Magnolia
Note moyenne
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422 critiques spectateurs

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Cadreum
Cadreum

62 abonnés 804 critiques Suivre son activité

4,5
Publiée le 24 août 2025
Qui est le film ?
Magnolia (1999) arrive tôt dans la carrière de Paul Thomas Anderson, après Boogie Nights, et confirme son goût pour les récits choraux. Le contexte est important : la fin des années 1990, moment où l’Amérique se pense prospère mais où perce déjà une inquiétude morale. Le film promet beaucoup : raconter une journée dans la vallée de San Fernando où s’entrelacent confessions, humiliations et demandes de grâce. En surface, c’est une mosaïque de mélodrames intimes et familiaux. En profondeur, c’est une méditation sur la filiation, la faute et la possibilité d’une rédemption dans une société saturée de spectacle.

Que cherche-t-il à dire ?
Le projet d’Anderson est clair : penser la culpabilité comme un héritage. Chaque personnage hérite d’une faute ou d’un silence parental qu’il lui faut transformer. La tension principale se situe là : sommes-nous condamnés à répéter ce qui nous a précédés, ou bien existe-t-il une syntaxe nouvelle, une grammaire du lien capable de rompre la chaîne ? L’ambition n’est pas psychologique au sens strict mais morale : explorer ce que veut dire, pour une Amérique blessée par ses propres systèmes de domination et de performance, demander pardon ou chercher la grâce.

Par quels moyens ?
Dans Magnolia, les personnages apparaissent comme des éclats d’humanité fragmentés, chacun enfermé dans sa propre douleur, mais reliés par un fil invisible de détresse et de désir de rédemption. Anderson construit une mosaïque de figures à la fois minuscules et immenses : un présentateur télé sur le déclin, un vieil homme en train de mourir, une femme consumée par la culpabilité, un gourou de la virilité bâti sur ses rancunes, un enfant surdoué broyé par l’ambition paternelle, une jeune fille abusée qui ne sait plus où poser son regard. Tous se débattent avec le poids de ce qui leur a été transmis et ce qu’ils n’ont pas su transformer. Le film n’expose pas des héros mais des êtres vulnérables, dont les fêlures résonnent dans un chœur tragique.

Ce qui frappe, c’est la manière dont ces trajectoires se font miroir les unes des autres. Anderson ne raconte pas dix histoires mais une seule, démultipliée, où chaque personnage est une déclinaison d’un même vertige : comment aimer, comment survivre à l’héritage de la douleur, comment pardonner à ceux qui nous ont détruits. Les personnages n’existent jamais en tant qu’individus isolés, mais comme fragments d’un même organisme, traversés par une fatalité commune. Leur humanité naît de cette circulation : le désespoir d’un enfant répond à la colère d’un adulte, la honte d’une femme reflète le cynisme d’un homme. Dans ce réseau, personne n’est réduit à un rôle secondaire, chacun est nécessaire pour comprendre la fresque entière.

La séquence d’ouverture, où une voix raconte des coïncidences invraisemblables, n’est pas un divertissement gratuit. Elle impose une logique du hasard et de la responsabilité mêlés. Chaque histoire s’inscrit dès lors dans ce régime de causalité flottante où le hasard agit comme révélateur moral.

Le plateau du jeu télévisé pour enfants devient une parabole : promesse d’amour qui se transforme en usine à performance. L’Amérique n’est pas violente par excès de brutalité, dit le film, mais par excès d’exposition. Les enfants sont exploités comme capital symbolique ; la mémoire devient marchandise.

Plans glissants, travellings, musique omniprésente : Anderson assume l’excès comme méthode. Ce “trop” (trop de sons, trop de gestes, trop d’aveux, trop de théâtralité) crée un espace où l’émotion n’est pas un accident mais un système. L’excès ne recouvre pas, il dénude.

La pluie de grenouilles, geste de pure mise en scène, détraque le vraisemblable. Elle n’explique rien, mais ouvre une brèche : les personnages, sortis de leur programmation, peuvent choisir autrement. C’est une interruption rituelle, une suspension du déterminisme.

Où me situer ?
Magnolia est un film de pur génie, une fresque où chaque fil narratif, chaque visage filmé, chaque silence entre deux répliques participe à une symphonie plus vaste. Paul Thomas Anderson réussit le tour de force de composer une œuvre chorale qui ne s’effondre jamais sous son propre poids, mais qui au contraire embrasse le chaos et le transforme en musique visuelle. Ce génie tient autant à la précision de sa mise en scène, qui épouse les trajectoires intimes de ses personnages, qu’à sa capacité à faire résonner leurs douleurs comme les fragments d’une même humanité blessée. C’est un film qui pense et ressent tout à la fois, qui dépasse le simple cadre du récit pour devenir une expérience cinématographique sur le hasard, la culpabilité, l’amour et la rédemption.

Quelle lecture en tirer ?
Magnolia n’est pas seulement une fresque chorale. C’est une méditation sur la répétition et l’accident. Les fautes se recopient comme des phrases mal construites ; il faut une interruption, une pluie absurde, un aveu inattendu pour que le langage change.
Viintage_dreams T.
Viintage_dreams T.

55 abonnés 451 critiques Suivre son activité

2,0
Publiée le 13 novembre 2024
Je n'ai pas pu tenir plus d'une demi-heure pour la simple et bonne raison que le rythme du film est beaucoup trop intense. Les histoires, les scènes et les personnages s'enchainent sans qu'on puisse y voir un rapport. Il me semble qu'au bout d'une heure et demie, on commence à voir la relation entre les différentes histoires mais impossible de tenir jusque-là.
mlight
mlight

28 abonnés 356 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 15 juin 2019
C'est toujours aussi surprenant et agréable de découvrir un film d'une telle envergure 20 ans après sa sortie, je n'en avais jamais entendu parler, pourtant Paul Thomas Anderson nous offre ici quelque chose de rare. D'une réalisation qui enchaîne les transitions de plus en plus belles, un scénario qui nous tient en haleine du début à la fin et malgré ses 3 heures, l'intensité des scènes est en rupteur constant, le temps y passe plutôt rapidement. Ce film veut nous convaincre que le hasard n'explique pas tout, et il le fait d'une très belle façon, il y a quelques passages qui m'ont un peu fait décrocher mais je suis convaincu qu'en le regardant une deuxième fois, je pourrai y voir plus clair. Il est de ce genre de film étrange, ou le réalisateur joue avec nous, avec nos émotions et qui fait pourtant le plus grand bien, pour la réalisation, les musiques, ce scénario incroyable et les émotions qui s'en dégagent je ne peux que le recommander chaudement.
Serge K
Serge K

21 abonnés 351 critiques Suivre son activité

3,5
Publiée le 13 janvier 2019
Difficile de trouver, au début, le fil conducteur qui lie ces plusieurs histoires, mais le film se construit peu à peu, j’ai trouvé que le début était pollué par la musique de fond assourdissante qui couvre les dialogue, on s’y fait peu à peu, bon jeu d’acteur est excellent c’est un film à voir
chrisbal
chrisbal

19 abonnés 784 critiques Suivre son activité

3,0
Publiée le 8 mai 2026
La promesse vendue dans le prologue n'est absolument pas tenue car même si tous les personnages sont effectivement vaguement liés, on attend desespérément qu'il se passe quelque chose de beaucoup plus exceptionnel que ce qui est proposé : spoiler: une pluie de grenouilles!!!
.
Reste la mise en scene de Paul Thomas Anderson, les acteurs (tous excellents), ainsi que certaines histoires plus intéressantes que d'autres, mais c'est trop peu pour crier au chef d'oeuvre...
anonyme
Un visiteur
3,0
Publiée le 19 février 2012
Paul Thomas Anderson nous offre un film chorale réunissant un groupe d'acteurs dont plusiurs étaient déjà présents dans son précédent film "Boggie Nights", sans doute une preuve de l'intérêt que le réalisateur vous pour ses acteurs et réciproquement. Il n'essaie pas de justifier le dérouleemnt de sn scénario et le fait que les personnages finissent par avoir des liens les uns avec les autres qu'il sne pouvaient imaginer au début du film. Le film ironise beaucoup à ce suje au début du film en parlant de "coïncidences". La justesse de PT Anderson dans le traitement de ses personnages est particulièrement bluffant : les dialogues et l'écriture des scènes sonnent justes, quand bien même certaines sont empreintes de surréalisme. Néanmoins, le film est trop long et aurait mérité certaines coupes qu'Anderson a refusé, trop content d'avoir (chose trop rare) le director's cut sur son film.
jonathan L.
jonathan L.

16 abonnés 35 critiques Suivre son activité

2,5
Publiée le 19 septembre 2020
Le film est bien réalisé. Les acteurs sont très bons. On a plus d'attachement aux personnages que dans les autres œuvres majeures de PTA, ce qui est un bon point.

Par contre j'ai trouvé le film extrêmement décevant. L'intro en 3 parties est prenante et nous promets l'entremelements des destins des personnages. Comment sont-ils liées ? Comment vont-ils se rencontrer ?
Pendant tout le film j'attendais avec impatience ce moment fatidique justement, ce climax. .. Et non. Rien du tout... Absolument rien.
Quasiment pas d'interactions entre les différents groupes de personnages ou alors des rencontres inutiles.
J'ai vraiment l'impression que la scène d'intro est celle d'un autre film.
Du coup on ressort de ce film frustré. Certe le film n'est pas mauvais, mais il avait un potentiel tellement plus grand.
Enfin bon, malgré cela ça reste un des films les plus appréciables de PTA.
Redzing

1 455 abonnés 4 944 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 12 janvier 2020
"Magnolia" est un drame choral qui s'intéresse à une poignée de personnages vivant à Los Angeles, et tous indirectement liés. Un policier intègre, un coach agressif de séduction, un présentateur TV sur sa fin, sa fille paumée, un riche mourant et sa futur veuve éplorée... Un panel hétérogène et dont tous ne sont clairement pas aussi intéressants, mais emmené de main de maître par Paul Thomas Anderson. En premier lieu, les acteurs sont très en forme, avec quelques surprises : Philip Seymour Hoffman touchant en infirmier attentionné, ou Tom Cruise aussi allumé que poignant en sexiste à deux sous qui enfouit ses vraies émotions. Par ailleurs, la mise en scène et le montage s'avèrent aussi élégant qu'efficaces, proposant de jolies séquences, des raccords propres entre les intrigues, et des constructions similaires qui s'accordent sans mal. On notera par exemple une introduction étonnante sur le hasard, et un final original, spoiler: qui évoque les considération bibliques évoquées ça et là dans le film
. Bref, "Magnolia" est un drame assez puissant sur la nature humaine, la religion, et les relations enfants-parents.
ManoCornuta

360 abonnés 3 080 critiques Suivre son activité

3,5
Publiée le 3 mai 2020
Casting poids lourd, mise en scène virevoltante, musique omniprésente, dramatiques chargées: Magnolia se présente d'emblée comme un film en superlatif, visant le toujours plus, déployant une histoire à multiples branches autour des thèmes du pardon et de l'accomplissement personnel. La démarche frise l'indigestion notamment dans la première heure, égarant le spectateur dans ses récits croisés, mais l'ensemble trouve son équilibre et parvient à garder son intérêt. Les acteurs livrent dans leur ensemble une partition de qualité (même si l'on n'évitera pas toujours l'écueil de la grandiloquence). Avec une galerie de personnages aussi complexe et un scénario aussi touffu, Magnolia se veut un film-somme, un peu boursouflé par moments mais réservant de très belles séquences.
Aulanius
Aulanius

227 abonnés 1 792 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 5 juin 2011
Le moins que l'on puisse dire à propos de "Magnolia", c'est qu'il possède un casting exceptionnel, c'est la première chose qui m'a vraiment frappé. Les personnages sont attachants et bien différents les uns des autres mais des choses semblent les unir comme le fait qu'il y ait tous chez de la détresse. Ceux ci sont interprétés par des acteurs et actrices plutôt convaincants. D'ailleurs, moi qui d'ordinaire n'aime pas trop Tom Cruise, je l'ai trouvé vraiment au summum de son art dans ce drame métaphorique. Le scénario est plus qu'extraordinaire dans le sens ou il n'est vraiment pas ordinaire, il n'y a qu'à voir les cinq premières minutes du film, vous comprendrez de quoi je veux parler. C'est ce genre de sujets qui m'intéresse réellement, notamment celui du suicide transformé en homicide involontaire, vous pourrez trouvez ce genre de chose en cherchant les "Darwin Awards". Cependant, le long métrage d'Anderson souffre d'une trop longue durée, de dialogues un peu lassants par moments mais aussi de situations trop irréalistes (je ne parle pas de la fin mais de se qui se passe pendant le film). Il y a pour moi, deux véritables scènes d'anthologies parmi lesquelles une se distingue, je veux bien sur parler de la tempête (vous comprendrez en regardant "Magnolia"). La seconde est celles ou tous les protagonistes reprennent les paroles d'une chanson, qui ma foi, est très belle. L'autre point fort de cette œuvre est bien sur sa bande originale car l'on pourrait presque parler d'un film musical, même si à proprement parler, ça n'en n'est pas un. La complexité de l'histoire et les nombreux signes symboliques qui s'en distingues feront parler longtemps de lui et je pense que c'est là justement qu'il puise sa force. Malgré quelques bémols, je pense pouvoir dire que cette réalisation subtile est un bon film et qu'il mérite toutes les curiosités qui lui sont attribués. 14/20.
Maqroll
Maqroll

203 abonnés 1 123 critiques Suivre son activité

3,5
Publiée le 14 février 2011
Un film choral qui met en scène selon la loi du genre une série de personnages n’ayant a priori aucun rapport entre eux et dont les connexions se révèlent au fil du récit. C’est bien filmé, avec parfois un rien d’emphase mais sans gêne excessive, les acteurs jouent bien sans que l’on puisse en détacher un du lot, le scénario est solidement construit même si la pluie de grenouilles finale est exagérée. Il manque juste un peu d’ampleur, de souffle, on est trop proche également de l’univers d’Altman dont le film semble un décalque sinon une parodie. Paul Thomas Anderson se cherche encore. À suivre…
Candice L
Candice L

56 abonnés 834 critiques Suivre son activité

5,0
Publiée le 8 septembre 2012
Un excellent film! Des destins qui se croisent, un très bon scénario, beaucoup d'émotions et d'action, de très bons acteurs, et beaucoup d'idées originales! A voir!!!
cinéman
cinéman

49 abonnés 939 critiques Suivre son activité

2,0
Publiée le 22 juin 2024
Même si on ne s'ennuie pas, ce qui est un atout vu la longueur du film, je n'ai pas compris le but de cette comédie chorale à tonalité légèrement dramatique. Des histoires s'enchevêtrent mais quel lien ? La pluie de grenouilles à la fin est totalement absurde, injustifié. On plonge dans le surnaturel tout d'un coup et cela confirme l'idée qu'il n'y a rien à comprendre et que c'est un film prétentieux qui manque cruellement de cohérence.
anonyme
Un visiteur
5,0
Publiée le 8 avril 2018
Le film est grandiose par la virtuosité du scénario et de la mise en scène, l’intrigue composée de destin croisé est palpitante de péripétie, de la richesse philosophique, de rire devant d’étonnants personnages, des situations comiques aux hystériques, fort moment sensationnel d’émotion et de poésie finale.
Sylvain P

388 abonnés 1 434 critiques Suivre son activité

3,5
Publiée le 2 août 2010
D’une virtuosité incroyable, Magnolia réussit la prouesse de captiver pendant 3 heures le spectateur avec un scénario alambiqué. La musique (d’Aimée Mann et Jon Brion) et le montage deviennent des personnages majeurs. Seul le personnage interprété par Tom Cruise fait un peu tâche dans cette galerie de portraits.
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