L'Homme irrationnel
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454 critiques spectateurs

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Léa A
Léa A

68 abonnés 64 critiques Suivre son activité

3,5
Publiée le 15 octobre 2015
Un Woody Allen traditionnel donc, qui mêle à une esthétique très classique, un récit rocambolesque, toujours à travers des thématiques phares de son oeuvre comme la mélancolie et les relations hommes/femmes. Pas de surprise, mais un bon moment de cinéma. (...

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btravis1
btravis1

127 abonnés 529 critiques Suivre son activité

3,0
Publiée le 15 octobre 2015
Le nouveau woody allen est meilleur que le précédent mais moins bon que certains de ses films. Il reste cependant très plaisant à regarder. D'abord parce que le casting est de qualité, Joachim Phoenix en tête, qu'ensuite l'histoire est intéressante même si déjà-vu. Donc ce n'est pas forcément très original, Woody Allen ne révolutionne pas le genre et se contente un peu du minimum, mais on passe un bon moment.
cinema76
cinema76

12 abonnés 88 critiques Suivre son activité

4,5
Publiée le 15 octobre 2015
Inconditionnelle de Woody Allen , merci pour ce nouveau film dans la lignée de Match Point pour le suspense, Joaquin Phoenix formidable comme dab
Fritz L
Fritz L

222 abonnés 767 critiques Suivre son activité

4,5
Publiée le 15 octobre 2015
« Le rassurant de l’équilibre, c’est que rien ne bouge. Le vrai de l’équilibre, c’est qu’il suffit d’un souffle pour tout faire bouger ». Ce n’est pas Woody Allen qui contredira Julien Bracq, avec « L’homme irrationnel » tant le film joue avec l’équilibre. A un point tel que c’en est fascinant et envoûtant.

Avec « Match point », on avait découvert un travers nouveau chez le réalisateur, le cynisme, celui qui tend à flirter sciemment avec l’immoralité, hypocritement lissée au point de la cautionner. Avec « L’homme irrationnel » Allen retrouve cette veine, et disons cette verve qui amuse plus qu’elle ne dérange.

De cette incroyable facilité scénaristique, où le sentiment culpabilité est malmené, on touche aux questionnements existentiels de l’amour (de soi, celui qu’on porte à l’autre), de l’ambition (courir après sa réputation, conquête de l’inaccessible) et de l’estime de soi (fatuité, égocentrisme). La narration croisée en voix-off de Abe et Jill fait se juxtaposer le raisonnement à savoir qui porte la plus grande responsabilité. Allen ne tranche pas, goguenard, il laisse le spectateur se triturer les méninges, il le veut réactif. Et cela fonctionne, la salle était partagée, certains (face à une situation aussi désopilante) riaient, les autres gênés se recalaient constamment dans leurs sièges. Ce malaise palpable tient à l’écriture et à la construction du récit. Pas d’appesantissement, pas de verbiage, mais au contraire une vraie fluidité dans l’action et la parole, pour livrer un film au parfait équilibre.

Ce même équilibre que l’on retrouve chez l’antinomique duo d’acteur, entre un imposant Joaquin Phoenix bouffi, imbu de sa personne et de la fraîche Emma Stone qui sous son apparente fragilité révèle un tempérament sombre. Leur talent respectif, couplé à la subtile direction d’acteur en font d’ors et déjà un couple de légende pour le cinéma.

« L’homme irrationnel » est l’un des meilleurs films du cinéaste, il semble à l’apogée de son art, gommant de fait ce qui agaçait parfois chez lui ces derniers temps, discours en creux pour « Vous allez rencontrer un bel et sombre inconnu », maniérisme allenien de son « Magic in the Moonlight » ou encore paresse de « Minuit à Paris ». Il touche ici sur la forme (exception faite de la photo toujours trop saturée) et le fond, au subtil mélange d’un film grand public intelligent et caustique, un vrai travail d’équilibriste !
anonyme
Un visiteur
3,5
Publiée le 15 octobre 2015
Il y a un sentiment "bizarre" entre le "un peu bâclé" et le "je suis tellement pro." que je m'en tire quand même....Je parle de Woody Allen bien sur.

Baclé :
-Le casting : Joaquin Phoenix n'est pas crédible, ni physiquement (trop décati pour tomber une fraîche étudiante!), ni intellectuellement (Ses cours, ses pensées sont d'une grande banalité).

Pas mal:
- Je suis tellement pro. que le scénario (à la Match Point) est magnifiquement twisté......W.A. s'en sort
RedArrow

1 898 abonnés 1 697 critiques Suivre son activité

3,0
Publiée le 15 octobre 2015
Toujours un plaisir de retrouver un Woody Allen. Cette impression d'être avec un vieux tonton qui vous a vu grandir et qui vous raconte la sempiternelle même histoire à quelques variations près.
Cette fois, c'est un prof de philo (avec tirades existentialistes et citations de philosophes connus à la clé) perdu aux tréfonds de son âme qui va reprendre goût à la vie en commettant le crime parfait.
On est en terrain conquis, Woody le sait et il le fait très bien... quitte à se saborder (un peu) dans une dernière partie prévisible à souhait.
Emma Stone domine entièrement le film, gommant, pour une fois, un Joaquin Phoenix bien pâle (et c'est rare) et on se prend même à rêver d'une autre fin où elle se serait alliée avec la géniale Parker Posey.
Totalement anecdotique (comme 80% de la filmo de Woody ces dernières années), on ne peut pas s'empêcher de passer un bon moment devant "L'Homme Irrationnel".
Il est fort, ce Woody, car il nous donne toujours une envie folle d'aller voir son prochain film... et on ira.
velocio

1 557 abonnés 3 539 critiques Suivre son activité

3,5
Publiée le 15 octobre 2015
Tiens, pour une fois, on entend dès le début de la musique qui me plait dans un film de Woody Allen : "The "In" Crowd" par Ramsey Lewis. Cela augure bien de la suite. Une suite qui fait de ce film un des meilleurs de Woody Allen depuis une bonne douzaine d'années, ce qui, avouons le, n'est pas trop difficile. Ce film, Woody Allen est allé le tourner dans l'état de Rhode Island et il nous raconte l'histoire de Abe Lucas, un professeur de philosophie à la fois atypique et jouissant d'une grande renommée, devenu dépressif à la suite de 2 événements : sa femme l'a quitté, son meilleur ami est mort dans des conditions atroces. Dès le début de ses cours, le ton est donné : la philosophie ? trop souvent de la masturbation intellectuelle. Kant ? une très belle philosophie sur le papier mais qui ne tient pas la route dans la vie réelle. L'arrivée de ce professeur réputé dans une petite Université avait surpris et réjouit les étudiants et le corps professoral. Surtout la gente féminine, tant, malgré sa petite bedaine, Abe Lucas jouit d'une grande réputation de séducteur. Deux femmes, en particulier, vont chercher à le mettre dans leur lit : Rita Richards, une collègue d'âge mûr, mariée, mais qui a déjà couché avec presque tout ce que l'université compte d'hommes et Jill Pollard, une jeune étudiante brillante, attirée par Abe malgré l'amour qu'elle porte à Roy, son petit ami. Mais Abe est trop mal pour penser à la bagatelle, et, plus encore, pour arriver à la pratiquer. Jusqu'au jour où il va renaître à la vie et à tout ce qui va avec, en commettant un acte radical dans le seul but de se rendre utile auprès d'une personne qu'il ne connait même pas. Il y a dans ce film l'éternel questionnement allenien sur ce qui détermine la destinée des êtres humains, il y a du Dostoïevski et du Hitchcock, il y a la très belle photo de Darius Khondji, il y a le jeu de Joachim Phoenix et d'Emma Stone, déjà présente dans "Magic In The Moonlight", le précédent film de Woody. Après tous ces points positifs, on ne s'attardera pas trop sur le jeu particulièrement médiocre de Parker Posey qui interprète le rôle de Rita.
anonyme
Un visiteur
4,0
Publiée le 15 octobre 2015
Un agréable Woody Allen.
Je ne suis pas vraiment un grand adorateur de ce cinéaste, trouvant le corps de ses films quelques peu répétitifs, mais celui-ci comportent des éléments qui changent la donne.
Notamment les acteurs. Phoenix et Stone sont très bons, très crédibles, touchants.
Les thèmes abordés sont originaux, avec en autre cet écrivain-philosophe intéressant, mais le côté "sombre-dépressif-alcoolo", c'est du déjà-vu malheureusement. Sans parler de l'élève qui tombe amoureuse du professeur...
Toutefois, je recommande.
poet75
poet75

298 abonnés 703 critiques Suivre son activité

4,5
Publiée le 15 octobre 2015
Le moins qu'on puisse dire, c'est que l'arrivée d'Abe Lucas (Joaquin Phoenix) en tant que professeur au département de philosophie d'une université des Etats-Unis ne passe pas inaperçue. Elle est précédée de rumeurs plutôt négatives : le nouveau professeur est réputé non seulement pour ses méthodes peu conventionnelles mais pour son manque de scrupule dès qu'il trouve une occasion de vivre une aventure avec l'une ou l'autre de ses étudiantes. Pour ce qui concerne le premier reproche, cela s'avère vite exact au point qu'on a le sentiment que l'enseignant tient en piètre estime la matière même qu'il enseigne. Quant à mettre des étudiantes dans son lit, pas si simple... La vérité, c'est qu'on a affaire à un homme dépressif, peu enclin à goûter quelque plaisir que ce soit. Ce ne sont pourtant pas les occasions qui manquent, deux femmes étant irrésistiblement attirées par ce qui lui reste de charme : avec Rita Richards (Parker Posey), l'une de ses collègues, cela tourne vite au fiasco, la libido d'Abe Lucas étant à peu près au point mort ; avec Jill Polard (Emma Stone, superbe), une de ses étudiantes, éprise au point de délaisser son fade fiancé pour préférer sa compagnie, il préfère se contenter d'une fervente amitié (quitte à alimenter les ragots, prompts à se répandre dans ce microcosme qu'est un campus).
Le hasard tenant souvent un rôle déterminant dans les films de Woody Allen, c'est à l'occasion de l'un d'eux que tout bascule. Alors que Jill et Abe sont attablés dans un café, ils surprennent une conversation mettant gravement en cause les méthodes et la probité d'un juge. Naît aussitôt dans l'esprit torturé du professeur une idée affolante qui, si elle se réalise, pourrait bien redonner du sel à sa morne existence. Commence alors la deuxième partie du film, celle qui conduit à la réalisation du projet criminel d'Abe et à ce qui ressemble à son retour à la vie. Car, dès son forfait accompli, l'homme retrouve instantanément tout ce qu'il se désolait d'avoir perdu, et son appétit de vivre et sa libido. A ses côtés se trouve une sorte de victime désignée: c'est Jill qui, d'abord consentante, devient, lorsqu'elle découvre à qui elle a affaire, comme la voix de la conscience égarée du professeur. Jusqu'à un dénouement qui doit (une fois encore) beaucoup à quelque chose de hasardeux.
Peut-être l'a-t-on déjà compris, la source d'inspiration avérée, affirmée, de ce nouvel opus de Woody Allen se trouve dans « Crime et Châtiment », l'un des chefs d'oeuvre de Dostoïevski. Dans le film comme dans le roman, il est question de commettre le crime parfait qui débarrassera le monde d'un être abject qui, de ce fait, ne mériterait pas de vivre. Ne se porterait-on pas mieux si disparaissaient de la surface de la terre l'usurière du roman et le juge inique du film ?
Cela étant dit, Woody Allen se garde bien de n'être qu'un copieur ou un pâle imitateur de Dostoïevski. Il s'approprie le récit du romancier russe pour en faire quelque chose de différent et de typiquement allenien. On peut même affirmer, me semble-t-il, qu'il en prend le contre-pied. Raskolnikov, le personnage de Dostoïevski, une fois son double crime perpétré, se rongeait de remords et de culpabilité. Rien de tel chez Abe Lucas qui, engoncé dans son orgueil, reste persuadé jusqu'au bout de son bon droit. Chez Dostoïevski, le chemin de la repentance et du salut était inspiré au criminel par Sonia, la lumineuse prostituée imaginée par l'auteur. Chez Woody Allen, Jill l'étudiante, qui se découvre plus conventionnelle qu'elle ne voulait le croire, a beau faire et beau dire, elle ne fait pas bouger d'un iota la conscience égarée de son professeur. Quant au châtiment, s'il était voie de rédemption dans le roman russe, il n'est plus ici que le fruit du hasard. A la déportation en Sibérie se substitue la chute dans un gouffre.
Qu'on se rassure, il n'est nullement nécessaire d'être un fin spécialiste de Dostoïevski ni même d'avoir lu le roman susnommé pour apprécier « L'Homme irrationnel ». Il suffit de se laisser conduire par une intrigue assez limpide et par la mise en scène élégante de Woody Allen. Il faut aussi accepter de se laisser interroger par la vision de l'humanité somme toute très pessimiste de ce dernier. Les criminels ne trouvent pas tous un chemin de salut et il en est d'impénitents comme celui que le cinéaste a choisi de faire évoluer. Nous aimerions sans doute que tous acceptent de saisir la main salvatrice d'une Sonia, comme chez Dostoïevski. Mais il en est aussi qui, tout enfermés dans leur suffisance, n'entendent rien d'autre qu'eux-mêmes et rejettent tout rachat. Sous ses apparences de fluidité, voire presque de légéreté, Woody Allen sait, mieux que quiconque, nous confronter à nous-mêmes, à ce que nous sommes, à notre pauvre humanité qui s'égare si facilement. Une fois encore, il nous fait le cadeau d'un film capable d'alimenter nos réflexions et nos méditations pour de longues heures. 9/10
vidalger

384 abonnés 1 315 critiques Suivre son activité

2,5
Publiée le 15 octobre 2015
Ah, comment dire? Je suis sorti déçu d'un film impeccable dans sa forme, puisant son inspiration au plus haut de la pensée philosophique ou du roman russe et réalisé par un maître du cinéma américain. Alors quoi? L'impression d'un film sans nerf, sans ressort et qui témoignerait d'une certaine fatigue ou d'un manque de tonus. Woody Allen, comme son héros, voudrait encore mais ne pourrait plus et la plus belle muse ne suffit plus à l'inspirer...
gimliamideselfes

3 455 abonnés 4 019 critiques Suivre son activité

3,5
Publiée le 15 octobre 2015
Je l'attendais le dernier Allen, j'avais juste adoré Magic in the Moonlight et j'étais excité comme une pucelle de voir qu'il tournait encore une fois avec la ravissante, la splendide, l'inégalable Emma Stone ! Cette fille est d'une fraîcheur inouïe !

Alors au début du film je me reconnaissais un peu dans le personnage de Phoenix, je le voyais comme le personnage de Firth dans le film précédent mais qui aurait subi une dépression assez sévère. Je les voyais comme deux possibilités de comment je pourrai évoluer. Il a ma sympathie... Mais à partir du moment où il s'est mis à citer Simone de Beauvoir, j'ai su que je n'ai rien à voir avec cet homme !

Ce qui n'empêche pas le film d'être bon. Alors on est plus proche de Match Point dans certains aspects que de Magic in the Moonlight (peut-être qu'on est à la croisée entre les deux), on garde le charme fou de l'un avec son actrice d'une beauté pure (je parle de Stone) et de l'autre le côté plus dramatique et surtout le goût pour la chance, le hasard, ces petites choses qui font toute la différence. On pourrait presque appeler ça l'effet papillon, la plus petite des choses qui a de grandes conséquences.

Je ne savais rien du film et je pensais voir une simple comédie romantique... et c'est pas vraiment ça, j'aime comment Allen nous fait vraiment lorgner du côté de la comédie romantique, tout est en place... et puis... hop non...

La fin est vraiment brillante, c'est vraiment ce que j'ai adoré.

Cependant j'ai trouvé le personnage de Phoenix un peu pénible par moments lorsqu'il donne ses cours de philo, c'est un peu rien du tout... c'est vraiment basique. Et je n'aime pas qu'il se cache derrière la morale pour ses actions, là où Firth dans le film précédent aurait cité Nietzsche et l'absence de morale. Enfin bon... c'est le personnage qui veut ça. Reste que j'avais envie qu'il s'en sorte.

Après je n'ai pas compris pourquoi il était vraiment touché par le témoignage de la dame dans le café qui fait alors basculer tout le film de la comédie romantique vers "autre chose"... J'en aurai rien eu à foutre... mais rien du tout...

Je ne suis pas déçu, mais je crois vraiment que je préfère les comédie d'Allen, celles qui sont des odes à la vie que ses "drames" ou films plus "sérieux".
WutheringHeights
WutheringHeights

133 abonnés 930 critiques Suivre son activité

4,5
Publiée le 15 octobre 2015
Peu de cinéastes parviennent à cette grandeur de Woody Allen qui consiste à osciller sans cesse entre une noirceur insondable et une légèreté désarmante. (...) "L'homme irrationnel" passe du portrait d'homme brisé à une comédie policière, d'un drame existentiel à une tragi-comédie qui se joue habilement de la morale. Woody Allen se moque autant des grandes questions sur la vie qui hante son œuvre que de l'altruisme, jamais vraiment innocent (...). Intelligent, brillant même, éclairé par l'immense directeur de la photo Darius Khondji, ce nouveau film est dans la veine des grands films alléniens (de Manhattan à Blue Jasmine) : apparemment pétillant mais profondément sombre.

LA SUITE :
Fabien D
Fabien D

219 abonnés 1 292 critiques Suivre son activité

2,5
Publiée le 15 octobre 2015
Le dernier Allen est loin d'être un grand cru. Le cinéaste n'évite pas la redite et offre un film en demi-teinte, assez plan plan et convenu malgré une idée de départ originale, bien que rappelant Match point. La légèreté de l'ensemble, la moquerie vis à vis de la pseudo-philosophie de comptoir en font une œuvre agréable et amusante porté par deux acteurs en état de grâce. Joaquin Phoenix est excellent comme à son habitude face à un Emma Stone, aussi pétillante que lumineuse. L'alchimie de leur duo fait passer la pilule d'un film paresseux qui suit un chemin tout tracé sans jamais nous surprendre. On peut se demander si Allen refera un jour un grand film mais néanmoins cette œuvrette mineure se regarde sans déplaisir, c'est déjà pas si mal.
dagrey1
dagrey1

108 abonnés 655 critiques Suivre son activité

3,5
Publiée le 15 octobre 2015
Toujours sur un ton badin et sur un thème musical guilleret et récurrent, Woody Allen nous distille un polar sentimental à mi chemin entre matchpoint et la corde d'Hitchcock, l'aspect comique en plus. Le rôle principal convient à merveille à Joaquim Phoenix, cérébral dépressif et suicidaire avant de devenir un jouissif desinhibé. Bien sûr, le film est bavard et tourne à la masturbation intellectuelle, mais peut il en être autrement avec un film de Woody Allen?
traversay1

4 524 abonnés 5 440 critiques Suivre son activité

4,5
Publiée le 15 octobre 2015
Imaginez : séance spéciale au paradis organisée à la demande de Kant, Kierkegaard et Sartre. Et un débat à suivre avec Dostpïevski. Le film projeté ? L'homme irrationnel de Woody Allen, variation acidulée et moderne d'un roman célèbre de l'auteur russe susmentionné avec moult allusions à la philosophie du trio cité plus haut. On donnerait cher pour assister à une telle rencontre. Restons sur terre et délectons-nous de ce nouveau Woody Allen, pas loin d'être au niveau de Match Point. Tant pis pour ceux qui prendront (trop) au sérieux cette histoire de professeur de philo dépressif qui va trouver un moyen radical de reprendre goût à la vie. C'est une fable noire écrite avec un timing parfait, des dialogues corrosifs, un sens de la morale subversif et une narration maligne comme tout avec deux voix off lesquelles, pour une fois, n'alourdissent que modérément le propos. Cependant, s'il y avait un reproche à faire, ce serait ce côté parfois trop explicatif qui aurait pu faire dérailler le film. Mais que nenni, se jouant des codes de la comédie universitaire américaine, L'homme irrationnel prend un sacré virage dans son récit quand il cesse d'être drôle pour se métamorphoser en thriller épicé de macabres pensées. Ce qui frappe d'emblée dans le film, c'est sa mécanique de précision qui ne laisse rien au hasard, diversifiant les points de vue pour mieux en revenir à son personnage principal. La part de jeu est constante dans cette oeuvre au demeurant conceptuelle et cérébrale qui rappelle un grand crû hitchcockien (en donner le titre serait criminel mais c'est assez facile à deviner). Autres qualités incontestables du film : son montage, ciselé, la qualité de sa photo, merci Darius Khondji, et son interprétation. Celle de Joaquin Phoenix est géniale et Emma Stone s'avère être une muse tout à fait talentueuse, apte à résister à son charismatique partenaire. Malicieux, désinvolte et rusé, L'homme irrationnel ne fait sans doute que reprendre les thèmes de prédilection de son réalisateur. La sauce prend quand l'assaisonnement réjouit et titille le palais. C'est le cas ici.
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