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Un visiteur
3,5
Publiée le 5 novembre 2022
J'avoue que j'espérais mieux, après la lecture des critiques. Le tout est un peu longuet il faut le dire. Cela reste tout de même un film intéressant. En réalité, il s'agit de 3 films en 1. Chacun peut y voir ce qu'il veut y voir. Pour ma part, je ne crois pas que cela parle des regrets des mauvais choix comme j'ai pu le lire. D'ailleurs le réalisateur reste neutre, un peu comme un témoin. Je crois que sa philosophie est retranscrite par l'enseignante de chinois à un moment : "ce n'est jamais que mon histoire, ton histoire, la sienne, rien de vraiment nouveau". C'est ce que j'ai ressenti en voyant le film. S'il y avait une morale philosophique à en tirer, elle serait celle ci selon moi : le monde change, mais nous restons nous même. Et si c'est du point de vue social que l'on cherche une finalité à ce film, il est sans doute que l'occidentalisme vers lequel tend la Chine est un mirage.
Que la bande annonce m’a ému et donné une envie irrépressible de voir ce mélodrame sur fond de fracture générationnelle. Sur un format 2’ bien monté l’émotion prenait bien ; sur le format 2 heures, la longueur et les approximations scénaristiques condamne ce qui semblait être le mélo de l’année. Jia Zhang-Ke, avec « Touch of sin », avait réussi à nous montrer les dommages sur les individus du passage de manière brutale de la Chine à l’économie de marché et à la mondialisation. Là, il utilise le mélodrame en découpant son film en trois parties pour nous montrer l’évolution des rapports humains et familiaux au travers d’une famille. Chaque partie correspond à une époque : 1999 puis 2015 puis 2025. Ambitieux et intéressant de se projeter sur 25 ans. La première partie est un « Jules et Jim » chinois un peu longuet et résolument sirupeux, mais on adhère aisément surtout que les premiers plans sont hyper efficaces. On y voie la Chine de province pas prête à subir de plein fouet ce changement. Et puis dans la seconde partie, on commence à voir les effets de la mondialisation : montée des divorces, de la solitude, de l’incommunicabilité inter générationnelle mais aussi avec les exilés, l’impérialisme de l’anglais,… Et dans la troisième partie, c’est le futur et le constat tragique des dégâts occasionnés sur les générations de déracinés. Et là, c’est navrant, un traitement à la truelle des rapports humains, de la place prise par la technologie les familles et l’incommunicabilité qui en découle. Quel gâchis ! Même si le reste ne tenait pas du chef d’œuvre, cette dernière partie est pitoyable. Et puis tout au long du film, de nombreuses options scénaristiques nous laissent pantois : spoiler: le choix initial amoureux de Tao est déjà peu compréhensible ; le crash de l'avion dont on ne comprend pas bien l'enjeu ; la mort du père, sutr dramatisée ; Lianzi, malade, dont le personnage disparaît purement et simplement du scénario sans raison ; la mère éclipsée dans la dernière partie ; l’histoire d’amour entre Dollar et sa prof est un grand huit mélodramatique irréaliste ;… Zhang-Ke a tout de même un sens du cadre tout au long du film ; même si c’est uniquement sur les premiers plans et les derniers qu’il les exploite le mieux. Ensuite, il ajoute la coquetterie formelle d’élargir le cadre à l’image de la Chine s’ouvrant au monde entre les trois périodes ; mais quel intérêt en fait ? J’aurais tellement aimé adorer ce film, mais trop froid et trop maladroit… Heureusement que la douceur des 2 actrices et de l’acteur jouant l’amoureux transis apportent à chaque plan la touche mélo attendue. Image en filagramme des mutations de la société chinoise pour mélodrame faisant flop. Culturo poing : « Le dernier plan, magnifique et élégiaque, (…) sans doute l’un des plus beaux vus cette année, n’y changera pourtant rien : Au-delà des montagnes est film bizarrement absent, boiteux, oscillant du sublime au confondant, empêtré dans sa volonté criante de faire œuvre en nous assénant sa dialectique terre-à-terre. »
Un joli petit drame chinois au long cours qui m’a rappelé le mélo Lilting par certains thèmes (le déracinement, l’attachement à sa culture d’origine, les difficultés de communication), mais surtout par son rythme très tranquille, fait de saynètes très délicates. La manière qu’a le film de laisser le destin de ses personnages en suspens au fur et à mesure qu’ils disparaissent du récit est d’abord un peu déconcertante, mais débouche sur une très belle émotion. Malheureusement, on met un peu trop de temps à comprendre où le réalisateur veut en venir et la première moitié, avant l’arrivée du fils, ne m’a pas captivé.
Zhang-ke Jia s’attache à la vie d’une jeune femme à la fin des années 90. Tao vit au jour le jour et profite des instants présents avec ces hommes qui la courtisent. Et puis Tao devient mère. Vient alors le titre du film au bout de quatre-cinq minutes. Le format 1,33 passe au 1,5 et nous nous retrouvons dans le présent. Enfin, le scope fait place au futur en 2025. Au-delà des Montagnes est un film sur le temps et les sentiments. Ce n’est pas une simple chronique détaillant la vie de Tao et son fils, c’est une œuvre au grand cœur qui pose un regard sur l’avenir et l’âge. On regrette cependant une émotion descendante qui fait que l’on se détache peu à peu de cette famille. L’ambition est néanmoins présente et on a envie de la saluer longuement. D'autres critiques sur ma page Facebook : Cinéphiles 44
Très beau film, moins violent, de colère, plus philosophe, d’émotion que le précédent de ce réalisateur, sa mise en scène raconte une histoire en profondeur, dans deux pays, la Chine et l’Australie, cette partie m’a touchée, la conception des différences entre les individus.
Un petit 2,5 pour ma note. Film aux moyens restreints, je félicite le dernier tiers du film qui rend l'ensemble correct. Nous pourrons donc en déduire que les 2 tiers précédents sont longs et d'une qualité équivalente à celle que j’obtiens lorsque j'utilise mon caméscope entre amis. Retour sur ce dernier tiers : une jolie leçon de vie, bien qu'en essayant de mettre trop de couleur, la clarté est insuffisante.
Après A touch of sin (2013), film remarquable d’intelligence, Zhang-ke Jia poursuit avec Au-delà des montagnes son œuvre critique de la Chine moderne. Si le sillon cinématographique demeure, la façon de faire diffère. Au lieu de nous raconter différentes histoires contemporaines, il recentre son discours sur un unique récit et sur un nombre limité de protagonistes mais sur trois périodes différentes. Ce triptyque couvrant linéairement le changement de millénaire puis les années 2014 et 2025 vient soigneusement surligner les effets pervers du capitalisme sur les travailleurs migrants chinois. En basculant dans le troisième millénaire, la Chine semble s’ouvrir sur une ère radieuse promise à satisfaire tout un chacun, qu’elles que soient ses ambitions. Quatorze ans plus tard résonne le début des désillusions. En 2025, le temps a fait son œuvre, la terre promise australienne se révèle n’être qu’un réceptacle de vies humaines trop vides de sens et trop pleines de regrets. L’exercice cinématographique est intéressant et ambitieux mais il est dévitalisé par des stéréotypes trop voyants, des symboles pas toujours subtils et une interprétation de Yi Zhang parfois clownesque. À cela, il faut ajouter un prologue (période 1999) tirant fortement sur la romance fleur-bleue avant de laisser place à un mélodrame chargé en pathos sur les deux périodes suivantes.
Au vu des critiques je m'attendais à voir un très bon film... Grande a été ma déception au visionnage de celui-ci : long, mal joué (surjoué souvent), scénario mauvais et pas crédible, personnages caricaturaux... Les personnages portent tout le temps les mêmes vêtements... Liangzi paraît super vieux alors qu'il est censé avoir 25 ans... Jinzhen est vieilli de façon ridicule dans la dernière partie... Je ne vois strictement aucun intérêt à ce film, à part peut-être l'évolution de la société chinoise qui passe du communisme au capitalisme, et de belles images. L'histoire aurait pu être beaucoup mieux traitée, avec moins de longueurs et plus de réalisme et d'émotion. J'ai vraiment l'impression que les films étrangers, en particuliers ceux des pays émergents ou qui produisent peu de films, sont surcotés ("overrated" comme disent les Américains). J'avais eu la même impression d'imposture avec le film iranien "Une séparation" censé être un chef d'oeuvre alors que franchement...
Sans que l’on puisse le réduire à ces deux thématiques, tant il est riche par ailleurs, « Au-delà des montagnes » est un film sur la séparation et l’éloignement. Pour conter l’histoire d’une femme, Jia Zhang-Ke a choisi de le faire en trois parties, se déroulant chacune à quelque(s) décennie(s) d’intervalle. Sur toile de fond de l’évolution de la Chine (du monde ?) sur cette période, il livre un mélodrame intimiste : ce sont les relations entre les êtres qui sont au cœur de l’œuvre, et après quelques scènes à trois personnages, on assiste essentiellement à des scènes à deux personnages, toujours intéressantes, souvent bouleversantes. C’est, formellement, du très grand cinéma. Jia Zhang-Ke ponctue son œuvre de plans, souvent d’une fulgurante beauté, et de scènes de coupe, sans rôle narratif, mais éminemment expressifs, symboliques de la situation et des émotions des personnages, parfois prémonitoires. Si la dernière partie n’est pas tout à fait au niveau des deux premières, elle se clôt sur une scène simple et sublime, où se mêlent la beauté du souvenir, la nostalgie d’une époque (la jeunesse), le regret des choix opérés, et l’espérance illusoire. Une scène magnifique et émouvante, ces deux adjectifs qualifiant parfaitement l’ensemble du film.
C’est juste magnifique. Le film vous emmène tout au long d’une vie et l’émotion ne vous quittera pas . Laissez vous emporter par ces réalisateurs Asiatiques et leurs poésies de vie .
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1,5
Publiée le 7 septembre 2020
Au-delà des montagnes est bien trop long. Les deux premiers segments sont agréables mais rien d'inhabituel même parfois un peu banal. Le troisième et dernier segment est à l'image de la dernière saison de Gilmore Girls ou d'épisodes récents de Modern Family. C'est-à-dire dans des images toujours intrigantes mais globalement décevantes. La nature des performances me frappe comme une métaphore de la dislocation et de la confusion mettant en avant le fossé important entre l'expérience chinoise et occidentale du monde. La chose triste à propos de ce film est que la troisième partie est très différente des deux premières parties et n'en a pas la qualité. Non seulement nous sommes présentés à différents protagonistes, mais aussi dans cette partie les dialogues et le jeu des acteurs sont maladroits et contre nature et l'histoire manque de concentration et les scènes semblent inutiles. C'est comme si le réalisateur perdait sa touche dorée lorsque l'histoire quittait la Chine...
Loin de la noirceur de "A touch of sin ", Jia Zhang-Ke nous offre, à travers un bouleversant mélodrame, un nouveau portrait de la Chine cédant au matérialisme forcené. Le spectateur est entraîné par l'ampleur de l'oeuvre, son romanesque et finit par céder à une émotion contenue grâce à un dernier plan magnifique et élégiaque.
« Au-delà des montagnes » souffre d’une construction épisodique qui dilue son propos. Contrairement à ses œuvres précédentes comme « Still Life » ou « A Touch of Sin » ou à son dernier film « Les Feux sauvages », où les fragments narratifs convergent vers une réflexion cohérente sur la Chine contemporaine, Jia juxtapose ici des tranches de vie sans créer de liens significatifs entre elles. Cette approche kaléidoscopique peut donner l’impression d’un film-catalogue plutôt que d’une œuvre unifiée.
Cette dispersion narrative affaiblit l’impact émotionnel du film. Chaque segment – qu’il s’agisse des relations amoureuses ou familiales, des migrations économiques ou des transformations sociales – reste en surface, ne permettant pas au spectateur de s’attacher durablement aux personnages ou de saisir pleinement les enjeux. Le film passe d’un registre à l’autre sans approfondir aucun d’eux et sans que ce soit justifié.
L’aspect appuyé et convenu de la section finale révèle un déséquilibre tonal. Là où les deux premières parties maintiennent une certaine subtilité dans l’observation sociale, la conclusion verse dans un sentimentalisme lourd qui contraste maladroitement avec le réalisme documentaire habituel de Jia Zhangke.
Enfin, cette fragmentation tant narrative que stylistique nuit à la portée critique du film.
Excellent film qui vous met hors du temps. Les 2 heures passent très vite tellement le film est captivant malgré une lenteur apparente. On a l'impression d'être dans un autre monde. Je recommande.
Jolie histoire contemporaine sur le destin d'une femme, d'une part, et de son fils, d'autre part. C'est très moderne dans le propos, et très bien joué. On passe un bon moment.