Quand on va voir un film comme Godzilla on y va ni pour son scénario, ni pour ses personnages, mais bien pour voir de la grosse baston entre des monstres gigantesques.
Malheureusement « Godzilla 2 : roi des monstres » se sent obliger de nous pondre un scénario très frustrant car bien raté. Pourtant le fond a du potentiel, tant par la motivation des méchants qui mènent un vrai combat idéologique (donc pas méchants gratuitement), que par le personnage d’Emma Russel tiraillée entre famille et idéologie, ou le propos écologique, très actuel en toile de fond et l’origine des titans. Le problème c’est qu’au lieu d’exploiter cette matière à potentiel « Godzilla 2 » la laisse bien vite tomber. Motivations des méchants balancées en 2 minutes, personnages caricaturaux, discours entendus 1000 fois, etc. Bref le scénario et l’intrigue se retrouvent vite réduits à une peau de chagrin et le tout est incroyablement prévisible. Comme je l’ai dit on ne va pas voir ce genre de film pour son scénario, j’aurai donc préféré qu’il n’y en ait pas, plutôt que quelque chose de faussement alambiqué, et demeurant totalement inexploité qui génère donc une frustration
(le meilleur exemple est la cité engloutie dont on suppose que c’est l’Atlantide mais dont on ne nous dit rien).
On ne va pas voir non plus ce genre de film pour les personnages, mais là encore, au lieu d’assumer la non exploitation de ces derniers, « Godzilla 2 » nous sert une vaine tentative d’avoir des personnages travaillés. Or quasi tous s’avèrent caricaturaux, de l’ado horripilante et incorruptible, conscience de sa mère qui se perd et incroyablement chanceuse
(je n’ai toujours pas compris comment elle a pu s’en sortir)
, au scientifique blasé en passant par le sage (donc forcément asiatique) qui fait des longs discours et qui a tout compris avant tout le monde
(donc qui se sacrifie, normal il est issu d’une minorité, dans une scène sensée être émouvante),
c’est un défilé. Les seuls semblant digne d’intérêt (Emmah Russel et Jonah) sont mal exploités (voir pas du tout pour Jonah). Souvent le film suggère un background (surtout pour Serizawa et Jonah) mais jamais il ne l’exploite, bref nouvelle frustration.
Et puis il y a toutes ses incohérences : cette faculté qu’ont les personnages à se téléporter ou à courir très vite : Mark Russell est à l’extérieur de la plateforme, l’instant d’après il est rentré au sec, Madison qui à pied rallie le centre de Boston, ou rejoint sa maison en quelques minutes n’a rien à envier à Usain Bolt. Des parents qui roulant au pif à tombeaux ouverts dans une ville dévastée où tout est méconnaissable, à retrouver leur maison. Bref il y a beaucoup d’incohérences, pas toujours énormes, mais tellement agaçantes.
A ce stade de ma critique le film parait horrible, mais heureusement il assure sur le principal, à savoir les Kaijus. Ils sont impressionnants (King Ghidorah en particulier), le visuel de leurs affrontements valent le détour, on en prend plein les yeux, et les affrontements justement, sont bien titanesques. De ce côté-là « Godzilla 2 » remplit bien sa mission et heureusement car c’est avant tout ce qu’on lui demandait. Il est aussi appréciable de souligner que « Godzilla 2 » se rapproche de l’esprit Kaiju de la culture japonaise (les monstres ne sont pas des vilaines bestioles destructrices comme le veut la vision occidentale, mais plutôt des forces naturelles dépassant les humains).
Avec ses tentatives d’installer un scénario et des personnages foirées et inexploitées, « Godzilla 2 » est assez frustrant, heureusement il se rattrape sur l’essentiel : les Kaijus et leurs affrontements, de quoi sauver quelque peu l’ensemble, qui reste du grand spectacle.
PS : restez jusqu’à la toute fin du générique, c’est long, mais une dernière scène vient un peu rattraper le coup sur un personnage qu’on pensait avoir disparu à cause d’un scénario bancal.