Bel espoir du cinéma indépendant US, David Robert Mitchell signe ici It Follows, film d'horreur proposant une relecture élégante de certains classiques, tout en proposant quelque chose de surprenant et étonnamment angoissant et effrayant. Dès son plan d’ouverture, David Robert Mitchell donne le ton. Son film sera sous très forte influence du cinéma de John Carpenter. Ce plan d’ouverture reprend à peu de choses près un des plans signatures du réalisateur de new-yorkais, une des images les plus marquantes d’Halloween et l’ensemble du film se fera souvent proche d’Invasion Los Angeles, tandis que la composition électronique qui lui sert de bande-son, excellente au demeurant, n’est pas sans rappeler les sonorités composées par le maître de l’horreur. Et on ne va pas se mentir, Robert Mitchell manie sa caméra avec une main de maître pour nous faire transmettre l'ambiance angoissante de Détroit, ainsi que celle qui pèse sur le groupe d'adolescents. Adolescents qui se sentent donc obligé d'aider une de leur amie, qui semble sentir une présence qui la suit après une relation sexuelle anodine. Pas de doute, et là le réalisateur ne fait pas dans le symbolisme subtile, cette chose reflète un peu lé découverte de son corps et la perte de l’innocence de l'adolescent, qui se sent souvent effrayé par ces épreuves, sans oublier bien évidemment les MST qui traînent. Mais si le message est assez flou et pas toujours très fin, le film possède une énorme maîtrise en matière de mise en scène. Quelques séquences sont très réussies à l’image de celle, géniale, de la piscine, celle surprenante de la plage, ou quelques apparitions inattendues qui font leur petit effet. Le plus appréciable dans l’ensemble étant une approche tout sauf cynique, semblant traduire un véritable amour du genre plutôt qu’une tentative de le théoriser bêtement et de le regarder de haut. Il y a dans It Follows beaucoup de belles choses, notamment son traitement des tourments adolescents, ses acteurs qui sont tous remarquables, et une volonté de proposer quelque chose de relativement original dans le traitement de la menace. Bref It Follow transpire le cinéma d'horreur de Carpenter et Cronenberg, et Robert Mitchell livre un film qui ne frôle pas la référence m'as-tu vu, mais bel et bien une oeuvre du genre.