Paterson
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tuco-ramirez
tuco-ramirez

166 abonnés 1 781 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 10 janvier 2017
Plus qu’un film, le dernier Jim Jarmush est une ode à la poésie. Sur une semaine, du lundi au lundi, il nous propose de suivre Paterson, Laura et leur chien Marvin dans un quotidien bien réglé. Chaque nouvelle journée démarre en contre plongée sur les deux amoureux endormis, un plan qu’affectionne Jarmush. Le cadrage est identique sur le petit matin et à d’autres moments de leurs journées, mais les possibilités sont infinies. Les plans fixes très composés, succession de vignettes impressionnistes, laissent le temps à l’action de s’installer et de faire de rituels des bonheurs simples. Paterson est chauffeur de bus à Paterson et accessoirement (à moins que ce soit l’inverse !) écrit de petits poèmes dont seule l’oreille de sa femme profite… A son désespoir tellement elle le trouve talentueux, à juste titre. Il est le ying, elle est le yang. A lui l’emploi au contact du public, la pudeur autour de son art, il est introverti ; à elle l’extravertie, une vie de femme d’intérieur passionnée et à l’affut d’expériences artistiques variées. Leur vie de couple ronronne agréablement sur un rythme lancinant et envoutant. Ils pourraient faire démodés (pas de réseaux sociaux, pas de smartphones), mais ils sont les représentants romantiques d’un art de vivre. Jarmush donne à voir ce que peut être une vie simple et réussie sans déballer tout un catalogue de conseils. Il se contente de magnifier les petites choses du quotidien d’un couple. De fait, il ne se passe pas grand-chose ce qui peut désarçonner ; mais derrière ce « pas grand-chose » se dégage l’essentiel. L’infiniment grand se cache parfois dans les détails et c’est ce que nous laisse percevoir la succession de ces 7 jours ressemblant fortement à un seul jour sans fin. Leur vie de couple est un véritable poème. J’ai lu çà : « une poésie de petits riens » dans une ambiance bluesy.
Et pour faire encore plus fable voire conte de fées ; Jarmush décide de situer à Paterson Ohio, l’histoire de Paterson. Mais Paterson le discret poète est Paterson la ville ; un mimétisme incroyable entre cet homme et son lieu de vie. Il est la personnification de Paterson. Chauffeur de bus comme il se qualifie (pourquoi se qualifier par son emploi ??? Quelle idiotie humaine répandue !!!), il nous conduit dans sa ville qu’il nous apprend à aimer dans sa banalité. Jarmush est un cinéaste hors pair pour filmer les milieux urbains.
Donc : ne passer pas devant un film hyper poétique (même moi j’avais envie d’écrire des haikus en sortant de la salle !!!) sur un petit sujet… Une ode au bonheur ordinaire.
ollavatelli
ollavatelli

64 abonnés 547 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 29 mai 2017
Adam Driver en conducteur de bus ? Un métier qui lui porte bien lol. Bref, Kylo Ren est finalement un garçon très gentil et poétique. Non sérieusement c'est sous le nouveau Star Wars que j'ai découvert et bien apprécié ce nouveau jeune acteur. Sans lui, je ne pense pas que je me serais aventuré dans un film sans réelle intrigue. Je fus agréablement surpris que le film puisse tenir deux heures à capter notre attention sans réels enjeux. La raison est simple : le film est d'une pureté et d'une bienveillance qui nous permet de s'alléger l'esprit.

En effet, l'histoire prend juste le temps de nous montrer la vie d'un jeune couple pendant une semaine. Sur le papier et l'intrigue, c'est tellement peu intéressant et en même temps si bluffant au niveau du résultat. On ne voit pas vraiment les deux heures passées. On prend plaisir à suivre les deux amoureux : ils sont vraiment gentils et attachants. Parfois ça semble légèrement niais mais le film nous procure une bonne sensation agréable qu'on se prête à la douceur du film. Il n'y a qu'à voir le soutien que se porte les amoureux l'un pour l'autre (Paterson n'aime pas toujours les cuisines inventives de sa partenaire mais va toujours lui dire qu'il aime pour lui faire plaisir et ne pas la blesser). Mise à part le quotidien du couple, on aura quelques petits moments assez amusants avec l'entourage de Paterson dans ses journées (les scènes dans le bar par exemple).

Un petit mot sur les textes poétiques car le film parle de poésie quand même. Il y en a qui sont jolies mais il y en aussi qu'ils n'ont rien de spécial (un ou deux textes sont presque comme des dialogues du quotidien). Au final, la véritable poésie de cette production ne réside pas dans ces textes mais dans sa douceur et sa légèreté.

Paterson est donc une production avec de très bonnes intentions et pleine de tendresses. Le couple que l'on suit en est la première raison : deux personnages très mignons. Il faut clairement avoir deux excellents acteurs pour nous tenir en haleine avec une production sans intrigue. Cette production se veut décomplexée et décontractante, qui est bien à regarder seul pour profiter de son calme ou en amoureux pour l'amour pur dégagé par les deux protagonistes.
gloupbloup
gloupbloup

15 abonnés 85 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 8 janvier 2018
Un petit peu de douceur dans ce monde de bruts, des personnages ordinaires pour une histoire finalement extraordinaire.
NewBoorn
NewBoorn

70 abonnés 576 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 20 février 2017
Jim Jarmush prend le risque du contre-pied avec ce film tout à fait atypique et réussi. On y suit le quotidien de Paterson de Paterson (oui !), joué par Adam Driver qui incarne cet homme simple, conducteur de bus et poète amateur passionné. C'est un film de rituels, puisque l'on y suit donc le quotidien du personnage principal, pendant 7 jours du matin au soir, en compagnie de sa femme quelque peu illuminé et son chat pas franchement désiré. Le lever, le petit déjeuner, la marche jusqu'à son travail, le discussion avec son supérieur, l'écriture devant le cours d'eau, le même bar tous les soirs, tout se répète mais bizarrement tout passe bien et l'ennui ne fait pas trop son apparition, et c'est bien là la grande prouesse réussie par le réalisateur. Un film bien évidemment poétique, avec la voix off d'Adam Driver (un peu trop redondante par moment) et pas dénué d'humour, loin de là. Il est très difficile d'expliquer pourquoi on aime "Paterson", sans doute pour le message de paix ressenti, ou l'apaisement qu'il procure lors du visionnage. Un vrai bon moment de cinéma, une ode à la vie.
anonyme
Un visiteur
4,5
Publiée le 28 mai 2018
Une tranche de vie d’un poète chauffeur de bus passionnément, cette histoire est drôle, les jours de la semaine se suivent et changent pour ne pas s’ennuyer, une charmante romance.
anonyme
Un visiteur
4,5
Publiée le 10 janvier 2017
Je dois l’avouer, Paterson est un film très spécial qui ne satisfera pas tout le monde. En effet, le spectateur adepte de discours grandiloquents ou d’effets spéciaux éblouissants ne trouvera pas son compte. Tout simplement parce que Paterson ne dispose pas vraiment d’un scénario ni d’une intrigue proprement dite, c’est plutôt une invitation à l’évasion.

Adam Driver à une belle occasion de démontrer l'étendue de son potentiel : il risque fort de deveniir incontournable dans les années à venir (déjà à l'affiche de Silence de "maitre" Scorsese).

Un très beau moment, poétique, qui invite au lâcher prise.
Fabien S.
Fabien S.

686 abonnés 4 150 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 25 mai 2020
Adam Driver incarne un chauffeur de bus qui écrit des poèmes dans un carnet secret. Jim Jarmusch réalise un film simpliste et beau à la fois sur la poésie américaine. Il rend hommage à Allen Ginsberg, Emily Dickinson, William Carlos Williams et Frank O'Hara.
anonyme
Un visiteur
4,0
Publiée le 1 février 2017
D'une simplicité deroutante, sans effets spéciaux, sans histoire compliquée, sans "psychologisme" ridicule, on suit cette semaine chez Patterson sans problème, on y croit, on pourrait être à sa place. Mais bonté divine pourquoi le cinéma ne serait pas aussi ça ? Un petit bémol sur la fin, un peu trop appuyée, mais qui ne gâche en rien l'immense plaisir de se laisser aller dans ce quotidien poétique. J'y ai pris plus de plaisir qu'àu convenu et sur-vendu "la la Land"!
Barry.L
Barry.L

37 abonnés 136 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 10 janvier 2017
« Paterson » fut auréolé à Cannes de la prestigieuse et convoité Palme dog, décerné au bulldog Marvin. Outre cela, « Paterson » fut complément oublié dans le palmarès qui sacra le social et engagé « Moi Daniel Blake » de Ken Loach. Ainsi, le film de Jim Jarmusch rejoint les le cercle des films oubliés à Cannes, constitués de « Julieta » (Almodovar), de « Elle » (Verhoeven) et de « Mademoiselle » (Park Chan-wook). Quel est le point commun entre ces quatre films ? De faire abstraction des problèmes contemporains, en refusant le statut de film social. C'est d'ailleurs pour cela qu'ils ne reçurent pas de prix : la qualité n'entre pas toujours en jeu à Cannes où, hélas, le politique prime. Mais là où « Elle », « Julieta » et « Mademoiselle » sont des films avec moult péripéties « Paterson » surprend par ce qu'il dépeint : la vie quotidienne d'un couple, rien de plus.

« Paterson », c'est une semaine parmi tant d'autres dans la vie d'un chauffeur de bus, Paterson (Adam Driver) et qui vit dans une ville se nommant Paterson (oui, cela fait bien deux Paterson). Ne pas s'attendre à une quelconque action, c'est la vie quotidienne de cette personne que montre Jarmusch. Donc, comme tout le monde, Paterson se lève tôt pour aller travailler, revient l'après-midi où il est accueilli par sa femme, Laura (Golshifteh Farahani), va promener son chien pour terminer sa soirée dans un bar. Mais Paterson est aussi poète et, pendant ses pauses déjeuners, écrit des poèmes. Tout cela, il convient de le multiplier par sept pour comprendre ce qu'est vraiment l'ossature du film (enfin plutôt par cinq, vu qu' il y a le week-end). La vie de tous les jours au cinéma ? Pourquoi pas à condition de ne pas délivrer une montagne d'ennuie. Et c'est précisément ce que ne fait pas « Paterson ».

En fait, « Paterson » repose sur un beau paradoxe : un film très original sur quelque chose de totalement banal. Qu'est-ce qui fait la beauté de ce film ? Probablement son charme. Ce qui est sûr, c'est qu'on ne sort pas inquiet de « Paterson » : loin des inquiétudes humaines liées au monde d'aujourd'hui, le film de Jarmusch est résolument optimiste en présentant des personnages attachants et sympathiques. A leur tête, Paterson, doux rêveur assez mutique, friand de poésie, et sa femme (Farahani, magnifique) nœud dynamique du film, pétillante et extraverti. La beauté de cette œuvre peut se diviser en trois éléments. Le premier réside dans la répétition de la vie. spoiler: Ici, cela peut se résumer à Paterson, qui, tous les soirs, remet en place sa boîte au lettre
. Ces répétitions sont d'autant plus belles qu'elles s'accompagnent du deuxième élément, à savoir les variations de la vie. spoiler: Là, c'est une panne de bus imprévue, c'est l'irruption inattendue d'un flingue (inoffensif certes) dans le bar et surtout les différents rêves de Laura, la femme de Paterson
. On s'amuse, comme avec les jeux des sept différences, à relever les petits changements, les petites variantes de la vie (pas si quotidienne que ça, finalement). Mais je crois que montrer la vie de tous les jours n'a, pour un cinéaste, pas grand intérêt. A quoi sert d'aller au cinéma pour voir quelque chose que l'on vit quotidiennement ? C'est alors qu'intervient le troisième élément, le plus fondamental : on pourrait le qualifier de « dépassement de la vie ». Cet élément-là, seul le cinéma peut le réaliser. De quoi s'agit-il ? Il s'agit, grâce à la mis-en-scène, de donner au film une nouvelle dimension, un ton que l'on ne peut trouver dans la simple vie. Jarmusch parvient en filmant cette ville à insuffler à l'ensemble du film un ton presque lyrique. Nul doute que les poèmes écrits (et présents sur l'écran) participent à la grandeur du film. Le fait que le film soit totalement dénué d'allusion politique montre bien qu'il n'est pas que question de réalisme et de réalité. Rare sont les réalisateurs a pouvoir atteindre cette osmose entre vie quotidienne et rêves, comme le fait par exemple Hou Hsiao-hsien.

Ce n'est donc pas que la vie de tous les jours que montre Jarmusch. La lenteur, la manière de filmer Paterson (ville et personnage) fait accéder le film dans une nouvelle dimension, qu'on pourrait qualifier de quotidien rêvé. Un film à voir (et Farahani est vraiment belle !).
anonyme
Un visiteur
4,0
Publiée le 22 avril 2019
En quelques mots, un film qui fait du bien, par un rythme ralenti, une redondance, le temps laissé au temps, une douceur certes un peu niaise mais apaisante. On n'y trouve pas l'action, mais une sincérité touchante, agréable, à l'heure où on nous demande productivité, rapidité, et que tout passe si vite... Ce film est une bouffée d'air nécessaire, il ressource.
Cinéphiles 44
Cinéphiles 44

1 670 abonnés 4 647 critiques Suivre son activité

4,5
Publiée le 21 décembre 2016
Si Paterson n’était pas un film aussi bouleversant, on pourrait le qualifier de simple chronique. Nous voici à Paterson, petite contrée à l’ouest de New-York. Laura y vit avec Paterson, conducteur de bus qui est passionné de poésie, notamment le recueil de Willian Carlos Williams intitulé Paterson. Jim Jarmusch avait donc toutes les raisons de nommer son film ainsi. Quant à l’intrigue, elle parle de la vie en toute simplicité. Ne vous attendez pas à de gros enjeux scénaristiques ou de chutes trépidantes. Paterson tire sa force dans le quotidien de ce couple qui s’aime et aime à vivre dans sa routine. Si la perte d’un carnet pourrait être ô combien douloureuse pour notre protagoniste, Paterson est surtout une histoire de bonheur et de confort. Et c’est cette sincérité de l’inaction qui fait de Paterson un film véritablement touchant, voir enrichissant.
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ned123
ned123

210 abonnés 1 764 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 2 juin 2017
J'ai vu un film... qui prend le temps de décrire le quotidien et la vie des gens normaux, avec des scènes de la vie normale, empreinte de poésie et de douceurs. Il y a beaucoup de tendresse et de joies dans les personnages, et une forme de sérénité émotionnelle. Il s'agit d'un poème visuel qui sensibilise et touche aux tripes. Les personnages sont très décryptés sur une semaine avec des vues de leurs vies au quotidien, dans leurs rituels, leurs moments forts, dans tous ces moments qui font partie de la vie, sans que la vie en soit bouleversée. J'ai aimé la qualité de l'image, la narration, le casting... et le courage qu'il a du falloir pour proposer un film qui parle de la banalité avec magie...
Henri M
Henri M

60 abonnés 194 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 31 mars 2022
Ce film m'a plu dès le début, et et à la fin je lui est dit à bientôt avec un sourire reconnaissant et un hochement de tête de tendresse. c'est un film différent dans le meilleur sens du terme : hypnotique, étonnant , tendre et joli. Un film aussi parfait qu'un palindrome qui a hérissé ma peu d'un frisson délicat, chaud, et surprenant .
Peu de films ont su mettre en images le processus créatif d'un poète d'une manière aussi simple et belle, comme si chaque plan était un mot écrit dans l'eau.
Carlos Stins
Carlos Stins

88 abonnés 657 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 24 novembre 2017
Avec "Paterson", Jim Jarmusch frappe une nouvelle fois très fort avec un long-métrage bouleversant de simplicité et de justesse. Le cinéaste américain s'attache à sublimer le quotidien banal de son héros Paterson en mêlant habilement poésie et cinéma. Jarmusch magnifie par le biais de sa caméra le quotidien banal, voir ennuyeux, de Paterson, montrant à la manière de Baudelaire que le beau et le laid sont inévitablement liés. Ce film, c'est aussi une radiographie profondément juste de l'Amérique, au niveau du cinéma des Coen ou de Jeff Nichols. "Paterson" est également l'occasion pour Adam Driver de livrer une prestation parfaite et de prouver qu'il est définitivement un acteur à suivre de très près. Plonger dans "Paterson", c'est se laisser submerger par la poésie de notre quotidien, c'est poser un regard neuf sur le monde qui nous entoure et épouser la vison profondément humaniste, mais jamais naïve, d'un des plus grands cinéastes indépendants que le cinéma américain a connu ses dernières années.
Romain Z
Romain Z

14 abonnés 246 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 13 novembre 2017
Jarmusch a souvent été le cinéaste de l’errance et de la déambulation .Son personnage –titre
arpente ici un trajet et une existence plutôt balisés mais Jarmusch parvient également à en extraire une poétique celle d’un quotidien harmonieux aux lignes très pures et toujours recommencé, auquel répond comme en écho la poésie Imagiste de Paterson avec en contrechamps La curiosité entreprenante de sa compagne, la lumineuse Golshiftch Farahani. Si l’on retrouve les traits habituels de ses personnages (on pense souvent à Mystery train) Jarmusch avec ce film pose encore d’avantage un regard bienveillant et généreux sur cette communauté de gens simples que la violence économique et sociale n’ont pas rendus totalement étrangers à la notion d ;harmonie collective. Un film touché par la Grâce
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