs.
--- Ceci est une vraie chronique, rédigée par un vrai spectateur... pas par la boîte de prod... --- Très beau film d'animation sur le destin. "J'ai perdu mon corps" est conçu selon un montage parallèle entre une main qui recherche son propriétaire en traversant mille aventures, et un jeune homme essayant de s'en sortir dans la vie. A la fois fantastique et hyper-réaliste, le film brille par ses dialogues, sa mise en scène, le choix des voix, sa musique et la subtilité de son scénario. Le thème du destin, implacable trajectoire qui mène au malheur, est superbement traité. Plusieurs scènes mêlent mystérieusement poésie et transcription fidèle de la réalité (particulièrement la scène de la livraison de la pizza). Dialogues et voix concourent largement à cette réussite : couplés à la musique, ils incitent à presque écouter ce film les yeux fermés. La mise en scène, élégante, rappelle par ses choix d'animation le chef-d’œuvre que fut "Valse avec Bachir". La fin ouverte engagera au débat parmi les spectateurs qui seront sans doute nombreux à avoir apprécié ce film.
Aussi original et étonnant que captivant et poétique. Ce film d’animation mêle aventure, histoire d’amour, traumatisme avec virtuosité et douceur. Le trait est simple mais pas simpliste, l’animation fluide, la musique sublime, les voix parfaitement adaptées. Le rendu n’est pas techniquement impressionnant mais colle parfaitement à l’atmosphère originale et poétique de cette histoire.
Du très beau cinéma poétique, à la fois haletant et onirique, frénétique et sensible, élégant et intense, mélancolique et rythmé qui fait se rejoindre le fantastique et la chronique réaliste. Même s'il perd un peu de son audace à mesure que les plans s'élargissent, J'ai perdu mon corps, ne perd pas son coeur et sa sensibilité. Un très bon moment !
À tort, nous lions souvent les films d’animation au monde de l’enfance; cette époque est révolue. Quelle belle surprise; sous le charme! Histoire percutante, jamais mièvre…bande son qui soutient l’histoire. Le charme, la poésie sont souvent au premier plan, sans jamais occulter l’histoire, à plusieurs lectures…. La musique souligne justement, poésie, romantisme ou dureté !!! La scène où Naoufel échange longuement avec Gabrielle, devant l’interphone est poétique, romantique et touchante…. J’appelle ça: « la politique de la main tendue.. »
Une main coupée s’échappe d’un laboratoire et cherche à retrouver son corps, l’occasion de se remémorer les souvenirs vécus. On suit donc l’enfance, le parcours de Naoufel, ainsi que sa rencontre avec Gabrielle jusqu’au fameux incident. Le film est très original que ce soit dans le scénario ou dans la mise en oeuvre, le parcours de la main est bourré de trouvailles intelligentes, entre le nid d’un pigeon, une poubelle, le métro ou encore la traversée de l’autoroute accrochée à un parapluie, c’est beau, poétique, parfois cruel. L’histoire du corps rattaché à la main est décrite par bribes quand il s’agit de l’enfance, de manière plus précise pour les souvenirs récents, c’est très bien fait. Je pense par exemple à la scène de l’interphone qui est très belle, originale pour une rencontre, et déterminante pour la suite. Les personnages sont très touchants, l’histoire est belle, c’est rempli de poésie, sensible, tout en conservant une tension et un suspens tout au long du film, et pour ne rien gâcher la musique est super.
Le film d'animation français se porte décidément bien. Chaque année un petit bijou apparaît généralement original et fragile, Dans ce nouvel opus, il est question d'identité, de déracinement et de passage à l'âge adulte. Le tout est délicat, le dessin est beau et l'histoire est poétique. Un peu trop d'ailleurs. Le propos finit par se répéter, le réalisateur se perd et l'ennui s'installe. Mais un ennui esthétiquement superbe.