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NarnoNarno
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3,5
Publiée le 14 septembre 2019
“Le Pont des Espions“ est un film dont on ne peut pas reprocher grand-chose, à part son côté conventionnel. De structure classique certes, mais classieuse surtout, ce plongeon dans les années 50, en pleine Guerre Froide, sur les sols russes et américains, est toujours instructif à défaut d’être envoutant. Mais jamais l’ennui ne pointe son nez lors de ces 2h de jeux d’espions et de rebondissements sages, le récit et sa mise en scène restent diablement efficaces. La pâte « Spielbergienne" est visible dans la reconstitution d’époque parfaite, et dans cette nouvelle immersion de luxe dans un épisode de l’Histoire, comme le réalisateur l’avait déjà humblement fait dans “La Liste de Schindler“, “... Soldat Ryan“, ou particulièrement “Munich“. T.Hanks est (à nouveau) parfait pour le rôle, taillé pour sa filmographie sérieuse et dense. Mais l’interprétation de M.Rylance, quoique assez courte finalement, remporte l’adhésion par son originalité dans un ensembles plutôt convenu. La sobriété est l’atout maître de cette oeuvre, très intéressante, très propre et très sérieuse. Toutes ses qualités, un peu trop parfaites, est un exercice de style remarquable, une belle mécanique qui en oublie une certaine émotion. Captivant sans être passionnant.
Après son biopic sur Lincoln en 2012, Steven Spielberg revient en 2015 avec un autre biopic, signant par la même occasion sa quatrième collaboration avec Tom Hanks, l'un de ses acteurs fétiches. Le Pont des Espions s'avère donc être un drame d'espionnage narrant les mésaventures de James B. Donovan, simple avocat, qui se retrouve propulsé dans l'URSS de la Guerre Froide afin d'échanger un pilote d'avion américain contre un agent de renseignement soviétique retenu aux États-Unis. Un sujet atypique pour le réalisateur américain qui nous livre une fois encore un petit chef-d’œuvre injustement méconnu. Comme toujours pourfendeur des injustices et friand des vrais héros américains, Spielberg présente ici un avocat haï par sa patrie, lui qui a voulu défendre un espion russe. Perdant le procès, dévisagé dans le tramway, bien moins respecté par ses enfants, James voit son "honneur" lorsqu'on lui propose d'aller directement en Russie afin de négocier un échange entre son ancien client et un soldat américain, symbole du patriotisme le plus avancé. Mission quasi-suicidaire pour un homme de loi prêt à tout pour non seulement rendre le soldat prodigue au pays mais aussi un étudiant américain dont le gouvernement n'a en revanche que faire, quitte à s'aventurer dans les lignes ennemies sans aucune protection diplomatique. Pointant du doigt l'hypocrisie de son propre pays, le réalisateur démontre qu'il n'y a pas forcément besoin d'action pour époustoufler, juste une mise en scène soignée et maîtrisée qui en fait ici véritable thriller haletant de bout en bout. Co-écrit par les frères Coen, Le Pont des Espions démontre d'un savoir-faire bluffant, Spielberg enchaînant les séquences les plus visuellement virtuoses avec une aisance déconcertante. Que ce soit une filature palpitante en début de bobine rappelant fortement French Connection, une confrontation glaciale entre de jeunes autochtones ou de nombreux dialogues présentés avec une finesse rare, Steven dépasse une fois encore les espérances et nous plonge dans un réel film d'espionnage, poignant et intelligent.
Steven Spielberg se penche sur la guerre froide dans un récit finement construit, interprété de bout en bout par des acteurs transmettant des émotions délicates. Mark Rylance (le Bon Gros Géant) avait déjà collaboré avec Spielberg. La méthode qu'il a acquise en réalisant des films comme La liste de Shindler ou Munich, histoires vraies bien entendu, est une fois de plus appliquée ici dans ce film dont la sortie n'a fait que très peu de remous parmi les salles obscures... Et pourtant, la reconstitution historique est appréciée, l'ambiance est particulièrement froide, tendue et émotionnellement instable. Un bon film, qui prend le temps de narrer une histoire (vraie) touchante de sincérité et de réalisme.
Une belle leçon d'histoire qui nous replonge à l'époque de la guerre froide avec en filigrane le mur de Berlin notamment. Alternance de négociations, de passages historiques, et de moments intimistes. Du Spielberg évidemment.
Au milieu de nombreux films d'espionnages comme Kingsman, Spy, Mission impossible ou Spectre, ce long métrage de Steven Spielberg était très attendu. Néanmoins, cette oeuvre cinématographique n'est pas le film d'espionnage même s'il le porte dans son titre "espions". Le film se découpe en deux parties bien différentes. La première partie avec la mise en place de la mission sur place aux Etats-Unis et la relation entre les deux personnages principaux. La deuxième partie est plus tendue avec le déroulement de la mission sur place. La performance de Tom Hanks en avocat est excellente. Et la symbolique du pont où se déroule l'échange. Ce pont, symbole de liaison et de réunification où le final haletant du film se déroule. Toute l'ambiance stressante et tendue du film permet de plonger le spectateur dans un univers à part. Au final, excellent film encore une fois du maître Spielberg.
Bon film malgré quelques réserves. Sur le plan visuel, j'ai apprécié le travail de reconstitution du Berlin de 1960, etc. Le scénario est tiré d'une histoire vraie mais Spielberg a su trouver des marges de manœuvre pour ne jamais faire baisser la tension et garder ainsi notre attention. Ce qui m'a un peu déçu, c'est que dans la première partie, le réalisateur a su prendre des risques en montrant que chez les Américains aussi l’État de droit était une illusion. Le gouvernement demande à Tom Hanks non pas de défendre l'accusé mais de faire semblant de le défendre. Quand l'avocat prend un peu trop au sérieux sa mission, les ennuis arrivent vite. Cette partie est particulièrement réussie. La suite du film est beaucoup plus conventionnelle : on suit le héros tenter de convaincre les soviétiques de procéder à l'échange de prisonniers. Dans cette seconde partie, ce sont les décors qui sont le plus réussis, au milieu desquels Tom Hanks fait son numéro d'acteur, plutôt bien d'ailleurs. J'aurais préféré que Spielberg reste concentré sur les dysfonctionnement de la démocratie américaine.
Le pont des espions est un film plus léger et plus facile qu'il n'en paraît. Il y a même de l'humour. Il est très bien joué. Une bonne partie du film est véridique : l'avocat joué par Tom Hanks est James Donovan. La réalisation est excellente. Le film ne ressemble en rien à un film d'espionnage : il est original et il est devenu un film de référence.
Le Pont des Espions marque par ses balbutiements, par le tâtonnement de son protagoniste principal que le film retranscrit par sa mise en scène, nous rappelant ainsi que l’espionnage, tout comme la quête pacifiste, s’opèrent à l’ancienne : un numéro noté sur un vieux bout de papier, un message caché dans une pièce creuse, un coup de téléphone libérateur attendu jusqu’à l’épuisement. On voit donc la négociation froide d’une guerre froide mais menée à des fins chaleureuses et humaines, soit la perspective d’une entente voire d’une paix entre les puissances. Malgré un final quelque peu appesanti par la grandiloquence et la composition musicale de Thomas Newman aux accents patriotiques trop appuyés, le film parvient à un savant équilibre entre le miroir dressé contre l’Amérique dans lequel se reflètent une haine contraire à la Constitution donc aux fondements américains et l’aventure d’un homme qui, contre vents et marées, avance au nom de la justice. Spielberg revient à la source du patriotisme et rejette le fanatisme aveugle qu’un peuple – et les médias qui l’alimentent – nourrit à l’égard d’autrui. Le travail de la lumière est par ailleurs d’une intelligence redoutable, plongeant Donovan dans l’obscurité lorsqu’il est sous les feux des projecteurs pour l’imprégner de lumière quand il triomphe intérieurement, en parfait accord avec ses principes ; le mariage des deux s’opérant dans la fin lumineuse, cette vitre de tramway pleine de lumière mais obstruée de part et d’autre par l’ombre, annonce des sacrifices réalisés et de ceux qui seront à faire par la suite. Le travail de la tension se construit dans un vaste crescendo dramatique et rythmique remarquable que la musique ne porte pas assez ; il manque peut-être John Williams à la baguette, bien que Thomas Newman demeure un excellent compositeur mais guère habitué à la poétique (et aux subtilités) de Spielberg. En somme, Le Pont des Espions consacre Steven Spielberg et Tom Hanks historiens d’une Amérique confrontée à son patriotisme problématique, porte-étendards d’un patriotisme assaini en respect profond avec les origines humanistes de la grande Amérique. Fiers de leur pays ils le sont ; on ne saurait le leur reprocher.
Film d'une sobre élégance, favorisée par une atmosphère rétro années 1950, et d'une facture aussi classique que magistrale. C'est bien fait et les acteurs sont bons (Tom Hanks est très bien). Il y a une certaine candeur dans ce film un peu lisse. La dimension psychologique, telle qu'elle est scénarisée et mise en scène, est très classique. Pas de rudesse. Tom Hanks est une sorte de Tintin plongé dans le monde des espions. Pas d'émotion, mais on suit avec intérêt cette histoire de héros sans éclat, candide moral, inquiété par son propre héroïsme. Bref, rien d'exceptionnel ; mais un bon film.
Ce qui est admirable chez Spielberg, c'est qu'il touche à tous les genres cinématographiques ! Cette-fois ci c'est le film d'espionnage sur fond de guerre froide. Photo sublime, musique envoûtante. On voit que Tom Hanks s'amuse et même si j'étais parfois un peu paumé dans l'histoire j'avoue y avoir pris un vrai plaisir de spectateur. Juste la fin à regretter, inutile qui vire dans le american way of Life... gonflant.
Plutôt que de se consacrer à tout un pan de l'histoire de la guerre froide, Spielberg préfère consacrer son film à l'un des nombreux impacts sur les pays alors en conflits: ici la paranoïa. Tirant son récit d'une histoire vraie, il alterne moments de tensions et de dialogues dans un film au décor et à l'esthétique rétro fidèle à son contexte. Tom Hanks est impeccable dans le rôle de cet avocat seul contre tous et Mark Rylance, attachant et juste dans le rôle de cet homme accusé d'espionnage est une révélation.