Film vu hier soir en avant première à Bénodet en présence de la réalisatrice Stephanie Pillonca et de son mari Gustave Kervern, qui a un rôle dans le film. Pour un film tourné en 5 semaines avec un "petit" budget, nous avons été complètement séduit par l'atmosphère de la Bretagne au 19ème siècle avec cette légende de l'Ankou, si chère à nos ancêtres ! Cette femme, Hélène Jegado, magistralement interprétée par l'actrice principale, nous a embarqué dans sa folie et son admiration pour la mort... Nous avons adoré les moments de communion avec les pierres, la nature et tout ce qui se dégageait de ces scènes ! Bravo à toute l'équipe du film... Si vous voulez vous changer des blogbusters et autres comédies, et vous laisser embraquer dans une atmosphère pesante mais envoûtante, ce film est fait pour vous !
Le film est adapté du roman éponyme (2013) de Jean Teulé, biographie romancée d’Hélène Jégado (1803-1852), empoisoneuse bretonne qui fut guillotinée à Rennes. L’actrice belge Déborah François (29 ans) porte le film sur ses épaules en jouant la fragilité et la folie ; son personnage, influencé par les légendes bretonnes et l’Ankou (la mort personnifiée en Basse-Bretagne) estime en être l’instrument, le serviteur (obererour ar maro en breton), d’où des empoisonnements en série (d’abord aux baies de belladone puis à l’arsenic), facilités par son emploi de cuisinière. Elle est entourée de bons acteurs : Benjamin Biolay, Catherine Mouchet (sa mère), Miossec (un prêtre), Gustav Kervern (un autre prêtre) et Jean-Claude Drouot. Belle mise en scène (pour un tournage qui a duré 5 semaines) avec un soin précis donné aux décors, aux costumes, aux paysages (d’Armor et d’Argoat du Morbihan) et à la lumière (certains plans intérieurs ressemblent à des tableaux de l’école hollandaise). Le pendant féminin du « Juge et l’assassin » (1976) de Bertrand Tavernier ?