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BigDino
10 abonnés
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4,5
Publiée le 28 juillet 2015
Avec un petit côté conte de fée moderne, Mustang séduit vraiment, par la grâce de ses héroïnes et son côté vif et alerte. On pense à Sofia Coppola et son Virgin Suicide. Le côté léger est bienvenu, même si ce qui est raconté reste dramatique, on rit malgré tout de certaines scènes, et on apprécie vraiment les héroïnes, qui cherchent simplement à vivre pleinement leur vie.
Whaou ! Quel film ! J'ai vu ce film partagée entre la colère, l'empathie, la peine, la compassion et l'admiration pour ces jeunes filles en quête de liberté que l'on s'évertue à cloîtrer, cacher, jusqu'à leur mariage. Au fur et à mesure du film, leur prison devient de plus en plus réelle, les barreaux s'additionnent. Et ces magnifiques chevelures qui elles aussi doivent être emprisonnées. L'oncle, que l'on devine aussi prédateur sexuel, qui les accuse de se "branler sur les épaules des garçons" et qui ne supporte pas qu'elles essaient de lui échapper, orgueil de mâle et "honneur" de la famille. Ces images magnifiques de ces 5 jeunes filles qui, au début ne font qu'une seule entité (cf David Hamilton dans la photo...) et qui au fur et à mesure des mariages se séparent. spoiler: Quant à la plus jeune, révoltée et d'une superbe énergie, espérons que le refuge qu'elle trouve à la fin du film sera le bon...
Un film éblouissant qui nous plonge au cœur d'une fratrie de sœurs, sous le regard délicat et sensible d'une jeune réalisatrice turque, issue de la Femis. Deniz Gamze Ergüven signe son premier long métrage comme une réussite totale avec un casting et une direction d'acteurs incroyables. A voir.
(...) Il est bien évidemment question d’émancipation, et le rapport à la sexualité est habilement mis en scène par la réalisatrice, et ce sous toutes ses formes. Les cinq sœurs démontrant d’ailleurs cinq aberrations différentes des conditions féminines sur ce point. Mais là où « Mustang » ne porte pas pleinement l’étendard féministe pur et dur, c’est dans la finesse, l’énergie et la rébellion justifiée des cinq sœurs à résister, à exister en tant que filles, dans un mode où l’homme cloisonne physiquement et moralement les femmes. Il y a une réelle scission entre le fond et la forme quand la beauté des décors, de la photo, des cinq sœurs répond à la dureté de leur cadre de vie. La réalisatrice maîtrise alors un vrai langage cinématographique, si il n’est pas nouveau, s’avère être d’un esthétisme gracieux. (...) Le casting finement composé, semble avoir des airs de « Virgin Suicides » quand la beauté des 5 filles, leur douceur, et parfois un humour bienvenu, répond à une certaine horreur morale. « Mustang » est une petite pépite subtile, qui débute dans le réel pour finir dans l’espoir d’un onirisme positif, là où les traditions dépassées, peuvent être dénoncées, par dans élans de grâce et de poésie. Au grand galop, porté par la musique de Warren Ellis toujours aussi enchanteur, les cinq sœurs restent finalement le symbole de tout un discours salvateur. Vif, beau et réussit, « Mustang » surprend autant qu’il touche. Au-delà des traditions, reste les émotions.
Film qui traite de plusieurs problèmes délicats de façon réaliste et sans jamais de sensiblerie. Les situations difficiles sont très bien traîtées avec objectivité et malgré tout c'est toujours l'espoir qui domine. Quand je suis allée à l'avant-première la réalisatrice a dit que c'était un conte, c'est vrai mais c'est un conte réaliste.
Le décalage entre la tradition et la libération des femmes, la lutte que suppose cette libération, le danger d'un retour en arrière toujours possible, tout cela et bien d'autres choses dans ce film plein d'énergie, de vie, tout simplement. Les actrices sont formidables.
un bon film comme celui-là ne nous laisse que perplexe ! bravo... finesse, tact, un regard discret mais poignant de cette réalité des femmes dans une autre culture que la notre.
Ce film turc a fait beaucoup parler de lui cette année lors du festival de Cannes. Il est réalisé par une femme qui se lance dans un beau plaidoyer pour la condition des femmes en Turquie. La façon dont la réalisatrice traite ce sujet est intéressante parce qu’elle y met les formes et a de la tendresse pour ses personnages. Elle montre le poids des traditions qui pèsent sur les épaules des jeunes filles dans une société ultra rigoriste et conservatrice. Elle prend soin de désacraliser son sujet, qu'elle place plutôt sur le plan des libertés individuelles et de la place de la femme dans la société turque actuelle. Tout est amené avec beaucoup de subtilités dans le scénario, écrit à deux mains avec la française Alice Winocour. En effet, la violence est souvent là où on ne l’attend pas, dans des situations terriblement dérangeantes. Sonay, Selma, Ece, Nur et Lale sont ces cinq sœurs, cette fratrie inoubliable de Mustang. Les cinq actrices qui donnent corps à ces personnages sont toutes formidables. Il y a une lumière, une fièvre de liberté qui brille dans l'œil de la petite dernière, Lale. On ne peut que faire le parallèle entre cette dernière et Toya la petite fille de Timbuktu. Il faut noter également la beauté de certains plans ; ils montrent une vraie réflexion dans le travail de mise en scène, et un vrai amour pour les paysages de la Turquie. La musique est mélancolique mais jamais triste ni larmoyante, elle amène également un souffle de grandeur et d’espoir. Mustang est donc vraiment un joli film, simple, dépaysant, dur aussi parfois mais porteur d'espoir. Cinq sœurs qu'on n'oublie pas facilement.
Excellent film, les actrices sont très touchantes et pleines d'énergie, l'histoire très prenante est dure, sans être très originale puisqu'elle rappelle beaucoup celle de Virgin Suicide, tout en étant néanmoins différente puisqu'elle fait référence à une autre culture et à un autre contexte. De jolies images se succèdent je n'ai pas eu l'impression de m'ennuyer.
Un vrai coup au cœur ! Un torrent de vie au féminin...elles tourbillonnent, dansent, rient, plient parfois et mme meurent mais chacune à sa manière résiste! Merci...
Ça pourrait commencer comme un remake oriental des "Quatre filles du docteur March" - cinq sœurs joyeuses sont liées par l'affection, une tendresse charnelle et une grande complicité. Des filles comme chez nous, modernes, curieuses et excitées par leur jeunesse... pas des anges non plus. Dans son premier film, féminin et féministe, la cinéaste turque Deniz Gamze Ergüven évite la charge du militantisme grâce à l'humour presque constant et quelques épisodes carrément comiques. L'histoire est racontée par la plus jeune des sœurs, Lale, une gamine délurée qui observe, juge et prend des initiatives. Même quand la comédie tourne au drame le rire reste présent, la vie continue pour mieux souligner le contraste entre la jeunesse éprise de liberté et le carcan des traditions. Étonnant contraste entre une vie de gamines apparemment libres, cheveux au vent et le soudain enfermement dans la maison et des vêtements traditionnels alors qu'elles doivent se prêter à des mariages arrangés. Chronique d'une société prise entre modernité et archaïsme où les jeunes filles réagissent différemment, selon leur caractère. Leur espièglerie du début cède devant les injonctions familiales, sauf Lale, désarmante, petit Mustang rebelle. Les jeunes et jolies actrices font une performance étonnante tout en conservant fraîcheur et naturel. La musique s'accorde parfaitement à l'ambiance générale de ce film intelligent et riche. Malgré quelques invraisemblances dans le scénario, le rythme maintient le suspens, c'est pourquoi nous ne dévoilerons pas plus l'histoire... Dommage que ce film, qui a obtenu le prix Label Europa cinéma à Cannes dans le cadre de la Quinzaine des réalisateurs, n'ait pas été présenté dans la sélection officielle. Les critiques ont été unanimes à reconnaitre toutes les qualités de ce premier ouvrage. Nous avons passé un excellent moment de cinéma. A voir !
Quand j’ai aimé (ou détesté) un film, je regarde toujours les critiques opposées, par curiosité. J’ai adoré Mustang et suis donc allé voir pourquoi d’autres l’avaient détesté. Je n’ai aucun problème de tolérance avec ça, mais il arrive que je sois surpris par certains arguments. Oui, l’aventure arrive quand d’improbables hasards y concourent. A vouloir éliminer ce facteur, il n’y aurait plus ni films ni romans (il n’y aurait d’ailleurs pas de vie sur terre, comme disaient Jacob et Monod). Celui aussi que certaines scènes (sexe dans la monospace, match de foot féminisé, soudure des barreaux aux fenêtres, bataille initiale dans l’eau et quelques autres) jouent un rôle de fixation du cadre symbolisme en s'autorisant l’excès. Restent deux choses : pour être allé, comme d’autres, en Turquie, je peux témoigner que beaucoup de filles sont réellement aussi jolies, quant à la question de savoir si la condition des filles dans l’Est de la Turquie (et le contraste final fort avec Istanbul constitue une fin qui ne nécessitait pas qu’on la développe) est réellement celle ici décrite, Je laisse de plus compétents que moi le trancher. J’espère, à tout prendre, que ceux qui trouvent le film caricatural de ce point de vue ont raison…
Un film intéressant , original , bourré de bonnes intentions, qui entend nous décrire et défendre la cause des femmes en Turquie. Le destin de ces 5 soeurs gardées par leur grand mère , alors qu'elles sont orphelines . Les filles sont éprises de liberté mais se heurtent très vite aux traditions locales, et représentent quelque par un danger pour la stabilité d'une petite communauté rurale . Mais on tombe parfois dans la caricature, ou dans l'éxcés . Le personnage de l'oncle par exemple n'est pas très clair, un faux dur, traditionnel, que l'on pense un peu naif , et puis on découvre qu'il abuserait de ses nièces, pourquoi associer cette perversion à son côté religieux,? cela alourdit et caricature . Il y a un côté manichéen . Les méchants , et les gentils , le chauffeur de poids lourd aux cheveux longs est bien sûr un gentil ( il a les cheveux longs et n'est pas rasé). La réalisation est belle, une belle photo aux tons pastels, avec une belle bande son . Toutes les filles jouent bien , même si parfois elles aussi se laissent aller à l'allégorie. La plus jeune , chef de rebellion n' est pas vraiment réaiste , mais représente plus un symbole.