Léviathan
Note moyenne
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183 critiques spectateurs

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Nelly M.
Nelly M.

114 abonnés 525 critiques Suivre son activité

5,0
Publiée le 29 septembre 2014
Plusieurs niveaux de lecture dans ce petit tour au nord de la Russie contemporaine. Peut-être en fonction du degré d'acceptation des horreurs que l'on se forge concernant notre jolie planète ? Quoi qu'il en soit, beaucoup plus grinçant que "Le Retour" sorti en 2003, une époque où on était moins "c... par dessus t..." au plan des valeurs. L'environnement vire au personnage à part entière, bateaux échoués, mer houleuse, car matinal de zombies, poissons coupés en deux comme par un robot invisibe, un nid douillet condamné à la pince "Volvo" moyennant somme indiscutable ... La vodka en lampées jusqu'au délire, des désirs de désespérés. Le film se reconnaît à ses récitatifs judiciaires et religieux façon opium du peuple. A la fois pathétique et comique. Les ravages du tout permis d'une caste, l'esprit de troupeau qui en résulte, un mélange de collectivisme mâtiné de capitalisme. Alerte à la brebis égarée, il en faut une... Le spectateur, qui sait tout de la machination qui se pointe entre pique-niques et tir à la carabine, n'a aucun mal à s'identifier et sans malaise aucun car il se glisse une grande pudeur à l'image, aucune scène n'est insoutenable. Autre point fort, la bande-son de concert avec la caméra braquée sur cette mer lourde du mystère qu'elle gardera. Ce film devrait faire son chemin, ce qui est une bonne nouvelle !
Archibald T.
Archibald T.

20 abonnés 209 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 27 septembre 2017
Je retirerais le "parfois très drôle" d'une critique de la presse, ou alors je n'ai absolument aucun humour.

Le film est poignant, pesant mais malheureusement a ses petites longueurs un poil trop nombreuses.
islander29

1 028 abonnés 2 664 critiques Suivre son activité

4,5
Publiée le 25 septembre 2014
Un grand film assurément, le plus proche selon moi du "retour" (qu'une carrière est parfois difficile quand on commence par un chef d'œuvre)......
Zviaguintsev abandonne l'emphase parfois redondante du bannissement et la trop grande sobriété d'Elena....
Il revient à une histoire plus terre à terre, mais je conseille de lire le synopsis avant de voir le film....Le début est assez abrupt, surtout la scène au tribunal (avec un discours d'une technicité à effrayer tout spectateur).....
C'est du cinéma russe, donc avec une certaine froideur en correspondance avec l'austérité du pays....Les paysages sont superbes, richement bruns et gris, et les personnages ont des tempéraments servis par des dialogues rugueux.......ce n'est évidemment pas un film d'action, mais la psychologie est vivante et en rapport avec le caractère russe, presque sans concession.......
Après le piquenique, qui est une véritable leçon de cinéma politique et d'humour, le film enclenche la quatrième, tout s'active, s'affole et l'on est pris dans un tourbillon de faits presque littéraires dans leur absurdité, on pense à Tchekhov et aux destins tragiques de la littérature russe.......je l'ai trouvé supérieur sur un registre réaliste au dernier film de Ceylan en Anatolie......
Ajouté à cela une technique parfaite, images, cadrages, panoramas, son, jeu d'acteurs, le film mérité largement les prix récoltés ici et là dans des festivals.......Je conseille.....
Christoblog

920 abonnés 1 799 critiques Suivre son activité

5,0
Publiée le 24 septembre 2014
Le souci avec Leviathan, c'est qu'on aura vite fait de le ranger dans une catégorie donnée, un peu comme certains l'ont fait avec Winter sleep : film russe, film calibré pour Cannes, film engagé.

En réalité, Zvaguintsev nous propose ici un menu autrement plus copieux qu'un film à thèse ou qu'un exercice de style. Leviathan est un pur produit de ce que la Russie peut produire de meilleur : mélange irrésisitible de perfection plastique, de ricanement sarcastique, de lyrisme échevelé, d'auto-dérision décentrée.

La mise en scène est fluide, délicate, enlevée, racée. Le scénario est scorsesien : on pense que l'intelligence peut triompher de la force brute, mais les choses se compliquent par le biais des passions. Les dialectiques que développe le film s'avèrent d'autant plus fines : fidélité vs adultère aventureux, intelligence vs loi du plus fort, corruption vs sens du devoir, espoir vs désespoir, nature vs société, doute vs certitude, désespoir vs humour.

Finalement Léviathan s'avère être un très grand film : alors que la plupart des critiques y voient principalement un manifeste politique, je le considère comme une élégie sur l'isolement amoureux. Zvaguintsev s'y révèle être un très grand rélaisateur : ces ellipses, cette photographie, cette direction d'acteur !

Il y a dans Leviathan un arrière-goût de (future ?) Palme d'or.

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Julien D

1 338 abonnés 3 461 critiques Suivre son activité

3,5
Publiée le 24 septembre 2014
Poussant toujours plus loin sa description dépréciative de son pays Andreï Zviaguintsev réutilise le style contemplatif qui a fait le succès de son premier film, Le retour, en l’accompagnant d’un scénario malin qui pose un regard d’un fatalisme effrayant sur l’état de corruption qui gangrène la société russe. Mêlant le drame et le cynisme, l’écriture de ce long-métrage revêt, jusque dans son titre, un lyrisme religieux faisant l’allégorie entre la destruction de la vie des personnages sous l’effet d’un pouvoir politico-mafieux –soutenu par l’église orthodoxe– et l’apocalypse biblique tel qu’il est évoqué dans le Livre de Job. Voir les personnages sous l’effet de la vodka rend certaines scènes assez cocasses sans pour autant briser l’austérité très pesante cette impitoyable mise en scène. Parfois inégal dans le rythme, Léviathan aurait sans nul doute gagné à être un peu plus court mais réussit, grâce à la beauté de ses paysages et à la puissance évocatrice de son récit, son pari de s’afficher comme le plus beau pamphlet réalisable, en Russie, sur les dérives de l’administration Poutine.
Jmartine
Jmartine

202 abonnés 744 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 24 septembre 2014
Voilà un film fort, puissant...2 h 20 mm que l'on ne voit pas passer, au nord de la Russie au bord de la mer de Barents, une nature somptueuse et rude...une charge implacable contre la Russie de Vladimir Poutine, gangrénée par la corruption, y compris dans ce village de nulle part, le maire, le procureur, le juge, le commissaire de police, tous se tiennent, tout est corrompu dans cette baie y compris le paysage avec ces cimetières de bateaux, cette carcasse de baleine qui fait l'affiche du film, ces maisons lépreuses....en voyant la maison de Kolia, on se demande bien ce qui justifie l'expropriation par la municipalité...on le saura à la fin...entre temps il aura été broyé par la machine administrative, perdu sa femme, mais il y a aussi des moments de franche hilarité, quand ces policiers et Kolia en pique nique plus qu'arrosé ( qu'est-ce que l'on boit dans ce film !!!) prendront comme cibles les portraits des anciens dirigeants de l'URSS et de la Russie, sauf Eltsine ( manque de recul historique soit disant) ... mais celui de Poutine reste accroché au mur des administrations publiques... et l’Église orthodoxe, triomphante a choisi son camp, celui du pouvoir comme une machine impitoyable et inexorable. Bref un film ample, presque un thriller !!!
Bulles de Culture
Bulles de Culture

147 abonnés 634 critiques Suivre son activité

2,5
Publiée le 24 septembre 2014
Le film de Andrey Zviaguintsev est une contemplation d’un paysage naturel russe, mais également un témoignage d’une situation politique. La nature y est filmée avec simplicité. Elle est le sujet central du film. Les protagonistes se battent pour la protéger.

Quelques plans méritent d’être signalés. Il y a notamment la manière de filmer un tribunal au moment de rendre le verdict. La diction de la greffière, très cadencée, accompagnée d’une caméra qui se rapproche peu à peu d’elle au fil de la lecture est une vision inédite de la justice. Elle est une force de proposition astucieuse qui donne du punch à l’ensemble.
velocio

1 538 abonnés 3 500 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 24 septembre 2014
Le Leviathan, le nom d'un monstre qu'on retrouve aussi bien dans la mythologie phénicienne que dans la Bible, un monstre qui représente le cataclysme immense susceptible d'anéantir un monde qui a perdu ses valeurs. Il est probable que le réalisateur russe Andreï Zviaguintsev ait utilisé ce nom comme titre de son film en référence à l'œuvre homonyme du philosophe Thomas Hobbes dans laquelle l'état est assimilé à ce monstre. En ce qui concerne la réalisation, Andreï Zviaguintsev a choisi de reprendre à la lettre les codes du western. Eh oui, alors que les américains, à de rares exceptions près, sont devenus incapables de produire des westerns qui ne soient pas caricaturaux, un russe est allé tourner dans le nord de la Russie, au bord de la mer de Barents, la lutte implacable concernant la possession d'un bout de terrain entre un honnête homme et de véritables bandits dont le chef n'est autre que le maire du village. Comme souvent chez Zviaguintsev, la peinture qu'il donne de la Russie est tout sauf amène. Régulièrement présent au Festival de Cannes, Zviaguintsev a vu cette année son film recevoir le Prix du scénario, un scénario écrit par Zviaguintsev en collaboration avec Oleg Negin, déjà présent dans l'écriture des scenarii du "Bannissement" et de "Elena". Un prix mérité même si on s'attendait davantage au Prix de la mise en scène.
BeatJunky
BeatJunky

192 abonnés 1 934 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 20 octobre 2014
Un superbe film à l'ambiance très froide qui correspond parfaitement à la région. Ce film m'a donné une impression réaliste de la Russie où la corruption est très présente, les gens ont l'air d'être durs et sont marqués par une leur condition de vie difficile. L'alcool est aussi très présent et cela m'a surpris qu'il le soit autant. Le scénario est évidemment passionnant et très bien mis en scène avec de superbes panoramas, même les silences sont captivants! L'interprétation est parfaite, j'ai vraiment adoré découvrir les rapports que pouvaient entretenir les gens entre eux là bas, le fossé entre les gens de la ville et ceux-ci, loin de tout. C'est un film très fort qui m'a donné envie de voir les autres films de de Dédé Zviaguintsev.
anonyme
Un visiteur
4,5
Publiée le 13 septembre 2014
Vu en avant première dans un festival fin août...
Je partais avec une grosse crainte: 2h30, un film russe... je sentais que ma soirée allait être longue et ennuyeuse! Je me suis bien planté

Ce film est une fresque inimaginable. Je ne pensais pas découvrir une région paumé de la Russie profonde si belle et si grandiose. La mise en scène est remarquable, idem pour la bande originale, la photographie et les décors. Les acteurs sont fantastiques.
Malgré un sujet très très dur, certaines touches d'humour ultra clichés donnent une petite légèreté à l'histoire, des moments à mourir de rire.

Je tire mon chapeau au réalisateur qui m'a émoustillé, j'en suis resté scotché à mon banc malgré le froid et l'inconfort (festival nocturne en plein air).
Mon film préféré de ce festival et une grosse surprise pour l'année 2014
norman06

425 abonnés 1 823 critiques Suivre son activité

3,0
Publiée le 26 juin 2014
Radioscopie d'un système mafieux, le film ne manque ni de verve ni de profondeur mais le cinéaste de "Elena" gagne en lisibilité ce qu'il perd en subtilité.
anonyme
Un visiteur
5,0
Publiée le 17 novembre 2014
Quel film splendide sur la Russie ou la présence écrasante de la Nature rends les êtres humains au point qu'ils se noient dans l'alcool et dans la violence - comme exutoire de l'exercice d'un pouvoir destructeur . Une bonne introduction à la haine que l'on peut avoir de cette Russie corrompue . Je ne serais pas étonné que le film une fois située Ussiev, le réalisateur se retrouve avec une balle dans la tête car il attaque de plein pied l Église Orthodoxe Russe , complice de tous ces crimes de la nomenclature russe. Je ne l'espère pas. Mais je serais lui le réalisateur je partirai pendant un an de Russie. Un très grand film - sur le désespoir d'être et de vivre en Russie qui se confond à celui d'être humain. Bravo!
Le Blog Du Cinéma
Le Blog Du Cinéma

121 abonnés 300 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 30 mai 2014
« Un petit chef-d’oeuvre, mais qui ne tient pas l’ensemble de ses promesses. » Georgeslechameau
anonyme
Un visiteur
4,5
Publiée le 26 mai 2014
Léviathan est l’un des films les plus remarquables de ce festival de Cannes 2014. Réalisé par Andrey Zviaguintsev à qui l’on doit une première œuvre tout aussi marquante Le Retour (2003) puis deux autres films récompensés à Cannes, Le Bannissement (2007, prix d’interprétation masculine) et Elena (2011, prix spécial du Jury un certain regard), nous revient avec Léviathan, prix du scénario, qui a séduit à l’unanimité l’équipe du cinéma du ghetto.

Kolia (Aleksei Serebryakov) habite le nord de la Russie, dans un village au bord de la mer de Barents. Vadim Sergeyich (Roman Madianov), maire puissant, souhaite racheter la maison de Kolia dans laquelle habite aussi sa femme Lylia (Elena Lyadova) et son fils Roma (Sergueï Pokhodaev). Mais Kolia ne veut céder son bien, ce dernier appartenant à sa famille depuis des générations, véritable source d’ataraxie pour lui et ses proches.

Léviathan s’ouvre par des plans d’eaux sur lesquels serpente la musique envoûtante à structure répétitive de Philip Glass. C’est apaisant, d’une beauté évidente et le silence qui s’en suit, enveloppant les carcasses des bateaux échoués, traduit un commencement ou plutôt un recommencement. Le Léviathan, symbole de l’anéantissement du monde et de l’humanité se matérialise par cycle, d’où l’utilisation d’une musique uniquement en début et fin de film ainsi que les plans de natures mortes.

La suite ici:
brunetol
brunetol

208 abonnés 179 critiques Suivre son activité

2,0
Publiée le 25 mai 2014
Qu'est-il arrivé à Andrei Zviagintsev ? Après avoir incarné haut la main la relève de Tarkovski et la permanence d'un certain cinéma russe mythologique, ample et visuellement époustouflant, il est passé à autre chose. Malgré son titre biblique, "Léviathan" est un morne portrait de la Russie actuelle et de sa déréliction : vodka, corruption, retour aux fondamentaux de l'église orthodoxe... On ne croit plus en rien, on se bourre la gueule, et les pires voyous gagnent toujours à la fin, poussant le vice jusqu'à donner à leurs actes des apparences de légalité. Tout cela est très laborieux. L'intrigue se traine, oscillant constamment entre vaudeville et drame sans réellement choisir, comme si c'était le postulat du cinéaste de vouloir imposer ce constant déséquilibre improductif. Les personnages englués dans ce psychodrame sont ectoplasmiques, on peine à s'attacher à leur sort funeste, à la banalité de leur médiocrité. Tout ça manque d'ampleur, d'universalité, d'ambition. Esthétiquement, mis à part quelques beaux plans des bords dévastés de la mer de Barents (où coula le Koursk en 2000), le réalisateur semble avoir définitivement renoncé à sa virtuosité pour nous infliger des tunnels de dialogues naturalistes en champ/contrechamp qui m'ont rappelé le récent et tout aussi bourratif "Mère et fils" du roumain Calin Peter Netzer. Comme pour symboliser cette descente en gamme, le récit est encadré par deux séquences de tribunal durant lesquelles une femme procureur lit in extenso les attendus de ses décisions, avec un débit stupéfiant, style mitraillette lourde : c'est drôle 30 secondes, ça devient vite fastidieux, fatigant, complaisant et surtout stérile. Ça ne produit pas de cinéma. Comparé au récent et inégal "Post Tenebras Lux" de Carlos Reygadas - qui boxe dans la même catégorie que Zviagintsev première manière, "Leviathan" ne fait pas le poids. Reygadas continue d'essayer de produire ce cinéma total (inoubliable première séquence avec la petite fille au milieu des vaches), d'innover, de déconstruire les règles de son récit et de le truffer de "visions", là où Zviagintsev semble vouloir rentrer dans le rang d'un cinéma d'auteur strictement narratif, engagé, mais de seconde zone. Énorme déception donc, mais après tout il fait ce qu'il veut, ou ce qu'il peut, et a peut-être déjà donné son meilleur.
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