Un excellent drame, tout en subtilité avec des moments réellement dramatiques et d'autres de fraîcheur. Un émancipation d'une jeunesse au prix de contraintes absurdes. Film habillement dénonciateur. très bien ! 4/5 !!!
Sucré-salé, ce petit bijou bijou offre une galerie de personnages féminins attachants dont la fraîcheur et l'innocence de l'âge des premières images s'efface peu à peu quand la réalité de la difficile condition féminine se rappelle brusquement à elles après une baignade pourtant innocente. C'est la fin de l'école et la joie de vacances qui se profile. La joie sera pourtant de courte durée et nos cinq jeunes filles, criantes de vérité, vont se heurter au poids terrible d'une société cadenassée de dogmes et de principes dans lesquelles la femme n'existe que pour obéir à l'homme et lui servir d"épouse servile. Sans caricature, aussi drôle que tragique, la réalisatrice pose un regard juste sur le passage de l'adolescence à l'adulte en alternant légèreté et élégance. Un film indispensable !
Pour son premier film, la réalisatrice Deniz Gamze Ergüven frappe fort. Évidemment, personne ne passera à côte des ressembles avec le premier film de Sofia Coppola, mais "Mustang" garde de sa fraicheur avec un déroulement totalement différent. Suivre ces 5 sœurs qui sont "déclarées" impures après avoir jouées, toutes habillées, avec des garçons dans l'eau est très prenant car aucune n'a le même destin. Toute l'histoire se déroule selon le point de vue de la cadette, incroyable jeune comédienne, qui possède un caractère bien trempé et une envie de rébellion brulant en elle. La réalisation est assez poétique et colle aux personnages. Il y a de belles images mais ce n'est pas ce qui prime. C'est surtout le jeu des cinq jeunes comédiennes qui sont toutes justes. Un très bon premier film sur l'émancipation des femmes contemporaines turques face aux traditions.
Pour son premier film, la jeune réalisatrice franco-turque nous signe un très bon film, un drame fort qui évoque la problématique de la place des femmes en Turquie. Présenté dans la sélection de la Quinzaine Des Réalisateurs au 68ème Festival De Cannes en 2015, il fût remarqué et remporta le Label Europa Cinemas. L'histoire nous emmène dans la société Turque contemporaine, et nous fait suivre dans un petit village reculé de Turquie au début de l'été, cinq sœurs orphelines âgés entre 12 et 18 ans, qui en rentrant de l'école, jouent avec des garçons au bord de la plage sans se douter qu'elles vont de par cet acte déclencher un scandale aux conséquences inattendues. La maison familiale se transforme alors progressivement en prison, l'école est remplacée par des cours de pratiques ménagères et les mariages commencent à s'arranger. Ces sœurs très proches l'une de l'autre en quête de liberté, s'essayent alors à détourner les limites qui leurs sont imposées. Un film féministe fort qui n'a pas peur de montrer les problèmes encore actuels dans la société turque. La réalisatrice dénonce avec brio ainsi qu’une vision réaliste dans ce métrage de grande qualité, le gros problème de la situation des femmes dans ce pays. Le film est en clin aux émotions car il nous fait parfois rire pour ensuite nous faire passer par des moments plus tristes. Tout est plutôt bien maîtrisé, que ce soit sur l'histoire avec des thématiques fortes, sur la réalisation quasi parfaite assez belle dans son ensemble composée de beaux plans nous offrant vraiment de belles images alors que ce n'est pas avec ce film que l'on visitera vraiment la Turquie où les plans de paysages sont ici assez limités je dirais. Doté également d'une bonne mise en scène ainsi que d'une belle bande son s'incorporant très bien au style et au genre. Le casting fonctionne très bien avec ces jolies jeunes filles turques jouant toutes très bien et le rendant bien à l'écran avec : Güneş Nezihe Şensoy pour Lale, Doğa Zeynep Doğuşlu pour Nur, Tuğba Sunguroğlu pour Selma, Elit İşcan pour Ece, İlayda Akdoğan pour Sonay. Ainsi que Erol Afsin pour Osman l'oncle et Nihal Koldaş pour la Grand-Mère. Un très bon et plutôt beau film si l'on veut qui manque peut-être un peu de plans contemplatifs sur l'extérieur pour signifier la liberté, mais qui reste pour une première œuvre excellent et à voir pour son sujet fort et radical. Ma note : 8.5/10 !!
Gros coup de cœur également pour moi. Enfin sorti en Suisse, les très bonnes critiques reçues ne pouvaient que pousser à le voir. Et cet enthousiasme général est totalement justifié : sorte de Virgin suicides à la sauce turque, Mustang est un hymne à la liberté féminine que bien des pays, par leurs coutumes ignorent. C'est le cas de la Turquie.
Imaginez mesdemoiselles terminer votre année scolaire ou universitaire et devoir passer les vacances d'été véritables prisonnières de la maison familiale, demeure symbole d'un machisme absolu. C'est ce qu'endurent nos cinq héroïnes dont l'esprit de révolte évident (notamment illustré par la scène d'ouverture le long de la mer et un "sacrilège" aux yeux des adultes) va être mis à mal. Ce qui est frappant dans ce film et sur un plan cinématographique, c'est cette communication quasi permanente entre les cinq sœurs et le spectateur par des plans magnifiques sur chacune d'entre elles où leur ressentiment devient contagieux. Autre aspect marquant : la direction d'actrices (et j'insiste sur le féminin) exceptionnelle et une brillante réflexion sur l'invraisemblance de telles situations acerbes.
Il y a également des instants plus légers remarquables, notamment une séquence "cathodico-sportive" jubilatoire ainsi qu'une très belle séquence où la solidarité féminine brille malgré l'opposition. A recommander vivement et particulièrement à vous Mesdames...
Sorti en 2015, le premier long-métrage de la réalisatrice Deniz Gamze Ergüven contient une vive critique du système patriarcal au sein de la société turque contemporaine. Dans un petit village rural, où les traditions ancestrales perdurent, un père autoritaire contraint l’avenir de ses cinq filles (mariages arrangés, séquestration, violences morales et physiques, etc.). Face à la privation de leur liberté, ces gamines tentent de conserver leur joie de vivre tout en faisant preuve d’insolence. Ce film n’est pas sans rappeler « Virgin suicides » de Sofia Coppola, mais se démarque par sa dénonciation plus large du carcan sociétal et religieux. Porté par de jeunes actrices pétillantes, ce drame poignant porteur d’espoir constitue une bonne claque. Bref, une œuvre engagée sur la nécessaire émancipation des femmes.
Premier long-métrage de la réalisatrice, "Mustang" est un véritable coup de poing qui rappelle par bien des aspects le choc représenté par "L’étrangère" de Feo Aladag. Si les critiques ont également insisté sur l’approche très "Virgin Suicides" du thème, on doit surtout le rapprocher de bon nombre de films turcs qui sont d’une égale âpreté. Glaçant à plus d’un titre, "Mustang" parvient à ne jamais se laisser aller au désespoir ou à la sinistrose grâce à une réalisation très dynamique qui colle parfaitement à l’envie de vivre libre des personnages féminins. La société turque patriarcale n’en sort pas grandie et tous ceux et celles qui luttent pour la reconnaissance des droits des femmes se doivent de voir ce brûlot incendiaire qui ne peut pas laisser indifférent. Par ailleurs, l'émotion dégagée par ce brillant long-métrage intelligent, juste, poétique, délicat, sensible, merveilleux, poétique, tragique est parfaitement transcendée par le magnifique jeu des actrices principales. Ce film est autant dur qu'il est malheureusement réaliste mais aussi poétique. C'est clairement un film qui exploite d'une belle manière le thème de l'adolescence ainsi que celui de la liberté. C'est un film qui mériterait d'être davantage reconnu. Une très belle révélation pour ma part, un joli film dramatique sur l'adolescence féministe qui est vraiment original et qui mérite d'être visionné par plus de cinéphiles
Pour être allées se baigner à la sortie des cours avec des garçons de leur école, cinq soeurs sont cloîtrées chez leur oncle jusqu'à leur mariage. "Mustang" est un film étonnant très cohérent et très éclectique. La cohérence : l'histoire linéaire depuis leur exclusion du lycée jusqu'à leurs noces de cinq soeurs organiquement liées par les liens du sang et le partage de la réclusion. L'éclectisme : "Mustang" fait rire, pleurer, trembler. Rire de la malice que déploient, pendant le premier tiers du film, ces gamines pour tromper la vigilance de leurs geôliers débonnaires. Pleurer du drame qui frappe l'une d'entre elles, qu'on avait senti venir, mais dont la soudaine brutalité, au milieu du film, surprend. Trembler devant la tentative d'évasion des deux benjamines, filmée comme un film d'aventure et qui occupe le dernier tiers du film. On sort de "Mustang" plein de joie et de tristesse. Ce n'est pas grand chose. Mais c'est déjà immense !
Un beau film avec une mise en scène nickel, un jeu d'acteur authentique et un sujet pas si souvent abordé au cinéma; le mariage forcé. On ne peux que s'attacher a ce groupe de jeunes filles en voyant ce qu'elles subissent.
Très bon film, ce film est à voir, car il démontre et montre une certaine facette de la société turque, celle des provinces. Bien que pas bercée par la religion, on comprend l'encrage des coutumes et traditions si loin de nos valeurs occidentales qui malheureusement existent toujours aujourd'hui et tendent à s'empirer.
Cinq sœurs Turques sont élevées par leur grand-mère et un oncle et scolarisées dans un établissement select, genre collège privé… Quand elles décident de fêter la fin de l’année en se baignant dans la mer, sans même ôter leur uniforme, on pense à un chahut ordinaire d’ados. Pas leurs voisins qui les ont vus et dénoncent leurs batailles navales sur les épaules des garçons comme des attitudes inappropriées. De ce malentendu va naître un enfermement. Et la maison va devenir leur prison. Car le serrage de vis est sans fin : « tout ce qui pourrait nous pervertir était proscrit », dit l’ainée. Activité réduite aux tâches ménagères ; vêtement longs imposés ; sorties interdites, y compris pour suivre un match de foot féminin ou pour retourner à l’école ! Barreaux aux fenêtres ( !) et bientôt mariages forcés avec des hommes murs qu’elles n’ont jamais vus, achèveront la reprise en main. Impossible (re)dressage pour cinq sœurs espiègles et fougueuses, habituées comme ces petits chevaux sauvages, à vivre leur liberté au galop. La métaphore est facile. Elle est illustrée par des scènes magnifiques et pleines d’allégresse, surtout quand les filles font le mur ! Parfois le parti pris est même un peu esthétisant. Par ailleurs, si le film ne se veut pas démonstratif, il n’évite pas toujours le piège d’une opposition un peu manichéenne. Avec d’un côté l’apport émancipateur de l’éducation dans la libération féminine. De l’autre la soumission aveugle à des rituels, portée par un obscurantisme d’un autre âge. Mais ces Mustangs restent emballants.
Elles sont pleines de vie ces soeurs, éprises de liberté, d'autonomie et de découvertes. C'est bien ce qui gène dans leur famille aux traditions bien ancrées, où hommes et femmes ont chacun une place bien définie. Une perspective qui ne les réjouit guère... Alors, si elles sont en partie obligées de suivre cette route tout tracée, parce que bridées par la famille et la société, elles se rebellent aussi, luttent, et essaient d'y échapper. Une belle histoire mais qui va l'emporter ? Ca vaut le coup de le découvrir...
Quelques facilités scénaristiques et certaines invraisemblances, mais en tous cas un film fort bien réalisé, plein de vitalité et de fraîcheur, et qui exprime avec brio ce désir d'émancipation de la jeunesse et des femmes turques. Mais si le point de vue trahit une vision assez occidentale dss traditions.
De nos jours, 5 adolescentes orphelines dans la campagne turque, éduquées par leur grand-mère et un oncle, fervents adeptes d’une tradition aliénante.
Les origines de ces traditions sont tues et aucune égratignure n’est infligée à la religion (certainement responsable en partie), c’est le bémol que je mettrais au film.
Sinon et surtout sinon, elles sont très belles ces filles à la chevelure flamboyante et flamboyantes leur jeunesse, leur insolence, leur présence. Plus le film avance, plus elles se retrouvent prisonnières chez elles, dans une maison ou chaque jour toujours plus de grilles et de barreaux sont construits. Alors croissent leur désespoir et leur résignation, mais peut-être aussi l’envie de s’évader.
J’ai trouvé cette fable et son message effrayants mais aussi remplis d’espoir et d’humour, indispensables. Espoir dans la nouvelle génération de filles, certainement le plus efficace des remèdes contre la connerie.