Pour ma part, Fatima est mon premier film de Philippe Faucon. J'ai déjà commencé les bandes annonces de ces précédentes créations tant ce film-ci a pu m'enthousiasmer. Les actrices sont incroyables, le césar de Zita Hanrot est amplement justifié. Un long métrage encensé mais aussi parfois bêtement écorché, une oeuvre qui fera date !
Beau, sobre, juste, émouvant, politique, poétique. Enfin du cinéma populaire qui ne nous sert pas du patriarcat violent, du féminisme abrutie, de la propagande intégrationniste débile, du verlant à toutes les sauces. Juste une histoire, belle et complexe !
Le récit de Fatima est l’exact inverse de La désintégration (2012), autre film réalisé par Philippe Faucon. Le réalisateur français déroule ici le parcours de son personnage-titre exemplaire, celui d’une d’intégration compliquée. La chronique familiale mise en images est narrée de façon très diffuse au fil d’un scénario linéaire sans surprise. Cela confère au film un rythme lent qui nuit à son accroche. Nous pouvons accorder à Philippe Faucon d’avoir su éviter les clichés qui menaçaient son récit. De plus, par sa réalisation épurée et l’absence de musique additionnelle, le cinéaste n’offre aucun point d’adhérence au sentimentalisme qui aurait pu alourdir le propos. Au final Fatima jouit d’un réalisme et d’une transparence indéniables renforcés par un casting hétérogène jusque dans la qualité des interprétations.
Un film épuré, juste et efficace qui traite de divers sujets comme l'intégration, le conflit de génération, la place de la femme musulmane dans l'islam ... L'héroïne est solaire et d'une justesse dans le jeux indéniable. Comment ne pas être touché par ce portrait de femme, de mère aimante qui veut le bien de ses filles quitte à tout sacrifier. beaucoup de femme se reconnaîtront dans le personnage de Fatima. Très bien
Simple, sobre et bienveillant à l'endroit des sujets que l'auteur filme. Je m'attendais à l'énième film sur la condition difficile des femmes de banlieue et une patriarcat le plus avilissant. Et bien je suis heureux de vous dire qu'il s'agit de tout le contraire. Un film humain et lumineux.
Film très touchant sur une mère algérienne prête à tout pour le bonheur de ses filles...C'est hyper réaliste (un peu à la façon d'un documentaire parfois !) et on prend beaucoup de plaisir à suivre cette famille dans leurs combats respectifs malgré quelques longueurs évidentes (surtout sur la fin). Un joli film !
Après "La Désintégration", Philippe Faucon filme le mouvement contraire dans "Fatima", récit d'une femme qui accumule les ménages pour pouvoir payer les études de sa fille aînée. Le film touche par sa délicatesse, que l'on retrouve aussi bien dans la brièveté des scènes que dans la façon de dessiner ses personnages, jamais caricaturés mais saisis dans un instant de leur vie. Parti pris intéressant de ne pas leur donner de l'épaisseur et de ne pas les faire évoluer mais simplement de les inscrire dans un contexte social réaliste et de suivre leur quotidien; cependant, on peut aussi pointer des limites à cette démarche qui, si elle permet un regard politique et social lucide, est exempte de toute prise de risque, tant sur un plan formel que critique. Même si "Fatima" est doté d'une mise en scène plus précise et élaborée que certains détracteurs ont voulu faire croire (encore faut-il savoir regarder un film !), il manque la vision forte d'un Kechiche ou d'un Guiraudie, qui permet aussi une émotion autrement plus intense. Quant au regard que porte Faucon sur cette histoire, il est souvent juste et ne tombe que très rarement dans l'illustration mais, avec un peu de recul, on se dit que son film n'est pas dépourvu d'évidences qui auraient peut-être méritées à être déconstruites afin de créer plus d'incertitudes. C'est finalement ce choix de ne pas adopter une posture dialectique et complexe qui empêche "Fatima" de s’élever et de proposer une lecture politique singulière.
A considérer ce "Fatima" au premier abord, on pourrait se dire qu'il s'agit là du regard chaleureux d'un réalisateur ému par le quotidien de ces femmes déchirées entre leur culture d'origine et la volonté d'offrir à leurs filles des perspectives d'avenir autres que celle d'employée de maison.
Et puis, on réalise lentement la duplicité du propos qui induit sournoisement l'idée que ce qui délire dans l'histoire c'est justement l'incapacité de cette "indigène" à faire fi de ses traditions archaïques dans notre beau pays des droits de l'Homme, que tous, y compris ses filles, aimeraient voir renoncer.
Ben ouais quoi! Suffit juste de retirer ton voile pour que tout aille mieux, hein Fatima?
Un film social sobre avec peu de mise en scène. Portrait d’une femme forte ayant renoncé à son statut social, évoluant dans un pays qui ne reconnaît pas ses connaissances culturelles et ses compétences littéraires.
D'une profonde humanité, ce film à la mise en scène d'une infinie délicatesse et de la plus grande sensibilité dresse pourtant un portrait sans angélisme et sans fards des difficultés de l'intégration. Discrètement politique, il interroge finement sur les fossés générationnels et sur le racisme ordinaire. Le spectateur n'est pas prêt d'oublier le dernier plan du film bouleversant et qui résume de manière admirable l'amour et la fierté d'une mère, lumineuse Soria Zeroual.
Récompensé par trois Césars, ce long-métrage présente pourtant une France bien loin des dorures du théâtre du Châtelet. Il raconte le quotidien de Fatima mère célibataire qui ne parlant presque pas français doit se contenter de boulot de ménages mal payés, du paternalisme de ses employeurs, de la jalousie de ses voisines et de l'hostilité de sa plus jeune fille. C'est donc le quotidien de nombreuses femmes issues de l'immigration que ce portrait de femme met en lumière. Dans un cadre proche du documentaire, c'est une histoire dure que le film raconte sans pour autant faire dans le misérabilisme. L'intrigue se déroule sur une année et elle embrasse tout ce qui fait les difficultés et les joies de cette mère de famille et même si elle n'a pas les mots pour le dire, elle n'est pas la femme effacée et stupide que les autres pensent (y compris ses filles) et elle porte un regard lucide et honnête sur sa vie et celle de ses enfants. Un drame plein de sobriété qui dresse le portrait d'une femme digne qui par amour pour ses enfants a mis sa vie entre parenthèses pour subvenir aux besoins de sa famille. Un long-métrage qui mérite vraiment un coup d'œil.
J’ai été voir Fatima. Le film, pas la femme de ménage. Fatima, je l’ai vue ce matin au boulot. La femme de ménage, pas le film. Je l’ai vu dans ce tout petit cinéma de quartier, où les pubs avant le film ce sont des des petits carrés sur l’écran qui bougent pas, pour le plombier, la pizzeria et la crêperie du coin. Elle fait pas le ménage au cinéma Fatima, hein. Dans les bureaux. Dans le film si. Enfin pas dans les cinémas, au cinéma. Ni dans les bureaux d’ailleurs, mais chez les gens. Donc au cinéma Fatima fait le ménage chez les gens. Vous me suivez ? Si c’était un tout petit cinéma, c’est parce que Fatima c’est pas assez populaire pour les multiplex. Sûr qu’à côté de Planète Mars et de James Bond, Fatima fait pas le poids. Je parle du film, hein, pas de la femme de ménage. Parce que la femme de ménage elle fait le poids, et le job, largement, barak’Allah. Même si elle paye pas de mine au premier abord. Alors Fatima, personne ne lui prête trop attention. Le film. La femme de ménage aussi, remarque.