Film polémique en Russie à cause des nombreuses expressions grossières qu’il contient, Léviathan est une critique acide du pays. Baignés dans l’alcoolisme de la vodka à chaque et sans occasion, les protagonistes se voient perdent tous ce qu’ils ont. Si les échanges deviennent drolatiques, ils dénoncent surtout le désespoir de ces personnages qui s’ennuient mais qui se plaisent dans leur routine. Andreï Zviaguintsev signe une œuvre remarqué au Festival de Cannes 2014 qui a été récompensée du prix du Meilleur Scénario. Pourtant ce scénario divague à mesure que les bouteilles de vodka se vides. Malgré ses paysages surprenants et les dictions de la greffière pour revitaliser l’ensemble, ce long-métrage est effectivement bien long. On ne s’attache à aucun personnage alors qu’il y avait pourtant matière à être ému par cet homme confronté à la corruption de l’Etat russe. Dommage. D'autres critiques sur ma page Facebook : Cinéphiles 44
Une tragédie un peu pompeuse mais très puissante et bien aristotélicienne dans les règles de l'art par le Russe Andrei Zviaguintsev. Malgré toutes ses qualités, elle n'égale cependant pas le chef-d'oeuvre qu'est "Le Retour".
En regardant ce film, je comprend maintenant ce qu'il peut y avoir de pire pour un spectateur. Et bien c'est pas que le film soit nul comme on a l'habitude de dire. C'est qu'il soit ennuyant. Je veux dire tellement ennuyant qu'il est impossible de suivre le film plus de deux minutes. Ce "Léviathan" correspond bien à cette catégorie. Je n'ai jamais accroché, partant toujours dans mes pensées. De sorte qu'au final c'est impossible de pouvoir suivre le film et d'en comprendre les enjeux. Quand le film procure sur vous ce type d'ennui, cela va au delà de tout. Alors, oui c'est subjectif, car on n'a pas suffisamment analysé le film, vu qu'on été dans nos pensées. Mais bien que ce soit subjectif, il faut en prendre compte. Parce que si le film est ennuyant c'est en grande partie la faute du film plus que du spectateur. Ce film est beau, des superbes plans, mais à part cela, c'est ennuyeux. C'est très lent, et ça respire le stéréotype du méchant russe et du russe qui boit de la vodka à des kilomètres. Au final, rien n'est plus fort que l'ennui c'est lui qui va faire qu'on aime un film ou pas. Et bien pour le coup ce film porte bien son nom, le léviathan de l'ennui.
Une peinture de la Russie pas très reluisante. Le personnage principal , un honnête homme va se faire bouffer par la mafia, établie à tous les niveaux de la société. Un drame social très bien joué. Les acteurs et actrices sont justes.
Le cinéaste russe n’étant pas tout à fait l’équivalent fantaisiste d’un Roland Emmerich, la terreur n’est ici pas véhiculée par le monstre marin éponyme mais par une société implacable où la notion de caste sociale n’a rien de mythologique. Aux abords des mers froides du nord de la Russie, la lutte des modestes pour subsister face à la mécanique broyeuse et mafieuse des pouvoirs publics, et pourquoi pas religieux, est d’opposition fragile. Un drame glacial récompensé du Prix du scénario à Cannes en 2014.
Superbe film qui nous va droit au coeur, avec cette histoire d'un homme contre lequel s'acharne un destin implacable orchestré par une société locale russe passablement corrompue. A ne pas manquer.
Ce film très sombre dresse le portrait sombre de la Russie avec les magouilles des gens influents, la corruption, l’injustice, l'alcool omniprésent. Mais le rythme est beaucoup trop lent et il est difficile d'entrer dans la peau des personnages.
Beaucoup de bons points à noter dans ce film, mais quand on mélange le tout il reste quelque chose de pas mal mais qui nous laisse sur notre faim. La mise en scène est magnifiquement maîtrisée, que ce soit les décors, les paysages choisis ou encore les plans lents et figés de ces terres sauvages, le spectateur voyage directement dans cette Russie profonde qui avance au ralenti. A cette image donnée les acteurs collent parfaitement et les liens qu'entretiennent les personnages retranscrivent à merveille cette ambiance sombre et semi-dépressive. Le scénario est par contre le point noir de ce film, bien qu'il y ait des passages intéressants comme celui du pique-nique entre autres, rien ne nous surprend vraiment dans une Russie que l'on connait déjà et où se mêle alcoolisme, dépression, corruption, ennuie... On aurait par exemple aimé un peu moins de vodka mais que les thèmes de la relation fils/belle-mère ou de la corruption soient plus approfondis. Le film souffre également de longueurs et de passages dispensables, la quasi absence de musique peut faire débat, elle renforce cette sensation d'ennuie mais d'un autre côté contribue à la froideur du film. Au final on relèvera un film plein de bonnes intentions mais qui souffre de longueurs, de profondeurs et quelques imperfections. A l'image de la fin, on ressort satisfait de l'ensemble mais un peu déçu.
Leviathan aurait mérité la Palme d'Or en 2014 et de très loin ! Un authentique monument, de la tragédie grecque ou plutôt russe aux accents bibliques, où le drame inéluctable, fruit amer ou pourri de la victoire infâme du fort sur le faible, se noue sournoisement à l'abri des regards mais dans la lumière crue d'une justice aveuglée, aux ordres. La justice des hommes corrompus. Celle de Dieu n'est pas en reste et pour cause, "la vertu ne se décrète pas, n'exige aucune contrepartie, ton chemin de croix sera celui de la rédemption" susurre le croyant à l'incroyant jusqu'à ce que ce dernier courbe complètement l'échine et finisse comme ce squelette de baleine ou cette épave de bateau... Ironie du sort, sa maison sera finalement remplacée par... Une église. Habile façon de rappeler que les écrits saints sont aussi les premiers arguments commerciaux pour faire prospérer une foi religieuse dont les prétendus détenteurs (les mêmes qui tiennent le pouvoir) exploitent sans vergogne la crédulité d'hommes brisés. C'est ainsi que notre héros va payer sans broncher pour un crime qu'il n'aura pas commis. L'enfer c'est parfois la religion. Tout dépend de ce qu'on en fait, de ce qu'on lui fait dire. La satire est l'une des redoutables armes de Leviathan, critique à peine voilée d'une religion d'Etat, d'une croyance érigée en cadre dogmatique qui va donner bonne conscience au bourreau lorsque le moment sera venu d'écraser le citoyen comme une vermisseau. C'est pourquoi derrière son ineffable noirceur le film réveille les consciences, nous ouvre les yeux, nous ait réaliser combien les donneurs de leçons, les moralisateurs, les chantres religieux de la bien pensance sont souvent les mauvais payeurs, parce que toujours du coté des puissants. Jamais des faibles...
Du côté des références, j'ai aussi pensé à la légende Arthurienne. Pas que pour ces décors grandioses dans lesquels on finit par se demander si l'homme moderne ne serait pas né quelques part sur les rives de la mer de Barents. Le héros Kolia me rappelle cet Arthur de devoir qui ne voit pas Guenièvre s'amouracher de Lancelot (pourtant son premier défenseur, l'avocat venu de Moscou) bien trop occupé qu'il est à préserver l'unité de son royaume : la maison héritée de plusieurs générations, les souvenirs, son sang. Sur cette terre du bout du monde on l'imagine bien s'écriant après le verre de trop "Une terre, un roi". Quel rôle pourrait alors jouer son fils, Mordred alias Roma, dans la décomposition du foyer familial ? Celui d'un adversaire en devenir ? L'un des responsables indirects de la tragédie en gestation ? Certainement et cette grille de lecture multiple donne déjà en soi toute la grandeur du sujet, des sujets du film se débattant pour s'arracher au joug d'un destin malicieux, au sens de messager discret, invisible du "mal". Sorte de visiteur du soir difficile à empiéter comme lors de cette incursion nocturne et menaçante d'un maire aviné sur les plates bandes de Kolia.
Alors certains auraient eu le malheur de comparer cet immense film à Winter Sleep ? Invraisemblable ! Leviathan se construit avant tout sur le réel, sur des personnages qui existent dans une géographie mais surtout dans une société, sous l'autorité d"une administration centralisée, tentaculaire (l'allusion du titre) dont les rouages létaux apparaissent rapidement Des personnages y affrontent le monde et ses vissicitudes, l'injustice comme une deuxième nature. Leviathan aborde aussi les grandes questions existentielles via le genre (toute la deuxième partie, la mort, le fil. policier, la dénonciation la reconstitution, les conséquences sur la vie en morceaux de tous les personnages) alors que Winter Sleep malgré tout l'intérêt philosophique et sociologique qu'il présente en reste au pensum bavard et huis-clos sur les difficultés inaliénables du couple ou de la cellule familiale, le tout à travers le regard d'un homme embourgeoisé et perdu dans un projet littéraires autour du théâtre Turque !!! Bref, absolument rien à voir. Ici c'est bien le cinéma , le vrai , total, à l'état brut qui vous saisit à la gorge comme les goulées de Vodka dans le gosier de personnages en sidération devant les coups durs, les vents contraires, mais tenant debout coûte que coûte en essayant modestement de préserver ce qui peut encore l'être de ce qui subsiste en eux de dignité humaine...
Un magnifique film noir et cruel qui nous fait découvrir la vie dans une petite ville de province russe. Une photo splendide de paysages désolés, parfois sinistres et déprimants mais parfois aussi envoûtants crée une atmosphère propice à ce drame impitoyable d'où les braves gens ne sortent pas gagnants. La situation semble sans issue, désespérée. On comprend pourquoi la population sombre dans l'alcoolisme pour tenter d'échapper à cet univers sinistre dont les carcasses de bateaux abandonnés symbolise le délabrement. Seules parviennent à surnager la mafia locale et l'Eglise, unies pour maintenir en place un pouvoir abject. Du grand cinéma.
Le portrait de la société russe dépeint par Andrey Zvyagintsev dans Léviathan est si affligeant qu'on peine à croire en la véracité d'un tel contexte. Et pourtant, en Russie comme ailleurs, quand les hommes se voient poussés dans leurs derniers retranchements, tant par la corruption que l'alcoolisme, on dirait bien que tout devient possible. La profondeur des paysages, de par leur étendue et leur beauté, apporte un tel contraste vis-à-vis du drame qui traverse la famille dont on suit le parcours, famille acculée par une société qui ne les reconnait pas et n'offre que trop peu de possibilité d'évasion. Ne restent que l'alcool et le sexe pour se tirer un peu de cette misère, le temps de reprendre son souffle et d'affronter à nouveau la froideur du bloc administratif qui s'impose à chaque tentative de pas en avant. Léviathan est un film de plomb, lourd de sens et de dénonciation.
Les décors naturels sont magnifiques et ce film permet de connaître une région du monde où on n'ira probablement jamais. Cependant, le scénario qui a pourtant été primé à Cannes n'a rien de formidable. Il part dans une direction puis dans une autre. Les méfaits du maire sont difficilement compréhensibles. On s'attend à ce qu'arrivent des actions positives ou négatives mais le rythme continue à être lent et noir et on ne sait même pas exactement ce qui s'est passé.
Je ne vais pas être aussi optimiste que l'opinion générale à propos de ce film notamment car je lui reproche de s'engouffrer dans beaucoup d'intrigues afin de peindre un tableau général d'une famille qui va perdre son terrain. Ici, il est question d'un drame qui essaye avec beaucoup de difficulté de traiter le relationnel, le juridique, les questions sociétales, familiales etc... L'oeuvre devient rapidement indigeste, plus le film avance plus finalement, le tout ne trouve aucune solution. Ajouter à cela, une fin prévisible, une intrigue "principale" douteuse et maladroite dans son traitement... Bon, tout n'est pas forcément à jeter. La photographie est sublime portée notamment grâce aux décors de la Russie profonde (assez rare au cinéma), des acteurs convaincants (Vdovitchenkov, Serebryakov) et torturés (alcool, infidélité, brutalité) et quelques très bonnes scènes. Finalement, un film qui aurait pu être excellent si l'approche aurait été plus intelligente et plus subtile.
Le cinéma russe, vu sa faible notoriété en France, n’est pas à proprement parler un cinéma que je connais vraiment et c’est à son exposition à Cannes et à son prix du meilleur scénario qu’il doit d’avoir piqué ma curiosité. La relative bonne critique qui l’accompagnait, a elle aussi joué dans ma volonté de le voir. J’avoue avoir été largement récompensé par le film que j’ai vu et qui, malgré une durée assez importante et sans sacrifié à l’action et aux effets scénaristiques du thriller, offre une histoire prenante qui se suit avec grand intérêt. Le réalisateur semble avoir eu comme ambition de décrire la relation complexe, ambiguë et aliénante de l'individu face à l’état et de la volonté du premier de sacrifier au second sa liberté contre la sécurité. Personnellement j’ai eu du mal à voir cela. Je me suis plutôt plongé dans cette histoire qui semble plus une description peu flatteuse d’une Russie qui peine à se défaire de ses travers millénaires. Élite corrompue, justice et police aux ordres, alcool coulant à flot, révolte des petites gens, religion omniprésente… Bref, un portrait peu glamour de ce pays immense et qui, s’il avait été réalisé par un réalisateur d’une autre nationalité, aurait été qualifié de propagande antirusse. On suit donc avec intérêt le combat de cet homme révolté pour conserver sa maison face à un maire soutenu en haut lieu et qui pour une bouchée de pain veut l'exproprier à des fins mercantiles. La méfiance est omniprésente et gangrène toutes les relations, chacun soupçonnant l’autre de vouloir mener cette affaire ou la faire échouer pour des raisons financières ou de vendetta. Le réalisateur offre un portrait sombre de la société russe où rien n’échappe à la déliquescence ni le mariage, ni les relations filiales, ni la police, ni la justice, ni même la très puissante Église Orthodoxe qui pour préserver son influence ferme les yeux sur les puissants tout en prêchant une vie honnête auprès de ceux-ci et des plus pauvres. Une histoire prenante et désenchantée sur une Russie malade de sa corruption qui touche par osmose toutes les couches de la société. Un film puissant, bien qu’un peu déprimant, à ne pas manquer.