Youth
Note moyenne
3,7
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333 critiques spectateurs

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vidalger

378 abonnés 1 311 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 10 septembre 2015
Ne vous fiez pas aux critiques hypocondriaques d'une certaine presse pseudo-intellectuelle, courez voir ce film intelligent et beau! Les deux principaux protagonistes interprétés par un Michael Caine désabusé et un Harvey Keitel encore plein d'espoir dialoguent à la manière de deux vieux philosophes sur l'amour, la mort, les femmes ou ...la prostate. L'humour toujours présent permet avec quelques scènes surprenantes de drôlerie de faire passer un message globalement désespéré sur l'âme humaine. Alors bien sûr, on peut regretter ici ou là, quelques scories (un hitler de pacotille) ou quelques stupidités (la lévitation du bonze). Ceci n'enlève pas le charme de dialogues percutants, d'images recherchées et d'acteurs très inspirés parmi lesquels on n'oubliera pas la performance de Jane Fonda ou la grâce de Rachel Weisz. Après La Grande Belleza et Youth, je courrai voir le prochain Sorrentino, une des plus grandes pointures du cinéma européen et mondial. Qui, en France, lui arrive à la ceinture?
dominique P.

904 abonnés 2 027 critiques Suivre son activité

4,5
Publiée le 10 septembre 2015
J'ai vraiment beaucoup apprécié cette comédie dramatique.
Elle est un peu longue (2 h) et l'on peut s'ennuyer par moments, mais l'ensemble est très intéressant, charmant, émouvant, drôle.
J'ai beaucoup aimé les deux personnages principaux, deux hommes de 80 ans qui sont en vacances dans un luxueux hôtel dans les montagnes suisses, en présence d'autres clients.
Tout ce qui se passe dans cette histoire m'a captivé et intéressé.
totor22
totor22

10 abonnés 72 critiques Suivre son activité

5,0
Publiée le 10 septembre 2015
Ce film est d'une poésie, d'une douceur, d'une sincérité et d'une beauté cinématographique. Premier film de ce réalisateur que je voit. Des acteurs grandiose même les seconds rôles comme la masseuse. Je peux cité plusieurs scènes qui m'ont touché. J'en ai presque les larmes au yeux. Allez le voir si vous aimez le cinéma d'auteur.
Christoblog

920 abonnés 1 799 critiques Suivre son activité

3,0
Publiée le 10 septembre 2015
Il faut aujourd'hui un certain aplomb pour défendre Sorrentino.

Il faut en tout cas résister à l'influence du triumvirat de la bien-pensance cinéphilique tendance soporifique thaïlandaise : Libération, Les Inrocks, Les Cahiers. Pour ces gens-là, Sorrentino est définitivement classé avec une véhémence haineuse comme un réalisateur pompier (lire ma Lettre ouverte aux Cahiers), alors que Gomes et Weerasethakul, pour ne citer qu'eux, sont géniaux avant même d'avoir levé leur caméra.

Pour le spectateur vierge de tout a priori que je suis, la vision d'un film de Sorrentino génère deux émotions opposées : le plaisir que procurent les trouvailles baroques d'un réalisateur surdoué, et l'ennui qui découle de voir ces trouvailles juxtaposées sans constituer un ensemble cohérent et profond.

Dans La Grande Belleza, le plaisir était largement supérieur à l'ennui, parce que le sujet se prêtait admirablement à la démesure triste de la mise en scène.

Ici, et même si le film abordent les mêmes sujets que le précédent (la vieillesse, la sublimation par l'art, la déchéance physique), ce n'est pas tout à fait le cas.

Si la photo est toujours admirable, les images incroyablement bien composées, le plaisir est un peu gâché par une impression d'épate à tout prix (la scène d'ouverture, le clip de la pop star, le concert de la fin). La retenue de Michael Caine (excellent) et de Harvey Keitel fait pourtant mouche au début du film. Associée à le netteté suisse, cette sourdine inhabituelle donne une tonalité nouvelle au cinéma de Sorrentino : on navigue dans une sorte d'humour british, et les répliques spirituelles fusent.

Malheureusement, l'équilibre précaire du film se délite dans son dernier tiers (le pitoyable concert de fin, atrocement filmé, la lévitation du bonze, ridicule).

Je rêve d'un jour où Sorrentino débarassera son cinéma de toutes ses scories (Hitler ! Maradona ! Miss Monde qui pense ?!) pour exprimer pleinement ses incroyables qualités de plasticiens et d'amuseur.
selenie

7 446 abonnés 6 655 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 10 septembre 2015
Après le succès de "La Grande Bellezza" (2013) le réalisateur italien réuni deux grandes stars pour un film sur la vieillesse. L'occasion pour les deux compères de philosopher sur la vieillesse et le temps qui passe, mais le réalisateur instille aussi quelques réflexions sensibles sur la création et sur l'égo artistique. Dans "Youth" il y a aussi une forte ironie et beaucoup de mélancolie, pour ne pas dire de fatalisme. Un joli film aux thèmes riches et universels, empreint de poésie mais pas que.
cylon86

2 834 abonnés 4 430 critiques Suivre son activité

5,0
Publiée le 10 septembre 2015
Fred et Mick, deux vieux amis approchant les 80 ans, passent des vacances dans un superbe hôtel de luxe en Suisse. Là où plusieurs personnages hauts en couleur se croisent, les deux hommes songent à la vie qu'ils ont eu et au temps qui passe. Fred, compositeur renommé, refuse de remonter sur scène pour diriger un orchestre tandis que Mick, réalisateur, travaille sur ce qu'il appelle son film-testament. Avec la grâce et la subtilité qu'on lui avait découvert dans ''La Grande Bellezza'', Paolo Sorrentino approche ses personnages de manière tout à fait singulière et terriblement simple, dévoilant simplement la vie qui est (ou qui reste) en eux. Grâce à casting impeccable (Michael Caine, Harvey Keitel, Rachel Weisz et Paul Dano, rien que ça !) évoluant dans un décor superbe et grâce à son sens inouï de la mise en scène (on est fascinés dès les premiers plans), le réalisateur livre son plus beau film à ce jour, œuvre émouvante et même bouleversante qui parle de la vie à partir d'un rien, laissant parfois un dialogue ou un geste exprimer une multitude de choses, nous mettant alors face à nos sentiments et la solitude qui peut nous envahir parfois. Si le rythme est lent, le film ne comporte quasiment aucune longueur et s'avère être une réussite totale dont on ne peut sortir que touché, ému et parfaitement admiratif.
tixou0

783 abonnés 2 045 critiques Suivre son activité

5,0
Publiée le 10 septembre 2015
La simplicité, c'est le plus difficile dans l'art.... Voilà un des thèmes illustrés par ce splendide "Youth". Avec, en "Défense et Illustration", l'histoire de Fred Ballinger (Michael Caine), compositeur et chef d'orchestre anglais "retraité" (présenté comme ayant été un moment un des familiers de Stravinsky - celui-ci mort à New York en 1971 est effectivement enterré avec son épouse à Venise, un détail donc tout à fait crédible, pour ce personnage de fiction), auteur des "Simple songs" (à découvrir à la fin..). Qui croise celle d'un ami de jeunesse, le tout aussi fictionnel Mick Boyle (Harvey Keitel), un Américain figuré en cinéaste travaillant à son "film-testament". L'un est octogénaire, l'autre le sera bientôt. Ils sont aussi liés par le mariage de leurs enfants, la fille du musicien (Rachel Weisz), et le fils du metteur en scène - lequel mariage prend l'eau... Les dernières scènes exceptées, le décor (grandiose) est unique : la Suisse alémanique, du côté de Davos, un hôtel de luxe (avec offre de "remise en forme" sophistiquée) pour "happy few" (on y voit aussi un acteur américain trentenaire - Jimmy Tree, alias Paul Dano, une ex-star du ballon rond, un "Pibe" aux franches allures de Maradona, mais "Marx friendly", ou la dernière Miss Univers en date - celle de l'affiche, façon "Suzanne et les vieillards" contemporaine... et même un sage extrême-oriental ressemblant beaucoup au dalaï-lama....). On est à la fin du printemps - on parle du festival de Cannes, après la visite de la star pressentie, en tant que vieille amie, pour le film de Boyle (scène avec Jane Fonda - suivie par une caméra impitoyable...). Sorrentino fait évoluer (au propre, comme au figuré) cet aréopage hétéroclite et baroque de plaisanciers et curistes dorés sur tranches presque deux heures durant. Deux heures de pur ravissement esthétique (au meilleur sens du terme - "La grande Bellezza" bis, à cet égard !), et de grande profondeur de propos, sans aucune afféterie pour autant (le temps qui passe, la douleur de l'absence, les émotions, toutes les émotions - seule chose importante dans une vie d'homme...?). Les interprètes (tous magnifiques) participent évidemment de la réussite formelle et intellectuelle (là aussi, dans le meilleur sens du terme) de ce nouveau et excellent film de Paolo Sorrentino. Un très grand réalisateur (bien sûr à nouveau "oublié" au dernier Cannes - le vrai - coutumier des palmarès bien-pensants, depuis de trop longues années maintenant).
Pierrick Jean D.
Pierrick Jean D.

39 abonnés 38 critiques Suivre son activité

4,5
Publiée le 14 septembre 2015
Youth!! Le cinéma italien a eu Fellini, la relève est là! Paolo Sorrentino a tout compris au cinéma! Il a le don de nous exposer des tranches de vie tout à fait communes tout en en faisant des histoires magnifiques qui rayonnent de beauté et de joie de vivre! Youth nous présente deux amis octogénaires, l'un compositeur retraité et l'autre réalisateur écrivant le film qui sera son grand final. Ils sont tous les deux dans un hôtel reculé en Suisse pour quelques semaines. Ils partagent leur temps entre les différents soins proposés, de longues discussions sur leur passé, des paris sur les gens qui occupent l'hôtel avec eux et des balades dans les montagnes. Techniquement pour commencer, le film est presque parfait, tant d'un point de vue visuel que sonore. Tout est travaillé dans le détail, on alterne entre des plans somptueux et des travellings où tout est léché dans le moindre détail. Sorrentino joue énormément sur la découpe des plans pour les charger de sens et de symboliques fortes, et met en valeur avec brio toute la force et la beauté des Alpes suisses. La musique est dosée avec une intelligence précise, venant parfois appuyer l'ambiance des scènes jouées, et contrebalançant parfois avec le rythme du film en offrant des ruptures de ton légères mais efficaces qui empêchent le spectateur de s'échapper. Enfin, au delà de la forme, le contenu du film est marquant. Le scénario traite d'une amitié forte qui avance dans les affres de la vieillesse. Les deux personnages sont confrontés à leur passif qu'ils relancent en permanence, ils se heurtent aussi bien à leurs bons souvenirs qu'à leurs démons refoulés. Ils retranscrivent tous leurs regrets mais aussi tout ce qu'ils ne regretteront jamais. La vie et les réflexions de ces deux personnes âgées est constamment opposée à toute la jeunesse qui les entoure (leurs enfants, les clients de l'hôtel, le personnel...) pour venir enrichir leurs conversations et nourrir leur bilan sur leur vie. Ensemble enfin, ils se tournent vers leur avenir s'appuyant sur tout leur passif. Youth est un bel hymne à la vie et à ceux qui en profitent jusqu'au bout et savent en tirer tout le plaisir qui peut s'en dégager. Le tout est présenté dans un rythme lent mais jamais ennuyeux qui oscille en permanence entre la mélancolie et l'humour cynique, porté par des acteurs brillants (qu'on ne présente plus) dans une esthétique magnifique! Un bijou! Allez dans les salles obscures, et vive le cinéma!
pierrre s.

555 abonnés 3 427 critiques Suivre son activité

3,5
Publiée le 6 octobre 2015
Je m'attendais à une comédie douce/amer, j'ai plutôt eu le droit à un drame, en forme d'hymne à la vie. Pas conforme à mes attentes donc, mais beau, touchant et sensible.
yann r
yann r

59 abonnés 11 critiques Suivre son activité

5,0
Publiée le 8 septembre 2015
Un film tout simplement magnifique. Super bien écrit et les personnages sont très attachant mérite d'être vu absolument !
anonyme
Un visiteur
5,0
Publiée le 5 septembre 2015
Ce film est un bijou ! Ce réalisateur un génie !
La critique est comme toujours très divisée et tranchée, certains crient à l'imposture quand d'autres qualifient Paolo Sorrentino de nouveau Fellini. Quant à moi, je suis un inconditionnel amoureux de son cinéma et Youth est pour moi l'un de ses plus beaux films. Les dialogues sont ciselés, la photographie est exceptionnelle, le sujet nous plonge dans une émotion forte mais comique ! Quel talent !C'est un chef d’œuvre !
Jorik V

1 363 abonnés 1 952 critiques Suivre son activité

5,0
Publiée le 2 septembre 2015
Paolo Sorrentino persiste et signe : il est très certainement l’un des plus grands metteurs en scène en activité. Après le magnifique « This must be love » et le chef d’œuvre « La grande bellezza », film qui est entré directement au panthéon des sommets du septième art par sa magnificence formelle et thématique, le réalisateur italien nous revient avec le moins baroque et définitif mais tout aussi somptueux « Youth ». Titre clin d’œil pour un long-métrage narrant les vieux jours de vacances de deux octogénaires dans leur hôtel de prestige suisse.
Les routes américaines, puis Rome et maintenant les Alpes suisses, il est vrai que Sorrentino sait choisir ses décors et les optimiser, les sublimer même. Mais il ne suffit pas de jolis lieux de tournage ou de contextes déjà caressés par la beauté. Non, il faut avoir la maîtrise de la caméra telle que la détient le maestro italien. C’est un virtuose de l’image et défendre le contraire, en avançant des arguments tel que l’esthétisation à l’extrême, ne vaut même pas débat. Ses films sont beaux. Et « Youth » par ses plans magnifiques et ses travellings travaillés minutieusement le prouve encore une fois.
Mais s’il n’y avait que l’emballage qui était de rigueur… Comme dans chacun de ses films, Sorrentino parle de la vie. De la confrontation de la beauté réelle et intemporelle à celle formatée et superficielle dans « La grande bellezza », thème que l’on retrouve encore ici, il nous jette maintenant dans les limbes de l’art et de la création mais surtout de l’opposition entre la vérité dans la vie à l’heure des bilans et les mensonges que l’on s’en fait. Comme dans ses opus précédents, mais plus encore ici, il entrecoupe ses scènes dites essentielles avec de longs plans de coupe. Des moments de grâce bercés par une bande originale parfaite, une science du détail inégalée. Des moments qui n’ont d’autre objet que de valider son propos sous des airs de beaux plans gratuits au sens caduque. Il faudrait d’ailleurs plusieurs visions pour pouvoir saisir toutes les significations présentes dans « Youth ».
Quant aux acteurs, Michael Caine trouve là certainement le plus beau rôle de sa seconde carrière déjà bien fournie. On retiendra également une tirade remplie d’émotion et de grâce énoncée par Rachel Weisz qui murmure en sanglots tout l’amour que son père n’a pas donné à sa mère. Paolo Sorrentino enchaine les chefs d’œuvre… Il nous montre quand le cinéma touche vraiment à l’art… Et quand, lors du magnifique générique final sous forme de concert d’adieu, larmes et frissons vous traversent le corps alors on est forcés d’admettre que la grande beauté c’est aussi ce film…
anonyme
Un visiteur
3,5
Publiée le 2 septembre 2015
Je suis assez partagé sur ce film.
Je l' ai apprécie, il m' a intéressé et en même temps, souvent, je me suis sentit spectateur du film avec un vague sentiment de lassitude, d impatience. Les acteurs sont très bien et en même temps, on a l impression que le scénario parle de lui même et que les acteurs n ont pas eu à jouer particulièrement.

Plusieurs fois la salle à rit, a particulièrement réagit.

Quelques vérités intéressantes, mais le film est un peu long et on a le temps de les oublier. Graphiquement, il y a de nombreuses choses bien, mais finalement je n ai pas particulièrement accroché avec le morceau de musique simple supposé être phénoménal.
halou
halou

153 abonnés 1 532 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 8 février 2016
Un film aux avis bien tranchés et contradictoires comme certaines des anciennes œuvres de Sorrentino. Esthétique extrêmement soignée avec de magnifiques contemplations, choix d'acteurs de qualité, musique divine, intéressantes réflexions qui laisse le spectateur actif, le film est ambitieux même s'il peut laisser certain totalement de marbre.
Blog Be French
Blog Be French

48 abonnés 263 critiques Suivre son activité

3,0
Publiée le 19 juillet 2015
À peine un an après la sélection en compétition de La Grande Bellezza et son succès aux Oscars, Paolo Sorrentino s'entoure d'un casting hollywoodien pour livrer sa nouvelle comédie dramatique. Comme à son habitude, le réalisateur italien nous offre une mise en scène assez démente avec son lot d'images très pimpantes qui commencent à définir une sorte de style « à la Sorrentino ». À travers une image travaillant autant son parallélisme que le détail minutieux, le cinéaste cible ses différents personnages afin de mieux les isoler. Une technique de microscope parfois intéressante, parfois effroyable (selon le point de vue de chacun). C'est en tout cas dans cet environnement que le trio Cain-Keitel-Dano évolue en totale symbiose, avec le cynisme débridé qui sied tellement aux personnages du cinéma de Sorrentino. Dans un hôtel presque aussi irréaliste que celui du Grand Budapest Hotel, les vieux de la vieille sont confrontés à une époque qui les dépasse, face à un bestiaire qui ne les amuse presque plus, et avec lequel ils souhaitent rompre quasi-définitivement. Si les thèmes du film se rapprochent d'un sujet à la Woody Allen (le travail du temps sur l'amitié et les souvenirs), c'est surtout à Fellini que Sorrentino empreinte son univers ! L'héritage de la grande époque du cinéma italien et de la culture qui l'entoure est largement exploitée, tant au niveau des codes de la grande bourgeoisie, que du sport (un faux Maradonna excellent !) ou encore de l'Art (le Baroque, le lyrisme, etc…). Sans tomber dans le pastiche du film à l'italienne, Youth choisit plutôt d'aborder son sujet avec un regard neuf, libéré, mêlant le tragi-comique et le post-moderne. Ainsi les deux amis guettent le temps qu'il leur reste à vivre, gardant en ligne de mire le passé, le tout sous le regard plein d'empathie de Jimmy Tree, l'acteur californien incompris interprété par Paul Dano !
Cependant, on peut aussi reprocher à Sorrentino de tomber dans le piège qu'il s'est lui-même tendu. Avec un trop plein constant, la surabondance pointe le bout de son nez et certaines scènes périssent progressivement dans la démesure ou le ridicule. Citons notamment cette scène où Harvey Keitel plonge dans un véritable délire kitch, apercevant les actrices qu'il a fait jouer dans ses précédents films, et qui plombe complètement l'idée sous-jacente qu'elle souhaitait exprimer. Youth apparaît par moment comme un objet artificiel et vaniteux, cherchant à trouver le mouvement de caméra à la mode, couplé à certains dialogues qui sonnent trop faux ou qui durent trop longtemps, tout en essayant de mettre le tout et le rien dans le même sac ! Ainsi, une scène de clôture qui se veut émotionnelle et réussie finit tout simplement par être trop longue, pesante et dénuée d'intérêt alors qu'une fin classique aurait largement suffi à sublimer le propos. Quand à Rachel Weisz, son personnage grimaçant et misérable nous laisse de marbre.

Si certaines qualités évidentes sont à retenir, tant au niveau de la réalisation qu'au niveau de l’écriture, Paolo Sorrentino semble zigzaguer dans un film à la fois sensible et désordonné. Merveilleux par moments et agaçant à d'autres, Youth est marqué par quelques inconstances qui l'empêchent réellement d'élever son propos et de nous émerveiller autant que le cinéaste l'aurait souhaité. Sorrentino laisse donc entrouverte la porte d'une chambre d'hôtel dans laquelle il tente difficilement d'installer son spectateur…

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