J'avoue qu'au début de la séance je me suis demandée ce que j'étais venue faire dans la salle. La routine de ce couple, du réveil à 6 h jusqu'au vêtements bien pliés sur une chaise, sa femme restant couchée et lui partant travailler, faisant le même trajet à pied, puis parcourant en bus la même route...un quotidien sans faille et sans intérêt. Une petite lueur tout de même lorsque l'on découvre qu'il a une passion "la poésie", enfin si on peut appeler cela de la poésie, car écrire concernant une boîte d'allumettes qui en a supplanté une autre, sans rimes adéquates, ce n'est guère poétique, mais ce besoin d'écrire sur tout et n'importe quoi ouvrait une porte sur un éventuel intérêt. Laura, beaucoup plus enthousiaste, aimant le mélange noir et blanc, manuellement très douée, apporte une touche plus gaie. Mais ce qui frappe c'est que ce couple ne se dispute jamais, ne rit jamais, tout est d'un calme et réglé comme "du papier à musique", même le chien a ses habitudes et parcourt toujours le même chemin, le soir avec son maître, le même bar, lui sirotant une bière sur le même siège et rentrant sagement à la maison. Une soirée inattendue faite d'un resto et d'un cinéma va bousculer ce ménage. Le chien, privé de sa sortie habituelle, va dévorer le petit carnet de notes "poétiques" (qui normalement aurait dû être rangé) et là, pas un cri, pas de colère, le chien puni et Paterson ayant besoin d'air. Sauvé par un féru de poésie qui sur un banc lui tend un carnet vierge et qu'il pourra noircir à nouveau par ses écrits. Lorsque l'on aime écrire, on peut le faire n'importe où et cela reste une passion. Dans la vraie vie ce couple est une chimère, en tout cas je suis sortie sereine de la salle.