Léviathan
Note moyenne
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183 critiques spectateurs

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Desman
Desman

8 abonnés 314 critiques Suivre son activité

4,5
Publiée le 9 octobre 2014
À force de nous sortir des films de cette qualité Zvianguintsev va devenir un grand nom du cinéma mondial ! Voilà en effet un film qui dépeint la société russe d'aujourd'hui avec un réalisme et un acuité étonnants. Les petits boulots pour survivre, l'écart entre Moscou la capitale et le reste du pays, la corruption des politiques et de la justice locales, l’acquiescement tacite des autorités religieuses, l'inefficacité patente de la police, la résignation et le fatalisme propres à l'âme russe, et bien sûr la vodka qui semble la solution à tous les problèmes... Bref un film qui est à la fois une peinture sociale acerbe, un drame amoureux, et une dénonciation de la corruption des élites et de l’alcoolisme du 'petit peuple'. En d'autres temps ce film aurait été censuré !
Ajoutez à tout cela une photographie superbe et voilà un film à voir absolument.
Poupée zoom
Poupée zoom

16 abonnés 60 critiques Suivre son activité

4,5
Publiée le 18 février 2015
C'est de la vodka frappée , gigantesque , monstrueux , russe. Titre magnifique qui d'office dresse le cadre biblique , symbolique ,tragique .Musique qui emporte , paysages et personnages qui nous renvoient aux contes de l'enfance entre frayeur et magie . Oui c'est comme de la vodka :on se prend une gifle! soit on vomit ,soit une autre dimension s'ouvre: une lucidité magique, claire et glacée!
Kloden
Kloden

147 abonnés 997 critiques Suivre son activité

3,5
Publiée le 8 octobre 2014
Avec Le Retour, Leviathan est incontestablement le meilleur film d'Andreï Zviaguintsev. On y retrouve d'ailleurs, comme dans le Lion d'or 2003, cette utilisation idoine de la force insondable des eaux (qui rappelle, comme tant d'autres éléments, Tarkovski dont Zviaguintsev est visiblement un adepte convaincu) dans une visée mystique. Celle-ci, dont j'aurais aimé qu'elle tienne une place encore plus centrale, aide à une relecture du livre de Job, mythe biblique de l'épreuve injuste, corrélée à ce que semble ici subir tout un peuple sous l'empire d'un régime pourri et plus largement, contraint par des forces supérieures et les grandes marées du temps - les teintes telluriques de la photo, sublimes, rappellent l'indifférence du Monde et sa redoutable force de destruction. Et dans ce cadre de bout du monde, hostile et inchangé, les hommes semblent subir, se désagréger petit à petit. Et qu'est-ce que c'est agréable, ce sentiment de petitesse et de beauté fatale, cette puissance transcendante qui parait nous décharger d'un poids, devant laquelle on n'a plus qu'à s'abandonner. J'aurais adoré que Leviathan ne soit que ça ; que contemplation résignée, que développement spirituel et chronique de l'impuissance. Mais voilà, comme toujours et c'est ce que je regrette à chaque fois, Zviaguintsev préfère rattacher au mysticisme qui fait le charme du grand cinéma russe des ponts théologiques marqués, rendant de fait la chair de ses plans plus humaine, mais moins puissante. Au contraire, la mystique de Tarkovski privilégiait l'aura, le mystère, et c'est ce qui la rendait si intense, si accaparante. Mais Zviaguintsev fait donc un choix différent pour s'atteler à des dissertations sociales plus mises en avant. Si on retrouve un peu de la misanthropie d'Elena, celle-ci est extrêmement adoucie (par un humour inédit dans la filmographie de l'auteur, notamment), et les faiblesses humaines sont d'ailleurs totalement amnistiées par la présence aliénante du Léviathan, qu'on peut d'ailleurs autant voir comme le monstre biblique que comme celui de Thomas Hobbes. A ceci près qu'ici, contrairement à chez le philosophe anglais, la puissance coercitive de l'Etat est détournée à des fins individuelles, dévoilées dans ce qui apparaît presque comme une démarche étiologique sur la Russie contemporaine. Une vraie richesse de lecture, donc, mise à disposition par une mise en scène toujours aussi rigoureuse, qui laisse le sentiment d'écrasement suinter de son sujet sans s'activer de manière épuisante à le rechercher constamment. En terme de plaisir immédiat, Leviathan n'est pas un mets quatre étoiles, mais il possède une belle tenue en bouche, et dévoile une richesse aromatique impressionnante dès lors qu'on laisse ses saveurs se décanter. Même si je pense que faire mieux était possible, au simple vu de cette affiche d'une titanesque puissance évocatrice, ce quatrième film d'Andreï Zviaguintsev manifeste clairement son appartenance au grands pans du septième art qu'aiment tant à dévoiler les cinéastes slaves.
traversay1

4 481 abonnés 5 351 critiques Suivre son activité

4,5
Publiée le 8 octobre 2014
Un coin perdu de Russie, au début du XXIe siècle. Il souffle sur le Léviathan d'Andreï Zviaguintsev le même vent épique et dérisoire, à propos de la pathétique condition humaine, que dans les grands romans russes du XIXe siècle. Le portrait d'une époque où les existences se délabrent et rouillent comme de vieilles coques de navires, alors que le mal, insidieusement, gagne un combat joué d'avance. On reprochera peut-être au cinéaste son manque d'empathie vis à vis de ses personnages, hormis envers les femmes, mais ce parti pris âpre et déterminé dénonce un système vicié, pourri jusqu'à la moelle, comme si c'était une malédiction russe depuis les tsars en passant par les années noires du communisme. Léviathan restera comme l'un des films les plus marquants de 2014. Sa mise en scène, jamais voyante, est prodigieuse, son scénario d'une densité incroyable et son interprétation d'un réalisme terrible. Zviaguintsev joue des archétypes et des schémas slaves -la vodka, la corruption, la religion- avec une virtuosité qui relève de la simple évidence. Une leçon de (très) grand cinéma.
QuelquesFilms.fr

354 abonnés 1 759 critiques Suivre son activité

3,0
Publiée le 7 octobre 2014
À travers cette histoire d'un homme ordinaire en lutte contre "l'Administration", Andreï Zviaguintsev brosse un tableau bien noir de son pays, la Russie, et de ses rouages. Collusions entre les pouvoirs politiques, religieux, judiciaires et policiers, corruptions en tout genre, chantages, violences, injustices... Bref, un pays de non-droit et d'abus de pouvoir, aussi implacable qu'imbibé de vodka. Le cinéaste évoque tout cela dans un registre à la fois réaliste et métaphorique. La critique sociale est bien ancrée, bien concrète, mais s'inscrit aussi dans une réflexion plus large, induite par le titre, Leviathan. Une réflexion sur les puissances du mal incarnées par le Leviathan, monstre marin cité dans la Bible, monstre annonciateur du chaos, de l'apocalypse. Mais surtout une réflexion sur la forme et la puissance d'un État-Leviathan tel que l'entendait Hobbes : État totalitaire assurant ordre et sécurité à l'homme (qui est un loup pour l'homme) en échange de sa liberté et de ses droits. La réunion de ces deux figures du Leviathan donne ici de la Russie l'image d'un monstre tout-puissant qui dévore ceux qui revendiquent leur liberté et leurs droits. Avec un tel topo, on peut s'étonner que le film ait été en partie financé par le ministère de la Culture russe... En tout cas, voilà qui fait la richesse d'un scénario récompensé au festival de Cannes 2014. Un scénario riche, assurément, et ambitieux dans sa hauteur de vue, mais que l'on aurait aimé plus percutant, à la manière du scénario d'Un Nouveau Russe, de Pavel Lounguine, pour rester dans une thématique proche. Mais l'histoire de ce Leviathan se délite un peu après les mésaventures de l'avocat, quand la critique sociale laisse place au drame amoureux et familial, avant de rebondir à la fin. Il y a malheureusement quelques longueurs à l'écran, quelques pesanteurs, aussi, qui naissent de la posture du cinéaste, peut-être trop conscient de son intelligence et de l'idée qu'il se fait d'un grand cinéma (comme son confrère turc Nuri Bilge Ceylan). Le talent de Zviaguintsev en matière de réalisation est indéniable (le Prix de la mise en scène, à Cannes, lui aurait mieux convenu que le Prix du scénario) : on admire la classe de son orchestration générale, la dimension tragique qu'il donne au récit, la beauté sombre des images, parfaitement accompagnées par la musique de Philip Glass (notamment). Mais son film aurait gagné en qualité en étant plus condensé ou en misant davantage sur l'ironie et le sarcasme (comme dans la scène du pique-nique) pour paraître moins raide au final. On attend donc toujours que le cinéaste retrouve l'inspiration tranchante de son excellent premier film, Le Retour.
vincentasc
vincentasc

35 abonnés 148 critiques Suivre son activité

3,5
Publiée le 7 octobre 2014
Ne pas s'arrêter aux ridicules préjugés (film russe, 2h20...) qui pourraient vous pousser à passer à coté d'une œuvre originale. C'est un film puissant, sans concession. Un scénario qui va jusqu'au bout de sa logique. Un film sombre, envoûtant, porté par des comédiens habités, à ne rater sous aucun prétexte.
anonyme
Un visiteur
2,0
Publiée le 7 octobre 2014
Que dire d'un film financé par le Ministère de la Culture Russe, qui baigne constamment dans la caricature, le convenu, la démonstration et, surtout, dans une totale ambiguïté ?
Scénario décousu, improbable, images entendues, glacées, surabondance de clichés (femmes juges, matrones ou faussement libérées, ado rebelle, vodka à gogo, dénonciation de la police, de l'église..... la Russie mérite décidément mieux qu'un pamphlet du superficiel mis en scène de façon à brouiller les pistes.
Il n'y a que le jeu des acteurs pour sauver cette épopée où Job ne connait aucune rédemption (donc réduit à un personnage tronqué) et où le léviathan reste, comme l'écume sur les vagues, ou un petit bidon rouge balotté, à la surface des choses.
Reste à espérer que le peuple russe soit à des années lumière de l'image qu'on nous en propose, sauf à comprendre que Poutine ait laisser passer un tel film pour nous en donner une image si négative qu'elle justifie la façon dont il le traite...
SebLefr3nch
SebLefr3nch

220 abonnés 691 critiques Suivre son activité

3,5
Publiée le 7 octobre 2014
Les films russes ont rarement la vedette en France. Il faut passer par un prix, ici celui du scénario à Cannes, pour qu'on en parle. Il n'y a pas à dire, si le film est un véritable reflet de la vie en Russie, il ne fait pas très bon y vivre si vous n'êtes pas politicien, flic ou religieux. Les personnages représentent les différents strates de la population, du coup, nous sommes totalement immergés dans l'univers russe. Cette descente sociale aux enfers est bien ficelée, on se laisse prendre au jeu et surtout on est surpris, à en rire, des "habitudes" locales (=corruption). La réalisation est parfaite. Les plans sont très beaux et ce petit bout perdu de Russie nous donne envie de nous y rendre juste pour admirer la beauté des paysages. Les acteurs sont bons même si on se demande parfois si le rôle principale féminin a été attribué à la bonne actrice vu comme elle dénote par sa beauté et sa prestance par rapport aux autres. Prix du scénario, pourquoi pas. Personnellement, le prix de la mise en scène aurait été beaucoup plus justifié.
leobis
leobis

71 abonnés 260 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 6 octobre 2014
Superbe film qui nous va droit au coeur, avec cette histoire d'un homme contre lequel s'acharne un destin implacable orchestré par une société locale russe passablement corrompue. A ne pas manquer.
anonyme
Un visiteur
3,0
Publiée le 8 octobre 2014
Comme pour Elena et Le Retour, les deux précédents films du réalisateur que j'ai pu voir, on sent une grande maîtrise dans la mise en scène et dans l'évolution des personnages. Mais comme pour ces 2 films aussi, ça ne m'a pas passionné. Peut-être est-ce ces très beaux paysages qui sont tout aussi déprimants. Peut-être le rythme assez lent ou les situations désespérantes. Surement un mélange de tout ça. On voit le talent, mais il reste sur l'écran et n'ai pas venu jusqu'à moi
anonyme
Un visiteur
2,0
Publiée le 6 octobre 2014
J'ai adoré ses trois premiers films. Mais celui-ci est une caricature. Le pauvre monsieur lui arrive tous les malheurs du monde...; Le maire est gros, corrompu et tous sont alcooliques. Simpliste et caricatural. C'est vraiment dommage qu'il a beaucoup de talent.
ATON2512
ATON2512

76 abonnés 1 317 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 5 octobre 2014
Un film fort , magistral froid et d'un pessimisme motel sur une certaine réalité de certaines sociétés (ici la Russie !) gangrenées par la corruption. Un film froid, pessimiste certes mais magnifiquement interprété où des gens simples émanent une certaine grâce et joie malgré la dureté de l'existence . Un film en forme de Parabole sur la lutte de David contre Goliat comme de l'éternelle hypocrisie (par cupidité , intérêt et pouvoir) d'une église qui ne sert plus les pauvres mais ses propres intérêts .
Quand on sort de ce très grand film sociétal ; on se dit froidement que tout changement va être très difficile. Même s'il ne pas baisser la garde et garder en ligne de mire que le pire et la désespérance ne sont pas les seules alternatives ...à la vie et à l'avenir pour bouché qu'il soit !
anonyme
Un visiteur
5,0
Publiée le 5 octobre 2014
Film qui fait réfléchir ! De très beaux cadres! Magnifique et remuant!
Anne M.
Anne M.

85 abonnés 658 critiques Suivre son activité

4,5
Publiée le 5 octobre 2014
Le récit se déroule de nos jours, dans la Russie du Nord, aux bords de la mer de Barents.

Le film tient son titre du monstre biblique évoqué par le Livre de Job, peut-être aussi du "Léviathan" du philosophe Anglais Hobbes, dans lequel le Léviathan symbolise l’Etat. Les ossements de baleine et l’apparition de ce mammifère marin dans un plan peuvent en être le symbole.

On en ressort imprégné par l’immensité , l’isolement et l’aspect sauvage de cette partie du monde. Pourtant des histoires intenses tant individuelles que politiques s’y trament inexorablement.

En toile de fond d’abord, et finalement comme thème dominant du film, le pouvoir,(politique et religieux) : un maire cherche à faire exproprier une famille dans un but assez flou, par tous les moyens. D’abord légalement, entendu que le procureur est lié à lui par des affaires passées.

Ensuite la tragédie d’un couple entouré de peu d’amis et d’un adolescent, dans un univers austère, où coulent des flots de Vodka. L’histoire de ce couple crève l’écran dans toute la partie centrale du film.

Les événements principaux sont évoqués de façon elliptique. Le spectateur est amené à réfléchir pour reconstituer les faits. Les acteurs ont un jeu exceptionnel. Rien n’est enrobé, ni ne semble être joué, c’est l’humain à l’état brut et rude, avec pourtant aussi des moments de bonté et l’humanité touchante. Parfois de l’humour assez décapant.

Je recommande vivement le film lequel est une véritable claque, tant esthétique, que scénaristique et dramatique.

Il donne une image de la Russie actuelle (point discutable à mon avis), où les dirigeants et leurs méthodes n’ont finalement pas changé. Les pouvoirs locaux sont peut-être davantage puissants, semblables à des mafias. Une composante du pouvoir cependant s’ajoute à l’ensemble, le pouvoir religieux. Les individus , eux, se trouvent dans une grande désespérance.
anonyme
Un visiteur
4,0
Publiée le 5 octobre 2014
L'histoire du pot de terre contre le pot de fer, tous deux remplis à ras bord de vodka. Un film beau et dur, où le citoyen et la nation russe en prennent pour leur grade. Etonnant que le ministère de la culture russe l'ai financé. Les acteurs sont incroyablement bons, mention spéciale pour le maire abusif.
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