Fatima
Note moyenne
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171 critiques spectateurs

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Christoblog

924 abonnés 1 805 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 10 octobre 2015
La loi du marché proposait au printemps une plongée en eaux profondes, au coeur de la réalité française, côté sombre.

Fatima propose une apnée presque aussi puissante, côté optimiste cette fois-ci.

On ne montre pas souvent au cinéma la vie de ces mères d'origine maghrébine, qui parlent mal le français, si ce n'est parfois comme personnages secondaires se débattant avec une progéniture difficilement contrôlable. Philippe Faucon aborde donc un nouveau continent en choisissant de tracer ici le portrait sensible d'une de ces femmes.

L'actrice non professionnelle Soria Zeroual incarne à la perfection la dignité, le discernement, la force de caractère et la rectitude morale. On est étonné et séduit par son changement de physionomie dans l'intimité : le voile qui disparait, la beauté de l'écriture arabe. On est frappé par les difficultés que sa non-maîtrise du français pose pour l'éducation de sa fille (terrible scène dans laquelle la fille insulte la mère). On sursaute au moment où le scénario choisit de nous surprendre par un évènement parfaitement innatendu.

Fatima se distingue par sa subtilité (les préjugés racistes juste esquissés sont d'autant plus révoltants) et séduit par la finesse de ses approches.

Un tableau sensible, une franche réussite.
Guiciné
Guiciné

209 abonnés 1 352 critiques Suivre son activité

3,0
Publiée le 10 octobre 2015
Un joli petit film, qui en dit long sur la difficulté d'intégration mais toujours en évitant les écueils et certains clichés même s'ils sont présent mais toujours filmés de façon respectueux. À voir.
anonyme
Un visiteur
3,0
Publiée le 10 octobre 2015
Un bon film dans l'ensemble...l'actrice principale est touchante...malheureusement le film est inégale émouvant par moment...ennuyeux à d'autre moments...décevant quand on lit les critiques presse j'ai l'impression de ne pas avoir vu le même film...
poet75
poet75

298 abonnés 703 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 10 octobre 2015
Dans le coeur de Fatima, sinon dans sa vie, la place est largement occupée par ses deux filles, qu'elle élève quasiment seule (la cadette voyant, de temps à autre, son père). Difficile de les voir grandir et s'émanciper, d'autant plus difficile que Fatima est écartelée entre sa fierté, ses espoirs, ses incompréhensions, ses craintes et surtout sa peur du "qu'en dira-t-on". Il ne manque pas de commérages dans son entourage et Fatima exhorte ses filles à tout mettre en oeuvre pour échapper aux rumeurs malveillantes.
L'aînée, Nesrine, a de quoi faire la fierté de sa mère, puisque, ses résultats scolaires ayant été excellents, elle s'apprête à commencer des études de médecine. Avec la cadette, Souad, 15 ans, c'est autrement plus compliqué: c'est une adolescente en révolte qui, plutôt que d'aller en classe et de travailler, préfère passer son temps à traîner dans les rues.
Pour Souad comme pour Nesrine, une des maladies qui rongent l'âme s'appelle la honte. Elles ont honte d'une mère qui porte constamment un foulard, maîtrise mal le français et subvient à leurs besoins en faisant des ménages. Souad, l'adolescente en crise, le dit sans détours à sa mère, lui reprochant d'être une "cave" qui se laisse exploiter sans rechigner. Du côté de Nesrine, la honte n'est jamais exprimée directement, mais elle n'en est pas moins réelle: à sa colocataire qui l'invite à sortir, elle répond qu'elle préfère rester seule, de peur de devoir parler de sa mère à un inconnu trop curieux qui lui poserait des questions.
Si la communication entre Fatima et ses filles s'avère difficile, on n'est pas surpris de constater combien c'est encore plus problématique quand il s'agit d'autres personnes. Fatima est loin d'être dénuée d'intelligence ni de perception: elle a bien compris que l'argent qui traîne comme par hasard dans une des demeures où elle fait des ménages y a été laissé à dessein pour tester son honnêteté. Mais, le jour où elle participe, au collège où est scolarisée Souad, à une réunion de parents et qu'elle est invitée à s'expliquer à propos de sa fille, elle demeure muette. Elle est incapable de s'exprimer correctement en français, comme les autres parents. Ce n'est pas qu'elle n'a rien à dire. Au contraire, mais ce qu'elle a à dire, elle le confie, quand elle dispose d'un peu de temps, à un cahier, dans lequel elle écrit en arabe. C'est, en quelque sorte, son cahier de confessions: elle y met tout son coeur, toutes ses pensées, toutes ses craintes et tous ses espoirs.
Venant après "Dheepan" et son accablante collection des clichés les plus éculés et les plus rances sur les cités sensibles, ce film en apparaît comme l'antithèse. Après l'esbroufe d'Audiard, bienvenu à la sobriété et à la justesse de ton de Philippe Faucon. Porté par de superbes actrices, "Fatima" va toujours droit à l'essentiel, semble toujours criant de vérité et touche le coeur du spectateur sans jamais tomber dans le sentimentalisme. Les personnages sont incarnés, ils n'ont rien du symbole. Fatima n'est pas parfaite, son raisonnement s'encombre, par moments, de préjugés, mais elle reste et restera comme une des plus belles et plus touchantes figures de mères au cinéma. 8,5/10
WutheringHeights
WutheringHeights

132 abonnés 930 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 10 octobre 2015
Avec une mise en scène épurée, Philippe Faucon montre avec finesse la réalité des banlieues, avec le poids du regard des autres et la honte ressentie de ne pas être en conformité avec les lois sociales. Mère courage, Fatima est aussi une artiste qui s'ignore, une femme à l'intelligence vive qui préfère courber l'échine pour assurer à ses filles une vie meilleure que la sienne. Le cinéaste filme ces femmes avec une infinie douceur et une grande justesse. Du beau cinéma qui rend hommage à toutes les "Fatima".

LA SUITE :
Cine vu
Cine vu

162 abonnés 580 critiques Suivre son activité

3,5
Publiée le 10 octobre 2015
Douce chronique de la difficulté

Philippe Faucon a la fibre, nous le savons depuis son premier long-métrage « L’amour » (1990) plusieurs fois confirmé par la suite notamment par « Samia » (2000).

Avec « Fatima », il rend hommage au combat des femmes, ce combat ordinaire qu’elles sont beaucoup a mener.

Fatima vit seule avec ses deux filles. L’aînée commence Médecine, la cadette s’émancipe et se rebelle; c’est l’âge.

Le père vit avec sa seconde femme, il est là encore un peu pour voir ses filles: acheter une paire de tennis à la plus jeune, poser une bouteille de gaz chez l’aînée en coloc, et lui dire « quand il y aura un garçon, faudra me le dire ».

Mais c’est bien Fatima qui porte ses filles! Malgré le Français qu’elle ne maîtrise pas, malgré la fatigue du travail (mal payé), malgré l’inquiétude d’une mère seule, malgré les voisines, malgré malgré, malgré tous ces malgré; Fatima est là.

Comme toutes les Fatima. Qui peuvent aussi se prénommer Jacqueline, Yaël ou Dolorès. Les Fatima résistent.

Et Philippe Faucon, avec délicatesse et bienveillance, nous montre leur histoire qui est parfois (souvent?) un dur combat.

Les 3 actrices du film sont superbes.
Ristobop
Ristobop

41 abonnés 96 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 10 octobre 2015
Le portrait d'une femme de ménage simple, anodine mais digne, à la volonté tenace surtout lorsqu'il s'agit de se battre pour ses enfants. Fatima que l'on découvre extrêmement sensible, d'une grande clairvoyance sur ce qui l'entoure et finalement d'une poésie étonnante (quand elle écrit son journal intime ou quand elle arrive enfin à se livrer à un médecin parlant sa langue). Mais ce film est aussi une multitude de portraits de personnages attachants et, en contre plongée, celui de notre société. Un vrai coup de coeur personnel.
anonyme
Un visiteur
2,5
Publiée le 9 octobre 2015
Ce film a du potentiel mais trop lent, trop mou.
Fatima est émouvante et attachante.
Un peu trop de clichés à mon goût.
anonyme
Un visiteur
3,5
Publiée le 9 octobre 2015
Le père parti refaire sa vie, Fatima se retrouve seule pour élever ses deux filles, Nesrine, 18 ans et Souad, 15 ans. C’est déjà une première difficulté pour cette femme maghrébine prête à se sacrifier pour le bonheur de ses filles, sans renoncer aux principes de son éducation musulmane. Mais à l’inverse de Nesrine et Souad, Fatima ne maitrise pas suffisamment bien le français pour espérer un travail valorisant. Alors elle est femme de ménage. Avec le manque de considération que cela implique parfois dans le regard de l’autre…
Si la barrière de la langue freine son intégration, elle l’empêche tout autant d’accéder au langage scientifique de son ainée qui se lance dans des études de médecine, que de comprendre le langage de la rue de la cadette, plus rebelle, qui lui reproche sans ménagement de se faire exploiter : « t’es une cave » ! La violence des mots de la cadette vaut bien celle faite par certains employeurs. Mais Fatima a un exutoire, son cahier intime dans lequel elle note en arabe de belles pensées : « là où il y a un parent blessé, il y a un enfant en colère… »
C’est au fond la vie simple d’une famille ordinaire que raconte Philippe Faucon. Une chronique naturaliste inspirée d’un recueil de poèmes. Comme un récit délicat et sensible d’une lente émancipation autant que d’un affrontement générationnel. Sans pathos ni angélisme, touchant mais pas sentimentaliste, Fatima est un beau petit film construit par touches successives, grâce à trois jolis portraits de femmes. Notamment Soria Zeroual, attachante en mère courage modeste et forte.
pierre72
pierre72

162 abonnés 367 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 9 octobre 2015
Fatima est femme de ménage. Voile vissé sur la tête, elle travaille sans relâche dans des bureaux éloignés où elle est conduite en car de bon matin ou chez des bourgeois qui profitent de son apparente placidité pour la déclarer en partie au black.
Fatima est divorcée et fait tout ce qui est en son pouvoir pour assurer à ses deux filles un avenir meilleur car elle reste persuadée que le France va leur permettre de s'extraire socialement.
Fatima ne parle pas le français mais essaie de l'apprendre en volant quelques heures à ses maigres moments de loisirs. Elle le comprend mais n'ose pas encore s'exprimer dans cette langue même dans ses discussions avec ses deux filles qui, elles, ne connaissent guère la langue de leur mère.
Fatima fait tout ce qui est possible pour s'intégrer mais se trouve confronter à ce racisme ordinaire insidieux mais prégnant, dans une vie de tous les jours où les autochtones rivalisent de suffisance, d'incompréhension et de bêtise pour sans cesse remettre cette femme dans sa supposée condition de bête de somme inculte et ignare.
Fatima regarde vivre ses deux filles qui luttent chacune pour sortir de leur condition, empruntant pour l'aînée le chemin du travail et des études et pour la cadette celui de la rébellion facile et improductive.
Fatima assume avec amour le désarroi de ses enfants, la jalousie et la perfidie de ses voisines ainsi que la condescendance brutale de ses patrons, jusqu'au jour où elle chutera lourdement dans un escalier, comme si cette charge toute symbolique était soudain devenue trop lourde....
" Fatima" est un film modeste mais qui nous touche profondément car son réalisateur, Philippe Faucon possède un vrai regard de cinéaste. Sans jamais forcer le trait, par petites scènes aux apparences simples, il dresse à la fois le portrait du racisme ordinaire mais aussi celui d'une famille pas si éloignée de la notre, la rendant formidablement proche et procurant aux spectateurs une émotion profonde et véritable.
La fin sur le blog
traversay1

4 505 abonnés 5 403 critiques Suivre son activité

3,5
Publiée le 9 octobre 2015
Il serait tentant et un peu facile de décrire Fatima, l'héroïne de Philippe Faucon, comme un "mère courage". Elle-même n'aimerait pas qu'on la qualifie ainsi : elle fait ce qu'elle a à faire, femme de ménage trimant toute la journée, sans mari et avec deux filles à charge dont l'une a entrepris des études de médecine. Le film, dans le style sobre, précis et sans trémolos auquel Philippe Faucon nous a habitués, est aussi lumineux, mais sans angélisme, que La désintégration, son long-métrage précédent, était sombre et pessimiste. La chronique sociale n'a pas besoin d'être spectaculaire pour sonner juste et Fatima est une oeuvre pétrie de sincérité et d'humanisme. La clé de l'intégration se trouve dans la langue française que Fatima comprend à peu près, parle à peine et ne lit pas. Ce portrait de femme intelligente, modeste et aimante qui se régénère en écrivant son journal en arabe, touche malgré un scénario très resserré et une intrigue mince comme une feuille de papier. On peut y voir comme un certain éloge de la dignité, sans grandes phrases ni emphase. Le message est clair et net comme un ciel dégagé, il n'a aucun besoin d'artifices.
Jmartine
Jmartine

203 abonnés 750 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 8 octobre 2015
Fatima de Philippe Faucon est un portrait plein de tendresse et non dénué d’humour sur une mère courage prête à tous les sacrifices pour assurer l’avenir de ses deux filles. Le père est parti refaire sa vie avec une autre femme, il apparaît de temps en temps auprès de ses filles, pour acheter une paire de basket, mais le plus souvent pour leur rappeler les principes éducatifs de la femme musulmane…Fatima ne sait ni lire ni écrire le français, mais elle rédige son journal en arabe…Nesrine l’aînée commence une première année de médecine …si tu réussis mon bonheur sera comblé lui dit sa mère…non pas comblé, mais complet, toi tu seras comblée…mais ton bonheur complet, rétorque Nesrine avec douceur et compréhension…moins douces les conversations avec Souad, la cadette qui est retors à la scolarité et qui reproche à sa mère de nettoyer la merde des riches….c’est un film court , à peine quatre-vingts minutes, Philippe Faucon filme ses personnages avec douceur, s’attardant sur le beau visage de Soria Zeroual qui interprète Fatima, visage parfois las, parfois grave, mais souvent lumineux…c’est un film simple, un film juste…et des Fatima, il doit y en avoir beaucoup tout aussi discrètes, maghrébines , africaines…qui triment en espérant voir les enfants réussir dans cette société où l’intégration leur est difficile…En cela elle est une figure universelle…
velocio

1 545 abonnés 3 521 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 8 octobre 2015
Né au Maroc il y a 57 ans, Philippe Faucon est un réalisateur au talent certain mais dont on parle peu. Trop peu ! Présenté cette année à la Quinzaine des Réalisateurs de Cannes, "Fatima" est son 8ème long métrage de cinéma et, une fois de plus, il s'intéresse au sort des immigrés dans notre pays. "La désintégration", son film précédent, avait pour thème (en 2011!) le terrorisme et la tendance, chez certains jeunes des cités, à se laisser prendre dans les filets de l'islamisme radical. Contrairement à ce film très pessimiste quant aux possibilités d'intégration de certains jeunes d'origine maghrébine, "Fatima" montre la face inverse, nettement plus importante en nombre, mais malheureusement souvent entravée par le comportement de certains de nos compatriotes : une volonté farouche d'intégration. Comme le dit Philippe Faucon : « Un arbre qui tombe fait plus de bruit qu'un forêt qui pousse ». La désintégration parlant de l'arbre qui tombe, le réalisateur sentait le besoin de faire un film sur la forêt qui pousse. Philippe Faucon est un cinéaste qui aime aller à l'essentiel, qui aime la concision. Dans "La désintégration", son film précédent, il était allé trop loin en accumulant les ellipses sur l'évolution psychologique des personnages. Dans "Fatima", il a su doser de façon parfaite son goût pour l'épure et une conduite de récit très bien menée. Tout en étant très réaliste sur la vie difficile de Fatima, et donc, de toutes celles qui partagent son sort, son film fait souvent la part belle à une sorte de poésie, issue sans doute des poèmes écrits par Fatima Elayoubi. Un film puissant et généreux.
Loïck G.

392 abonnés 1 831 critiques Suivre son activité

3,5
Publiée le 8 octobre 2015
Comme l’intégration est au cœur de ce film, on attend les sempiternelles questions sur une banlieue qui ne pourrait être qu’à feu et à sang. Philippe Faucon prend le contre-pied des clichés du genre pour dessiner le portrait d’une femme qui porte bien le titre du film. Mère, ballottée entre deux cultures, et entre deux filles, Fatima va sceller son reste de famille avec l’obstination de l’ancêtre. Le passeur d’une connaissance que les jeunes ne peuvent pas connaître. L’aînée demeure malgré tout très proche de sa mère, sinon de ses racines, face à sa cadette, une ado en révolte et colère. Fatima prend ses débordements en pleine face, mais demeure très aimante, très aidante. Philippe Faucon poursuit ainsi son exploration des dérives identitaires. Moins radical que par le passé (« Dans la vie », « La désintégration » …) il ajoute cette fois une touche de délicatesse, un brin de sagesse. Ca surprend, mais ça marche !
Pour en savoir plus
Jorik V

1 365 abonnés 1 952 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 8 octobre 2015
Avis à tous les immigrés, enfants d’immigrés, français ouverts ou français racistes, peuple de droite ou de gauche ! Voici un film qui pourrait si ce n’est réconcilier tout le monde au moins ouvrir les esprits en livrant, par un bout de la trajectoire d’une femme algérienne immigrée et de ses deux filles, des vérités simples et beaucoup de clés de compréhension à tellement d’incompréhension(s). Ce n’est pas une tranche de vie qui encense l’immigration ou la critique, bien qu’on se doute de l’avis du metteur en scène sur le sujet, c’est juste la chronique ordinaire de la vie d’une femme algérienne en France. Sans pathos ni manichéisme mais avec justesse, pudeur et respect. Avec ses joies comme ses peines.
Un film apaisé et beau mais surtout un magnifique portrait de femme et de mère courage qui force l’abnégation. Un film à montrer à une certaine partie de fils d’immigrés qui pourrait en prendre de la graine plutôt que de critiquer et de saper toutes les valeurs du pays qui les accueille tout comme aux racistes qui ne voit dans les étrangers qu’une menace. Un film utile donc mais surtout sincère et jamais manipulateur.
Philippe Faucon, dans son coin, dresse tout de même depuis plusieurs années une œuvre à saluer pour son authenticité et la ligne directrice qu’il a choisi : la condition des immigrés algériens en France. Même si l’on est plutôt allergique à un certain cinéma social radical de gauche et engagé, la façon dont ils filment ses personnages et la paix et l’empathie qui s’en dégage forcent obligatoirement le respect, loin de toute polémique ou velléité politique. Qu’il parle d’une adolescente prise en étau dans une famille trop traditionaliste ou d’un jeune homme répondant aux sirènes du terrorisme islamique, Faucon le fait avec tact et après beaucoup de documentation. On sent qu’il sait de quoi il parle et c’est ce qui lui donne toute sa légitimité.
Toujours dans les récits resserrés au maximum (jamais plus d’une heure et vingt minutes), il ausculte ces sujets de manière frontale et s’entoure d’acteurs non professionnels conférant à ses films un aspect à la limite du documentaire. Un cachet qui leur va très bien. On est dans un certain naturalisme qui n’est jamais pesant ni prétentieux. Non, juste dans un réalisme social qui fait du bien et qui nous étreint. Car en plus d’être intéressants et finalement nécessaires, ces films sont touchants voire carrément déchirants. Car « Fatima », merveilleux personnage de cinéma dont on se souviendra, parvient par des gestes de la vie ou des simples paroles à nous faire pleurer d’émotions. Un film, un personnage, une histoire, loin de tous les films boursouflés que l’on peut croiser dans les salles, qu’il serait dommage de louper.
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