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Dom Domi
55 abonnés
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5,0
Publiée le 27 octobre 2017
Pour ce qui est du film, oui, c'est un beau film. Décrire, au cinéma, la routine et la rendre " crédible " n'est pas chose facile. Ce film y parvient et ce n'est pas une mince affaire.
La routine qui s'installe dans un travail, dans un couple, qui n'est plus dans la période passionnelle mais où la tendresse et l'amour sont présents et participent de cette routine. Un peu comme dans une prison, une sorte de bocal ou évolueraient un poisson rouge et un autre, noir et blanc ( si-si, ça existe...). Une prison dans laquelle les 2 personnages vivotent négligemment et où chacun d'eux tente de trouver un moyen de rendre le quotidien " vivable " grâce à la création et aux rêves de reconnaissance. Briser la routine nécessite une prise de conscience que celle-ci envahie le quotidien, de manière perverse, et il faut avoir les forces d'une remise en cause personnelle et relationnelle avec le risque qu'une crise brise un quotidien qui offre une forme de " sécurité ". Un risque que le barman dans le film traduit ainsi: " il faut laisser faire les choses parce si on fait quelque chose, on ne sait pas si se sera pire après ".
Puis vient le grain de sable qui déstabilise l'engrenage routinier. Ce grain de sable peut-il, à lui seul, remettre en cause cette routine où lui donner du sens ?
Paterson est poète, c'est à dire qu'il porte sur le monde un regard capable de l'enchanter, de capter son mystère et sa beauté. Il "respire" la poésie. Sa vie peut paraître monotone : conduire des bus sur le même trajet chaque jour, rentrer dans une petite maison banale, vivre dans une ville qui peut paraître triste avec ses murs de briques et ses entrepôts... Mais on ne peut empêcher le poète de "respirer" et l'air est là, partout où il passe. Il est dans la ville où ont vécu de grands poètes américains, il est dans la maison où l'attend Laura. Paterson n'est pas le seul poète, Laura l'est aussi. Elle l'est non pas avec des mots mais avec cette aptitude à saisir chaque minute qui passe pour en faire un temps de création, pour changer son décor. Elle peint en noir et blanc, comme dans un film muet, les rideaux, les vêtements, les coussins. Elle lance des stries, des zébrures sur l'uniformité des tissus. Elle peint des portraits de son chien, Marvin le boulet qui ne se laisse pas promener par Paterson mais qui le mène par le bout de la laisse. Paterson et Laura sont amoureux, d'un amour à la fois passionné et doux. Ils sont tous les deux capables de transformer la réalité, de l'enchanter. Ils s'admirent et s'aiment. En 1968, un slogans rappelait que sous les pavés il y avait la plage. Dans la vie des deux amoureux, sous les habitudes, sous la routine, il y a l'émerveillement. Imagination et douceur vont de pair chez eux. Pas de violence, pas d'énervement. Quand Laura prépare une tarte au cheddar et aux choux de Bruxelles, Paterson ne fait pas la grimace, il en avale quelques bouchées. C'est qu'il voit dans cette tarte, l'enthousiasme de Laura à avoir voulu innover pour lui, à avoir créé une nouvelle recette. Un très beau passage du film nous montre la rencontre de Patterson avec une écolière qui lui lit un poème. Entre eux deux toutes les distances s'abolissent parce qu'ils savent que la pluie qui tombe à verse est comme la chevelure sur les épaules d'une jeune fille. Une des dernières scènes du film est aussi une rencontre. Paterson découragé d'avoir perdu son carnet de poèmes qui a été dévoré par Marvin, vient s'asseoir devant une cascade. Un Japonais très poli, venu dans la ville pour y voir les lieux où ont vécu des poètes qu'il aime, entame avec lui une conversation et lui demande s'il est poète; Patterson dit que non, il est conducteur de bus. Avant de le quitter, le Japonais qui a compris ce que cachait Paterson, lui offre un carnet vierge. L'instinct de poète peut revenir en force et la créativité reprendre. Cette créativité c'est la vie même, celle qui reprend après les échecs et les déprimes. Les images de Jarmusch sont comme les mots des poèmes, elles sont bienveillantes et douces à la fois, sans aspérité, sans esbroufe. Le carnet vierge, il l'offre à tous les spectateurs pour qu'ils aient envie d'enchanter leur vie, eux aussi.
Ce fut un vrai plaisir pour moi de "m'abandonner" pendant 2 h à la vision de ce film qui représente une parenthèse un peu hors du temps. En ces temps difficiles, ce film permet de s'évader agréablement. Ce film fait un bien fou de par son côté serein et calme. Paterson, sa fiancée et le chien sont géniaux.
une pépite!! à vivre de toute urgence, ce film prend son temps et donne envie de routine (oui oui, de routine!). Ce film est une ode à l'amour et à la douceur, il fait un bien fou
Aussi discret qu’extraordinaire ! La ville de Paterson est hideuse mais le poète sait voir ce qui est beau sans se prendre pour un génie. Ce film est un poème en soi, rythmé par le quotidien.
Un film doux, vivant et subtile où la rencontre, l'amour, la beauté sont au centre de la narration. Les interprètes servent admirablement l'histoire, un quotidien à la fois banal et poétique loin des recettes hollywoodiennes, de la bêtise, la cupidité et la violence habituelle.
Une vraie réussite. Pas gagné d'avance, puisqu'on suit au sens propre le quotidien d'un chauffeur de bus, dans tous les aspects répétitifs que cela implique. L'humour qui découle de la répétition grandit ainsi au fur et à mesure, rendant le film meilleur au fur et à mesure qu'il avance. Pas d'essoufflement donc, comme on aurait pu le croire, mais plutôt l'effet inverse, comme une boule de neige fait avalanche. Et bien, sûr, la poésie omniprésente, déroutante un peu au début mais finalement excellente, confère une aura particulière aux petits riens de cette vie de tous les jours. Difficile de ne pas se laisser séduire par cette petite bulle de bonheur tranquille.
Jim Jarmusch élimine toute dramaturgie et livre le plus beau film de l'année sur les petits riens qui font les grands tout. Des rimes, des mots, des strophes cinématographiques...Je me reconnais en Paterson...Paterson c'est moi!
Je suis tombée sous le charme de cette histoire qui raconte le quotidien simple et tranquille d'un couple et de leur chien. Ce film présence une nonchalance bienvenue. C'est frais, reposant, sensible. J'ai complètement adoré.
Beau, touchant, et véritablement poétique. Adam Driver est génial en plus. Même s'il n'y a pas vraiment de fin, en fin de compte on se rend compte que ce film n'en a pas et n'en aura jamais.
Surtout, allez-voir ce film ! Au vu du résumé, on pourrait croire qu'il s'agit d'un film désespérément intello. C'est tout le contraire. Les deux personnages mènent une vie simple, mais pleine de créativité, rythmée par les petits incidents de la vie quotidienne. Ca n'est jamais ennuyeux. C'est totalement original, rafraichissant. On en sort regonflé à bloc car il nous montre que la beauté est partout dans le quotidien.
Jim Jarmusch signe un très beau film, aussi beau selon moi que ceux de ses débuts. - Images : Paterson ô Paterson ! New Jersey, Passaic countee, ses cormorans et sa chute d'eau : Paterson's waterfall... Ses bus et les reflets dans leurs vitres et leurs rétroviseurs. - Textes : Les écrits, les dits, et les autres : "Water falls from the bright air / It falls like hair / Falling across a young girl’s shoulders"... - Personnages : Paterson, Lou Costello, Allen Ginsberg, and, of course, William Carlos Williams Laura, ses rêves, tous ses rêves, ses anneaux noirs et blancs et ses pancakes pareils, Carlo Williams Carlos Le chien Marvin, perfect bullbog La boîte aux lettres Les jumeaux, les jumelles Les poètes de dix ans Doc, ses icônes et ses échecs Everett et Marie et leur amour en mousse jaune Les cormorans Masatoshi Nagase et William Carlos Williams - Musique Et quand on sort de la salle, le monde ressemble à un film de Jarmusch...