Il peut sembler étonnant de voir Michael Mann plutôt habitué aux films de genre épiques s'intéresser tel Sidney Lumet à un sujet mettant en cause le fonctionnement des institutions de son pays à travers la dénonciation du pouvoir exorbitant des lobbies dont le cynisme pourtant bien connu fait toujours froid dans le dos quand il est exposé de manière si habile et brillante. Car ne nous y trompons pas, derrière la volonté de dénoncer c'est bien le savoir-faire de Michael Mann pour instiller le suspense que les producteurs sont allés chercher. A l'arrivée, le spectateur se trouve en face de ce qu'il peut espérer de mieux en allant au cinéma: un film qui fait réfléchir tout en divertissant avec pour tête d'affiche un casting haut de gamme assurant un succès populaire générateur d'un cercle vertueux. Le film de Mann n'empêchera sans doute pas les géants de l'industrie du tabac de continuer à prospérer sur la mort de leurs congénères mais au moins l'information sera passée et le public pourra se sentir informé. A l'aube des années 2000, le cinéma américain souvent décrié pour son sens marketing, prouve une fois de plus qu'il n'a pas son pareil pour regarder en face l'histoire de son pays ou les tares de la société au sein de laquelle il prospère. Le cinéma français est souvent bien plus frileux pour s'engager sur la même voie. La guerre d'Algérie par exemple n'a été que tardivement traitée, un film comme "La Bataille d'Alger de Gillo" Pontecorvo tourné en 1966 n'ayant été autorisé sur les écrans français qu'en 1970. Le scénario de "Révélations" écrit conjointement par Michael Mann et Eric Roth s'inspire de l'histoire vraie de Jeffrey Wigand (Russel Crow) chef de la recherche et du développement chez Brown & Williamson (3ème plus grand cigarettier du monde) qui en 1996 avait accusé son employeur de mélanger à son tabac des substances chimiques aggravant la dépendance. Si aujourd'hui les lanceurs d'alerte commencent tout juste à être protégés, ce n'était bien sûr pas le cas au début des années 2000. La relation tendue qui se tisse entre Wigand et Lowell Bergman, (Al Pacino) le producteur d'une émission d'investigation, qui sert de base au suspense voulu par Michael Mann montre parfaitement les pressions qui s'exercent de toutes parts pour éteindre l'incendie quand la puissance du lobby se met en branle pour éviter le scandale destructeur. Souvent seul face à ses doutes et à la dislocation de sa cellule familiale, Wigand interprété par un Russel Crowe tout en nuances nous démontre que c'est armé de convictions inébranlables qu'il faut aborder de telles croisades. On comprend aisément à la vue des tiraillements qui déchirent Wigand que les candidats ne soient pas nombreux. Al Pacino et Christopher Plummer vieux briscards des rôles à forte dimension dramatique jouent parfaitement leur partition, accompagnant le plus loin qu'ils le peuvent ce chevalier sans armure. La musique de Pieter Bourke et Lisa Gerrard utilisant avec justesse la voix caverneuse de la chanteuse de Dead Can Dance, renforce encore l'aspect dramatique de ce combat que n'aurait pas renié Don Quichotte. Comme d'autres avant lui Michael Mann aura mis son grand talent au service d'une noble cause contribuant à dessiner la forme souvent duale et foisonnante du cinéma américain.
La prise de risque ou le déni, le courage ou la peur, il faut choisir ! "Révélations", accompagné de la grande maîtrise de Michael Mann et le talent de ce trio d'acteurs Pacino/Crowe/Plummer, se dote d'un excellent scénario en revenant sur le plus grand scandale de l'industrie du tabac. Certains secrets sont loin d'être simples à révéler. Un choix difficile pour cet ancien employé en constante menace et sous l'emprise d'un grand groupe, tiraillé entre devoir civique et violation de clause de confidentialité, mais un choix difficile également pour ce journaliste qui devra choisir entre conviction et corruption, entre journalisme avec un grand J ou soumission financière. Une atmosphère pesante, un scénario riche et malin, une histoire vraie forte et remarquable. Nous aurons également le plaisir de trouver certaines similarités avec le précédent chef d’œuvre du cinéaste, "Heat", qu'il s'agisse de la mise en scène de Mann, ce casting grandiose où l'on retrouvera d'ailleurs Al Pacino et Diane Venora, ou encore cette belle bande originale où là-aussi nous aurons l'occasion de retrouver une musique similaire.
Je - me - rappel souvent que le temps et plusieurs visionnages sont souvent à prescrire pour vraiment comprendre un film. Cette adage fonctionne pour The Insider.
Al Pacino est encore une fois très exaltant, prestation physique et morale hors-pairs. Son personnage, Lowell Bergman se situe entre le Vincent Hanna de Heat ( précédent long métrage de Michael Mann ) et celui de Franck Serpico ( un des très grands films de Sidney Lumet ). Une sacrée incarnation jusqu'au-boutiste de l'intégrité. Il faut également mentionnés les Phillip Baker Hall, Christopher Plummer, Bruce McGill ou encore Diane Venora pour la présence d'exception qu'ils et elle apportent à un pareil film. En parlant de présence, comment ne pas évoquer Russel Crowe ? Ce dernier dont je ne suis pas le plus grand partisan de son jeu me pousse à revoir mon jugement. Il est ici complètement éblouissant ! Il crèverai le cœur du plus robuste d'entre nous. J'insiste.
Comme le long paragraphe préalablement composés le laisse supposé, The Insider ( le titre V.O encore plus évocateur ) taillent la part belle à ses interprètes. Du coté du scénario, Michael Mann et Eric Roth se lâchent et entreprennent une entreprise périlleuse et rudement menés. La mise en scène du premier qui plus est sublime l'écriture. Michael Mann après Heat reprend du service et de quelle manière. Si la forme semble classique, les choix sont audacieux et magnifié par la caméra et par son mouvement orchestré par un réalisateur aussi talentueux. Les décors, accessoires, les musiques, rien n'est laissés aux hasard. Comme cette grisaille ...
Il m'aura donc fallu une dizaine d'années et un second visionnage pour saisir toute l'étendue et la maestria de ce long métrage quasi-parfait. Quelques accentuations dans la dernière demi-heure sont un peu trop appuyés et ternissent un peu cette partie mais rien de bien grave là-dedans. Le film fonctionne et laisse son empreinte néanmoins. Deux heures trente très puissante et terrifiante.
Révélations est à nouveau la preuve du savoir-faire de Michael Mann dans le genre du thriller dramatique. Entretenant les tension et suspense jusqu'au bout, Mann montre avec un réalisme rare les tortures psychologiques dont sont victimes ses personnages, englués dans des situations qui les dépassent tout en connaissant l'importance morale et déontologique de leurs révélations. Mann orchestre avec une efficacité toute personnelle ce film d'enquête haletant, servi par des acteurs d'exception dont Russel Crowe (vieilli mais bluffant) et Al Pacino (survolté et touchant) livrant deux de leurs meilleures prestations. Chacune des minutes de ce film fleuve de près de trois heures s'apprécie avec un réel plaisir pour transformer ce fait réel en un plaidoyer pour la vérité et l'affirmation du citoyen sur le profit. Révélations s'affirme donc comme un film militant réalisé par un très grand cinéaste, tirant la quintessence du duo d'acteurs extraordinaire mis à sa disposition.
Après "Heat", Mann retrouve Al Pacino et adapte une histoire vraie et toute fraiche à l'époque : celle de la lutte contre les géants du tabac, à travers l'affaire mêlant l'informateur Jeffrey Wigand au programme "60 minutes". Le film n'est pas seulement un thriller dénonçant l'intouchabilité présumée des géants de la cigarette, il offre également une représentation du métier de journaliste et de leur contraintes, une réflexion sur la situation des scientifiques travaillant pour le tabac, sans oublier un drame personnel. A ce titre, Pacino et surtout Russel Crowe sont incroyablement imprégnés dans leur personnage. Déjà repéré dans "L.A. Confidential", Crowe obtiendra sa consécration dans son film suivant, "Gladiator". Quant à la mise en scène, elle est très soignée, appuyé par un montage rythmé, et on ne s'ennuie pas une seconde. Une vraie réussite.
En 1999, le grand réalisateur Michael Man (« Heat », « le 6ème sens », « le dernier des Mohicans » etc...) nous offre un nouveau film puissant et qui marque durablement les esprits. « Révélations » est en effet basé sur l'énorme scandale qui a secoué les États-Unis lorsque l'opinion publique a été informée que les industriels du tabac n'hésitaient pas à rendre les cigarettes encore plus nocives et addictives pour augmenter leurs profits. C'est un ancien employé qui donne l'alerte et le film raconte comment, soutenu par un journaliste intègre, il a pu forcer le puissant lobby du tabac à reconnaître ses responsabilités. La tension est telle, tout au long de l'intrigue, qu'il est impossible de trouver le temps long malgré les 2h40 de film. Le mérite en revient essentiellement à la qualité de l'histoire, qui se révèle très vite passionnante et à l'implication des acteurs qui délivrent tous une prestation remarquable. Russell Crowe et Al Paccino, pour ne citer qu'eux, sont totalement à la hauteur de leur réputation et donnent à leur personnage toute la dimension dramatique qui convient à ce genre de thriller, pour le moins tendu. Cette histoire vraie est donc parfaitement retranscrite à l'écran et l’œuvre qui en résulte a été nommée 7 fois aux Oscars et 5 fois aux Golden Globes de l'année 2000. Bien qu'il n'ait remporté aucune de ces récompenses, ça démontre toutefois largement son intérêt politique, militant et cinématographique... C'est tout simplement sidérant et les amateurs de la « théorie du complot » vont adorer !
En 2000, le cinéaste de génie Michael Mann signait comme à son habitude une œuvre dense, tendu et réalisée à la perfection. En adaptant un scandale lié au tabac qui a éclaboussé l’Amérique, il met en scène u film où le scenario, la narration, le montage, la musique sont au diapason pour accoucher d'un désormais classique de cinéma citoyen. Mais c'est avant tout devant la maestria de sa mise en scène et de ses plans si particuliers qui sont devenus une véritable signature de la part de Michael Mann que le film impressionne, avec bien sur aussi les formidables performances d'acteurs d'Al Pacino et de Russell Crowe.
Après Heat, Michaël Mann garde Al Pacino et lui adjoint les services de Russell Crowe, pas encore consacré avec Gladiator, pour Révélations. Inspiré de faits réels, le film est co-écrit par Mann et Eric Roth (Munich) et décrit l'histoire d'un homme, chercheur au sein d'une multinationale commercialisant des cigarettes qui découvrant les mensonges de ses supérieurs (non, le tabac ne crée aucun effet de dépendance, ne donne pas de cancer) décide de se révolter contre sa hiérarchie. Il est alors licencié. S'ensuit une véritable descente aux enfers, sa femme le quittera au lieu de le réconforter, il sera menacé de mort et il ne pourra compter que sur l'aide d'un journaliste obstiné et intègre ("je n'aime pas l'info-spectacle" dira-t-il, ce qui est un des défauts des journaux américains) en la personne de Lowell Bergman, Al Pacino une fois de plus formidable dans un rôle moins explosif qu'à l'ordinaire. Mais la révélation du film, sans vouloir faire de jeu de mot avec le titre, c'est bel et bien Russell Crowe qui incarne très justement cet homme à la dérive, sali par tous, abandonné de tous, devenant paranoïaque. Il finira professeur de chimie comme pour se racheter d'avoir participer à un commerce de substances nocives en inculquant désormais le savoir aux jeunes. Le film est, avant tout, très documenté. Mann tourne caméra à l'épaule comme un vrai reportage. Instructif, puisqu'il décrie avec minutie le lobbying des grosses entreprises, les rouages des médias, la censure qui peut les frapper, leurs pouvoirs sur la population, il pourrait lasser avec sa durée de 150 minutes. Il n'en est rien tant il se révèle passionnant de bout en bout.
Mann réussit, avec une histoire qui sur le papier ne me passionnait pas, à me captiver du début à la fin du film. Al Pacino et Russell Crowe sont excellents. Maitrisé et original.
Révélations est tout simplement une grande leçon de cinéma donné par Michael Mann, prouvant qu'il n'y a pas besoin d'en faire des tonnes pour réaliser un grand, un très grand film. Que ce soit scénaristiquement, la mise en scène, le déroulement, le rythme de l'histoire, Michael Mann nous confirme que c'est un virtuose. Alors, certes la narration est classique mais diablement maitrisé. Le scénario est intelligent, la réalisation maîtrisé et surtout on a de très grand acteurs (Al Pacinon et Russell Crowe) qui montre tout l'étendu de leur talent. Michael Mann ne tombe pas dans le patos ou dans la caricature, on sent et on sait que l'histoire n'est pas arrangée et transpire la sincérité. L'ambiance du film est glaciale mais très prenante. Vous l'aurez compris, un excellent film de la part de Michael Mann.
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4,0
Publiée le 28 juillet 2010
Peut-être le meilleur film de Michael Mann, qui a su prèserver son indèpendance, en se lançant dans ce thriller brillant inspirè du procès qui a fait vaciller l'industrie du tabac dans les annèes 90! Au dèpart de l'affaire, les rèvèlations par le directeur de recherche d'une marque de cigarettes, à un cèlèbre journaliste, sur l'utilisation de produits chimiques pour favoriser la dèpendance! Le scènario rend parfaitement compte de la pression endurèe par le tèmoin, Jeffrey Wigand (incarnè avec force par Russell Crowe), et de l'acharnement du journaliste (Al Pacino, impeccable une fois de plus), qui doit se battre avec sa chaîne de tèlè pour rèvèler le scandale! La mise en scène s'inscrit dans la continuitè de "Heat", s'approcher au plus près de la psychologie de ses personnages! Un suspense haletant et engagè, avec une superbe interprètation et une explosion de virtuositè dans la mise en scène, dont le panoramique conclu par un remarquable ralenti sur Pacino dans le plan final! Un grand film...
Si l'on ne retient que le fait que le film nous fait attendre en vain pendant plus de deux heure et demie des rebondissements de folie jusqu'à la révélation ultime, on peut considérer Révélation comme un simple thriller manquant cruellement de suspense. Mais quand, en plus, cette révélation tant attendue est: "Fumer est mauvais pour la santé! ", on peut parler d’une terrible perte de temps. Les deux acteurs semblent convaincus du peu d’intérêt du scénario et ne donnent pas du leur dans leurs interprétations. Seuls les enfants des 12 ans qui commencent à fumer naïvement peuvent y voir une bonne leçon...
Un Michael Mann plutôt posé pour cet Insider our Révélations qui décrit l'histoire du lanceur d'alerte J. Wigand après avoir quitté ses fonctions dans une grosse entreprise de tabac. Le binôme lanceur d'alerte, producteur, interprété par Crowe et Pacino fonctionne plutôt bien. Le scénario est solide et on passe un bon moment. Seule la fin est un peu longue décrivant presque jour par jour les déboires des uns et des autres, notamment ceux du producteur pour diffuser le reportage.