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Anne M.
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4,5
Publiée le 30 décembre 2016
Ce film raconte une semaine de la vie de Paterson, jour après jour, dans la ville de Paterson(New Jersey), célèbre pour ses poètes . Paterson vit avec sa femme Laura, son chien Marvin (vraiment craquant), il est chauffeur de bus. Un couple ordinaire, très amoureux, où chacun cultive aussi des dons artistiques. Laura, très originale, transforme son environnement avec du noir et du blanc ; Paterson, quant à lui, écrit des poèmes à partir de petits riens de l’existence, en magnifiant son amour pour Laura.
Cette semaine se déroule de façon routinière, chaque jour se ressemble, sans être jamais tout à fait le même que le précédent. Ces petits riens cependant changent tout d’un jour à l’autre. Ils sont l’expression d’un bonheur indicible. Malgré les désagréments, ils sont l’expression d’une vie, simple mais peu banale, qui trouve son sens dans l’amour et la créativité que tout un chacun peut puiser en lui.
J’ai vraiment adoré ce film, très bien joué, empreint d’une poésie qui donne de l’importance à la routine, aux gestes quotidiens et au bonheur qui fait d’un rien quelque chose d’exceptionnel. De très beaux cadrages et une belle lumière.
Un film super tendre, doux et lent. Un grand moment de poésie qui enchante. Un peu de douceur dans ce monde de brutes. Une bouffée d'air frais. Ouf. Merci.
Présenté en compétition au Festival de Cannes 2016, ce nouveau film de Jim Jarmush n'est pas totalement reparti bredouille : la chienne Nelly, qui interprète le rôle du bulldog anglais Marvin, s'est vue attribuée la Palm Dog 2016 du Festival. On ne peut s'empêcher de penser que, dans un cru 2016 plutôt faible, "Paterson" méritait davantage ! Ce film est avant tout centré sur un couple, lui, Paterson, chauffeur de bus et poète à ses heures, elle, Laura, reine des cupcakes qui rêve de devenir une star de la musique Country. Un couple banal dans une ville banale du New Jersey, Paterson. Une ville banale, mais qui s’enorgueillit d'avoir vu naître dans un village voisin le poète William Carlos Williams. "Paterson" dépeint ces banalités avec beaucoup de finesse et d'humour, avec tact, sans jamais forcer le trait. Le rôle de Paterson est interprété par Adam Driver, un nom prédestiné pour jouer un chauffeur de bus, et celui de Laura par la comédienne franco-iranienne Golshifteh Farahani.
Autour de ce titre (une ville, un patronyme, une œuvre de William Carlos William), Jim Jarmusch s’emploie à multiplier l’hommage à cette cité proche de New-York, qui compte plusieurs poètes célèbres et un poète moins connu, mais tout aussi respectable : Paterson, chauffeur de bus. Son quotidien se noie dans la répétition de journées réglées comme du papier à musique. Seule entorse à la léthargie, les mots qu’il écrit et que sa compagne encourage avec une tendresse déroutante. Des vers simples qui racontent ce qu’il voit, ce qu’il vit, un rituel tout aussi mécanique que la démarche habituelle pour se rendre au travail, ou promener le soir le bouledogue de sa compagne. Une jolie femme, assez particulière et attachante elle aussi. A l’image de cette réalisation, naturelle, simple, portée sur la beauté des personnages qui défilent avec une belle constance dans la galerie du cinéaste et du bar que tient Doc, un vieux solitaire qui joue tout aussi seul aux échecs. L’une des clés de ce film qui en propose bien d’autres, selon l’humeur et le ressenti du spectateur. Pour un film d’une beauté et d’une puissance élégiaque que Cannes n’a pas voulu reconnaître. Tant pis pour la Croisette.
Film très émouvant et drôle, et ne traine pas du tout en longueur. L'idée d'avoir associer ces deux acteurs là est très originale, et ça marche très bien. Ce film poétique permet finalement peut-être de réfléchir sur sa propre vie, tout simplement. Une très bonne surprise.
Il est si rare que le cinéma s'attache à la poésie qu'on ne peut que saluer ce dernier film de Jim Jarmusch. Tant d'amour, d'empathie et de divagation poétique dans une même oeuvre donne le vertige, surtout si on la compare à la violence qui sourd dans la grande majorité des productions américaines actuelles. Ici tout est délicatesse, attention, habitudes acceptées et vécues dans la joie d'être aimé. La niaiserie supposée que certain-e-s pourraient ressentir est habilement contrebalancé par une auto dérision bienvenue. Comme toujours chez Jarmusch, la photographie est soignée sans être démonstrative et les personnages sont beaux et attachants à souhait. A déguster lentement, plusiseurs fois même à mon sens, pour en goûter la substantifique moelle...
Jim Jarmusch nous livre une oeuvre autant poétique que son personnage principal. Le fait est très artistique mais de façon simple. Adam Driver offre une belle performance comme chaque acteur de Paterson d'ailleurs. Un film qui aurait peut être mérité plus d'engouement à Cannes. Je vous conseil Paterson si vous êtes sensible aux films de Jarmusch et au cinema en général.
Il aura fallu attendre cette toute fin d’année pour voir probablement le film le plus poétique de 2016. Jim Jarmusch nous offre donc ce petit bijou cinématographique et à défaut de plaire aux plus nombreux saura séduire les plus patients. Soyons honnête le film est lent, mais il ne pourrait en être autrement, comment peindre différemment cette histoire en conjuguant le fond et la forme, mêler le récit et son exposition. C’est dans la banalité et la répétition de ses journées, ses « mouvements », que « Paterson » prend tout son relief. La poésie se dessine à travers une caméra au regard bienveillant, apaisant et qui tente de prendre la forme même du récit qu’elle nous narre. Le pari d’exposer une semaine de vie où chaque journée semble se répéter, créer au final un sentiment d’apaisement bienvenu et qui correspond à l’état du personnage principal. Ici, Adam Driver, encore une fois excellent, joue de son charisme et sa nonchalance naturelle pour donner vie et astreindre le rythme de ce récit, quand Golshifteh Farahani s’impose parfaitement pour former un couple totalement ancré à cette histoire. Il faut donc probablement s’armer de patience et prendre le temps de découvrir cette vie(lle) de Paterson qui se regarde comme un poème et s’écoute (superbe musique de Sqürl, Logan et Jarmusch) de manière lyrique. C’est peut-être pompeux vu/lu comme ça mais c’est dans sa simplicité, sa beauté graphique, le temps qu’il prend, que « Paterson » s’affiche sobrement comme un des films les plus original et marquant de cette année.
Jim Jarmusch filme avec une touchante délicatesse le quotidien banlieusard, la douceur d'un amour banal et surtout les rêves inaccessibles qui aident à vivre, notamment l'art ou l'artisanat - dans quelque domaine que ce soit, puisque, outre la mise en abyme sur laquelle se fonde l'intrigue, tant le personnage d'Adam Driver que celui de Golshifteh Farahani embellissent leur vie routinière à travers leur créativité ou leur imaginaire, permettant à chaque jour de se démarquer légèrement mais suffisamment du précédent, ainsi que le souligne la mise en scène puisque les cadrages et les détails varient de même. Un très joli film onirique sur la nuance.
Paterson suit Paterson, un chauffeur de bus de la ligne 23 de Paterson l'espace d'une semaine. Et avec lui nous sommes transportés. Il se dégage de cette vie ordinaire une grâce et une beauté assez folle. La caméra du réalisateur parvient à saisir la poésie d'instants, de petits riens capturés au détour d'un virage, d'une coïncidence, d'un réveil enlacé ou d'une rencontre au comptoir. Rarement un film ne nous aura rappelé d'être attentif à cette poésie que recèle la vie. Et s'il ne se passe rien dans la ville de Paterson et que l'intrigue de Paterson est tout aussi vide, lorsque arrive la fin on se surprend à en vouloir davantage.
"Water Falls. Water falls from the bright air, it falls like hair, falling across a young girl’s shoulders. Water falls, making pools in the asphalt, dirty mirrors with clouds and buildings inside. It falls on the roof of my house, it falls on my mother and on my hair. Most people call it rain"
Un nouveau poème du plus grand de tous dans ce domaine, je veux nommer: Jim Jarmusch. On suit tout simplement la vie de Paterson, simple chauffeur de bus, qui porte le même nom que sa ville et va faire de multiples rencontres autour du thème de la poésie. C'est magnifiquement tourné dans tous les sens du terme. On se laisse totalement bercé en découvrant le quotidien assez répétitif de ce brave homme qui encourage au mieux sa femme quelque peu excentrique et s'occupe de son chien qui va s'avérer être un des acteurs principaux du film. Difficile d'en dire plus, c'est à ne pas manquer...
Voilà un film qui reste en tête des poètes, des ämes sensibles malgré son caractère faussement anodin, et son air de ne pas y toucher. Alors on s'y recolle pour savourer ces petites douceurs sans prétention, le réveil bien réglé du couple filmé de haut, la boite aux lettres malmenée par le chien, le collègue dépressif et l'amoureux éconduit. Ou le japonais décide que "traduire un poème , c'est comme prendre une douche en imperméable" voilà, tout est dit. Paterson écoute ses passagers lui raconter le monde, et alimenter son imagination pour remplir le carnet secret que personne ne verra. On est bien, on en redemande, particulièrement les soirs de lassitude! TV2 - juin 20 Voilà un nom bien courant, celui d’une ville, et aussi le nom de famille d’un homme simple, chauffeur de bus, amoureux et poète. Jarmusch est aux antipodes des blockbusters américains. Il n’y a pas d’intrigue ni de scénario alambiqué, seulement une vie quotidienne, rythmée banalement par les heures du travail, la sortie du chien et la bière au café local. L’esprit des (véridiques) poètes locaux traine dans l’air à Paterson entre les murs de briques défraichis. Un banc fait face à une cascade dans un jardin public. Un bouledogue anglais ronchonne au bout de sa laisse. Une belle midinette, merveilleuse Goldshitfed Farahani, s’éveille langoureusement et prépare des cupcakes noirs et blancs. Je pense à Agnès Varda, la musique originale et planante entraine vers David Lynch, d’autant qu’à Paterson il y a beaucoup de jumeaux – référence voulue à Twin peaks ? Le chauffeur taciturne et réfractaire au portable est joué par Adam Driver – une telle coïncidence de nom suffit pour commencer à gamberger et avoir envie d’écrire quelques vers sur un carnet secret. Impossible de le recommander, tant le propos parait futile et pourtant c’est une jolie douceur de Noel, sans surprises mais aussi touchante d’attention et remplie de rêves accessibles à tous. Hun, hun dit le Japonais de passage à Paterson, symbole que lui n’est pas « Lost in translation » dans cette ville anodine et que son humeur poétique est universelle et facile à partager ciné décembre 16
Plus de trente ans après avoir vu Stranger than paradise, je suis toujours étonné par ce cinéaste sans être totalement conquis... Les acteurs (G. Farahani my love for ever!!!) sont excellents et la réalisation très maîtrisée. Jolie fable sans prétention mais très humainement positive. Un peu de joliesse dans ce monde désespéré ne peut être totalement mauvais. Recommandé pour tous publics.
Paterson ou L'exaltation bouleversante du quotidien par la poésie. C'est envoûtant.... l'éloge du ... rien! Et que c'est poétique ! Paterson est structuré comme un poème, avec les routines quotidiennes et les jours de la semaine qui s’agencent comme une série de strophes, dans la répétition des différents motifs et la figure du double. Un couple l'un témoin de la vie ordinaire, et l'autre actrice de La vie quotidienne ! les compositions de l'Américain Ron Padgett a prêté ses vers libres au film. Un monde contemplatif que Jim J décrit avec une douceur et une non violence dans les rapports humains Jim J site William Carlos Williams : « pas d'idées, mais dans les choses », c'està- dire qu'il y a plus de philosophie dans le monde empirique. Pour Lui l'observation des menus détails est essentielle et ça l'était certainement pour Williams aussi. "Je voulais un film paisible, construit sur des détails" dit il ! C'est vrai il est long et il faut être préparé à cette mélancolie répétitive nécessaire et rassurante. Malgré l'heure tardive j'y étais préparé !